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3 novembre 2009 2 03 /11 /novembre /2009 20:21

D’abord, je ne résiste pas au plaisir de représenter cette adorable Fiat 500 (la Cinquecento à prononcer Tchinkoué-tchento). On en voit un peu partout, de ces joujoux qui roulent encore malgré le poids des ans.

 

Ce matin, alors que nous étions prêts à partir, on frappe à la porte. Je vais ouvrir. Une dame allemande me demande en anglais si nous avons passé la nuit ici. Je lui réponds que oui. Elle aussi est en camping-car, et elle voudrait savoir si c’est permis, et s’il y a beaucoup de monde sur ce parking la nuit. Je réponds que puisque personne ne nous a rien dit c’est qu’il ne doit pas y avoir de problème, et que la nuit dernière il n’y avait pas dix voitures sur cet immense parking d’au moins un millier de places. Elle demande alors si nous serons là la nuit prochaine, parce qu’elle a peur si elle est isolée. Je lui dis que peut-être, mais que ce n’est pas sûr. En fait, nous partirons le soir vers le magasin Carrefour de Lucques, à 20 kilomètres, et reviendrons tard. Son camping-car a disparu…

 

 

Mais nous sommes à Pise, et il y a bien d’autres choses à voir. Malgré la célébrité de la tour penchée et de la cathédrale, nous commençons par un tour en ville, d’abord parce que nous avons déjà vu ces monuments lors d’un précédent voyage ensemble, et moi encore avant, avec Emmanuelle et Raphaël, mais aussi parce que le chemin le plus direct entre notre parking dortoir et ces monuments n’est pas le plus intéressant. Par exemple, nous avons l’occasion de longer l’Arno, qui a déjà baigné Florence avant d’arriver ici à Pise. Nous pouvons aussi voir combien les Italiens sont fiers de leurs nanas, eux qui donnent à une de leurs rues le nom de "Rue des belles dames", comme on le voit sur ma photo. La ville est extrêmement animée, avec encore en cette saison beaucoup de touristes. Des retraités, bien sûr, mais pas seulement. Je ne comprends pas comment on peut voir autant de familles françaises, britanniques, japonaises, et surtout allemandes, avec des enfants et des adolescents en âge scolaire, en pleine semaine. Cependant, ce n’est pas qu’une usine à touristes. Il y a aussi tout plein d’Italiens qui se promènent, discutent avec de grands gestes en plein milieu des rues, s’interpellent.

 

 

 

Nous finissons quand même par arriver à cet ensemble monumental archi-célèbre, sur la Piazza dei Miracoli. Aux vacances de Pâques 1998 avec les enfants, puis la dernière fois avec Natacha en février 2008, nous avons visité le Duomo, mais pas le Battistero. Nous décidons donc de faire l’impasse sur le premier et de prendre un ticket pour le second. Ce qui ne nous empêche pas d’admirer l’extérieur de cette cathédrale de marbre d’une extraordinaire harmonie. En observant en détails les murs de l’édifice, on trouve ici ou là quelques bribes d’inscriptions en latin, à l’envers ou de travers, ce qui signifie, je pense, que les bâtisseurs ont réutilisé les pierres d’un édifice précédent. Nous avons la chance, de plus, de voir le marbre blanc qui se dore dans la lumière du soleil déclinant. Somptueux. Non, la Tour Penchée est loin d’être le seul attrait de Pise. Et elle ne doit pas attirer l’œil pour la seule raison qu’elle penche (nous, en France, nous sommes capables de faire une tour Eiffel bien plus haute et qui ne bascule pas, elle), mais pour son architecture et l’harmonie de tout cet ensemble de la Piazza dei Miracoli.

 

Nous pénétrons donc dans le baptistère. Je préfère le dire en français, parce que quand j’ai demandé deux entrées pour le "battisterio", avec RIO, la jeune femme derrière son guichet, sans un sourire, sans me regarder, et d’un air sévère et d’une voix fâchée, m’a repris : "Il battistero" (sans mon malheureux I). Bon, allons-y, dans le baptistère.

 

Qu’en dire ? Évidemment, c’est magnifique. L’intérieur de cet énorme cylindre de marbre, avec une chaire sculptée, avec, là-haut, une galerie qui permet d’avoir une vue vertigineuse sur ces colonnes, et puis le spectacle de l’extérieur par les fenêtres hautes comme si on survolait en avion à basse altitude cette piazza, tout cela vaut le coup d’œil. Mais enfin, avec Natacha nous avons eu des pensées bien matérialistes en se disant que réclamer cinq Euros pour cette visite, c’était bien cher. Pour le prix, j’en donne ici trois photos, ci-contre un détail de la base du dôme et ci-dessous l’un des panneaux de la porte qui représente la tentation de Jésus par le démon dans le désert, et puis une vue plongeante prise depuis la galerie du baptistère.

 

 

 

Après ces visites, nous partons pour un magasin Carrefour, dont des panneaux publicitaires annoncent l’existence à une vingtaine de kilomètres. En effet, il est indispensable de regarnir le réfrigérateur et le congélateur. Mais il nous reste un regret : nous n’avons pas vu le Campo Santo, c’est-à-dire le cimetière, qui fait partie des monuments de la Piazza dei Miracoli. Eh bien, nous reviendrons demain matin. Par conséquent, nous retournons sur notre vaste parking de Pise pour passer la nuit.

 

Bonne nuit, grasse matinée, vidange des eaux usées (opération prévue dans de nombreux endroits de ce pays où le camping-car est très répandu), et nous retournons à pied, par le chemin des écoliers, vers l’ensemble monumental. Pour cinq Euros, on entre au Campo Santo. Pour un Euro de plus, on visite aussi le Museo dell’Opera del Duomo. Ça vaut le coup. En avant, nous prenons le billet groupé.

 

Le bâtiment, construit de 1277 au quinzième siècle, est conçu comme une sorte de gigantesque cloître autour d’une cour engazonnée. La terre de cette cour aurait été prise au Golgotha et rapportée, dit-on, par les Croisés au treizième siècle, et aurait la capacité de réduire les corps qui y sont enterrés à l’état de squelettes en quelques jours seulement. Mais les sépultures sont situées sous les 600 dalles sculptées qui pavent le sol, les unes extrêmement anciennes, les autres absolument contemporaines (des fleurs fraîches sur l’une d’entre elles a attiré mon attention sur la sépulture d’un chanoine enterré en 2009). Il reste d’ailleurs un certain nombre de places libres. Le long des murs, des sarcophages gréco-romains ont été réutilisés pour des nobles du Moyen-Âge ou de la Renaissance. Tout cela est vraiment splendide et impressionnant. À me lire, on le comprendra, je conseillerais plutôt cette visite que celle du baptistère, s’il y avait à choisir.

 

Et ce n’est pas tout. Les murs étaient couvertes de fresques exceptionnelles. Je dis "étaient" parce qu’un tir d’artillerie pendant la dernière guerre, en juillet 1944, a mis le feu aux poutres, et la toiture de plomb a fondu. Un officier américain, auquel est dédié un monument, a prêté du matériel et des moyens humains pour limiter les dégâts, mais la majeure partie des fresques ont été définitivement détruites. Quelques unes cependant ont pu être sauvées et restaurées, et on peut apprécier, je pense, à travers le petit détail reproduit ci-contre, la minutie du travail et le réalisme de la représentation. Cet ouvrier à la culotte déchirée qui laisse apparaître un bout de cuisse, par exemple.

 

Assez de photos. Je n’ajouterai rien au sujet de ce que nous avons vu au Museo dell’Opera del Duomo. Juste quelques mots pour dire qu’on y voit entre autres les originaux des statues remplacées par des copies sur les monuments, pour les protéger de l’usure due aux intempéries. J’ai honte de la multiplication de mes superlatifs, mais j’ai envie de les multiplier ici aussi.

 

Nous repartons de Pise et trouvons à Lucques une petite rue calme qui débouche juste en face des remparts. Nous décidons d’y passer la nuit.

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Published by Thierry Jamard
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