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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 01:39

494a1 Naples

 

 

Pour notre première visite de Naples où nous allons passer quelques semaines, nous pensons qu’il est bon de prendre l’ambiance de la ville en nous baladant à travers les rues, entre la gare centrale (nous avons laissé à Pompéi notre camping-car) et le Duomo, c’est-à-dire la cathédrale, non pas par les grandes artères mais dans le dédale des vieilles rues. Parce que Naples est très ancienne. C’est d’abord une ville grecque dont le nom, néa (nouvelle) et polis (ville), signifie "Ville Nouvelle", comme en Biélorussie Novogrudok, comme en Russie Novgorod, comme toutes les Villeneuve de France et comme, là où j’ai dirigé le lycée Descartes de Champs-sur-Marne, la Ville Nouvelle de Marne-la-Vallée. Cette vieille ville grecque, c’est l’actuel cœur de Naples, le quartier que l’on appelle Spaccanapoli.

 

494a2 Naples, porte de San Gennaro (16e siècle)

 

La ville de Naples est placée sous la protection de san Gennaro (saint Janvier). Et cette porte du seizième siècle, qui marquait l'entrée de la ville à cette époque, s’appelle Porta de San Gennaro. Dans sa partie supérieure elle est ornée d’une fresque du dix-septième siècle.

 

494a3a Naples, lycée Casanova

 

494a3b Naples, lycée Casanova

 

Impossible, passant devant un lycée, de ne pas m’arrêter à regarder. Celui-ci est un établissement classique, expérimental, avec une section pour adultes, je suppose que c’est quelque chose comme nos GRETA. Il est curieux que dans cette belle ville, un peuple aussi artiste que celui qui l’a construite ne se soucie pas davantage de l’apparence de ses écoles (quel que soit par ailleurs la qualité de l’enseignement qui est dispensé), car l’œil se forme par ce qu’il voit au quotidien plus encore que par ce qu’on lui montre dans les musées ou dans la salle de classe.

 

494a4 Naples, façade

 

À droite, nous longeons le Musée Archéologique National, et en face apparaît une belle façade de ce rouge typique de la ville. Sur une fenêtre sans carreaux (que l’on ne voit pas sur ma photo), un panonceau annonce que l’appartement est à vendre. S’il est en mauvais état il ne doit pas être trop cher, et il est idéalement situé (quoique la rue soit bruyante), cela donne envie…

 

494a5 Naples, motos

 

Motos et scooters sont omniprésents à Naples. Et comme, bien entendu, personne ne respecte les lois ni les règlements, on circule à plusieurs sur des engins à un seul siège, et sans casque pour faire bonne mesure. Puis on se lance dans le trafic, on se faufile à toute vitesse, on zigzague. Il n’est pas rare de voir sur un scooter le père, la mère et un enfant, voire deux dont un bébé. Je frémis à la pensée de ce qui pourrait leur arriver.

 

494b1 Naples, Duomo, le dôme

 

Arrivant à la cathédrale par derrière, de la place de l’église Pio Monte di Misericordia, nous avons une belle vue sur son dôme, avec en premier plan cette colonne qui trône au milieu de la place.

 

494b2 Naples, Duomo, façade

 

494b3 Naples, Duomo, tympan

 

Nous voici à présent sur la façade de l’église. Le Duomo a été construit au quatorzième siècle sur une ancienne basilique du quatrième siècle consacrée à Santa Restituta ; et lui, est consacré à Notre Dame de l’Assomption. Le tympan du grand portail représente une Vierge à l’Enfant.

 

494c Naples, Duomo, nef

 

Grande, haute, belle, la nef n’est pourtant pas exceptionnelle. En dehors de son plafond, on n’y relève pas d’éléments de décoration spécialement recherchés comme il y en a ailleurs.

 

494d Naples, Duomo, baptistère

 

En revanche, ce qui attire l’attention dès l’entrée, ce sont ces beaux fonts baptismaux, avec au sommet cette sculpture du baptême de Jésus par saint Jean Baptiste. La forme élancée, le demi dôme posé sur deux colonnes légères, le double escalier semi-circulaire derrière, tout cela est harmonieux.

 

494e Naples, Duomo, Perugino

 

Dans le bras droit du transept, je suis tombé en arrêt devant cette Assomption. Et en lisant ensuite le panonceau, je n’ai pas été étonné, elle est du Pérugin. Je ne suis pas assez versé dans les arts pour avoir reconnu la patte du Maître, mais j’avais bien senti que ce n’était pas l’œuvre d’un barbouilleur de second rang.

 

494f Naples, Duomo, fresque

 

494g Naples, Duomo, fresque

 

Dans le bas-côté gauche, une chapelle conserve ces restes de fresques. Il semble que des travaux soient en cours pour les remettre en valeur comme elles le mériteraient, car je trouve ce qu’il en reste très beau.

 

494h1 Naples, Duomo, chapelle de san Gennaro

 

Mais ce qui accroche le regard, c’est du côté droit la chapelle du trésor de San Gennaro. Elle est construite dans un style baroque foisonnant, extrêmement riche. La foule s’y presse, moitié fidèles agenouillés et priant avec foi, moitié touristes ébahis par cette chapelle hors du commun. Elle date de 1527, offerte en action de grâce au saint qui avait délivré la ville de la peste (c'est en cette même année 1527 que, dans les voisins États Pontificaux, les troupes impériales de Charles Quint mettaient Rome à sac).

 

494h2 Naples, Duomo, chapelle de san Gennaro

 

494h3 Naples, Duomo, chapelle de san Gennaro

 

Tout autour, brillant sous la flamme vacillante des centaines de cierges qui leur sont offerts, le buste-reliquaire de san Gennaro en laiton, les statues de saints et de saintes en argent, en bronze ou en marbre, ornent le pourtour de cette chapelle. On les sort en procession lors des célébrations de saint Gennaro.

 

494h4 Naples, Duomo, coupole de chapelle

 

Quant à la coupole, elle a été peinte à fresque par Giovanni Lanfranco (1592-1647) et représente Le Paradis. Une sorte de vent fait voler les cheveux de Jésus et les pans de son vêtement blanc qui vont se confondre avec les nuages. Curieusement il est représenté très humain et torse nu, alors qu’ici il est dans sa gloire, et il me donne même l’impression d’être un gourou contemporain, une sorte de hippie des années 60. Ce qui ne veut pas dire que je n’aime pas cette peinture qui sort de l’habituel, avec le traditionnel tribunal autour d’un Jésus qui a l’air d’un empereur autocrate.

 

494i1 Naples, Duomo, basilique de Santa Restituta

 

D’autre part, sur le côté gauche de la nef on accède à cette, comment dire ? Cette autre église, ou cette très vaste chapelle. C’est la basilique primitive de Sainte Restituta qui date du quatrième siècle et a été fortement remaniée au dix-septième siècle.

 

494i2 Naples, Duomo, basilique de Santa Restituta

 

L’une des chapelles de cette basilique, sur la gauche, est ornée de cette splendide mosaïque de Vierge à l’Enfant.

 

494j1 Naples, duomo, crypte

 

494j2 Naples, duomo, crypte

 

En revenant dans la cathédrale, un escalier permet de descendre dans la crypte, sous l’autel ; C’est le cardinal Oliviero Carafa, au seizième siècle, qui l’a voulue pour accueillir les restes de saint Gennaro. L’architecte Tommaso Malvito qui l’a construite est également le sculpteur qui a représenté le cardinal en prière devant les reliques.

 

494j3 Naples, duomo, crypte

 

Sous l’autel, rassemblés dans un vase lombard en terre, les ossements de san Gennaro sont exposés à la dévotion du public.

 

494j4 Naples, duomo, crypte

 

Murs, plafonds, toute cette crypte est couverte de bas-reliefs. Je me suis longtemps demandé, sans trouver de réponse, ce que représente ce marbre. On dirait une balance, le double visage de Janus pouvant se déplacer sur une règle graduée pour indiquer le poids. Le crochet supérieur serait alors pour tenir ou fixer la balance, il n’est pas pointu. Mais pourquoi deux crochets inférieurs, pourquoi celui de gauche du même côté que le Janus de contrepoids, cela je ne le comprends pas. Sinon, il s’agirait sans doute du Jugement Dernier, l’âme du défunt serait pesée pour le bien et pour le mal qu’elle a fait de son vivant, et Janus symboliserait le temps, la face vieille regardant l’âme, son passé, sa vie terrestre, la face jeune regardant vers l’éternité où le temps ne compte pas, où l’on ne vieillit pas. Mais peut-être cette interprétation est-elle complètement fausse. Si quelqu’un comprend autre chose et peut expliquer le double crochet inférieur, je suis preneur.

 

494k1 Naples, métro ligne 2, station Museo

 

Et voilà. Nous allons rentrer. Nous revenons vers la station de métro Museo, le plan indiquant qu’il s’agit d’une correspondance et que l’on peut aller par les couloirs de cette station de la ligne 1 à la station Cavour de la ligne 2 qui nous ramènera à la gare centrale. Comme, à Paris, les deux stations de métro Châtelet et Les Halles sont toutes deux accessibles via le RER Châtelet-Les Halles. Magnifiques, quelques reproductions grandeur nature de statues du musée archéologique décorent la station.

 

494k2 Naples, métro

 

494k3 Naples, métro

 

Puis un tapis roulant ultra moderne et d’un brillant impeccable nous mène loin, très loin, vers la station Cavour. Nous prenons ce métro à grande distance, qui est plutôt un train, un peu comme notre RER, et nous voici dans la station Garibaldi, tout aussi moderne. C’est plus agréable que le métro de Rome.

 

494k4 Naples, station Garibaldi de la Circumvesuviana

 

À la station centrale, place Garibaldi, on prend des trains de grande ligne, mais sur le côté il y a une gare secondaire de la Circumvesuviana. Le nom est clair, c’est la ligne qui contourne le Vésuve. Le train vient d’une autre gare, un tout petit peu plus loin dans Naples en direction de la baie, et il dessert entre autres Herculanum, Pompéi, Stabies, Sorrento. Malheureusement, sur cette ligne, les trains sont vieux et inconfortables, nous n’avons pas droit aux rames modernes comme celle que l’on aperçoit là.

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Published by Thierry Jamard
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Derbékian Hélène 16/02/2014 17:23

Je demanderai à un professeur d'italien (président d'une association franco-italienne) s'il peut expliquer votre photo. En tout cas, félicitations pour cet article (je cherchais des renseignements
en vue de l'expo (à paris) des trésors de san gennaro.
Je suis une "amoureuse folle" de l'ITALIE

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