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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 00:01
716a0 Le Taygète et Mystras, par Baccuet (1835)
 
De Sparte à Mystra (ou plutôt Mystras, comme on a l’habitude de dire en français) il n’y a que cinq kilomètres. Sans lever le camp de notre installation au camping de Mystras nous avons pu visiter Sparte, sujet de mon précédent article. Mais, évidemment, nous avons aussi visité ce haut lieu franc, vénitien, ottoman. La gravure ci-dessus a été réalisée par Baccuet en 1835, et je l’avais photographiée au musée des voyageurs du Magne, à Gytheio, le 13 mai dernier. Quarante-trois ans plus tard, dans son Voyage en Grèce, Henri Belle écrit : "En continuant à longer la montagne, (...) nous arrivons au pied du rocher de Mistra, ville fondée en 1247 par Guillaume de Villehardouin pendant son séjour en Laconie. A une lieue de la Lacédémone byzantine, il découvrit ce rocher escarpé qui lui parut convenable pour construire un fort. Il en fit en effet une belle place presque imprenable et l'appela Mistra, mot qui veut dire, en vieux patois de France : la maîtresse ville. Les Grecs en ont fait mizithra, qui signifie fromage caillé. (...) De tous côtés on ne voit que palais, maisons, églises ruinées. On erre dans des rues pavées qui montent en zigzag, on passe sous des voûtes au-dessus desquelles sont sculptés des écussons de familles françaises, on pénètre dans des cours encombrées d'herbes, mais pleines encore des souvenirs de nos Croisés. C'est une promenade à travers le moyen âge."
 
716a1 Mystras, le château franc
 
716a2 Mystras, le château franc de Guillaume II de Villeha
 
En approchant du petit village moderne de Mystras, sur le bord de la route on trouve cette oliveraie et de là on a une très belle vue sur la montagne. Le château de Guillaume II de Villehardouin et de sa femme Anne Ange-Comnène est construit avec la pierre locale, ce qui le rend presque invisible (première photo, sommet de droite), surtout du fait qu’un autre sommet, derrière, le dépasse légèrement. Mais sur ma seconde photo, avec un coup de zoom, il apparaît plus clairement. Mais lorsque, la nuit tombée, il est éclairé, c’est un très beau spectacle. De notre emplacement, au camping Castel View, nous avons vue sur lui, ce qui justifie le nom du camping (mais pas la langue dans laquelle c’est exprimé puisque, sauf erreur, nous sommes en Grèce, où le langage officiel aussi bien qu’historique n’est pas –pas encore– l’anglais).
 
716a3 Mystras, la ville basse
 
Mystras s’étire au flanc de la montagne, mais sur trois niveaux successifs. Ce que l’on appelle la ville basse –ici nous venons de franchir l’entrée– est déjà à une altitude non négligeable, car depuis le village moderne la route n’a pas cessé de monter. Puis il y a la ville haute, qui est… encore plus haut. Et bien au-dessus, accessible par un sentier qui traverse un petit bois, au sommet de la colline de 621 mètres, comme on l’a vu sur mes photos du début, se dresse l’imposant château franc. Guillaume II de Villehardouin a été prince d’Achaïe de 1245 à 1278, et il a entrepris la construction de sa forteresse en 1249. On sait qu’il y a eu habitat antique quoiqu’on n’en ait aucune trace archéologique ni aucune ruine d’habitat, parce dans les murs de la ville médiévale sont incluses des pierres portant des fragments d’inscriptions antiques et qu’il n’y avait aucune raison de les transporter depuis Sparte.
 
716a4 Mystras, sarcophage antique
 
Il y a également un sarcophage antique décoré de ménades, de griffons, d’un sphinx, qui servait de bassin à une fontaine. Il a été transporté dans le musée de la Métropole (l’évêché orthodoxe). Je préfère passer très vite tout à l’heure sur le musée et montrer maintenant ce sarcophage. Geoffroy I et Geoffroy II de Villehardouin n’avaient pu régner sur toute la Morée parce que les habitants du sud, seigneurs, paysans, Slaves du Taygète, leur résistaient. Mais quand Guillaume réussit à prendre Monemvasia, toute la Morée, c’est-à-dire le Péloponnèse, est tombée sous sa coupe et il a alors décidé de construire là ce symbole de son pouvoir mais aussi cette place forte pour se maintenir, "une forteresse qu’il nomma ‘Myzithra’, car on l’appelait ainsi, et il fit un château superbe et grandiose", nous dit la Chronique de Morée. En guerre contre l’empire byzantin grec replié sur Nicée, Guillaume est fait prisonnier en 1259 et, en 1262, contre sa libération, il cède aux Byzantins Monemvasia, une autre forteresse (la Grande Maïna) qu’il avait construite dans le Magne pour contenir les Slaves, et le "troisième et plus beau château de Myzithra". L’évêché de Sparte (la métropole orthodoxe) est transféré à Mystras dès 1264. Mais les Francs restent en Morée et, pour des raisons diplomatiques destinées à éviter une reconquête, les despotes byzantins de Morée épousent presque tous des princesses franques, ce qui n’a pas manqué d’influencer l’art de Mystras.
 
Cédant à mon habituelle marotte philologique, je voudrais parler du mot "despote". Ce n’est pas un synonyme de tyran. Le grand savant français Émile Benveniste a mis en évidence que les racines indo-européennes étaient trilittères (composées de trois lettres), à savoir deux consonnes encadrant une voyelle alternante E, O ou Ø (zéro), c’est-à-dire absence de la voyelle. Par exemple, en relation avec l’idée de naissance, au degré E on a GÉNiteur, au degré O on a GONade, et le degré Ø n’est plus très visible dans le verbe français Naître, qui vient du latin nascor, ancien latin GNascor. De même, concernant la maison, DOMestique, DOMpter (du latin domitare) sont au degré O. Le grec despotès repose sur le degré E, avec un S de génitif (complément de nom), DEM-S, et le mot désignant le pouvoir, POT-, que l’on a par exemple dans POTentiel. Le dems-potès, le despote, est donc celui qui détient le pouvoir de la maison, le pouvoir domestique, ou par extension le pouvoir dans la région. Mais le despotat de Morée dépend de l’empire de Byzance, comme le despotat d’Épire dépend du sultanat de Constantinople.
 
Revenons à nos moutons. Les empereurs de Byzance et leur famille (frères ou fils des empereurs étaient despotes en Morée) étaient très cosmopolites mais les couches populaires, grecques ou hellénisées (Francs, Slaves, Albanais, Turcs) avaient un sentiment national aigu et se révoltaient dès que Byzance envisageait de lâcher tout ou partie de la Morée : quand, en 1402, les chevaliers de Saint-Jean de Rhodes vinrent à Mystra qui leur avait été vendue, ils auraient été massacrés sans l’intervention de l’évêque orthodoxe de Mystra, et la vente fut annulée. Mais après 1453 et la chute de Constantinople, la situation n’était plus tenable, les incursions turques étaient incessantes et le 30 mai 1460 Mystra tomba aux mains des Ottomans venus avec une puissante armée. Au début du dix-neuvième siècle, Mystra survivait encore, mais les Égyptiens venus au secours des Turcs pendant la guerre d’indépendance incendièrent ce qui n’était pas encore en ruines et la création de Sparte moderne par le roi Othon en 1831, ainsi que le village moderne de Mystra, aspirèrent la population très limitée qui y restait. Enfin, récemment, les quelques habitants qui étaient restés malgré tout ont été expropriés et Mystra la byzantine, qui avait traversé les siècles d’occupation ottomane, a été close pour devenir une ville musée. Seules quelques religieuses orthodoxes ont conservé leur couvent de la Pantanassa et continuent d’y vivre.
 
716b1 Mystras, église St Christophe (Agios Christophoros)
 
Pour les familles nobles, construire une église était une façon d’affirmer leur statut. Pour ceux qui n’étaient pas aristocrates mais s’étaient enrichis, c’était une façon de tenter de se hisser dans la société. Ce qui explique que l’on rencontre des églises partout. Il y a, à Mystras, tant et tant de petites et de grandes églises, liées à des monastères, à des demeures de nobles qui s’y faisaient enterrer, ou indépendantes, que je ne chercherai pas à toutes les décrire ici. Celle de cette photo est Agios Christophoros (Saint Christophe).
 
716b2a Mystras, monastère de Périvleptos
 
716b2b Mystras, monastère de Périvleptos
 
À l’extrémité sud de la ville basse, c’est le monastère de Périvleptos. Derrière une porte qui s’ouvre dans un haut mur, sous une falaise basse percée d’une grotte, on découvre ce monastère et son église.
 
716b2c Mystras, monastère de Périvleptos
 
716b2d Mystras, monastère de Périvleptos
 
716b2e Mystras, monastère de Périvleptos
 
Une partie des bâtiments est en ruines, mais comme on peut le voir d’autres sont en parfait état, et notamment le catholicon, c’est-à-dire l’église du couvent.
 
716b2f Mystras, monastère de Périvleptos
 
716b2g Mystras, monastère de Périvleptos
 
716b2h Mystras, monastère de Périvleptos
 
L’église est flanquée de chapelles, et partout on peut admirer des fresques. Contrairement à ce que l’on rencontre ailleurs, deux faits sont marquants. Le premier c’est que leur ordonnancement n’est pas simple et clair comme ailleurs, et les trois cycles habituels, Eucharistie, Passion du Christ et vie de la Vierge sont mêlés. Le second fait marquant est l’ampleur du cycle concernant la vie de la Vierge, soit vingt-cinq scènes, beaucoup plus que pour les miracles de Jésus, par exemple. Sur ma deuxième photo, ci-dessus, qui représente la Nativité, Marie est couchée tournée vers nous, et ne regarde donc pas Jésus, couché dans un petit berceau en forme de caisse en bois.
 
716b3 chats au monastère de Pantanassa
 
Plus haut, à mi-chemin entre la ville basse et la ville haute, on rencontre le grand monastère de la Pantanassa. Je disais qu’un monastère de Mystra était le seul lieu encore habité. Je parlais de religieuses, mais j’aurais dû plutôt parler de chats, beaucoup plus nombreux, et se reposant en attendant l’heure de la prière…
 
716b4a Monastère de Pantanassa
 
716b4b Monastère de Pantanassa
 
Ce monastère est celui de la Pantanassa, ou Vierge Souveraine. Anax, au féminin anassa, désigne le maître absolu. Au premier coup d’œil on se rend compte que cette église, typiquement médiévale avec ses six coupoles, est encore utilisée très régulièrement pour le culte. Lorsqu’on arrive, on longe une allée bordée de cellules, et dans la première d’entre elles une religieuse est préposée à la vente de broderies effectuées par ses consœurs, d’icônes et autres petits objets. C’est dans cette allée que nous avons vu tous ces chats. Sur l’autre côté de l’allée, et située plus haut, se dresse l’église. On voit qu’elle est précédée d’un narthex en portique qui fait terrasse, et d’où la vue vers la ville basse, vers la vallée, vers Sparte est splendide. Le despote était secondé dans ses fonctions par une espèce de premier ministre et c’est lui, Jean Frangopoulos, qui a fondé le monastère.
 
716b4c Monastère de Pantanassa
 
716b4d Monastère de Pantanassa
 
716b4e Monastère de Pantanassa
 
Certaines fresques sont du dix-septième siècle, comme celle de l’empereur Constantin, considéré comme saint par l’Église orthodoxe, qui au quatrième siècle a institué la liberté de culte dans l’Empire Romain, avec sa mère sainte Hélène qui a fait le voyage en Terre Sainte et en a rapporté l’escalier du palais de Pilate (Scala Santa à Rome, probablement authentique parce que relativement facile à identifier), la colonne de la Flagellation (plus douteux, rien ne ressemble plus à un bout de colonne tombé à terre qu’un autre morceau de colonne) et la croix de Jésus (qui relève pratiquement de la légende, elle aurait retrouvé les trois croix, celle de Jésus et celles des larrons, et pour savoir quelle était celle de Jésus elle l’aurait approchée d’un mort qui, tel Lazare, se serait relevé).
 
Un mot de ma seconde photo. Cette fresque est la plus ancienne, elle date de l’origine. En la voyant de loin, j’ai tout de suite pensé à Marie l’Égyptienne, et en m’approchant j’ai vu qu’en effet si le nom de Marie est effacé, on peut très bien lire "L’Égyptienne", en grec. Je me dispenserai de raconter son histoire, et je me contenterai de faire référence à mon article du premier octobre 2010 concernant la crypte de la cathédrale de Tarente.
 
716c Mystras, église des Saints Théodore
 
Nous passons aussi devant l’église des Saints Théodore édifiée de 1290 à1295, commencée par l’higoumène Daniel et terminée par l’archimandrite Pachômios, Grand Protosyngélos (c’est-à-dire Chancelier ecclésiastique du Péloponnèse), et higoumène de cette église qu’il a construite. Puis à partir de 1310 il va construire, tout près, l’Hodégétria où nous nous rendons ensuite, et il en sera l’higoumène. Cela est curieux : deux grandes églises très voisines, construites à un faible intervalle de temps et portant à l’origine un même nom, le Brontochion. Près des Saints Théodore, pas trace de cellules, pas trace de réfectoire, mais de nombreuses tombes. D’où l’hypothèse que l’Hodégétria a été construite pour être le catholicon, l’église principale, du monastère, et qu’alors les Saints Théodore a été affectée au rôle d’église du cimetière des moines.
 
716d1 Mystras, église de l'Hodégétria
 
716d2 Mystras, église de l'Hodégétria
 
La voici, l’Hodégétria. Elle a été bien conservée pendant très longtemps, jusqu’au milieu du dix-neuvième siècle. Puis, pour une raison que j’ignore, en 1863 on en a retiré la plupart des colonnes (qui, apparemment, n’ont pas été réutilisées, ce qui rend l’opération inexplicable), ce qui a provoqué l’effondrement de la coupole et d’une partie des voûtes. Une restauration a été entreprise en 1938, qui rend à l’église la beauté de son architecture du tout début du quatorzième siècle.
 
716d3 Mystras, église de l'Hodégétria
 
716d4 Mystras, église de l'Hodégétria
 
Ici encore, on peut admirer des fresques remarquables. Elles sont si nombreuses que l’on n’a que l’embarras du choix. Dans le narthex, ce sont les miracles de Jésus. Ma première photo montre la guérison du paralytique, et sur la seconde photo il y a deux scènes. Il semble qu’à gauche ce soit l’épisode de la Samaritaine, et les apôtres arrivent derrière Jésus et s’étonnent entre eux qu’il soit en conversation avec cette femme. À droite de la même photo, c’est clairement le miracle de la transformation de l’eau en vin lors des noces de Cana.
 
716e1 Mystras, Métropole
 
716e2 Mystras, Métropolis
 
716e3 Mystras, Métropole
 
Nous étions tout au nord de la ville, nous redescendons vers l’est et arrivons à la Métropole (cette Metropolis, en grec, est l’équivalent de l’évêché). On longe le mur d’enceinte et on pénètre dans la cour.
 
716e4 Mystras, Métropolis
 
716e5 Mystras, Métropole
 
716e6 Mystras, Métropole
 
Dans l’église, de nouveau des fresques recouvrent les murs. Mais je crois n’en avoir que trop montré déjà, ressortons.
 
716f Mystras, musée de la Métropolis
 
Un escalier dans la cour mène au premier étage qui abrite un petit musée. J’ai dit au début que, malgré son intérêt, je ne ferai que l’évoquer. Ce sera à travers ce Christ en majesté, gravé dans le marbre d’un prie-Dieu, qui date de la seconde moitié du quatorzième siècle. Il porte d’évidentes marques de l’influence occidentale, comme une fleur de lys sur le poignet du Christ, mêlées aux éléments typiquement byzantins (le sujet, des traces de pigments, etc.), marque de l’art de Mystras.
 
716g1 Mystras, complexe du Palais
 
716g2 Mystras, le Palais
 
716g3 Mystras, le Palais
 
716g4 Mystras, complexe du Palais
 
On ne visite pas le complexe du palais des despotes, qui est en rénovation. Pas de gardes ici, mais l’une des personnes préposées à la surveillance d’une église pense que les travaux devraient s’achever en 2016. Bien entendu, il n’est pas question de reconstruire ce qui est en ruines, mais de restaurer le château que des voyageurs turcs ont pris pour le palais de Ménélas, erreur d’environ deux millénaires et demi, puisqu’un corps a été construit par les Francs entre 1249 et 1261, et un autre, le bâtiment résidentiel, au quatorzième siècle. Ce sont des travaux lourds, comportant la pose d’un toit sur les bâtiments principaux, et certains murs partiellement écroulés sont même remontés. Je suppose qu’il y aura aussi des travaux d’aménagement à l’intérieur, pour rendre possible la visite. Il est impressionnant de penser que la salle du trône mesure 36,30 mètres sur 10,50 mètres, et qu’elle était chauffée par huit cheminées.
 
716h1 Mystras, Sainte Sophie
 
716h2 Mystras, Sainte Sophie
 
Attendons quelques années, nous reviendrons alors voir ce palais. Pour l’instant, nous poursuivons notre visite en nous rendant à Sainte Sophie. Les bâtiments du couvent sont en ruines, mais l’église est toujours vaillante. En même temps que catholicon du petit monastère dont la dimension très réduite ne justifiait pas un sanctuaire de si grande taille, Sainte Sophie était l’église du palais, construite entre 1350 et 1365.
 
716h3 Mystras, Sainte Sophie
 
716h4 Mystras, Sainte Sophie
 
Le grand Christ de ma première photo occupe l’abside du sanctuaire. Quant à ma seconde photo, je suis très embarrassé. S’il s’agit d’une naissance (dans l’un de nos livres il est dit qu’un mur –lequel ?– représente la naissance de la Vierge) je ne vois pas de nouveau-né, Marie ou Jésus. Cette femme étendue a les yeux fermés, sur ma photo originale c’est très visible, ce qui me fait penser à une Dormition, scène fréquente dans la peinture orthodoxe, mais généralement la Vierge est entourée des apôtres, non de ces femmes qui lui apportent des fruits qu’elle ne mangera pas puisqu’elle dort.
 
716h5 Mystras, Sainte Sophie
 
716h6 Mystras, Sainte Sophie, le réfectoire
 
Mais contrairement à d’autres églises de Mystras, celle-ci a conservé peu de ses fresques, en bien des endroits elles sont en mauvais état, difficilement lisibles. Nous ressortons et avons, sur le flanc, une autre vue de l’extérieur de l’église. À côté se trouve le réfectoire du couvent. Il n’a plus de toit et je crains que la végétation qui pousse sur ses murs ne finisse de le détruire.
 
716i1 Mystras, Saint Nicolas
 
716i2 Mystras, Saint Nicolas
 
J’ai déjà montré beaucoup trop d’églises et de chapelles. Terminons donc avec deux fresques de l’église Saint Nicolas. Je ne saurais dire qui sont les nombreux personnages de ma première photo, qui font un très bel ensemble, en revanche sur la seconde il est clair que c’est le célèbre épisode de la vie du saint patron de l’église. Un voisin de Nicolas, très pauvre en n’arrivant plus à se tirer de ses embarras financiers s’apprêtait à prostituer ses trois filles le lendemain. Généreux, Nicolas sauva ces enfants de cette déchéance en donnant de l’or à leur père.
 
716j1 Mystras; le château franc
 
716j2 Mystras, le château franc de Guillaume II de Villeha
 
Puisque nous nous arrêterons là avec toutes ces églises (et il y en a bien d’autres à Mystras…), il est temps d’entreprendre l’ascension vers la forteresse par la ruelle pavée qui monte dur.
 
716j3 Mystras, le château franc de Guillaume II de Villeha
 
716j4 Mystras, le château franc de Guillaume II de Villeha
 
Il est difficile de dire ce que l’on voit, parce que le château des Villehardouin a été fortement remanié et modifié, non pas peut-être par les Byzantins qui en ont pris possession alors qu’il était tout neuf, mais surtout par les Turcs, puis par les Vénitiens, avant d’être laissé à l’abandon et de tomber en ruines. Précisons toutefois qu’aujourd’hui encore subsistent ses deux enceintes concentriques.
 
716j5 Mystras, le château franc
 
716j6 Mystras, vue du Taygète prise du château franc
 
Ces photos sont prises de la forteresse, mais du côté opposé à Sparte. En 1447, Cyriaque d’Ancône passe à Sparte, y voit les ruines antiques, et décrit Mystras comme l’héritière de la ville de Léonidas. Partant de ce rapprochement, une légende s’est peu à peu construite selon laquelle Mystras serait non l’héritière de Sparte, mais Sparte elle-même, comme je le disais au sujet de ce voyageur turc qui avait pris le palais des despotes pour la résidence mycénienne de Ménélas. Au dix-septième siècle c’est un Français, Guillet, ou La Guilletière, qui ne s’est jamais rendu à Mystras, ni même en Morée, mais qui décrit la région, reprend le mythe du palais de Ménélas, explique les mœurs des habitants de son époque par la continuation des mœurs spartiates. J’ai eu l’occasion de dire qui était Pouqueville (le 13 mai, à Gytheio), un diplomate érudit, mais il a cru son guide local qui, lui faisant visiter la ville de Mystras en 1798, lui expliquait quelle était, en ces lieux, la topographie de la Sparte antique. Mais Chateaubriand, en 1827, ne confond pas les deux villes, et désormais ce mythe va s’effondrer.

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Published by Thierry Jamard
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