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2 août 2014 6 02 /08 /août /2014 09:00

910a vue générale du port d'Ancône

On ne vante pas suffisamment les mérites d’Ancône, considérée comme un port, un point c’est tout. Ôtez le point, ce n’est pas tout. Mes guides Michelin Vert d’Italie ne sont pas tout récents, les choses ont peut-être changé, mais alors que j’ai dans cette collection des titres tels que Florence et la Toscane, la Sicile, Puglia (en édition italienne), il n’en existe pas pour les Marches dont Ancône est la capitale. Pire, le guide Italie du nord s’arrête juste au nord des Marches, et le guide Italie du sud commence juste après. Et plus à l’ouest, les deux guides se rejoignent. Il n’y a que dans le guide Italie, qui couvre tout le pays, mais nécessairement de façon beaucoup plus succincte, que l’on peut trouver des articles sur Ancône, Lorette ou Recanati. Je ne comprends pas cet ostracisme. En trois articles, je vais tenter de donner un aperçu d’Ancône.  

 

910b1 statue de Trajan à Ancône

 

D’abord, c’est une ville ancienne, dont la fondation par des colons de Corinthe remonte aux alentours de 400 avant Jésus-Christ. C’est cette origine grecque qui lui vaut ce nom: ἀγκών (ankôn) désigne le coude, car telle est la forme de son promontoire, dit-on. J’ai beau bien regarder le plan de la ville, je ne vois pas de coude, mais je dois manquer d’imagination. Il est vrai qu’il y a une baie profonde, et que cela peut évoquer un bras replié… Au deuxième siècle avant Jésus-Christ, Ancône tombe sous la coupe de Rome, et devient colonie après la bataille de Philippes en 42 avant Jésus-Christ. L’empereur Trajan (98-117) a beaucoup fait pour améliorer et accélérer les transports, routes, ports. En même temps, il a voulu que l’Italie ait une place à part, prépondérante, parmi toutes les provinces de l’Empire, et c’est ainsi qu’à Ancône il a construit une digue au nord du port pour le sécuriser. Cette statue honore ce grand empereur.

 

910b2 Ancône, arc de Trajan

 

910b3 Ancona, Arc de Trajan

 

910b4 Ancône, Arc de Trajan

 

910b5 Ancône, Arc de Trajan

 

Mais c’est surtout cet arc qui l’honore. L’Arc de Trajan a été édifié en 115 à l’extrémité du môle par les habitants de la ville sur les plans et sous la direction d’Apollodore de Damas, pour manifester leur reconnaissance. C’est un superbe monument en marbre de Paros (comme l’Hermès de Praxitèle à Olympie ou la Vénus de Milo au Louvre) sur un haut socle de calcaire du Conero, cette région toute voisine que j’ai évoquée dans mon précédent article. À l’origine, il était surmonté d’une statue équestre de Trajan en bronze, aujourd’hui disparue.

 

910b6 Ancône antique

 

Il n’y a pas, à Ancône, de grand site archéologique à visiter, mais les fouilles ont mis au jour, ici ou là, différentes structures que l’on découvre au hasard des promenades.

 

910b7 Ancona, l'amphithéâtre romain

 

Par exemple, l’amphithéâtre, en cours de fouilles. Il est antérieur à l’Arc de Trajan, puisqu’il remonte à l’époque d’Auguste (à cheval sur les deux ères). La disposition des ruines fait qu’il est difficile d’en comprendre le plan car il a connu, au cours du temps, des modifications qui ont changé sa structure et son usage. Puis il a été abandonné en tant que tel vers le sixième siècle, il a servi de fortification à la ville, puis on y a puisé des matériaux de construction, et il a finalement été recouvert jusqu’à ce que, en 1810, l’abbé Antonio Leoni, qui se passionne pour les antiquités d’Ancône, rende visite au comte Girolamo Bonarelli qui se demandait ce que pouvait bien être un fragment de voûte et un bout d’enceinte elliptique dans sa cave. “C’est un amphithéâtre, ce sont des arènes superbes!”, s’est exclamé l’abbé. Il a fallu attendre 1930 pour que commencent les expropriations, mais ensuite les bombardements de la Seconde Guerre Mondiale ont –c’est terrible à dire– aidé à faire place nette pour les fouilles et c’est enfin le tremblement de terre de 1972 qui a fait partir les derniers occupants. C’était une grande structure de 93x74 mètres dont l’arène faisait 52x35 mètres. Il pouvait accueillir entre sept et huit mille spectateurs.

 

910b8a Ancône, le port romain

 

910b8b Ancône, le port romain

 

Ici, c’est le port antique. On devait construire un bâtiment de parking à plusieurs étages mais, en creusant les fondations avec des pelleteuses mécaniques on est tombé sur des structures antiques que l’on a très rapidement identifiées comme le complexe portuaire romain. Il comportait tous les équipements, arsenaux, magasins, citernes, et l’on a retrouvé des fragments de la voie qui menait aux quais, équipée de trottoirs et de conduites d’eau.

 

910b9 Ancône, maison du capitaine du port (13e s.)

 

Le port romain a continué de fonctionner à l’époque byzantine. Ci-dessus, on voit la maison du capitaine du port, qui date du treizième siècle. Plus tard, quand la ville va connaître un renouveau de son activité et de son lustre, on va créer de nouvelles installations et abandonner le complexe romain.

 

910c1a Ancône, murs du port (14e s. puis 16e, 18e, 19e)

 

910c1b Ancône, murs du port (14e s. puis 16e, 18e, 19e)

 

Au quatorzième siècle, pour le nouveau port, on construit ces hauts et forts murs. En fait, leur aspect actuel est un peu différent, car ils ont été remodelés et réparés aux seizième, puis dix-huitième et dix-neuvième siècles.

 

C’est cette ville de la Renaissance qu’a vue Montaigne et qu’il décrit brièvement dans son Journal de voyage en Italie (1580-1581). “C’est la maîtresse ville de la Marque [les Marches]: la Marque était aux Latins Picenum. Elle est fort peuplée et notamment de Grecs, Turcs, et Esclavons [Slaves], fort marchande, bien bâtie; côtoyée de deux grandes buttes qui se jettent dans la mer, en l’une desquelles est un grand fort par où nous arrivâmes. En l’autre qui est fort voisin, il y a une église entre ces deux buttes, et sur les pendants d’icelles, tant d’une part que d’autre, est plantée cette ville: mais le principal est assis au fond du vallon et le long de la mer, où est un très beau port, où il se voit encore un grand arc à l’honneur de l’Empereur Trajan, de sa femme, et de sa sœur. […] Cette contrée est pleine de chiens couchants excellents, et pour six écus il s’y en trouverait à vendre. Il ne fut jamais tant mangé de cailles, mais bien maigres. […] Nous avérâmes que les cailles passent deçà de la Sclavonie à grande foison, et que toutes les nuits on tend des rets au bord de deçà et les appelle-t-on à tout cette leur voix contrefaite, et les rappelle-t-on du haut de l’air où elles sont sur leur passage; et disent que sur le mois de Septembre elles repassent la mer en Sclavonie. […] Les femmes sont ici communément belles, et plusieurs hommes honnêtes et bons artisans. Après dîner, nous suivîmes la rive de la mer qui est plus douce et aisée que la nôtre de l’Océan, et cultivée jusque tout joignant de l’eau”.

 

910c2a Ancona, une petite place

 

910c2b une place à Ancône

 

910c2c une place à Ancône

 

Il existe, bien sûr, la ville nouvelle, très vaste, mais la ville ancienne est pleine de charme. Témoin cette petite place toute close avec de belles arcades sur l’un de ses côtés et une porte ogivale, comme les arcades. On voit, sur la première de mes photos, sur quel mur j’ai trouvé ce bas-relief d’un cavalier.

 

910c3 Petite rue à Ancône

 

Comme dans toute ville ancienne, il y a des ruelles étroites bordées de beaux immeubles, et qui ne suivent pas des lignes droites. Certes, le plan hippodaméen a des avantages, avec ses larges rues qui se coupent à angle droit, mais en bordure de mer cela crée de merveilleux couloirs pour le vent. Par ailleurs, dans ces ruelles on est remarquablement protégé des rayons du soleil.

 

910c4 Ancona, Torre Civica


910c5 Ancône, palais du Gouvernement (15e s.)

 

910c6a Ancona, casa di Domenico Schelini e di Albina Sartin

 

910c6b Ancona, ''La Giovine Italia''

 

Nous voici sur une grande place où s’élève la Torre Civica du quatorzième siècle mais elle a été reconstruite en 1581. On lui ajoute son horloge en 1611, et un carillon de quatre cloches en 1806. À la gauche, c’est le palais du gouvernement, qui date, pour son premier état, de 1381 pour héberger le conseil municipal (ci-dessous, voir le Palazzo degli Anziani). Au quinzième siècle, il a été agrandi en 1418, il a englobé la Torre Civica en 1450, il a enfin été redessiné en 1484. Quand, en 1532, la ville tombe dans les possessions pontificales, le pouvoir étant transféré à Rome, ce palais devient le siège du gouverneur apostolique, siège qui devra subir des travaux de réhabilitation après le violent tremblement de terre de 1690. À la gauche, c’est un bâtiment d’habitation, mais qui garde des souvenirs historiques. En effet, comme le dit la plaque apposée sur le mur à côté de la porte, “au premier étage avec balcon”, c’était en 1832 l’appartement de Domenico Schelini et Albina Sartini lorsque le premier mars s’est créée et a établi son siège la section d’Ancône de “La Jeune Italie”. L’année précédente, Mazzini (dont j’ai décrit le parcours dans mon article intitulé Thermes de Caracalla, Santa Sabina, Sant’Alessio et daté du 14 janvier 2010) s’était exilé en France, à Marseille, et y avait fondé ce mouvement pour unifier l’Italie par la diplomatie plutôt que par la violence. Il déclarait alors “la patrie d’un Italien n’est ni Rome, ni Florence ou Milan, mais l’Italie tout entière”. Louis-Philippe, ne voulant pas s’embarrasser d’un agitateur étranger, l’avait fait poursuivre, l’obligeant à aller se réfugier ailleurs, en Suisse puis en Angleterre. Mais son mouvement a vu naître un peu partout des sections locales, comme celle-ci.

 

910d1 Ancône, palais du Sénat, façade 13e siècle

 

910d2 Ancône, palais du Sénat, façade 13e siècle

 

910d3 Ancône, palais du Sénat, façade 13e siècle

 

Puisque nous en sommes aux grands palais anconitains, voici celui du sénat avec sa belle façade du treizième siècle dont, au deuxième étage, chaque fenêtre est surmontée d’une sculpture. En général, en Italie comme ailleurs, “l’étage noble” (et nous venons d’en voir un exemple chez Domenico Schelini et Albina Sartini) est le premier étage, mais ici avec des ouvertures semblables au premier et au second c’est le second qui est décoré. Il est vrai que ce n’est pas un palais de propriétaires, qui se réservent leurs appartements privés au premier étage.

 

910d4 Ancona, palazzo Benincasa (15e s.)

 

Encore une très belle façade pour ce palazzo Benincasa, du quinzième siècle, situé dans une petite rue où les beaux palais abondent.

 

910d5a loggia dei Mercanti, Ancona

 

910d5b loggia dei Mercanti, Ancona

 

910d5c loggia dei Mercanti, Ancona

 

Juste mitoyen de ce palais Benincasa on trouve la superbe Loggia dei Mercanti (Loggia des Marchands) réalisée entre 1451 et 1459 par Giorgio da Sebenico. C’est au Museo della Città –dont je rendrai compte dans un prochain article– que j’ai pris ma photo de la façade. Les conditions d’éclairage étaient destinées à l’examen à l’œil nu, pas à la photo sans flash, et je n’ai pas été capable de faire mieux, mais comme, dans la rue, le recul était très insuffisant je me rabats sur mon exécrable photo de l’élévation, et sur deux détails. Au milieu de la façade, ce cavalier en ronde-bosse armé d’une épée est le symbole de la cité. Autour de lui, quatre statues de femmes représentent l’Espérance, la Force, la Justice et la Charité. Celle que je montre, nue et entourée d’Amours ailés, ne peut être que la dernière citée.

 

910d6a Ancona, palazzo degli Anziani

 

910d6b Ancona, palazzo degli Anziani

 

910d6c Ancona, palazzo degli Anziani

 

Encore un palais, le Palazzo degli Anziani (palais des Anciens). On dit que ce serait l’impératrice Galla Placida (392-450) qui aurait fait construire ici en 425 un premier bâtiment municipal détruit par les Sarrasins en 839. Dans le nouveau bâtiment, lorsqu’au onzième siècle la ville a obtenu le statut de République d’Ancône, se réunissait le Conseil des Anciens qui dirigeait la ville sous la forme d’une république, d’où ce nom de Palais des Anciens, qu’il a conservé quand, en 1270, Margaritone d’Arezzo l’a reconstruit pour en faire le siège du Conseil Communal. Mais voilà qu’en 1348 un incendie l’endommage gravement, et comme je le disais tout à l’heure, on transfère le pouvoir communal au nouveau Palazzo del Governo. Lorsque la ville est tombée dans le giron des États de l’Église, le pouvoir pontifical a décidé de réhabiliter les bâtiments. Les travaux ont été menés de 1564 à 1571, d’où est sortie une façade remodelée. Il a alors retrouvé sa fonction de siège de l’administration communale, pour laquelle il avait été construit à l’origine, et n’a, depuis, cessé de remplir cette fonction que pendant 65 ans, de 1945 à 2011, années pendant lesquelles il a accueilli une pinacothèque, puis une faculté de l’Université des Marches. Le voilà redevenu mairie et siège du Conseil Municipal.

 

910e Ancône, Teatro delle Muse

 

910f1 Ancona, Palazzo Ferretti (16e s.), musée archéol

 

Rapidement encore deux images. Il Teatro delle Muse, qui est le théâtre municipal, nous présente sa façade néoclassique de 1826. Hélas, les bombardements de la Seconde Guerre Mondiale l’ont presque entièrement détruit. Cette façade a pu être reconstituée, mais à l’intérieur il a été l’objet d’une nouvelle création, et n’a pu reprendre ses fonctions qu’en 2002.

 

Cette belle tête sculptée orne la porte du palazzo Ferretti qui date du seizième siècle et a été agrandi au dix-huitième, avec une façade remodelée par Vanvitelli. Il héberge le musée archéologique. Mais alors que nulle part ailleurs –ou presque– la photo n’est interdite dans ce type de musées, ici elle est formellement prohibée. Sans même parler de rédiger un blog, essayez donc de vous rappeler tous les objets vus, accompagnés des explications données, au bout d’un mois! Et je ne dis pas au bout d’un an ou deux... Je ne parlerai donc pas de ce que nous y avons vu.

 

    910f2 Ancône, môle Vanvitelli, début 18e siècle

 

    910f3 Ancône, môle Vanvitelli, début 18e siècle 

 

    910f4 Ancône, môle Vanvitelli, début 18e siècle 

 

    910f5 Ancône, môle Vanvitelli, début 18e siècle

 

Au début du dix-huitième siècle, Ancône connaît un grand développement, que dope la décision du pape Clément XII (1730-1740) de lui accorder le statut de port franc. Mais il convient dès lors de réaménager le port en conséquence. Clément XII charge l’architecte Vanvitelli, qui deviendra célèbre quand, plus tard, il construira le palais royal de Caserte, de le remodeler complètement en construisant un nouveau môle. En réalité, ce môle est une île artificielle pentagonale de vingt mille mètres carrés sur laquelle l’architecte a construit un lazzaretto, c’est-à-dire une léproserie, qui se trouvait ainsi isolée de la ville. La structure accueillait également les arrivants qui devaient subir une quarantaine. En tant que môle, les bâtiments comportaient aussi des magasins pour stocker les marchandises. Et comme il ne s’agissait pas seulement d’améliorer l’accès portuaire et de briser les vagues mais aussi de le protéger contre les attaques éventuelles, la construction a l’apparence extérieure et les fonctions d’une forteresse. Au centre de la cour s’élève un petit temple néoclassique dédié à saint Roch (San Rocco) dans lequel se trouvent trois puits permettant d’alimenter le môle et la léproserie en eau douce. Les travaux vont durer dix ans, de 1733 à 1743.

 

En 1796, voyant la progression des Français en Italie, les habitants étaient allés le 25 juin prier dans la cathédrale San Ciriaco quand ils ont vu les yeux de la Vierge bouger, sur une peinture (tous les détails dans mon prochain article). Après un tel prodige, ils n’ont pas été étonnés que l’année suivante les Français proclament la République d’Ancône, jointe en 1798 à la République Romaine. En 1799, les Autrichiens assiègent la ville et, au bout de six mois, les Français capitulent.

 

En 1918, une soixantaine de saboteurs de la marine des Habsbourg arrivent discrètement de nuit à Ancône et débarquent au nord de la ville. Parmi eux, plusieurs sont originaires d’Istrie (péninsule au sud de Trieste dont une grande partie, qui a longtemps appartenu à la République de Venise, est italophone), et donc parlent italien. Leur mission: couler les navires italiens dans le port. L’obscurité leur évite de se faire remarquer, et pour franchir les contrôles leur parler italien leur permet de tromper l’ennemi. Mais arrivés à hauteur du môle de Vanvitelli, deux policiers de la Guardia di Finanza nommés Grassi et Maganuco les arrêtent. La Guardia di Finanza, c’est un corps de police chargé de la douane et de la lutte contre la fraude, l’immigration, la contrebande, etc. Les saboteurs blessent et neutralisent Grassi, mais Maganuco parvient à donner l’alarme. Arrive alors une patrouille de carabiniers qui arraisonne le groupe d’Autrichiens.

 

    910f6a Ancône, sculpture moderne, môle Vanvitelli

 

    910f6b Ancône, sculpture moderne, môle Vanvitelli

 

Aujourd’hui, la Municipalité a acquis les lieux et, depuis qu’elle en est propriétaire, elle a décidé que ce que l’on avait toujours appelé le lazzaretto  serait désormais désigné du nom de Môle de Vanvitelli (Mole Vanvitelliana). Elle y a installé un musée tactile (Museo Omero), du nom du poète Homère qui, dit-on, était aveugle (cf. la règle de grammaire latine connue de tous les apprentis latinistes de ma génération qui ont utilisé la célèbre grammaire de Petitmangin, dont l’exemple était Dicunt Homerum caecum fuisse, On dit qu’Homère était aveugle). Elle y accueille aussi des expositions temporaires. Dans la cour, on peut ainsi voir ces sculptures modernes qui représentent l’envol d’oiseaux enchaînés.

 

    910f7 Ancona, Arco Clementino (Clément XII) 

 

Cet arc, c’est l’Arco Clementino derrière lequel on aperçoit l’arc de Trajan. Ce nom de Clementino est bien sûr celui du pape Clément XII, qui a voulu embellir l’accès portuaire de la ville en même temps qu’il l’améliorait. Aussi a-t-il demandé à Vanvitelli de construire cet arc comme porte d’accès. Dans Wikipédia italien, je trouve quelque chose de très bizarre: “A causa della morte del Vanvitelli l'arco rimase incompleto; successivamente l'opera fu ripresa per volere di papa Benedetto XIV e venne affidata all'architetto Filippo Marchionni, che completò anche il molo nuovo” (du fait de la mort de Vanvitelli, l’arc est resté inachevé; par la suite les travaux ont été repris, sur la décision du pape Benoît XIV et ont été confiés à l’architecte Filippo Marchionni). Mais Benoît XIV (1740-1758), successeur de Clément XII, est mort bien avant Vanvitelli (1770)  et les travaux étaient terminés depuis longtemps. L’auteur de cet article de Wikipédia italien a clairement confondu l’Arco Clementino et la Porta Pia.

 

    910f8a Ancône, Porta Pia (18e s.) 

 

    910f8b Ancône, Porta Pia (1787-1789) 

 

La Porta Pia est un autre arc, construit effectivement par Filippo Marchionni, mais de 1787 à 1789. Son nom est celui du pape Pie VI qui en a décidé la construction. Pendant les quelques années d’occupation française de la ville, le blason du pape a été buriné.

 

Je n’ai pas montré d’églises dans cette évocation d’Ancône. Ce sera pour mon prochain article, qui leur sera consacré.  

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Published by Thierry Jamard
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