Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 23:25
804a1 Kaisariani, bains byzantins
 
Le miel de l’Hymette, le monastère de Kaisariani, deux raisons au moins de grimper (en autobus, c’est moins fatigant) sur le mont Hymette. Aussitôt arrivés, nous commençons par visiter le monastère, désormais désaffecté et ouvert aux touristes par la Caisse des Monuments Historiques moyennant un droit d’entrée extrêmement modeste. C’est sur les ruines d’un bâtiment datant du Bas-Empire romain que le monastère a été construit au onzième siècle. Il semblerait que ces ruines aient été celles d’un temple d’Aphrodite, comme on va le voir plus loin au sujet d’une fontaine. Quoi qu’il en soit, ce monastère est dédié à la Présentation de la Vierge, mais à l’époque franque, il était appelé Agios (Saint) Kyriani, ou même Saint Syrien. D’où l’idée que le nom de Kaisariani est une déformation de Kyriani. Pour ma part, je ne suis pas convaincu par cette étymologie. Et j’en propose une autre. Depuis Jules César, premier empereur romain assassiné le 15 mai 44 avant Jésus-Christ, tous les empereurs romains ont repris ce nom comme un titre. En français César, mais en latin c’était Cæsar, transcrit en grec en Kaisar, d’où le titre allemand de Kaiser et le titre des empereurs russes, Csar ou Tsar. Kaisariani désignerait, selon moi, un domaine "Césarien", un domaine appartenant à l’empereur ou dépendant de lui, puisque les ruines d’origine étaient d’époque impériale. Il faut en outre préciser que ce nom n’est pas précédé du mot "saint" et que Kaisariani désigne l’une des municipalités du grand Athènes, sur le terrain de laquelle se trouve le monastère. En 1824, les Turcs transforment les bâtiments, y compris le catholicon, en étables à vaches. Le monastère renaît avec le départ du pouvoir Ottoman mais en 1833 Othon, premier roi de la jeune Grèce indépendante, signe un décret selon lequel les monastères comptant moins de 5 moines sont dissous. C’est le cas de 412 monastères dont celui de Kaisariani. En 1921, il est déclaré monument archéologique.
 
804a2 monastère de Kaisariani, bains byzantins
 
804a3 monastère de Kaisariani, bains byzantins
 
804a4 monastère de Kaisariani, bains byzantins
 
Les photos ci-dessus montrent le bâtiment des bains byzantins destinés aux moines et datant le l’origine du monastère, au onzième siècle. Ils étaient alimentés par une source naturelle jaillissant en cet endroit dont l’eau était chauffée dans un hypocauste (salle souterraine). L’eau chaude servait non seulement aux bains, mais aussi au chauffage des cellules et du réfectoire. Mais à l’époque de l’occupation turque, finis les bains, l’hypocauste a été comblé et le bâtiment a abrité le pressoir pour l’huile d’olive. C’est lors des fouilles et rénovations des années 1950 que l’on a déblayé partiellement la salle souterraine. Les tremblements de terre successifs, en 1981 et en 1999, ont sérieusement endommagé le bâtiment.
 
Lorsqu’en 1204 les Francs de la Quatrième Croisade ont pris Constantinople et se sont partagé l’Empire Byzantin, le pape Innocent III a soumis le monastère à l’autorité de l’évêque latin d’Athènes, mais en 1678 le patriarche orthodoxe décida qu’il ne dépendrait plus que du patriarcat de Constantinople et jouirait d’une large autonomie Il était très riche grâce aux vastes terres qu’il possédait où les moines produisaient de l’huile d’olive (dans les locaux des anciens bains, comme on vient de le voir), du vin et récoltaient le célèbre miel de l’Hymette. En outre, parce qu’en 1458 lorsqu’Athènes a été prise par les Ottomans, l’higoumène de ce monastère a spontanément tendu les clés de la ville au sultan Mehmet II, celui-ci, touché et reconnaissant, a décidé d’exempter ce monastère d’impôts, et de ne lui faire payer qu’un sequin symbolique par an. À cette richesse matérielle s’ajoutait la richesse intellectuelle et culturelle. Souvent, les higoumènes, c’est-à-dire les supérieurs du monastère, ont été des professeurs d’Athènes, des savants. Ainsi, Jacob Spon (dont je vais parler tout à l’heure), donne son impression sur celui qu’il a rencontré en 1676 : "Celui qui en est présentement abbé s’appelle Stefaki. Il demeure toujours à Athènes sans aller jamais à son couvent et ne sort guère de chez lui, non pas même, dit-on, pour aller à l’église. Nous lui rendîmes visite. Il sait très bien le grec littéral, l’histoire ancienne, et il se mêle un peu de la médecine, où il n’est pas si savant qu’au reste. Il est outre cela bon philosophe et surtout grand platonicien" (le grec littéral signifie le grec ancien). La bibliothèque du monastère était exceptionnelle et recelait des manuscrits antiques authentiques. Mais lors du siège d’Athènes par les Ottomans en 1827, on en a transporté les livres et manuscrits sur l’Acropole où l’on s’en servait pour mettre à feu les canons… Il est vrai qu’auparavant déjà, certaines pièces avaient été vendues aux Anglais, et d’autres œuvres que l’on ne jugeait pas utiles servaient à allumer le feu à la cuisine…
 
804b1 monastère de Kaisariani, bâtiment conventuel
 
804b2 monastère de Kaisariani, cellule de moine
 
804b3 monastère de Kaisariani, vue depuis une cellule
 
On ne peut visiter le bâtiment principal du monastère (première photo), en revanche par un escalier extérieur on a accès à quelques cellules. Elles sont minuscules. La seconde photo montre la reconstitution du mobilier dont disposait chaque moine. De vagues traces sur l’un des murs laisse deviner qu’il était recouvert de fresques. La troisième photo est prise du fond d’une cellule et en montre la porte et la fenêtre.
 
804b4 monastère de Kaisariani, réfectoire
 
804b5 monastère de Kaisariani, le foyer
 
804b6 monastère de Kaisariani, toiture au-dessus du foyer
 
Dans la cour du bas, on a sur la droite le catholicon, église du monastère, et sur la gauche un bâtiment où se trouvaient le réfectoire et la cuisine. Il est curieux de constater que cette cuisine rappelle une architecture que l’on trouve dans le mégaron des palais mycéniens, deux millénaires et demi ou trois plus tôt. Le foyer est au sol, au centre de la pièce, et une simple ouverture dans la toiture conique sert de cheminée. Ce bâtiment est plus récent que le reste du monastère, il date probablement du seizième ou du dix-septième siècle.
 
804c1 monastère de Kaisariani, cour devant le Katholikon
 
804c2 monastère de Kaisariani, le catholicon
 
La cour basse, ornée de colonnes antiques, comporte des espaces où les moines cultivaient des plantes médicinales. Dos au réfectoire et à la cuisine, on voit le catholicon. L’église de la Présentation de la Vierge est du onzième siècle, mais devant elle a été construit, à une date inconnue mais antérieure à 1602, un narthex. Sur la droite, une petite porte donne sur la chapelle Saint-Antoine, de même époque que le narthex et que le campanile.
 
804d1 monastère de Kaisariani, chapelle Saint Antoine
 
804d2 monastère de Kaisariani, chapelle Saint Antoine
 
Nous sommes ici dans la chapelle latérale dédiée à saint Antoine. Toute la voûte du chœur en est décorée de fresques. Elles sont de la même époque, mais d’une autre main, que celles du catholicon que je montre et dont je parle ci-dessous.
 
804d3 monastère de Kaisariani, catholicon
 
804d4 monastère de Kaisariani, katholikon
 
804d5 monastère de Kaisariani, katholikon, l'iconostase
     
La première de ces trois photos montre le narthex, c’est-à-dire cette première salle construite à l’extrême fin du seizième siècle. La seconde photo est prise dans l’église du onzième siècle, avec la belle iconostase de marbre (troisième photo). Selon une inscription, les fresques sont l’œuvre d’un peintre du Péloponnèse, Ioannis Ypatos, venu travailler ici en 1682. C’est un artiste folklorique qui excelle dans les scènes narratives disposées selon une organisation très classique et conventionnelle.
 
804e1 fresque du catholicon de Kaisariani
 
804e2 fresque du catholicon de Kaisariani, Annonciation
 
804e3 fresque du catholicon de Kaisariani, baptême de Jés
 
Je ne peux parler des fresques d’Ypatos sans en montrer quelques unes. Sans l’inscription près de sa tête du nom de saint Joseph, je n’aurais certes pas été capable d’identifier le personnage de la première image. Sur la seconde, cet ange qui vole vers la Vierge lui présente quelque chose, on dirait le pain de la communion mais je suppose qu’il doit s’agir d’une Annonciation. Quant à la troisième, il est clair que c’est le baptême du Christ dans le Jourdain par Jean Baptiste. Sur le côté, les anges attendent Jésus avec des serviettes pour l’essuyer tandis que la colombe du Saint Esprit descend sur lui. En revanche, je ne comprends pas ce que vient faire ce petit personnage qui se baigne tout en bas et semble chevaucher quelque chose.
 
804e4 fresque du catholicon de Kaisariani, entrée à Jéru
 
804e5 fresque du catholicon de Kaisariani
 
Encore deux fresques. Il y en a tant… Le dimanche des rameaux, Jésus entre à Jérusalem monté sur un âne. C’est une entrée triomphale, je ne vois pas ici les rameaux que, traditionnellement, le peuple agite sur son passage, mais on voit le manteau de pourpre qui est jeté sous les sabots de la monture. La coupole du narthex est ornée d’un Christ Pantocrator qui ne m’a pas enthousiasmé, mais cette Vierge en majesté est de toute beauté au centre de la coupole du chœur.
 
804f1 fontaine derrière le monastère de Kaisariani
 
804f2 fontaine derrière le monastère de Kaisariani
 
Après la fin de notre visite du monastère, nous ressortons et en faisons le tour. Sur une jolie petite place au centre de laquelle se dresse un énorme arbre déployant ses ramures gigantesques sur une impressionnante surface, derrière les bains byzantins, cette petite fontaine est très célèbre. La tête de bélier qui la décore a valu au monastère, pendant toute l’occupation ottomane, le nom turc de Koç Basi, ce qui veut dire Tête de Bélier. Son eau avait la réputation de guérir de la stérilité, chose bien inutile pour un monastère d’hommes voués à la continence, mais dans l’Antiquité les pèlerins du temple d’Aphrodite s’y pressaient. Aujourd’hui, un écriteau signale que l’eau n’en est pas potable. C’est près de cette fontaine qu’Ovide, dans l’Art d’Aimer (publié au tournant de l’ère, probablement en l’an 1 après Jésus-Christ) situe l’histoire de Céphale et Procris : "Près des coteaux riants et fleuris de l'Hymette est une fontaine sacrée, dont les rives sont bordées d'un vert gazon. Des arbres peu élevés forment à l'entour moins un bois qu'un bocage […]. C'est là que le jeune Céphale, laissant à l'écart sa suite et ses chiens, venait, las des travaux de la chasse, goûter les douceurs du repos. ‘Brise légère, répétait-il souvent, viens sur mon sein, viens éteindre mes feux’. Quelqu'un l'entendit, et, méchamment officieux, alla répéter à sa craintive épouse ces innocentes paroles. Au nom de cette Brise, qu'elle prend pour une rivale, Procris, dans son saisissement, tombe, muette de douleur. […] Elle déchire les légers vêtements qui couvrent son sein, et ses ongles ensanglantent son visage. Puis soudain, furieuse et les cheveux épars, elle s'élance à travers les campagnes, comme une bacchante en délire. […] Dès qu'elle vit l'herbe foulée et marquée d'une empreinte récente, des battements redoublés agitèrent son cœur ému. […] Céphale revint à la forêt, et apaisa dans l'eau d'une source la chaleur qui le brûlait. Cachée près de lui, Procris inquiète l'épie. Elle le voit s'étendre sur l'herbe accoutumée, elle l'entend s'écrier : ‘Venez, doux Zéphyrs, viens, Brise légère’. O surprise agréable ! elle reconnaît son erreur, […], elle se lève et, voulant s'élancer dans les bras de son époux, elle agite par ce mouvement le feuillage qui l'environne. Céphale, attribuant ce bruit à quelque bête fauve, saisit vivement son arc […]. Céphale désolé soutient dans ses bras sa maîtresse expirante, et arrose de larmes sa cruelle blessure. Enfin l'âme de l'imprudente Procris s'échappe par degrés de son sein, et Céphale, les lèvres collées sur ses lèvres, recueille son dernier soupir".
 
804g1 végétation sur le mont Hymette
 
804g2 végétation sur le mont Hymette
 
804g3 l'Acropole d'Athènes vue depuis le mont Hymette
 
Les photos ci-dessus donnent une idée du paysage de l’Hymette dans sa partie boisée, alors que plus haut c’est le domaine de la garrigue (et du thym butiné par les abeilles). De là-haut, on peut voir l’Acropole d’Athènes avec le Parthénon. À la différence des autres collines d’Athènes, Acropole, Philopappos, Aréopage, Pnyx, Lycabette, l’Hymette est une chaîne montagneuse dont les pentes qui atteignent l’est d’Athènes ne sont que l’extrémité. Cette chaîne montagneuse culmine à 1026 mètres et mesure 16 kilomètres de long pour aller s’achever sur la côte du golfe Saronique au sud du Pirée. Le fameux miel de l’Hymette est un miel de thym. Dans une Ode, Horace se moque d’un homme qui, alors que le vin de Falerne est très réputé, éprouve le besoin de l’adoucir et de le parfumer : "Nisi hymettia mella Falerno ne biberis diluta" (Tu n’en boirais pas si du miel de l’Hymette n’était pas dissous dans le Falerne). En 1675-1676, le Français Jacob Spon visite la Grèce. Dans la relation de ce voyage qu’il publie en 1678, il écrit : "Le mont Hymette mérite bien une longue promenade, et nous prîmes des chevaux pour y aller avec notre hôte. Il est à une petite lieue d’Athènes, et n’a guère moins de sept à huit lieues de tour. Le dessus n’est ni habité ni cultivé. [… Le] couvent de Cyriani est au nord de la montagne […]. On y fait quantité de miel qui est fort estimé à Constantinople. […] Je remarquai qu’il n’était point âcre et qu’il n’altérait pas, comme font d’ordinaire les autres sortes de miel. Aussi les Anciens croyaient que les premières abeilles et le premier miel tiraient leur origine du mont Hymette, et nous disions entre nous que c’était peut-être en ce même endroit, puisqu’il y est en effet bien plus excellent qu’ailleurs. Il est d’une bonne consistance et d’une belle couleur d’or. |…] Strabon dit que le meilleur miel du mont Hymette était celui qui se faisait proche des mines d’argent, qui sont maintenant perdues […] Les herbes et les fleurs odoriférantes qui croissent au mont Hymette ne contribuent pas peu à l’admirable manufacture de ces petits ouvriers". Les mines d’argent auxquelles fait allusion Strabon ne peuvent être que celles de Lavrio (mon blog, article daté 21 et 23 octobre 2011), qui sont assez loin au sud-est de l’extrémité de l’Hymette. Quant au philosophe Théophraste (371-288 avant Jésus-Christ), qui a été élève d’Aristote et maître, entre autres, du grand poète comique Ménandre et de Bion de Boristhène dont j’ai montré la tête en bronze dans mon blog le 8 mars 2011 en disant quelques mots de lui, il est l’auteur de Caractères. Au sujet du flagorneur il écrit : "Pour lui-même, il n'achète rien, mais pour les étrangers, il fait des commissions à Byzance, procure à Cyzique des chiens de Laconie, du miel de l'Hymette à Rhodes et, ce faisant, le raconte à tout le monde en ville".
 
804h1 mont Hymette, église paléochrétienne St-Marc
 
804h2 mont Hymette, église paléochrétienne St-Marc
 
804h3 mont Hymette, église paléochrétienne St-Marc
 
804h4 mont Hymette, église paléochrétienne St-Marc
 
Notre promenade sur l’Hymette, au-dessus du monastère, nous a menés à cette petite église paléochrétienne qui avait été dédiée à saint Marc. De ses trois nefs, une seule subsiste mais on devine les autres absides. C’est ici que s’était d’abord établi un monastère, avant qu’un nouveau soit construit au onzième siècle là où nous l’avons vu. La troisième photo est prise en direction du chœur. Au fond de l’abside on voit une fenêtre, c’est à travers elle qu’ayant fait le tour du bâtiment j’ai pris la dernière photo.
 
804h5 mont Hymette, église paléochrétienne St-Marc
 
Hélas, ces constructions se faisaient au détriment de monuments païens. En divers endroits, on remarque dans les murs des inclusions de fragments de colonnes antiques, des morceaux de beau marbre blanc sculpté, etc. En voici un exemple.
 
804i1 mont Hymette, course Spyros Papagiannis
 
804i2 course Spyros Papagiannis sur le mont Hymette
 
804i3 course Spyros Papagiannis sur le mont Hymette
 
Il y a trois kilomètres environ entre le monastère et l’autobus urbain. Natacha craignait un peu d’être fatiguée et elle aurait souhaité appeler un taxi, mais les taxis, comme toutes les autres voitures, sont interdits sur cette route aujourd’hui en raison d’une course cycliste. Cette course a été organisée à la mémoire d’un jeune journaliste sportif, Spyros Papagiannis, qui a travaillé en France pour la version grecque d’Eurosport, la chaîne de télévision satellite. Personne ne faisant respecter, en Grèce, le code de la route, nombreux sont les conducteurs qui commettent des irrégularités, et les motocyclistes qui se dispensent du casque. Or Spyros était très respectueux des règles, paraît-il, et un jour qu’il se déplaçait à moto –avec son casque–, une voiture a grillé un feu rouge à vive allure, l’a percuté, l’a tué. Très nombreux sont les sportifs, hommes ou femmes, jeunes ou mûrs, qui lui rendent hommage aujourd’hui en participant à cette course contre la montre.
 
En fait, nous sommes redescendus à pied, et parce qu’un chemin serpente à flanc de montagne à quelques mètres de la route, nous avons été tranquilles sur le premier kilomètre, jusqu’au point de départ, où les cyclistes s’égrenaient chacun leur tour, parfois accompagnés d’une moto, et les deux kilomètres suivants où les voitures circulaient à toute vitesse. Seul inconvénient, le chemin est aussi incliné que le flanc de la montagne, aussi les dahuts y sont-ils plus à l’aise que les hommes (précision donnée pour ceux qui, ayant participé à une chasse au dahut, connaissent la particularité physique de l’animal).
 
804j Evi contrôleur de la course
 
Ces informations sur la course et sa motivation, nous les tenons d’une jeune commissaire de course, nommée Evi, à qui Natacha a tout d’abord tendu son téléphone en lui demandant si elle voudrait bien appeler en langue grecque un taxi. Après nous avoir dit qu’il ne pourrait venir jusqu’ici, elle nous a tout expliqué. Mais aussi elle a proposé que, lorsque nous serions arrivés au lieu du départ de la course, nous l’appelions pour qu’à ce moment-là elle appelle pour nous un taxi, et elle nous a donné son numéro de portable. Gentille, complaisante, sympathique, voilà pourquoi je tenais à la citer ici. Hélas, la photo que Natacha me passe était ciblée sur un cycliste et Evi apparaissait en tout petit. J’ai donc recadré sur elle, mais on ne la voit guère…
 
Et avant de terminer, une dernière chose. Nous sommes donc arrivés à pied au terminus de l’autobus. Nous nous y asseyons. Deux dames montent, s’installent juste de l’autre côté du couloir, puis ouvrent un sac et nous proposent du gâteau que l’une d’elles a confectionné, et nous en mettent dans une petite boîte en plastique. Ah, décidément, ces Grecs, quel peuple sympathique ! Partout, on rencontre des gens prêts à aider, à faire un geste d’accueil. Il est incroyable de se dire que l’hospitalité, devoir sacré chez Homère, s’est maintenue à travers les siècles, à travers les millénaires, alors que les peuples se sont tellement mêlés sur cette terre que ceux que l’on y rencontre aujourd’hui ne sont pas vraiment les descendants d’Ulysse, d’Agamemnon ou de Nausicaa. Romains, Arabes, Bulgares, Francs, Vénitiens, Turcs, Albanais ont mêlé leur sang à celui des Grecs, mais toujours s’est transmis ce devoir de philoxénie. Dans ce pays, l’étranger se sent bien, et ne peut que déplorer que ce soit là, encore plus qu’ailleurs, que des politiciens irresponsables aient plongé l’économie dans une situation aussi dramatique. Le touriste, lui, n’en pâtira pas, il constatera que les media occidentaux focalisent sur des violences réelles mais très circonscrites dans l’espace et dans le temps, et en venant passer en Grèce quelques jours ou quelques semaines il apportera son soutien financier et moral à une population qui le mérite.

Partager cet article

Repost 0
Published by Thierry Jamard
commenter cet article

commentaires

miriam 10/06/2012 13:22

encore une visite à faire quand on retournera à Athènes! Bon à savoir qu'on peut y arriver par les transports parce que louer une voiture dans Athènes c'est moyen!

Thierry Jamard 14/06/2012 20:31



...et à pied, c'est haut. De plus, chacun sachant que la chaleur dilate les corps, la montagne est encore beaucoup plus haute quand il fait chaud!!!



kanaka 08/06/2012 16:46

merci pour réhabiliter les qualités premières de tout un peuple qui - sans nul doute - a permis à l'Europe entière de construire les fondements de sa culture. Merci pour les voyages, mais à ce
rythme-là, on va rester dans notre fauteuil devant écran sans plus se déplacer !
à vos prochaines découvertes ...
kanaka
ps. la deuxième fresque d'Ypatos serait bien une annonciation, l'objet rond présenté par l'ange figurerait concrètement le message.

Présentation

  • : Le blog de Thierry Jamard
  • : Un long, long voyage d'observation et de description culturelle à travers l'Europe. Paysages, histoire, architecture, peinture, sculpture, mythologie et religions, société, tout ce qui me tombe sous les yeux.
  • Contact

Recherche