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22 juillet 2010 4 22 /07 /juillet /2010 22:42

524a Naples, San Lorenzo Maggiore

 

 

 

En plein centre Spaccanapoli de la ville ancienne de Naples, l’église San Lorenzo Maggiore est le centre d’un complexe comprenant aussi un cloître, un musée, et des ruines antiques souterraines. Ce sera notre but de visite aujourd’hui.

 

524b Naples, San Lorenzo Maggiore, 5 martyrs au Maroc

 

Dans l’église, une chapelle du bas-côté gauche porte ce retable du quinzième siècle qui représente les cinq martyrs franciscains tués au Maroc le 16 janvier 1220, un sous-diacre, un prêtre et trois convers. L’un a été tué à coups de lance sur le cou, un autre par flèches dans le cou et la gorge, un autre encore a été lapidé et les deux derniers ont été décapités. Je n’en sais pas plus, je n’ai donc aucune explication pour la curieuse chose que deux d’entre eux portent sur la tête. Si celui du milieu tient dans sa main les flèches de son supplice, je ne vois ni pierre pour la lapidation, ni lance, ni sabre, épée ou hache de décapitation. Et si ce que quatre d’entre eux ont en main est la palme du martyr, celui qui a été tué par flèches mériterait lui aussi cette palme.

 

524c Naples, San Lorenzo Maggiore, le cloître

 

Nous sommes ici à l’emplacement de l’ancienne place publique des Grecs, l’agora, devenue à l’époque romaine le forum au prix d’adaptations pour le style de vie de cette nouvelle population aux mœurs différentes. Le forum était bordé du marché, le macellum. Forum et macellum sont aujourd’hui recouverts par l’église et le cloître de San Lorenzo Maggiore. Le cloître a été établi là au quatorzième siècle, puis complètement reconstruit en 1771 ; c’est ce dernier que nous voyons aujourd’hui.

 

524d1 Naples, San Lorenzo Maggiore, salle capitulaire

 

524d2 Naples, San Lorenzo Maggiore, salle capitulaire

 

Du cloître, on a accès à la salle capitulaire, édifiée à l’époque de la domination souabe (après les Normands et avant les Anjou), soit entre 1234 et 1266, et dont les riches décorations ont été réalisées en 1608. Les murs représentent "l’arbre généalogique de la gloire franciscaine", c’est-à-dire les Franciscains qui se sont illustrés d’une façon ou d’une autre dans le domaine religieux ou dans le domaine culturel. On y trouve des cardinaux et des papes, des saints, des missionnaires, des lettrés.

 

C’est dans cette salle capitulaire que l’empereur Charles V (Charles Quint) promulgua le privilège accordé à la ville de Naples et pour les provinces de ce royaume lorsqu’il revint victorieux de la guerre menée à Tunis en 1535. Dans cette salle également de réunissaient les élus de la ville.

 

524d3 Naples, San Lorenzo Maggiore, miniatures

 

Je suis conscient que ma photo n’est pas suffisamment nette. Comme, en plus, elle est trop petite dans cette publication, on n’y voit strictement rien. Je la publie quand même, parce que lorsque j’aurai dit que ce sont de minuscules sculptures de prophètes casées dans des coquilles de noix, on pourra apprécier la finesse du travail. Cela dit, je ne trouve pas que ce soient des œuvres d’art.

 

524e1 Naples, San Lorenzo Maggiore, réfectoire

 

524e2 Naples, San Lorenzo Maggiore, réfectoire

 

De là, nous passons dans la salle Sixte Quint. Cette immense salle de 40 mètres sur 12 qui était peinte de fresques sur toute la surface des murs servait autrefois de réfectoire. Ces fresques, ou ce qui en reste, ont été réalisées dans les premières années du dix-septième siècle par le même artiste qui a décoré la salle capitulaire. La découverte, en 1972, de fenêtres murées et leur emplacement laissent penser que l’église paléochrétienne n’avait pas encore été démolie quand on construisit cette salle à l’époque souabe au temps du roi Philippe III. Les fresques sont divisées en sept sections, au centre de chacune d’entre lesquelles est représentée l’allégorie de l’une des sept vertus théologales entourée de quatre vertus mineures.

 

524e3 Naples, San Lorenzo Maggiore, réfectoire

 

En-dessous, viennent s’appuyer sur les murs des demi-cercles dont, malheureusement, seuls subsistent six, qui représentent des vues de Naples et des environs, ou des événements qui en ont marqué l’histoire. Dans ce grand réfectoire de San Lorenzo, depuis le milieu du quinzième siècle et tous les deux ans les souverains réunissaient les barons du royaume et autres dignitaires pour des États Généraux qui décidaient des orientations futures du royaume. Lorsque les membres de l’assemblée devinrent trop nombreux, il fallut changer le lieu de réunion, mais les Napolitains restent malgré tout très attachés à cette salle Sixte V comme à un symbole important de leur ville.

 

524e4 Naples, San Lorenzo Maggiore

 

Dans le passage, cette plaque décorative représentant la rencontre de Jésus avec la Samaritaine devant un puits ne mérite peut-être pas de longs commentaires, mais à mon avis justifie quand même une minute d’arrêt. "Femme, donne-moi à boire", cite le texte gravé. Je trouve cette représentation intéressante au premier coup d’œil, mais à l’examen il y a un parti pris d’expression du mouvement qui est trop formel dans les mains, les pieds, les vêtements, la bouche ouverte de Jésus pour montrer qu’il parle. Hâtons-nous donc, maintenant, vers les fouilles archéologiques.

 

525a1 Naples, San Lorenzo Maggiore, fouilles archéologique

 

On a vu que Naples avait été créée à la fin du sixième siècle avant Jésus-Christ ou au début du cinquième par des colons grecs de Cumes, ville datant du huitième siècle. Pour eux, cette implantation est une "ville nouvelle", d’où son nom de "Néa Polis", textuellement Ville Nouvelle. À ces gens de Cumes se sont vite agrégés d’autres Grecs provenant de la proche île d’Ischia et de la plus lointaine patrie d’Athènes. Puis il y a eu la romanisation au quatrième siècle. Les tremblements de terre de 62 et de 64 après Jésus-Christ, puis l’éruption du Vésuve de 79, ont enterré les villes d’Herculanum et de Pompéi qui ont disparu, rayées de la carte. Naples, ville plus grande et moins gravement atteinte, a survécu, mais il a fallu reconstruire la plupart des bâtiments. Ici, comme nous l’avons vu tout à l’heure, nous sommes dans les alentours du forum, et plus particulièrement dans le secteur du marché et des boutiques, tout cela datant des années qui ont suivi les destructions de l’éruption. Et puis la ville a continué à vivre et bien des bâtiments ont continué à sortir de terre, ou à en remplacer d’anciens. Il y a d’abord un niveau datant du Haut Moyen-Âge avec des restes du palais de justice du sixième siècle après Jésus-Christ où les juges étaient des représentants du peuple, Naples ayant conservé, dans son statut de duché byzantin, sa tradition démocratique héritée de son passé grec. Ici, nous sommes à six mètres sous le niveau de la ville médiévale. C’est le quartier du marché, mais il y a aussi, bien sûr, des logements d’habitation, avec une cuisine comme celle que l’on voit sur cette photo.

 

525a2 Naples, San Lorenzo Maggiore, fouilles archéologique

 

Une rue mène à un cryptoportique qui était le siège du marché couvert. Il en reste sept boutiques dont on peut voir les comptoirs où les commerçants étalaient leurs marchandises, creusés de niches où ils gardaient leurs réserves. Ces sept locaux commerciaux sont disposés en enfilade.

 

525b Naples, San Lorenzo Maggiore, fouilles archéologiques

 

Sur cette photo, on voit clairement les murs de la ville romaine et au-dessus les murs du monastère, qui ont donc réutilisé comme fondations les bâtiments antérieurs. L’énorme avantage est celui d’une économie de temps et d’argent pour la construction, sans compter la garantie de solidité offerte par des murs profondément enracinés dans le sol et qui ont fait la preuve, au cours des siècles, de leur résistance au temps et aux phénomènes telluriques. En contrepartie, l’inconvénient est que cela imposait aux architectes des contraintes de plans puisqu’il fallait réutiliser des formes préexistantes.

 

525c1 Naples, San Lorenzo Maggiore, Vierge 16e siècle

 

Nous sommes remontés à la surface et visitons à présent le musée. Cette Madone est une fresque détachée d’un mur de l’église et qui a été réalisée par un Napolitain inconnu entre 1355 et 1365. Ce que je ressens ici est tout le contraire de la Samaritaine. Pas de recherche à tout prix d’un réalisme qui fait passer à côté de la vérité, mais une sensibilité, une foi qui en disent beaucoup plus long. Évidemment, la Vierge a la poitrine sous la gorge, et le téton est long et effilé comme une cartouche de 22 long rifle, évidemment, le visage de Jésus est celui d’un homme de trente-cinq à quarante ans, mais tout cela importe peu, parce que le regard de Marie est si plein d’amour et de tendresse, mais aussi si grave et clairvoyant sur l’avenir de son fils, que l’on ne voit pas ces détails de dessin. Quant à Jésus, il regarde sa mère, mais aussi beaucoup plus loin, son regard n’est déjà plus humain, il embrasse l’univers.

 

525c2 Naples, San Lorenzo Maggiore, saint Michel

 

Ce saint Michel de marbre blanc est une œuvre fin quinzième siècle d’un sculpteur toscan inconnu. Elle était à l’origine au-dessus d’un portail de l’église San Lorenzo a Nilo et, lorsque cette église a été restaurée et que la statue a été déposée, elle a été l’objet d’une tentative de vol heureusement arrêtée à temps. Aussi a-t-on jugé plus prudent de ne pas la remettre en place et de la déposer dans ce musée. Mais ce vol avorté n’était que la dernière des mésaventures de cette statue. En effet, en 1845, elle a subi un énergique nettoyage avec des abrasifs, d’une si redoutable efficacité que la crasse est partie en emportant avec elle l’intégralité de la polychromie d’origine. Pas de doute sur la nature de saint Michel lorsque l’on voit la douceur archangélique de son visage à demi souriant quand, triomphant, ses grandes ailes déployées et les deux pieds sur le monstre, il ne lui donne à mordre que le bout de son bouclier, un bras levé en signe de victoire. Son équipement militaire aussi est très beau, sa cuirasse finement ciselée, ses genouillères en têtes de lions, ses jambières décorées d’écailles. Quelle force, dans cette attitude dynamique !

 

525c3 Naples, San Lorenzo Maggiore, Vierge orante

 

Voici à présent deux Madones très différentes. La première est une Madone orante, une Madone en prière. Ce marbre a dû être réalisé dans les années 1520 à 1530 par un artiste napolitain inconnu. Marie est jeune, le visage plein, elle est recueillie, et le contact avec Dieu la rend légèrement souriante. Malgré tout, je ne la trouve pas très expressive, et il n’y a guère de finesse dans la réalisation, le voile tombe bêtement sans légèreté, son vêtement est juste ébauché.

 

525c4 Naples, San Lorenzo Maggiore, Vierge au calvaire

 

L’autre Madone fait partie d’un groupe représentant le Calvaire, mais les trois statues sont totalement indépendantes les unes des autres. À l’origine, lorsque cet artiste napolitain inconnu les a sculptées vers 1550, elles devaient faire partie de la décoration d’un dessus d’autel ou d’un monument funéraire, mais le chœur de l’église a été entièrement refait, l’autel a été détruit et déjà une description de 1884 les mentionne comme séparés, "provenant peut-être de l’antique enceinte du chœur". Je laisse donc le Christ en croix et saint Jean, et je cadre en gros plan sur le visage de la Vierge. Là non plus il n’y a pas une grande finesse d’exécution du vêtement, mais l’artiste s’est intéressé à Marie elle-même. Ici aussi il y a une prière, mais les mains ne sont pas mollement jointes, elles sont croisées fortement en un geste crispé, et le visage tendu vers la Croix exprime toute la souffrance d’une mère devant la mort de son fils. Les rides entre les sourcils, les muscles des joues contractés, la bouche légèrement arquée vers le bas et retenant les sanglots, le regard éploré, on voit physiquement la profondeur de l’angoisse, de la détresse, d’une femme écrasée de tristesse. Mais, pour relativiser mon jugement et mesurer la part de la subjectivité dans l’évaluation d’une œuvre d’art, une anecdote : Je montre ce soir cette photo à Natacha. Elle ne se souvient pas d’avoir vu cette sculpture, elle suppose qu’avec ce voile sur la tête ce doit être la représentation d’une religieuse, probablement une sainte, et elle y voit la même affectation dans la représentation que dans ces monuments commémorant la Première Guerre Mondiale dans chaque village de France, tout comme la "Grande Guerre Patriotique" de 1940-1945 en Union Soviétique.

 

525d1 Naples, San Lorenzo Maggiore, Vierge jeune

 

Quoique cette "Madone jeune" du dix-huitième siècle représente elle aussi la Vierge, elle n’a rien de commun avec les statues précédentes. Ce n’est pas un personnage de la crèche, quoiqu’elle soit traitée de la même manière, sculptée en bois peint avec des yeux de verre et des vêtements de vrai tissu délicatement brodé. Elle devait plutôt être objet de décoration et de vénération. C’est un admirable travail plein de vie et d’expressivité.

 

525d2 Naples, San Lorenzo Maggiore, personnages crèche

 

Les crèches napolitaines, j’en ai montré précédemment, en plusieurs occasions, des figurines et des objets en situation. Je préfère donc aujourd’hui montrer dans son intégralité une vitrine contenant de nombreux personnages en présentation isolée. Un jeune Maure en turban, les trois Rois Mages, un dignitaire géorgien, un porteur oriental, etc. Toutes ces figurines du dix-huitième siècle sont faites de bois peint et de terre cuite, avec des yeux de verre et des vêtements en tissu.

 

525e Naples, San Lorenzo Maggiore, chasuble

 

Dans une autre salle sont présentés des vêtements sacerdotaux précieux. Cette chasuble, ces deux mitres et ce couvre-calice du dix-huitième siècle qui proviennent d’une manufacture napolitaine sont en filigrane d’argent, ils sont richement brodés sur toute leur surface de fleurs et d’arabesques en fil d’or, tandis que le couvre-calice et les mitres sont, de plus, rehaussés de pierres précieuses et de l’emblème des Franciscains. C’est en fabriquant ce genre d’objets que les canuts de Lyon, dans leur action revendicatrice célèbre, ont dû composer leur chant :

 

          "Pour chanter Veni Creator 

          Il faut une chasuble d’or

          Nous en tissons pour vous, Grands de l’Église

          Mais nous, pauvres canuts, n’avons pas de chemise

          C’est nous les canuts,

          Nous sommes tout nus".

 

526a Naples, San Paolo Maggiore

 

526b Naples, San Paolo Maggiore

 

Il y a tant et tant de choses intéressantes à voir que je suis bien contraint de me limiter. Quand nous avons fini de tout voir, il nous suffit de traverser la petite place pour nous trouver au pied des escaliers imposants montant vers l’église San Paolo Maggiore.

 

526c Naples, San Paolo Maggiore

 

Les deux colonnes qui se dressent fièrement en avant de la façade sont antiques, elles ont été récupérées. Mais leur rôle est purement décoratif, elles ne supportent aucun portique.

 

526d Naples, San Paolo Maggiore

 

À l’intérieur la nef, vaste et majestueuse, est de pur style baroque.

 

526e1 Naples, San Paolo Maggiore

 

526e2 Naples, San Paolo Maggiore

 

Dans le fond de l’église, au-dessus du portail, une grande peinture couvre toute la largeur de la contre-façade. En l’absence de toute notice explicative, de tout livre en vente concernant cette église, je n’ai pas été capable par moi-même d’identifier la scène représentée, mais je trouve intéressant ce détail du sacrifice d’un taureau. Nous sommes dans un temple, comme le prouve un autel juste au centre avec une brebis morte, qui vient d’être sacrifiée. Peut-être est-ce celui de Jérusalem, parce que les costumes reportent à des temps bibliques et évoquent plus particulièrement le peuple juif. Du ciel un rayon lumineux tombe droit sur la brebis, mais nulle trace de Dieu, seuls des anges d’âges divers volent enlacés. Ici et là il y a aussi des soldats, mais ils ne semblent pas vouloir de mal à qui que ce soit, en revanche un roi couronné regarde vers le ciel d’un air effrayé et beaucoup de gens autour de l’autel en font autant. Le sacrifice en cours de ce taureau blanc se situe dans le coin droit, au bas des marches.

 

526f Naples, San Paolo Maggiore

 

Cette petite coupole dans l’un des bas-côtés est surprenante par son emplacement, mais je la trouve belle parce que sa décoration n’est pas chargée à l’excès, et ses ouvertures, au sommet et sur le pourtour dispensent une lumière naturelle dans l’église.

 

526g1 Naples, San Paolo Maggiore, sacristie, Solimena

 

526g2 Naples, San Paolo Maggiore, sacristie, Solimena

 

Quant à la sacristie, elle aussi est typiquement baroque. Chacun de ses petits côtés est décoré d’une grande fresque de Solimena. Ici, nous apercevons la scène de la conversion de saint Paul. Il est indispensable que j’en montre un détail, sans quoi il faudrait me croire sur parole parce que l’on ne peut rien distinguer sur la photo générale.

 

526h Naples, San Paolo Maggiore, sacristie, chute Simon le

 

En fait, c’était le côté opposé que je désirais le plus voir, parce que j’avais lu quelque part qu’il représentait la chute de Simon le Magicien. Or à Rome, le 24 février dernier, dans l’église Santa Francesca Romana, nous avions vu la pierre prétendument creusée par les genoux de saint Pierre en prière pour que dans la compétition de magie imposée par l’empereur et qui l’opposait à Simon le Magicien ce dernier ne soit pas vainqueur. Dans mon article de ce jour-là j’avais cité le passage des Actes des Apôtres évoquant l’histoire. Pour cette raison j’avais donc le plus grand désir de voir la fresque de Solimena montrant la chute de Simon, mais hélas elle est en cours de restauration et des échafaudages enchevêtrés la cachaient cet après-midi. J’ai quand même pu l’entr’apercevoir ce qui m’a permis de ne pas m’effondrer en larmes de déception… Néanmoins, de peur de noyer mon clavier si je ne résiste pas, je conclus ici mon article du jour.

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Published by Thierry Jamard
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commentaires

Jouanisson 19/11/2014 10:07

Merci de m'avoir permis de retrouver ENFIN cette peinture des cinq martyrs, entrevue il y a bien longtemps dans une église napolitaine…

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