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25 octobre 2010 1 25 /10 /octobre /2010 02:21

598a1 Raguse 

598a2 Ragusa

 

598a3 Raguse 

Après une nuit excellente dans ce site merveilleux, nous retrouvons notre ami Angelo qui a passé sa nuit dans un B&B tout en haut de la ville. Aujourd’hui, nous allons consacrer notre journée à nous balader à travers les rues et les ruelles si sympathiques de Ragusa Ibla, la ville reconstruite en style baroque après le terrible tremblement de terre de 1693 qui l’avait détruite. Voici quelques vues qui montrent combien la ville présente des aspects divers.

 

598b1 Raguse, San Giuseppe 18e siècle 

598b2 Raguse, San Giuseppe 18e siècle 

Entre autres, dans cette ville toute couverte d’églises, nous passons devant San Giuseppe, reconstruite au dix-huitième siècle à la suite du séisme.

 

598c Raguse, Santissima Trinità 

Originale, cette église de la Très Sainte Trinité (Santissima Trinità), insérée entre des bâtiments laïques sans accuser aucune solution de continuité, ni dans l’apparence de la façade, ni dans la hauteur de l’édifice. On ne peut guère identifier là une église qu’en levant le nez vers son discret clocher ou… en lisant la plaque placée devant sa façade ! Plaque qui, par ailleurs, ne donne aucune indication sur sa date de construction.

 

598d1 Raguse, San Giacomo 16e siècle 

598d2 Raguse, San Giacomo 16e siècle 

Ici, c’est l’église San Giorgio qui avait résisté au séisme puisqu’elle date du seizième siècle. Tout en haut, juste au pied du clocher, un bas-relief représente Saint Georges, son patron, terrassant le dragon. Un bon coup de zoom pour la photo de cette sculpture permet de voir qu’en fait cette façade, ou du moins cette partie de la façade, est de 1902. Pas du seizième siècle.

 

598e1 Raguse, Porte San Giorgio, 2nde moitié du 15e siècl 

598e2 Raguse, Porte San Giorgio, 2nde moitié du 15e siècl

 

Tout près, c’est encore saint Georges qui est à l’honneur sur cette vieille porte de ville de la seconde moitié du quinzième siècle. Ici, je pense qu’il ne servirait à rien de rechercher une inscription révélant une date postérieure, parce que le style autant que l’usure de la pierre en montrent l’authenticité d’origine. Indépendamment de son état bien abîmé, la sculpture n’a rien à voir avec la précédente représentation de saint Georges. Pas d’air niais avec un sabre brandi en l’air, mais une vraie attitude de cavalier, la lance plantée dans le corps du dragon. Et même si l’on ne peut lire des expressions sur des têtes effacées, tant celle du cheval que celle du cavalier, je trouve ce bas-relief remarquablement expressif.

 

 

598f1 Ragusa, gelati di vini 

598f2 Raguse, glaces au vin 

598f3 Ragusa, gelati di vini, con Giulia 

Et nous voici sur la place du Duomo San Giorgio (encore ce même saint Georges) où nous sommes déjà venus hier. Tout au bout de cette piazza, je tombe en arrêt devant une enseigne originale, Gelati di Vini, glaces aux vins. On peut, bien sûr, comme le dit l’affiche, déguster une traditionnelle glace (artisanale) au chocolat, au café, à l’amande ou à la pistache. Mais il serait dommage de se limiter à ce que l’on peut trouver partout, de qualité variable certes, mais à des parfums courants. Derrière le comptoir, règne Giulia. Elle est souriante, elle est sympathique, quand on se demande si on va aimer une glace dont la composition déroute, d’elle-même elle propose de goûter sur une petite pelle en plastique. C’est ainsi que je me suis régalé de Crème de Marsala et de Moscato d’Asti. Une adresse que l’on ne peut donc que recommander, tant pour la gentillesse de l’accueil que pour le plaisir de la dégustation déroutante mais agréable d’un gelato au vin. Je répète, c’est à Ragusa Ibla, au n°20 de la Piazza Duomo. Et c’est Giulia. On peut leur rendre une visite sur www.gelatidivini.it même si le plaisir du palais n’y est pas. Dans le même établissement il y a aussi une œnothèque, elle semble bien fournie, mais ne l’ayant pas testée, n’ayant même pas regardé de près les étiquettes des bouteilles, je me garderai d’en parler davantage.

 

598g1 Ragusa, Giardino Ibleo 

598g2 Raguse, le jardin Ibleo

 

Avant de raccompagner Angelo à son autocar qui le ramènera ce soir à Palerme, nous avons encore le temps d’aller faire un tour dans cet agréable jardin Ibleo qui, en été, reste ouvert jusqu’à une heure du matin. C’est que les Ragusains ont plaisir, après les chaleurs de la journée, à aller prendre le frais dans ses allées ou près de sa fontaine. Après avoir dit au revoir –ou à bientôt– à Angelo, nous allons vers la cathédrale, où ont lieu d’autres célébrations de saint Jean Baptiste, différentes paraît-il de celles d’hier.

 

599a Raguse, célébration de saint Jean Baptiste 

Lorsque nous arrivons sur le parvis de la cathédrale, la télévision est en train d’interviewer un officiel. Je crois, sans pouvoir l’affirmer, que ce monsieur est le "sindaco di Ragusa", le maire de Raguse. La journaliste qui recueille la déclaration penche la tête de côté, toute séduction dehors, tandis que sa collègue, dans son élégante petite robe noire, micro en main, répète pour elle seule son sourire le plus commercial pour quand va venir son tour d’interviewer le grand personnage. Gageons que c’est en pensant à des moments comme celui-là que des hommes présentent leur candidature à des fonctions officielles.

 

 

599b1 Raguse, célébration de saint Jean Baptiste

 

599b2 Raguse, célébration de saint Jean Baptiste 

Les mouvements de scoutisme de garçons et de filles sont présents. Tous sont là, dans leur uniforme, mais on remarque que l’ambiance n’est pas du tout la même dans chacun des deux groupes.

 

599c Raguse, célébration de saint Jean Baptiste 

Les congrégations sont là aussi. Croisant cet homme dans une rue de Paris, n’était la croix qu’il porte sur la poitrine, j’aurais eu tendance à le prendre plus pour un moine bouddhiste que pour un religieux catholique. Mais sa présence ici aujourd’hui veut dire que je me serais complètement trompé.

 

599d Raguse, célébration de saint Jean Baptiste 

 Soudain, un homme monté tout là-haut sur le toit de la cathédrale, juché près de la cloche, vide de pleins sacs de ces petits rectangles de papiers multicolores qui descendent en voletant en l’honneur de Jean Baptiste.

 

599e Raguse, célébration de saint Jean Baptiste

 

  On attend, on attend. Un monsignor en soutane violette, au visage plein de bonté, souriant, parlant aux uns et aux autres, commence à s’impatienter. Que se passe-t-il ? Pourquoi ne commence-t-on pas la procession ? J’entends la réponse d’un gros contractuel de la police : c’est à cause de l’excès de dévotion de vos fidèles. Non sans humour, le monsignor estime que même dans le domaine de la piété on doit respecter une juste mesure.

 

599f1 Raguse, célébration de saint Jean Baptiste 

 Enfin, à 19 heures, les deux chars de saint Jean Baptiste sortent de la cathédrale. Aujourd’hui encore il y a une procession, mais il ne s’agit que d’un petit tour en ville, le saint va revenir pour dormir chez lui cette nuit.

 

599f2 Raguse, célébration de saint Jean Baptiste 

Le premier char est de retour au bout de 55 minutes. Le parvis est couvert des personnes qui l’ont accompagné. Étant resté devant la cathédrale pendant tout ce temps (alors que Natacha a suivi la procession pour faire ses photos), je ne sais au juste ce qui s’est passé en cours de route, mais ce char était en seconde place au départ, et il arrive le premier.

 

599f3 Raguse, célébration de saint Jean Baptiste 

Alors que la nuit tombe, les processionnaires continuent d’affluer sur le parvis. Voici à présent les officiels représentant les pouvoirs civils et militaires. Je crois reconnaître ici, avec l’écharpe tricolore, l’interviewé de tout à l’heure.

 

599f4 Raguse, célébration de saint Jean Baptiste 

Arrive ensuite la fanfare, dont les composantes sont des deux sexes et de tous les âges. Comme on peut le voir, certains éléments ne manquent pas de charme.

 

599g1 Raguse, célébration de saint Jean Baptiste 

599g2 Raguse, célébration de saint Jean Baptiste 

Il est presque 20h15 quand arrive l’autre char. Il a dû prendre un autre chemin. Il est suivi du drapeau italien et du drapeau européen. Saint Jean Baptiste est le patron et le protecteur de Raguse, aussi sa célébration mêle-t-elle le temporel et le spirituel, le civil et le religieux.

 

599h1 Raguse, célébration de saint Jean Baptiste 

599h2 Raguse, célébration de saint Jean Baptiste 

599h3 Raguse, célébration de saint Jean Baptiste 

L’escalier central qui mène de la place de la cathédrale à son parvis est fermé au passage, il faut aller chercher l’escalier latéral au bout de la place parce que les marches sont décorées de petites bougies allumées, disposées de façon à faire apparaître les mots "Patronu Viva", en dialecte local (les mots en –U au lieu du –O de l’italien sont caractéristiques du sicilien), soit "Vive notre patron".

 

Une illumination en rouge décore la façade de la cathédrale. C’est du plus bel effet. La célébration de saint Jean Baptiste justifie les plus somptueuses manifestations. Quand la lumière rouge s’éteint, les organisateurs procèdent à un lâcher de lanternes qui s’élèvent à la chaleur de leur flamme, selon le principe des montgolfières. Joli et original.

 

599i1 Raguse, célébration de saint Jean Baptiste 

599i2 Raguse, célébration de saint Jean Baptiste 

En bas, sur la place, une scène a été dressée, il s’y est déjà donné hier soir une représentation d’une pièce de boulevard. Mais ce soir c’est une brochette d’évêques et de prêtres qui l’occupent, pour adresser quelques mots au public qui, lui, occupe les sièges disposés en face. Je suis un peu loin, j’entends mal ce qui se dit, homélie ou discours. Ou peut-être annonce et commentaire de ce qui va suivre.

 

Ce qui va suivre, c’est une pièce de théâtre, mais d’inspiration radicalement différente de celle d’hier. Elle raconte ce qui est arrivé à Jean Baptiste. Sur ma première photo, on voit Hérodiade et sa fille Salomé qui complotent. La deuxième, qui met en scène plusieurs danseuses orientales, est censée évoquer la danse des sept voiles dont s’est dévêtue Salomé pour séduire Hérode Antipas, qui sous le charme lui a promis d’exaucer son vœu quel qu’il soit. Ce vœu a été d’obtenir la tête de Jean Baptiste.

 

Et avouons que ce spectacle a des grâces qui justifient que je puisse conclure mon article sur ces images.

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Published by Thierry Jamard
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