Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
23 juillet 2010 5 23 /07 /juillet /2010 23:20

531a Pozzuoli

 

 

Pouzzoles est une ville intéressante, c’est un port actif, il serait dommage de ne pas y consacrer une visite. Les ruines antiques de son amphithéâtre ne sont pas son seul intérêt. Nous entreprenons notre descente vers la ville par de petites ruelles étroites, des escaliers.

 

531b Pozzuoli, chiesa di San Raffaele

 

531c Pouzzoles, église Saint Raphaël

 

Au passage, une photo de la façade de cette église construite à la fin de la première moitié du dix-huitième siècle. Elle est consacrée à l’archange Raphaël. J’en profite pour te dire salut, Raph ! De plus, sous la statue, l’inscription précise que l’indulgence plénière est accordée quotidiennement.

 

531d Pouzzoles, le port de plaisance

 

Nous descendons ainsi jusqu’au port, en traversant des quartiers animés et sympathiques. C’est d’abord le bassin réservé aux plaisanciers. Pas de grands yachts, seulement de petites barques ou des vedettes. Sur ma photo se dresse dans le ciel le haut mât d’un seul voilier.

 

531e Pouzzoles, débarquement camions d'Ischia

 

Mais de l’autre côté du quai le format n’est pas le même. Toute la journée, des ferries de plusieurs compagnies partent ou arrivent, effectuant notamment la liaison avec Ischia, cette grosse île qui –c’est flagrant quand on regarde une carte– se trouvait dans le prolongement de la presqu’île des Champs Phlégréens, et que le volcanisme a surélevée tandis que d’autres parties s’enfonçaient dans la mer, de sorte que désormais un bras de mer sépare ces Champs Phlégréens de la petite île de Procida, et qu’un autre bras de mer sépare Procida d’Ischia. Le tirant d’eau du port de Pouzzoles serait suffisant pour des navires encore beaucoup plus gros qu’un ferry, mais du fait de la proximité de Naples les paquebots de croisière et les cargos géants n’ont rien à y faire.

 

Mais Ischia est une île d’environ dix-huit mille habitants permanents, et nombre de touristes font la traversée avec leur voiture, mais ce n’est pas suffisant, loin de là, pour justifier l’installation d’une raffinerie de pétrole. Il y a donc besoin de carburant. Pour des raisons de sécurité, je suppose, à moins que ce ne soit pour des raisons de commodité, le ferry que nous avons regardé ici accoster puis vomir sa cargaison était entièrement rempli de camions citernes Esso, et ne transportait aucun autre véhicule, ni aucun passager autre que les chauffeurs des camions. Un peu plus loin est arrivé un autre ferry, nous l’avons regardé se vider puis se remplir de nouveau. C’est toujours, pour nous du moins, un spectacle attrayant. Et en Italie, c’est encore plus amusant, parce que les files de voitures ne sont pas respectées, chacun essaie de se faufiler pour prendre la place du voisin, ce qui est d’autant plus vain que, contrairement à ce que nous avons vu dans d’autres ports, on n’entre pas par la poupe pour sortir par la proue, ici les véhicules entrent en marche avant et sortent en marche arrière et celui qui aura chipé la place de l’autre sortira donc après lui…

 

531f Pozzuoli, le port

 

Au bout du port, flotte un énorme engin dont je ne sais à quoi il sert. Ce ne semble pas être ce que j’ai entendu appeler une marie-salope, ces bateaux qui draguent la boue et autres alluvions qui se déposent au fond des eaux du port. Par ailleurs, sa forme ne semble pas le destiner à naviguer. Je repars avec mes interrogations, d’autant plus que Natacha ne partage absolument pas mon intérêt ni ma curiosité.

 

531g Pouzzoles, filets de pêcheurs

 

Dans un autre bassin fermé, auquel on ne peut accéder qu’en passant sous une arche basse, ce qui élimine tout voilier même très petit qui ne peut abaisser son mât, se regroupent de petites barques de pêche. Sur le quai, c’est un amoncellement de flotteurs, de bâches et surtout de fins filets. À côté, une baraque en bois décrépite est entourée de toutes sortes de vieux matériels abandonnés. Et nous voyons arriver une Porsche cabriolet avec un couple de mariés, elle en robe blanche avec une longue traîne, et vient se garer à côté une autre voiture avec les photographes. Il s’agit de prendre des photos dans ce cadre, d’abord devant la baraque, puis sur le port au milieu des filets. Il semble que les possesseurs de cette voiture ne soient pas coutumiers de cet environnement… Très amusant, nous assistons à toute la mise en scène, avec baisers sur commande, postures de stars, etc. C’est tellement artificiel que nous nous demandons si ce ne sont pas plutôt des mannequins qui posent pour une publicité. Mais non. La séance à peine achevée, la Porsche repart et arrive une énorme Maserati d’où descend la copie conforme du couple précédent. Et la séance a tout juste commencé quand vient se garer un gros 4x4 BMW avec son couple de mariés. Il semble que ce soit une mode d’avoir envie de jouer à s’encanailler, de choisir des lieux populaires ou délabrés pour fixer les souvenirs du jour des épousailles. Mais si le premier couple nous a retenus et nous a amusés, nous ne prenons plus aucun plaisir à voir rejouer deux fois le même scénario, poser les lèvres à deux millimètres les unes des autres, s’immobiliser pendant deux minutes pour laisser l’accessoiriste placer ses projecteurs et le photographe trouver le bon angle, ou voir la mariée s’accouder avec un sourire de commande à la portière de la voiture.

 

531h Pozzuoli

 

Nous allons nous promener jusqu’au bout de la jetée et y restons un bon moment à regarder la mer. Et nous nous disons que ce ne serait pas une mauvaise idée d’aller un de ces jours faire un tour à Ischia. Quand je dis "un de ces jours", il faut que ce soit bientôt, parce que nous n’allons pas nous éterniser ici, nous devons penser à descendre vers le sud.

 

De cette jetée, nous avons une très belle vue sur le quai en face où s’entassent pêle-mêle des bâtiments constituant un palais. C’est superbe, même si l’ensemble est en assez mauvais état. Mais des grues sont là, sans doute pour le restaurer. J’ignore de quand datent ces constructions, j’ignore même si, en fait, il s’agit réellement d’un palais, mais c’est immense et si, après réfection, le propriétaire ne s’y installe pas pour y vivre et lui donner une âme, j’espère au moins que ce ne sera pas livré à une banque ou à une compagnie d’assurances. Je vois un peu partout en Italie, mais surtout depuis la Toscane (moins dans le nord) tant de magnifiques bâtiments qui se délabrent faute d’entretien, c’est-à-dire, je suppose, faute de crédits, que je ne comprends pas pourquoi ne se développe pas, pour les sauver, le système des paradores espagnols, initié un peu avant la guerre civile, repris et développé par Franco, continué avec l’actuelle démocratie (et donc sans lien aucun avec une idéologie ou un système politique), qui installe des hôtels confortables, à un tarif qui en fait des entreprises rentables capables d’autofinancer leur entretien, dans de vieux châteaux, dans des monastères désaffectés, dans des bâtiments historiques.

 

Il nous reste à remonter vers notre volcan. C’est moins plaisant qu’à l’aller parce que nous prenons la route normale, où la circulation est intense.

Partager cet article

Repost 0
Published by Thierry Jamard
commenter cet article

commentaires

Raph 25/07/2010 12:13


Merci pour ce salut -d'il y a quelques mois, déjà !
Je t'embrasse.


Présentation

  • : Le blog de Thierry Jamard
  • : Un long, long voyage d'observation et de description culturelle à travers l'Europe. Paysages, histoire, architecture, peinture, sculpture, mythologie et religions, société, tout ce qui me tombe sous les yeux.
  • Contact

Recherche