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19 février 2011 6 19 /02 /février /2011 00:28

Il y a tout juste un mois, le 21 octobre, nous sommes allés directement de Bari à Trani, négligeant en chemin Giovinazzo, Molfetta et Bisceglie. Puisqu’hier, pour raccompagner à l’aéroport de Bari notre ami Angelo, nous sommes revenus dans le secteur, nous allons réparer cette (grave) lacune. Nous avons trouvé hier soir un parking accueillant à Molfetta où nous avons passé la nuit, nous allons donc commencer nos visites par la cathédrale de cette ville. Mais nous avions lu que l’intérieur était très intéressant, or elle est fermée toute la journée, n’ouvrant que le soir. Qu’à cela ne tienne, nous faisons nos photos de l’extérieur au jour, nous allons voir Bisceglie ensuite et revenons à Molfetta le soir pour pouvoir pénétrer dans le duomo. Et Giovinazzo sera pour un autre jour.

 

652a1 Molfetta

 

652a2 Molfetta, duomo 

652a3 Molfetta, duomo 

Cette cathédrale a été bâtie pour la foule des pèlerins qui sillonnaient la côte adriatique pour se rendre à un port d’embarquement vers la Terre Sainte ou pour se rendre dans un lieu de pèlerinage de la côte, tel Bari avec les reliques de saint Nicolas. Mais à l’époque des Croisades, avec ses hôpitaux et refuges, Molfetta a encore accru son rôle d’étape importante, voire incontournable. De plus, c’était un port de commerce actif vers la Grèce, la Dalmatie, Venise. On voit quel lien indéfectible avec la mer a entretenu Molfetta. Cette cathédrale que l’on peut qualifier d’église marine tant elle est près de la mer, tout au bout de la vieille ville alors que d’habitude les cathédrales sont centrales, a en outre toujours servi de repère aux marins. Faute de documents, on ne peut donner avec précision une date pour sa construction mais l’étude des bâtiments permet néanmoins deux constatations : d’une part, l’essentiel de la construction a dû se situer vers la seconde moitié du douzième siècle ou le début du treizième, et d’autre part plusieurs étapes marquées par des styles différents signifient que la construction et des restructurations se sont étalées sur plusieurs siècles.

 

L’une des caractéristiques de cette église ce sont ses deux tours carrées très hautes et situées du côté de l’abside. La municipalité n’avait pas de tour ni de beffroi sur l’hôtel de ville, et ne souhaitait pas cohabiter avec l’autorité religieuse, ni être encombrée de cloches pour l’usage de sa tour, aussi deux tours ont-elles été érigées. Celle qui est du côté de la mer appartenait à la municipalité qui y plaçait des sentinelles chargées de donner l’alerte en cas de danger, arrivée de bateaux pirates venant opérer une razzia, ennemis venant attaquer. L’autre tour, côté terre, avait une fonction normale de campanile. En trois circonstances, toutes trois au seizième siècle, ces tours eurent à souffrir. Deux fois, en 1516 et en 1544, c’est la foudre qui les a frappées. Et en 1529, lors du sac de la ville par les Français (eh oui, hélas) et les Vénitiens. De l’une des tours surtout, des pierres se détachaient, créant un vrai risque pour les passants, et la tour entière menaçait de s’effondrer. Mais ce n’est qu’en 1616 que les autorités civiles et le chapitre ont réussi à se mettre d’accord pour financer les travaux.

 

652b1 Molfetta, duomo 

652b2 Molfetta, duomo 

652b3 Molfetta, duomo 

Ici encore, comme dans tant et tant de ces églises des Pouilles, il y a de quoi s’occuper en regardant les sculptures. Les arcatures s’achèvent sur des médaillons formant des chapiteaux renversés, qui représentent des masques humains insolites, comme sur la première de ces photos. L’abside donne sur une ruelle si étroite (sur ma photo du flanc de l’église, elle n’est qu’une raie noire verticale) que toute photo de cette façade est strictement impossible, mais j’y ai fait la photo de ce masque bouche ouverte, et yeux figurés par des trous. Certains pensent qu’il s’agissait de donner un minimum de lumière dans le couloir qui relie les deux tours, mais d’autres pensent que c’était un point d’observation discret sans être vu. Quoi qu’il en soit, ce visage est bien amusant. J’y joins l’une de ces sculptures d’animaux qui, si fréquemment, encadrent portes et fenêtres. Peut-être est-ce un lion, comme d’habitude, mais lion ou pas, aucun zoologiste ne trouvera cet animal conforme à une bête réelle.

 

652b4 Molfetta, duomo 

Des artistes arabes ont travaillé ici de même que dans d’autres églises des Pouilles. Les motifs ci-dessus, caractéristiques de l’art des pays de culture musulmane, en sont la preuve.

 

652c1 Molfetta, duomo 

652c2 Molfetta, duomo 

La rue qui part sur le côté droit de la façade tourne à gauche et s’achève en impasse en une sorte de courette devant cette porte qui de nos jours est l’habituelle entrée de l’église. Au-dessus, tout en haut du mur, on trouve cette sculpture. En haut, le Christ sur un trône est visiblement très ancien et de style roman, ce qui a conduit à penser que la sculpture ornait l’église antérieure qui a été démolie pour construire l’actuelle cathédrale. Dessous, un emblème et une inscription qui dit INNOCEN CIBO GENUEN PPA VIII EPS MELPHIT A.D. 1488. Je ne suis pas sûr de pouvoir correctement compléter les abréviations, je me contente donc de traduire Innocent Cibo de Gênes pape VIII évêque Melphit l’an du Seigneur 1488. En effet, le pape Innocent VIII, né à Gênes, s’appelait de son vrai nom Giovanni Battista Cibo et a été pape de 1484 à 1492 et donc à l’époque de l’apposition de ce blason. Mais je ne connais pas la liste des évêques de Molfetta et je ne peux rien dire de ce Melphit, sinon que c’est un nom qui apparaît de temps à autre dans les Pouilles au Moyen-Âge.

 

652d1 Molfetta, duomo

 

652d2 Molfetta, duomo 

L’architecture du toit de cette église est originale mais n’est pas unique dans les Pouilles, notamment dans les églises bénédictines. Il s’agit de coupoles alignées. Du chœur vers le bas de l’église, trois coupoles sont alignées, mais à l’extérieur elles sont revêtues de pyramides, ce qui crée un effet différent. Une particularité, ici les coupoles ont été construites chacune à une époque différente, ce qui fait que la façon dont elles se raccordent aux piliers n’est pas la même. De plus, elles ne sont pas identiques, la seconde étant légèrement parabolique et un peu plus grande, créant un effet dynamique.

 

652d3 Molfetta, duomo 

La coupole du chœur repose sur une corniche ornée de cinquante-six sculptures. C’est particulièrement surprenant… sur les photos de mon livre. Car dans la réalité, c’était là-haut l’obscurité complète. Même en accoutumant mes yeux je n’ai pas vu grand chose. Alors j’ai choisi la sensibilité maximum, le flash, une mise au point approximative et j’ai déclenché. Puis dans Photoshop j’ai poussé l’image. On voit quelque chose sur cette photo que je publie, mais c’est horrible. Rien de commun avec les photos des professionnels qui ont dû venir ici bardés de lampes flood et de réflecteurs et ont peut-être en outre escaladé des échelles ou des échafaudages. Dommage. Je suis désolé.

 

652d4 Molfetta, duomo 

652d5 Molfetta, duomo 

Heureusement, cette église comporte encore bien d’autres sculptures intéressantes, sous les arcatures comme sur la première de ces photos, sur les chapiteaux comme sur la seconde. La tête d’animal fabuleux, et qui n’est même pas vraiment monstrueux, est très expressive, quant à cet ange en longue robe et aux ailes immenses, ce qu’il a à ses pieds semble bien être un dragon, et c’est donc l’archange saint Michel.

 

652e1 Molfetta, duomo, San Corrado 

Lorsque l’église a été construite, c’était la cathédrale et à ce titre on y a déposé les reliques de saint Corrado, patron de Molfetta et c’est à lui que l’on a consacré l’église. Mais en 1785 la population de Molfetta s’était tellement accrue que l’on a transféré le titre de cathédrale en même temps que les reliques dans la grande église que les Jésuites, chassés, avaient dû abandonner, et l’ex-cathédrale a conservé le nom de San Corrado. Ce saint Conrad est un Souabe né à Ravensburg vers 1105 du duc Henri IX de Bavière et de Wulfhilde de Saxe. Il est l’oncle de l’empereur Frédéric Barberousse (fils de sa sœur aînée). Après des études littéraires et de droit canon et civil, étant le troisième fils il a été destiné à la carrière ecclésiastique avec en ligne de mire l’évêché de Cologne. Très jeune, il a été admiré pour ses vertus et, ayant été ému par une prédication du Cistercien Arnold, il a décidé de se détourner des honneurs et de choisir la vie monacale chez les Cisterciens à l’abbaye de Morimond (dans ce qui est aujourd’hui le département de Haute-Marne). Or voilà qu’Arnold, partant fonder un monastère en Terre Sainte, plaide pour l'envoi de moines plutôt que de soldats, en quoi quelques moines –dont Conrad– le suivent, au grand mécontentement de saint Bernard de Clairvaux. En 1125, Arnold meurt, mais Conrad décide de poursuivre seul le pèlerinage en Terre Sainte, et fait étape à Saint Nicolas de Bari. Mais il tombe malade et se retire chez les Bénédictins de Santa Maria ad Cryptam qui se trouve non loin. Là, il mène une vie d’ermite, dormant sur la roche nue, suscitant l’admiration. C’est là qu’il meurt, dans l’hiver 1125-1126, et on l’inhume dans la chapelle du couvent. Sa tombe devient but de pèlerinages, on lui attribue des miracles. Bien plus tard, en 1309, les Bénédictins quittent le monastère de Santa Maria ad Cryptam, à la suite de quoi (mais on ne sait pas exactement en quelle année) les habitants de Molfetta vont y chercher les restes de saint Conrad et les inhument dans leur cathédrale toute neuve qu’ils lui dédient et, de ce fait, il devient le saint patron de la ville. J’ai dit qu’en 1529, la ville avait été mise à sac par les Français. Néanmoins, lors d’une tentative d’attaque surprise de nuit, la population a été alertée d’un danger par un guerrier battant le rappel. Puis, sous les yeux effarés des assaillants, au milieu d’une mystérieuse lueur sur les murs de la ville, sont apparus la Madone des Martyrs, saint Nicolas et saint Conrad en qui les citoyens reconnurent le guerrier qui les avait avertis. Les Français, effrayés de cette vision, s’enfuirent. Je l’appelle saint lors de tous ces épisodes, mais en fait ce n’est qu’en 1832 que le pape Grégoire XVI a prononcé sa canonisation.

 

652e2 Molfetta, duomo 

Étonnante est cette pietà toute de noir vêtue, son mouchoir de dentelle à la main, le nez rouge d’avoir trop pleuré et qui se tourne vers le Ciel, devant le corps de Jésus mort, étendu sur son linceul. C’est loin d’être une œuvre d’art impérissable, mais cette représentation très réaliste est intéressante.

 

652f1 Molfetta, duomo 

Dans la lueur miraculeuse de 1529 apparaît, ai-je dit, la Madone des Martyrs, sans plus commenter parce que je me réservais pour cette sculpture qui la représente. C’est un sculpteur de la ville voisine de Giovinazzo, Carlo Giacinto Altieri qui l’a exécutée en 1717. Il y avait eu à Molfetta une église paléochrétienne rupestre, premier sanctuaire chrétien de la ville, dédiée à Santa Maria. Au motif de célébrations et diverses festivités chrétiennes, le pape Boniface IV (608-615) a suscité l’ajout de cette relation aux martyrs morts pour leur foi. La sculpture du dix-huitième siècle que l’on voit ici était initialement située sur la porte donnant accès à la vieille ville puis, jusqu’en 1945, elle a été dans l’avant-corps du côté ouest de ce Duomo. Elle est maintenant située dans l’église.

 

652f2 Molfetta, duomo 

Avant l’an Mil, les prêtres de l’Église romaine et les patriarches de l’Église grecque luttaient avec âpreté pour la domination du diocèse. Par la suite, dans la cathédrale précédente, il est probable que les deux rites ont coexisté. Est exposé dans ce Duomo le bas-relief que je montre ici et qui, des années 1100 semble-t-il, doit provenir du mur d’enceinte de l’ancien presbytère démoli depuis. Certains y voient Jésus avec les apôtres et divers saints qu’ils n’identifient pas, mais d’autres pensent, en considérant habits et attitude, que c’est plutôt la représentation d’une célébration de rite grec. Si tel est le cas, c’est un exceptionnel document témoin de la pratique orientale dans cette église originelle.

 

652f3 Molfetta, duomo

 

La chapelle de sainte Catherine qui contient cette stèle abrite également les fonts baptismaux. Faisons l’impasse sur cette sculpture clinquante pour admirer cette belle vasque de basalte du seizième siècle sur les bords de laquelle, entre les inscriptions, sont sculptées des images de la Vierge, qu’il est évidemment impossible de discerner sur ma photo, non seulement petite, non seulement réduite, mais en très basse résolution.

 

652f4a Molfetta, duomo 

652f4b Molfetta, duomo 

Avant de quitter Molfetta et sa cathédrale, je voudrais encore montrer ce bénitier original. On l’appelle communément le bénitier du Sarrasin, et ce pour deux raisons. D’une part, on trouve à la sculpture de l’homme qui le soutient un faciès arabe. Cela, à vrai dire, ne me saute pas aux yeux. Je lui trouve un faciès particulier, mais je serais bien en peine de dire de quelle ethnie. Enfin, je veux bien. D’autre part, cet homme est chargé du lourd poids de la vasque qui repose sur ses genoux et qu’il soutient des deux mains en l’appliquant contre son corps. C’est le rôle d’un esclave. Or on aimait bien représenter en situation de serviteur, d’esclave, ceux qui étaient des ennemis, et tel est bien le cas des Sarrasins à l’époque, car cette époque est, semble-t-il, entre le dixième et le onzième siècle. Telle est l’appellation commune, mais en se basant sur son vêtement, une sorte de veste aux manches mi-longues et au col rigide d’où émerge le plissé d’une chemise, le reste de la statue étant représenté de façon très sommaire, sans vêtement identifiable, un chercheur a pensé qu’il ne s’agissait nullement d’un Sarrasin (ah bon, comme moi il pense que ce faciès peut être européen, mais tout simplement particulier), mais d’un jeune clerc ayant revêtu les habits convenant à une célébration particulière. Au fond de la vasque ondule un poisson. Cela, c’est clair, est le symbole du Christ. En effet, en grec les mots Jésus Christ fils de Dieu, sauveur sont IESOS KHRISTOS THEOU HUIOS SOTER, dont les initiales sont I-KH-TH-HU-S. Or le mot grec IKHTHUS veut dire POISSON. D’où le symbolisme du poisson pour évoquer Jésus-Christ. Et puisqu’il s’agit d’un bénitier, s’il est normalement rempli d’eau bénite (ce qui n’est pas le cas aujourd’hui), le poisson sculpté au fond apparaît toujours dans l’eau.

 

652g1 Bisceglie 

652g2 Bisceglie 

Nous arrivons maintenant à la voisine de Molfetta, Bisceglie. La ville est ancienne, elle a gardé son cachet d’autrefois. Il y a deux façons de regarder cette ville. On peut, si l’on est le touriste des grandes villes propres, modernes, avec éventuellement de vieux bâtiments, mais dûment signalés comme tels et décrits dans les guides, alors on ne peut que critiquer le mauvais état de ce que l’on voit sur ces deux photos, et déplorer que l’on ne rénove pas tout ce fatras crasseux. Et puis il y a des visiteurs qui se laissent charmer par ce qui n’est certes pas bien entretenu, par ce qui pourrait certes être plus propre, restauré, blanchi à la chaux, mais avouerai-je que l’on perdrait 100% du charme du lieu car rénové il ne serait qu’un amas de vieux bâtiments sans cachet aucun. Peut-être, visitant cette ville il y a un an, sans m’être fait l’œil à cette ambiance, aurais-je fait partie de la première catégorie. Que ceux qui en font partie le sachent : ils perdent beaucoup et, s’ils ont la possibilité de s’y accoutumer, ils ne le regretteront pas.

 

652g3a Bisceglie, bâtiment bombardé 

652g3b Bisceglie, œuvre d'un canon turc 

Lorsque nous nous promenions en ville, un homme très aimable nous a abordés pour nous signaler cet immeuble. Lors de la lutte contre les Turcs pour obtenir l’indépendance, un canon turc tirant d’un bateau dans le port a fait ce trou dans la façade. En souvenir des batailles et de l’indépendance retrouvée, le trou n’a jamais été comblé. J’ai demandé ce qu’hébergeait ce bâtiment à l’époque, ce monsieur ne savait pas, sans doute les services municipaux. Mais je pense qu’en fait le tir était si haut qu’il devait viser un autre objectif situé plus loin et que le coup est passé un peu trop bas, ou un peu trop à gauche.

 

652h1 Bisceglie, duomo 

652h2 Bisceglie, duomo 

652h3 Bisceglie, duomo 

652h4a Bisceglie, duomo

 

Malgré le charme de certaines places, malgré l’intérêt historique de ce coup de canon, c’est pour la cathédrale que nous sommes venus dans cette ville, dont on n’a pas trace avant la moitié du onzième siècle, tandis que la cathédrale a été construite par volonté des rois Normands dans la seconde moitié du même siècle. Sa construction s’étant étalée sur une période longue, plus de deux siècles, elle n’a été consacrée (à saint Pierre) qu’en 1295. Voici comment elle se présente sur chacune de ses faces. La façade principale porte une grande fenêtre Renaissance qui remplace une ancienne rosace.

 

652h4b Bisceglie, duomo 

Cette dernière façade donne sur une ruelle si étroite que je n’ai pu la photographier autrement que de travers et partiellement. Pourtant, il y a autour de cette fenêtre des sculptures qui valent la peine d’être mieux vues, comme cet homme qui porte un bélier plus gros que lui. Jésus, le Bon Pasteur, est quelquefois représenté portant sur ses épaules la brebis égarée qu’il est allé chercher ; lui-même est parfois représenté comme l’Agneau de Dieu, et comme saint Christophe l’a porté sur ses épaules on peut imaginer une représentation du saint avec un agneau représentant Jésus. Mais dans l’une comme l’autre de ces hypothèses, il ne peut s’agir d’un bélier adulte avec une tête plus grande que celle de l’homme, avec deux belles cornes roulées. Je suppose plutôt qu’il s’agit d’une représentation du mal qui pèse lourdement sur les épaules du pécheur. Je dis bien je suppose, parce que nulle part je n’ai lu d’explication de cette sculpture et que je suis loin d’être sûr de ma proposition.

 

652h5a Bisceglie, duomo 

652h5b Bisceglie, duomo 

Les murs de l’église portent également des fresques, dont une très grande datée de l’an 1800 et qui représente précisément ce saint Christophe dont je parlais il y a un instant et qui porte Jésus sur ses épaules. Mais il n’y a que quelques centimètres d’eau et je me suis toujours imaginé la scène dans un fleuve un peu plus profond. Peut-être ne sont-ce que les premiers pas depuis la rive… Quant à l’autre fresque, j’avoue ne pas savoir à quoi elle fait allusion. Un évêque à la barbe blanche, en mitre et portant un étendard harangue en tendant le bras un cavalier de part et d’autre. Ces cavaliers ne tiennent pas les rênes de leurs chevaux, celui de droite a les mains jointes, l’autre a une main sur le cœur et au-dessus, dans un nuage, apparaît la Vierge avec l’Enfant Jésus dans les bras. Un crépi qui recouvrait mur et fresque a été ôté, mais imparfaitement, et une petite surface reste recouverte d’une couche de plâtre ou de ciment de quelques centimètres d’épaisseur, et précisément sur l’inscription, en bas, qui aurait peut-être pu m’éclairer. On n’en voit que “A divozione di Pietro”.

 

652h6 Bisceglie, duomo 

652h7 Bisceglie, duomo

 

652h8 Bisceglie, duomo 

Nous achèverons cette visite de Bisceglie avec ces quelques sculptures, avant de retourner pour admirer l’intérieur du duomo de Molfetta que j’ai montré tout à l’heure, puis d’aller passer la nuit au parking équipé pour camping-cars à Bari où nous avons déjà longuement séjourné.

 

Trois photos. Je ne peux parler de tympan pour la première photo, mais plutôt de dessus de porte. Je reconnais à gauche saint Pierre avec ses clés, à droite saint Paul avec son épée. En revanche, qui sont cet évêque au centre et ces deux cavaliers autour de lui, je n’en sais rien. Et je le regrette d’autant plus que ce sont probablement les mêmes personnages que dans la fresque dont je parlais il y a un instant. Mais nulle part je n’ai trouvé de livre détaillé sur ce duomo, ni aucun site Internet qui donne des détails. Même le site officiel de la cathédrale. Je ne comprends pas davantage ce que représente la pierre de la deuxième photo, mais j’aime ces religieux en capuchon et cet animal parmi eux. C’est la raison pour laquelle je publie cette image. Quant au chapiteau de la dernière photo, je le trouve intéressant et original, avec ces trois visages. Sur la gauche, derrière, on voit aussi combien est riche la sculpture qui décore le portail principal. Hélas, nous ne pourrons pénétrer dans cette église, fermée toute la journée.

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Published by Thierry Jamard
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