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20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 23:59

 

596a1 Ragusa

 

596a2 Ragusa 

Hier soir nous sommes arrivés à Ragusa. Ou Raguse, en français. À défaut de trouver un hébergement en camping ou, à larigueur, en "sosta camper", et n’osant pas approcher de la ville ancienne, Ragusa Ibla, et de ses vieilles petites rues étroites, sinueuses et en escaliers avec nos sept mètres de long et trois mètres de haut, nous avons passé la nuit dans la ville moderne sur un grand parking complètement désert à l’exception, dans un coin, de jeunes (à pied) en train de discuter et de boire. Et puis ce matin, nous avons découvert qu’en franchissant le pont vers Ibla il y avait, juste à l’entrée de la vieille ville, un parking où les camping-cars sont les bienvenus. La première partie leur est interdite, mais en allant encore plus près de la ville on est autorisé, merveilleusement au calme à quelques pas du premier escalier.

 

Comme samedi dernier à Marsala et à l’île de Mozia, notre ami Angelo est venu nous retrouver pour le week-end. Mais s’il avait fait le trajet de Palerme à Marsala dans sa toute petite Fiat Cinque Cento, il a préféré, pour cette route bien plus longue, venir en autocar, et il s’est pris une chambre en B&B pour passer tout le week-end avec nous et rentabiliser son temps de trajet. Nous allons donc visiter ensemble Raguse. Et quelle beauté, quelle splendeur, cette ville !

 

596b1 Ragusa, chiesa Anime Sante del Purgatorio 

596b2 Raguse, église des Âmes Saintes du Purgatoire 

En dehors de la saisissante vue d’ensemble, le premier bâtiment intéressant que l’on rencontre est cette église des Saintes Âmes du Purgatoire (Anime Sante del Purgatorio). Tout le sud-est de la Sicile a été frappé par un terrible tremblement de terre en 1693, qui a réduit des villes entières à l’état de décombres. Tel a été le cas pour Raguse. Il a donc fallu tout reconstruire, et le choix a été fait du style baroque, ce qui donne à la cité un caractère homogène impressionnant. C’est ainsi que cette église a été édifiée sur les ruines d’une précédente, au dix-huitième siècle, en style baroque. Au-dessus du portail central, cette sculpture amusante montre des âmes pieuses, en prière, mais en train d’expier leurs fautes dans les flammes du purgatoire.

 

596b3 Ragusa, chiesa Anime Sante del Purgatorio 

Ces colonnes couronnées de ces riches chapiteaux de stuc, c’est bien du baroque. Ici, toutefois, les stucs peints en gris et ornés de dorures produisent un effet particulier.

 

596b4 Ragusa, chiesa Anime Sante del Purgatorio 

Tout autour, au haut des murs des bas-côtés, ces têtes de morts avec tiare pontificale, chapeau de cardinal, mitre d’évêque, calotte de prêtre, couronne de roi, rappellent que les hommes sont tous égaux, au moment de leur mort, et sont jugés selon leurs actes à eux, non au regard de leurs fonctions. Par conséquent le purgatoire, au même titre que le paradis ou l’enfer, peut concerner tous les hommes.

 

596b5 Ragusa, chiesa Anime Sante del Purgatorio 

Si je publie cette photo de cette Vierge, ce n’est pas que je la trouve belle, mais c’est pour la représentation de ces âmes du purgatoire qui l’entourent d’un air si sincèrement repentant. C’est très expressif à défaut d’être artistique.

 

596c1 Raguse, palazzo La Rocca (18e siècle) 

596c2 Raguse, palazzo La Rocca (18e siècle) 

Quittons cette église. Dans une rue à quelque distance, nous tombons en arrêt devant le palazzo La Rocca, lui aussi baroque, lui aussi du dix-huitième siècle, construction consécutive au séisme de 1693. Sous ses balcons de fer forgé joliment ouvragés, les figures de pierre méritent d’être regardées de plus près. Quelques touristes les avaient presque dépassées sans rien remarquer quand, nous voyant le nez en l’air et l’appareil photo collé à l’œil, ils s’arrêtent eux aussi, regardent, et restent en contemplation amusée.

 

596c3 Raguse, palazzo La Rocca (18e siècle)

 

596c4 Raguse, palazzo La Rocca (18e siècle) 

596c5 Raguse, palazzo La Rocca (18e siècle) 

C’est que ces figures sont peu communes. Voici quelques exemples de ces grotesques. Je ne peux dire ce qu’a voulu exprimer l’artiste dans chacune de ces sculptures mais, sûr, elles ont une signification parce que la première est un geste très courant en Sicile, dans la discussion (toujours animée) on voit les hommes se gratter sous le menton du revers des doigts. Et si l’une a un sens, les autres aussi, sans aucun doute, signifient quelque chose.

 

596d1 Raguse, piazza del Duomo 

Dans les guides, j’ai souvent vu que l’on traduisait le mot italien duomo par cathédrale. Mon (tout petit) dictionnaire donne aussi cette traduction. Je me réfère à l’étymologie, le mot cathédrale à l’origine est un adjectif, une église cathédrale, comme un général est un officier général et une frite est une pomme de terre frite. C’est aussi le cas de tous les noms de nationalité, un Français, un Chinois, un Araucan, et aussi un Vénitien ou un Madrilène. L’église cathédrale est celle où est la cathèdre de l’évêque, sa chaire, son siège. La cathédrale est donc le siège du diocèse et, par définition, il ne peut y en avoir qu’une par diocèse. Or à Palerme déjà on fait la différence entre le duomo San Giovanni et la cathédrale. Et de même ici, à Raguse, nous allons voir tout à l’heure la célébration de saint Jean Baptiste à la cathédrale, mais à présent nous sommes sur la piazza del Duomo.

 

596d2 Raguse, Duomo San Giorgio 

596d3 Raguse, duomo San Giorgio 

Le duomo en question est l’église San Giorgio. Qui clôt, en haut de ses beaux escaliers, cette place en longueur, agréable et sympathique. Elle est fermée à cette heure-ci mais déjà nous pouvons admirer sa façade et ses grilles.

 

596d4 Ragusa, duomo San Giorgio 

 Sur le pignon de chacune des deux ailes de l’église, un grand saint Georges de pierre terrasse le dragon du haut de son cheval. Mais ces deux représentations du saint ne sont pas suffisantes, et la grille qui barre l’escalier après la première volée de marches est surmontée, du côté gauche de la porte, d’un troisième saint Georges de fer, que je montre sur cette photo. La grille est forgée, semble-t-il, mais je ne crois pas possible de réaliser une telle sculpture en la forgeant, elle doit donc être fondue. Réaliser une telle finesse de détail en fonte est remarquable.

 

596e Raguse, un mur 

Les tags, sur les murs d’Italie en général, et de Sicile en particulier, sont souvent originaux, inventifs, amusants. J’aime bien m’arrêter à les lire et, ici ou là, à les photographier. J’en ai déjà montré quelques uns en d’autres occasions. Ici, dans un virage serré en descente, le texte dit "Frenate: la merdetta è vicina, è scivola", "Freinez : la [ma ?] petite merde est toute proche. Elle est glissante".

 

24 octobre 2010. J'apporte un complément, suite à un message reçu d'une correspondante qui me fait le plaisir de lire mon blog. Une correspondante, je peux dire maintenant une amie. Elle s'appelle Claire, elle est intelligente, cultivée, sensible, et toujours pleine de gentillesses. De plus du sang italien coule dans ses veines, elle parle la langue couramment, elle connaît bien le pays et ses coutumes. Elle me fait remarquer que le graffito original a été corrigé (et en effet, maintenant que je le sais, je décrypte bien l'original). C'était “Tremate !” (tremblez ! et non Freinez !) “la vendetta è vicina” (la vengeance est toute proche, et non la petite merde). Cela change tout. Et pour la force et la violence du premier texte, et pour l'intention et l'humour de la modification. Un grand merci à vous, Claire.

 

596f Raguse, sur un mur de maison 

On a vu que, très souvent, on voit sur les murs des maisons des statues, des fresques, constituant de petits autels, assortis ou non d’indulgences de quarante, cent, deux cents jours, au prix d’une petite prière, un Ave, un Gloria ou autre. Ici, c’est une Annonciation qui est représentée, avec la colombe du Saint-Esprit dans un halo lumineux, avec l’archange Gabriel qui volette jambes écartées pour assurer l’atterrissage sur un gros cumulus qui bourgeonne au ras du sol, et puis avec la Vierge agenouillée en travers de son prie-Dieu, et qui arrondit la bouche, pour prier, pour dire oui, pour exprimer son étonnement, je ne sais, mais je la trouve si drôle que je joins ce gros plan sur son visage.

 

596g1 Raguse, vote architecture 

Nous nous rendons à présent sur la place de la cathédrale, à l’office de tourisme. Nous y sommes accueillis avec chaleur, de façon très sympathique, par une responsable, Liliana Carrubba. Elle nous remet des plans de la ville, elle nous explique bien des choses, et puis parce que je vois l’affiche ci-dessus qui appelle mon attention, elle dit que sur cette belle et vaste place de la cathédrale, le bâtiment où nous nous trouvons et qui lui fait face va subir non pas un lifting mais une reconstruction de sa façade. Il accueillera un hôtel de luxe. La municipalité soumet au vote le choix de la nouvelle apparence, soit quelque chose de résolument moderne, soit l’évocation du passé arabe de la ville. Les habitants de la municipalité ne sont pas seuls à pouvoir s’exprimer, mais également les visiteurs puisqu’il est important qu’une ville aussi puissamment touristique convienne au goût du plus grand nombre, résidents ou étrangers, aussi nous sollicite-t-elle pour que nous prenions part au vote. Natacha et moi avons donc glissé notre bulletin dans l’urne.

 

596g2 Raguse, Liliane Carrubba, office de tourisme 

596g3 Raguse, Tonino 

Le mari de Liliana, Tonino, qui lui tient compagnie lorsqu’il n’y a pas de clients parce qu'ilest en vacances, est lui aussi très sympathique, très ouvert, très communicatif. Merveilleuse population sicilienne, si chaleureuse que l’on a, dès le premier contact, l’impression d’être des amis de longue date. Voilà pourquoi j’ai envie de les montrer tous deux ci-dessus. Pendant qu’elle va sans relâche, depuis ce matin à 8 heures et jusqu’à minuit, accueillir les visiteurs, lui va nous conduire à seize kilomètres, au château de Donnafugata.

 

597a1 palazzo di Donnafugata 

597a2 palazzo di Donnafugata 

Nous nous rendons donc au château de Donnafugata. Dès le dixième ou le onzième siècle, les Arabes occupent le site et construisent des fortifications. Une source d’eau très pure coulant près de là, ils nomment le lieu Ayn as-Jafat, c’est-à-dire Source de Santé. Après leur départ, on a traduit ce nom en dialecte local, ce qui donne Ronnafuata. Et de là Donnafugata. Mais l’étymologie, d’ailleurs discutée, n’étant pas du tout transparente, il a été imaginé autre chose. Blanche de Navarre, qui était née en 1387, avait épousé en 1402 Martin I d’Aragon, roi de Sicile, et par ce mariage était devenue reine consort de Sicile. Or le comte Bernard de Cabrera qui, commandant la flotte d’Aragon, avait en 1386 aidé le père de Martin à être reconnu en Sicile, avait alors obtenu la présidence du territoire. Aussi, à la mort de Martin en 1409, alors que Blanche est nommée procureur de Sicile, Cabrera la demande en mariage, espérant ainsi prendre le titre de roi consort. Mais la reine veuve s’y refuse. C’est là que l’on raconte que, par mesure de rétorsion, le comte l’emprisonne dans une salle du château, espérant la faire céder, mais la Dame réussit à s’enfuir. Soit la Donna Fugata, la Femme Enfuie. Seul problème, la construction du château, au seizième siècle, est largement postérieure à la mort de la reine Blanche, survenue en 1441. Elle n’a donc pu ni y être emprisonnée, ni s’en échapper. Hors sujet, j’ajoute que Blanche de Navarre épousera en secondes noces, en 1420, l’infant Jean d’Aragon né en 1398 et donc de onze ans son cadet. Ensemble ils auront trois enfants, et c’est la dernière, Éléonore, dont le 9 juillet et le 3 août, au palais Abatellis de Palerme, j’ai tellement admiré le buste sculpté par Francesco Laurana.

 

 

Mais il est vrai que le château était une possession de la famille Cabrera, parce qu’il existe un acte de vente daté de 1628 par lequel la famille Arezzo l’achète aux Cabrera. Ce n’est qu’en 1982 que les Arezzo le vendront à la Municipalité de Raguse. Après l’acquisition au dix-septième siècle des travaux de modification ont eu lieu, mais c’est surtout à la fin du dix-neuvième siècle que le baron Corrado Arezzo De Spucches (1824-1895) va le transformer et lui donner son aspect actuel. Au moment de la construction du chemin de fer, le baron va exercer les pressions nécessaires pour que le tracé de la ligne soit détourné et desserve le château afin de faciliter le trajet pour ses hôtes. C’est à lui que l’on doit ce mélange de styles qui marie le gothique vénitien au Renaissance tardive.

 

597a3 palazzo di Donnafugata 

Mais, antérieure à Cabrera et à Blanche d’Aragon, existait une tour arabo-normande qui faisait partie des fortifications et qui figure dans le descriptif de la vente de 1628. On la voit ici, carrée, au premier plan de cette face arrière du château.

 

597b1 palazzo di Donnafugata

 

597b2 palazzo di Donnafugata 

Sur le flanc du château, cet escalier permet, entre deux lions de pierre, d’accéder à la terrasse.

 

597b3 palazzo di Donnafugata 

Arrivé là, il est curieux de voir comment la porte et les fenêtres qui, d’en bas, ne sont pas visibles parce que cachées par un rebord de mur, sont bêtement rectangulaires, sans ornements, alors que sur le même panneau de la même époque, mais plus haut et visibles, d’autres fenêtres sont ogivales.

 

597c jardins de Donnafugata 

Nous avons visité l’intérieur du château où quelques pièces sont montrées au public, dont la chambre où la légende prétend que Blanche de Navarre a été enfermée. Mais, d’abord, quoique des travaux de restauration aient duré cinq ans, l’aspect n’en est pas net. Ensuite, les explications très restreintes données pour chaque pièce rendent la visite moins intéressante. Enfin, la photo est interdite partout à l’intérieur. Voilà trois raisons pour lesquelles je passerai directement au parc, immense, et où sont disséminés de petits édifices. Une partie est cultivée en jardin à la française, mais avec des essences méditerranéennes. En fait, c’est ce parc qui m’a le plus séduit dans cette visite.

 

597d1 Raguse, pour fêter saint Jean Baptiste 

597d2 Raguse, pour fêter saint Jean Baptiste 

Revenus à Raguse, nous allons assister à une fête extrêmement importante pour la ville. Saint Jean Baptiste est le patron de Raguse, et c’est aujourd’hui et demain qu’il est fêté. Dans le centre ville, on vend ces cierges qui vont servir pour la procession, ainsi que la protection contre le vent qui se fixe dessus. Sur deux des faces de cette protection sont représentées des statues du saint, dont celle qui va être portée en procession, sur une autre face on voit la représentation d’une tête en argent, et la quatrième face porte le texte d’une prière. Par ailleurs, en gros caractères, faisant un bandeau en haut et en bas tout autour de cette protection, le texte dit "Vive saint Jean Baptiste, patron de la ville et du diocèse". Il s’en vend des centaines.

 

597e Raguse, avant la célébration de saint Jean Baptiste 

La procession part d’une église de banlieue, Saint Joseph des Charpentiers, loin de la cathédrale. Jean Baptiste fait vraiment partie de la vie des Ragusains. Ainsi, un monsieur a expliqué que, sans cérémonie, on a amené Jean ici hier soir, et il y a dormi cette nuit, mais ce soir il va rentrer dormir chez lui. À l’entendre, le saint est vivant. Ce monsieur parlait sérieusement, gravement, sans laisser aucunement paraître qu’il ait l’intention de s’exprimer de façon imagée, et encore moins de façon ironique. Il est dix-huit heures trente, la messe s’achève, la procession se prépare. Deux uniformes, deux fonctions. Une femme de la police municipale, un chef scout.

 

597f1 Raguse, procession de saint Jean Baptiste 

Le parvis était déjà noir de monde pendant la messe. Comme l’église était pleine, à présent avec la masse des fidèles qui sortent, la foule est compacte et peine à s’organiser.

 

597f2 Raguse, explosions en l'honneur de saint Jean Baptist 

Avant de partir, à défaut de coups de canon, on fait évacuer la petite impasse sur le flanc gauche de l’église, et un artificier allume la mèche lente qui fait exploser des pétards dans une gerbe de feu suivie d’une épaisse fumée. Apparemment ces puissants pétards ne sont pas reliés par du cordeau détonant parce qu’ils n’explosent pas tous ensemble mais l’un après l’autre, donnant derrière leur très sonore explosion l’impression d’une langue de feu qui court d’un bord à l’autre de la rue.

 

597f3 Raguse, procession de saint Jean Baptiste

 

Voilà, c’est fait, maintenant la procession peut partir. Les fidèles partent en tête, en deux rangs bien écartés, de chaque côté de la rue.

 

597f4 Raguse, procession de saint Jean Baptiste 

597f5 Raguse, procession de saint Jean Baptiste 

Derrière les rangs de fidèles vient le prêtre, qui lui-même précède la statue de saint Jean Baptiste. Et d’autres fidèles suivent la statue. Le service d’ordre est assuré par des jeunes et des adultes en polo rouge portant sur le dos l’effigie du saint patron de leur ville.

 

597f6 Raguse, procession de saint Jean Baptiste 

597f7 Raguse, procession de saint Jean Baptiste 

La procession continue sa marche à travers les rues des faubourgs. Beaucoup de gens ont en main leur cierge surmonté de son pare-vent, mais il fait jour, ils ne l’ont pas encore allumé.

 

597g1 Raguse, procession de saint Jean Baptiste

 

Il fait nuit à présent. On arrive enfin en ville. Saint Jean Baptiste croise la rue de son collègue saint Jean l’Évangéliste. Mais ce n’est pas pour le saluer qu’il a le bras en l’air, il salue ainsi tout le long du trajet.

 

597g2 Raguse, procession de saint Jean Baptiste 

597g3 Raguse, procession de saint Jean Baptiste 

597h Raguse, procession de saint Jean Baptiste 

Il est plus de 21 heures quand on approche de la cathédrale. Il sera exactement 21h17 lorsque la statue sur son char y pénétrera. La procession aura duré plus de deux heures et demie, ce qui n’est pas étonnant si l’on considère qu’elle a progressé lentement, avec solennité, en marquant des pauses, et que la distance parcourue est de plusieurs kilomètres.

 

597i Raguse, procession de saint Jean Baptiste 

Et voici donc le moment où, acclamé, le saint patron fait son entrée dans la cathédrale, et retrouve son domicile habituel. La cérémonie est terminée. Il est temps d’aller se restaurer.

 

597j Raguse, dans la rue 

Selon mon habitude, je lis tout ce que je vois sur les murs. Ici, le graffiti dit : "Donne ! Uscite all’aria aperta. Imparate a protestare e a lottare", soit "Femmes ! Sortez à l’air libre. Préparez-vous à protester et à lutter".

 

597k1 Raguse 

597k2 Ragusa, Santa Maria delle Scale 

597k3 Raguse, Santa Maria delle Scale 

Et nous redescendons vers notre parking où nous sommes si bien par les ruelles en escaliers d’où nous avons une très belle vue sur les lumières de la ville. Nous passons (les deux dernières photos) devant l’église Santa Maria delle Scale (Sainte Marie des Escaliers). Voilà une journée bien remplie, et pourtant, arrivés au camping-car, nous faisons encore un petit tour à pied pour contempler cette Ragusa Ibla avant de nous coucher.

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Published by Thierry Jamard
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commentaires

GAMBINI 21/09/2014 17:45

Monsieur, je suis allée plusieurs fois à Ragusa où j'ai les meilleurs amis. Aussi je vous félicite pour votre remarquable reportage, très précis et étoffé de photos qui retranscrivent la beauté des
lieux. On a voulu faire de Noto, le coeur du baroque sicilien. Mais non, c'est à Ragusa, Scicli et Modica qu'il se situe, dans des palais d'habitation et non pas de pouvoir!Cela donne envie d'y
être en ce moment où le festival de pyrotechnie doit se dérouler à Marina di Ragusa! Encore bravo!

Jean-Marie LETIENNE 22/10/2010 07:51


Nous vous suivons depuis plusieurs semaines maintenant, et grâce à vous nous découvrons des choses magnifiques. Merci de nous les faire partager. Nous connaissons maintenant notre notre destination
de voyage 2011 !
A bientôt


claire 21/10/2010 21:38


Bonsoir Thierry!
Je lis votre récit de Ragusa, superbe et passionnant, qui me rappelle maints beaux souvenirs, notamment au sujet des petits personnages sous les balcons, qui sont en effet fabuleux! Une précision
au sujet du 1er graffitto (!) que vous évoquez et de la "merdetta": en fait, il est retouché! le texte initial était: "tremate" (tremblez) et non "frenate", et au lieu de "merdetta" il était écrit
"vendetta" (vengeance)... Je trouve que la correction y gagne en saveur quand on connaît l'original!!!!


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