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22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 23:24
727a exuvies de cigales au camping de Rethymno
 
Rethymno, sur la côte nord-ouest de la Crète. Dans un premier temps, nous déposons nos dieux Lares (Latins que nous sommes) au camping. Là, on se dit que la Provence, que l’on appelle "le Pays des Cigales", n’est que fort peu peuplée en comparaison de la Crète. Le concert est étourdissant. Jour et nuit ça ne cesse pas. Un groupe de jeunes Français est arrivé, et en dépliant leurs tentes des garçons plaisantaient en disant qu’à force de se frotter les cuisses elles devaient s’arracher la peau. Amusante plaisanterie, mais je n’ai pas osé aller leur taper sur l’épaule pour leur dire qu’une cigale n’est pas un grillon et que c’est en tapant sur une membrane qu’elles produisent ce son (ou plutôt "ils", puisque cette musique est le privilège des mâles, pour attirer la femelle, –quoique je n’aie pas vu une seule campeuse grimper aux arbres en les entendant). Après plusieurs années sous terre, enfin la larve monte au jour et se fixe à un arbre. La vie de l’insecte, quelques semaines seulement car la fourmi n’est pas prêteuse, c’est là son moindre défaut, est si courte par rapport à sa longue gestation… Au soleil, la larve éclôt et la toute jeune cigale en sort, abandonnant son écorce, que l’on appelle une exuvie. Et comme il y a des milliers et des milliers de cigales à nous emplir les oreilles, il y a des milliers et des milliers d’exuvies comme celles de ma photo, tout autour des troncs. On voit que leur dos s’est fendu pour laisser sortir la cigale.
 
727b1 le port de Rethymno
 
Mais ce camping est loin de la ville et, au hasard d’une promenade dans le centre que nous avons dû faire avec le camping-car faute de transports en commun commodes, nous constatons que le parking de la marina, gardé et payant, où nous nous sommes garés est ouvert jour et nuit, et le gardien nous dit que rien ne nous interdit d’y dormir si on veut, et que d’ailleurs il n’est pas rare que des camping-cars y séjournent. Message reçu, le lendemain nous migrons. Plus de chant de cigales pour charmer nos oreilles, mais le clapotis de l’eau contre le quai, devant le spectacle de la mer sous nos fenêtres. Nous avons le plein d’eau, de gaz, une douche à domicile, tout est bien.
 
727b2 le vieux Rethymno
 
727b3 Rethymno
 
727b4 Rethymno
 
Certes, Rethymno est envahie par les touristes et dans bien des rues les tavernes abondent, avec devant chacune un préposé qui vous hèle, et dont l’œil expert lui permet de s’adresser à vous dans votre langue sans presque jamais se tromper. Je suis plus bronzé que le Gaulois moyen, Natacha n’a pas une goutte de sang français, un Levi’s 501 et un T-shirt acheté l’an passé en Italie ne sont pas plus révélateurs que nos appareils photo Canon, et pourtant personne ne nous lance un "Buona sera" comme au couple devant nous, ni un "dobryi vietcher" comme aux deux jeunes femmes qui nous suivent. Malgré ces appels quelque peu irritants tout le long du chemin, le centre de Rethymno, interdit aux voitures, a beaucoup de charme.
 
727b5 à Rethymno
 
727b6 à Rethymno
 
727b7 à Rethymno
 
En particulier, de très nombreux bâtiments anciens ont été maintenus, provenant de l’époque vénitienne ou de l’époque turque. Quoique les Turcs soient des Indo-Européens et que leur langue le prouve, parce qu’ils sont de culture musulmane beaucoup de leurs inscriptions sont rédigées dans la langue du Prophète, comme sur la première photo ci-dessus où l’on voit le tympan d’un porche ouvrant sur un bâtiment civil et laïque qui a abrité des appartements et qui aujourd’hui héberge des bureaux. Cela permet de le sauver, car malheureusement nombre d’édifices superbes, inoccupés, sont en piteux état, comme en témoigne ma seconde photo. Un soleil d’un côté, une lune de l’autre, telle est la décoration sculptée de beaucoup de portails, mais tel n’est pas, en fait, le sujet de ma troisième photo, car du côté gauche on dirait un angelot qui vole tête en bas, et que j’ai donc envie bien plutôt d’interpréter comme Icare qui tombe pour s’être trop approché du soleil représenté à droite (ma photo).
 
727c1 Rethymno, mosquée
 
Le souvenir de l’occupation turque est encore présent un peu partout. Il faut dire que l’île n’a acquis un statut d’autonomie sous tutelle internationale qu’en 1898 et n’a quitté complètement le sein de l’Empire Ottoman pour être rattachée à la Grèce qu’en 1913. Les Turcs l'ont donc quittée il y a moins de 100 ans, c’est bien peu en ce qui concerne l’architecture, mais même certains domaines culturels ou certains goûts culinaires.
 
727c2 Rethymno, église vénitienne devenue mosquée
 
727c3 Rethymno, église vénitienne devenue mosquée
 
Après la petite mosquée, ce grand bâtiment. Il s’agit d’une église vénitienne catholique augustinienne du quinzième siècle qui était consacrée à la Sainte Vierge. Ses trois dômes rappellent l’architecture d’églises que nous avons vues à Palerme l’été dernier. Puis, au dix-septième siècle, en 1657, sous l’occupation ottomane elle a été transformée en mosquée, la mosquée Gazi Hussein, ou Neratzé. Le minaret, lui, a été ajouté en 1890, mais il est, hélas, en mauvais état et nécessite pour le soutenir une attelle comme un membre cassé. Et puis, on l’a vu, quelques années plus tard, en 1898, l’Empire Ottoman a perdu partiellement sa mainmise sur la Crète et un séminaire a été installé là. Par la suite, Rethymno a renoncé à lui donner une troisième attribution cultuelle en transformant la mosquée en église orthodoxe, et le bâtiment abrite actuellement le conservatoire municipal de musique.
 
727c4 Rethymno, église vénitienne devenue mosquée
 
727c5 Rethymno, église vénitienne devenue mosquée
 
727c6 Rethymno, minaret de l'église vénitienne devenue mo
 
Il y a une dame à l’entrée, elle donne des renseignements, elle répond aux questions patiemment et avec le sourire, mais elle n’a pas de carnet à souche, l’entrée est libre et rien ni personne n’interdit la photo. Si, de l’extérieur, les trois dômes ont quelque chose de sicilien, en revanche à l’intérieur les coupoles n’ont rien de commun. On voit sur ma troisième photo le pied du minaret.
 
727d la fontaine Rimondi
 
Cette fontaine est la Fontaine Rimondi. Au temps des Vénitiens, l’administration de la région était confiée à un gouverneur dont le titre était "recteur", et c’est cette fonction qu’assumait un certain Rimondi lorsqu’en 1626 il décida de construire cette fontaine au cœur de la ville vénitienne d’alors. Ma photo ne permettant pas de bien le distinguer, je précise que l’eau coulant dans chacun des trois bassins est crachée par trois têtes de lions. Des lions, de la part d’un Vénitien... Ce n'est pas un scoop.
 
727e1 Rethymno. Il y a culture et culture..
 
Voilà une affiche qui annonce un spectacle mettant en scène Thésée et le Minotaure. On voit sur l’affiche un homme portant une énorme tête noire cornue qui mesure un bon tiers de sa hauteur hors tout, et vêtu d’un petit justaucorps poilu avec une large ceinture de cuir. En face de lui et armé d’une épée en plastique venant du supermarché du coin, un homme en chemisette blanche avec des manches bordées d’un galon à damiers, et en joli short assorti fait semblant de se mesurer à lui. À gauche, il est dit que c’est la danse du Labyrinthe. Prenant des poses de déesse minoenne dans leurs longues jupes fendues de chaque côté jusqu’à la taille, des danseuses parmi lesquelles se trouve sans doute Ariane entourent notre élégant Thésée. À les voir, on a envie d’éclater de rire, mais n’allez pas croire, malgré toutes les apparences, qu’il s’agisse d’un spectacle comique. Non, non, non. Il est dit sur l’affiche "Experience the culture", initiez-vous à la culture. En voilà, une belle initiation. Gageons que les spectateurs de cet exceptionnel ballet auront, en ressortant de l’établissement, une idée précise de la vie des Minoens et de la légende de Thésée et du Minotaure.
 
727e2 publicité amusante à Rethymno
 
Cette affiche-là est tout le contraire de la précédente. Elle est esthétique et volontairement amusante. De plus, c’est une publicité qui porte sur les prix des vêtements, pas sur la culture crétoise.
 
727e3 Amis de la France à Rethymno
 
Et puisque j’en suis aux inscriptions, celle-ci n’est pas une affiche. Mais puisqu’elle glorifie la France (sur une voiture immatriculée en Pologne), je n’ai pas le droit moral de la passer sous silence !
 
727f1 Rethymno, musée historique et de folklore
 
Passons maintenant aux musées de Rethymno. D’abord le Musée Historique et de Folklore, très intéressant, qui pour l’essentiel montre quelle était la vie en Crète au dix-neuvième siècle, les outils, les travaux des champs, le mobilier, le costume.
 
727f2a Rethymno, salon crétois brodé main par Chrysi Ange
 
727f2b Rethymno, salon crétois brodé main par Chrysi Ange
 
Notamment, une grande salle est entièrement consacrée aux travaux de broderie. Ici a été reconstituée une pièce authentique, le salon d’une demeure privée. Tout, absolument tout, coussins, revêtements, rideaux, tapis, etc. de cette pièce a été réalisé à la main, tissé et brodé, par la propriétaire des lieux, Chrysi Angelidaki. En hommage à sa mémoire, ses enfants et sa petite-fille ont fait don du mobilier et des accessoires à ce musée. Cette dame, née en 1884 et morte à Rethymno en 1982, a parcouru les villages de Crète en 1924 et 1925 pour en recueillir les traditions, mais son œuvre est originale parce que, partant de diverses traditions, elle a transféré en broderie des dessins traditionnels, créant ainsi ce que l’on appelle la broderie Rethymniote. Elle a enseigné son art au lycée de Rethymno ainsi qu’aux femmes qui ont décidé de s’adonner à ce type de broderie et grâce à elle, en cette époque dure pour l’emploi, bien des femmes de Rethymno vivent de l’art qu’elle leur a enseigné.
 
727f3 Broderie, Rethymno. Débarquement du Prince Georges,
 
Mais je disais qu’une salle entière était consacrée à la broderie traditionnelle. Il me faut en montrer au moins un exemple. Ci-dessus, cette tapisserie a été créée vers 1898-1900, avant l’arrivée des dessins géométriques de madame Angelidaki. Elle représente le débarquement du Prince Georges à Souda, le 9 décembre 1898. Engagés dans une guerre contre les Turcs et essuyant des revers, les Grecs se sont retirés de Crète. Allemagne et Autriche ont des intérêts puissants en Turquie, et préfèrent se désintéresser de la Crète pour sauver leurs gros sous. En revanche, France, Russie, Grande-Bretagne et Italie œuvrent à un statut d’autonomie de la Crète sous leur protectorat conjoint, constitué de quatre amiraux représentant les quatre puissances, mais au sein de l’Empire Ottoman où l’île reste en situation de vassalité par rapport au Sultan. Sous ce protectorat, les quatre pays proposent au poste de gouverneur de la Crète l’un des fils du roi de Grèce, le prince Georges. Son arrivée est l’événement représenté par cette broderie naïve.
 
727f4 Rethymno, musée historique, café bar traditionnel c
 
À un autre étage sont reconstituées toutes sortes d’échoppes traditionnelles crétoises, la boutique du bourrelier, celle du coiffeur, celle du cordonnier et marchand de chaussures, celle du tailleur, etc. Sur ma photo on voit un café bar crétois.
 
727f5 Rethymno, musée historique. Sapho, pièce byzantine,
 
Il y a encore bien des choses à voir dans ce musée sur plusieurs étages. Mais je vais finir par ces deux monnaies et cette médaille. À gauche, cette monnaie antique représente la poétesse Sapho, de l’île de Lesbos, assise et en train de lire, sans doute l’un de ses poèmes. Au milieu c’est une pièce byzantine (vers 1050-1060) sur laquelle, faute d’inscription, le personnage n’a pu être identifié. Constantin IX Monomaque a régné de 1042 à 1055. Une femme, Théodora Porphyrogénète, lui succède jusqu’à sa mort en août 1056. Durant un an jour pour jour, règne alors Michel VI Stratiotique, avant d’être déposé. Isaac Premier Comnène clôt la période de la fourchette dans laquelle a été située la frappe de cette pièce. Le personnage est auréolé, mais cela ne signifie nullement que l’on soit obligé d’y voir un saint parce que sur des pièces représentant à coup sûr des empereurs byzantins de cette période (leur nom figure sur la pièce), ils portent une auréole sur la tête. Exceptant la femme, on peut donc se demander si l’on est en présence d’une pièce frappée par Constantin IX, Michel VI ou Isaac I. À droite, puisqu’il y a un petit anneau, on comprend que la pièce de monnaie a été montée en médaille. Elle représente le premier roi de Grèce, Othon. Son nom et son titre entourant son visage, je n’ai pas eu de mal à l’identifier sans regarder la notice. En revanche, c’est la notice qui m’apprend que c’est une pièce de cinq drachmes frappée en 1833, l’année de son avènement (6 février 1833). Sur cette pièce il paraît tout jeune, et ce n’est pas étonnant car, né en 1815, il n’a que dix-huit ans.
 
727g1 Rethymno, musée archéologique, pièces antiques
 
Nul ne pourra plus douter de notre activisme culturel (!) si je dis que ma dernière photo au musée historique a été prise à 13h55 et que ma première photo au musée archéologique a été prise à 14h07. Le temps de nous rendre de l’un à l’autre, de prendre nos tickets et de passer devant les deux premières vitrines où sont placés des objets arrivés récemment et qui n’ont pas encore fait l’objet d’une description dans une revue scientifique, et dont par conséquent, très logiquement, la photo est interdite, on peut apprécier la façon dont ces deux visites se sont enchaînées. Aussi, pour renforcer encore le lien que nous avons créé entre les deux musées, je commence par montrer ici des pièces de monnaie, même si je ne les ai vues que plus tard.
 
J’en ai regroupé ici huit, qui ne sont pas en ordre chronologique, mais au hasard de mes photos. Dans la rangée du haut, de gauche à droite c’est Lysimaque (381-261 avant Jésus-Christ, général macédonien, qui sera satrape et roi de Thrace et roi de Macédoine), Antiochus de Syrie (il y a plusieurs Antiochus, mais je pense qu’il doit s’agir d’Antiochus II né en 287 avant Jésus-Christ, roi à partir de 261 et mort en 246), Ptolémée (là encore, il y a toute une dynastie de Ptolémées rois d’Égypte à la suite de la mort d’Alexandre le Grand, mais il s’agit probablement de Ptolémée II né en 309, surnommé Philadelphe parce qu’il a épousé sa sœur Arsinoé selon la coutume des pharaons, devenu roi vers 282 et mort en 246, la même année qu’Antiochus II auquel il s’est opposé lors des Guerres de Syrie), et, dit la notice, Arcadia (or je ne connais pas de personnage de ce nom. Cela veut-il dire que la pièce est anonyme et vient d’Arcadie ? Ou de la ville de Kyparissia, en Messénie, autrefois appelée Arkadia ? Ou encore, puisque non loin d’ici il y a un monastère de ce nom, l’endroit portait-il ce nom dans l’Antiquité ? Un nom seul et unique sur la notice de chaque pièce, ce n’est pas très explicite).
 
Sur la seconde ligne, la pièce représentant ce bel oiseau vient d’Itanos (une ville antique de l’ouest de la Crète que nous visiterons probablement), la seconde, petite, vient de Gortyne (cette visite nous ne pouvons manquer de la faire prochainement), puis vient Dioclétien (cet empereur romain, de 284 à 305 de notre ère, est connu pour avoir institué une tétrarchie –quatre "chefs"– à la tête de l’empire et pour la cruauté impitoyable avec laquelle il a réprimé le christianisme), et enfin Trajan (quatorzième empereur romain, de 98 à 117. Il était né à Italica, en Espagne, la ville antique qui a précédé Séville et située à quelques kilomètres de distance. Une visite que je conseille, passionnante, que nous avions faite le 12 août 2006, bien avant le voyage du présent blog).
 
727g2 Rethymno, musée archéologique, sarcophage minoen
 
727g3 Rethymno, musée archéologique, sarcophage minoen
 
Le musée possède une superbe collection de sarcophages. Les cimetières minoens comportent parfois des tombes à tholos mais le plus souvent des tombes dites à chambre, taillées dans le roc du sol, auxquelles on accède par une rampe. Les chambres étaient rectangulaires ou elliptiques et les corps y étaient déposés sur le sol, étendus sur le dos ou sur le flanc et en chien de fusil, ou encore ils étaient déposés dans un sarcophage. Il semble que l’on n’ait pas tenu compte, pour enterrer le corps, de son orientation en fonction des points cardinaux, mais la tête était presque toujours tournée vers la porte. Les sarcophages que je montre ici présentent des scènes de chasse, puisqu’il semble que sur le premier l’homme derrière le cervidé porte une sorte de sagaie, tandis que sur celui de ma seconde photo il y a très clairement des flèches ou des lances pointées sur le dos des animaux.
 
727g4 Rethymno, musée archéologique, loi antialcoolique
 
Je montre cette pierre gravée parce que son texte est intéressant. Provenant de la ville antique d’Eleutherna et datée entre 600 et 450 avant Jésus-Christ, elle est écrite boustrophédon, "en tournant comme les bœufs", soit une ligne de gauche à droite et une ligne de droite à gauche de même que les bœufs traçant un sillon parcourent le champ alternativement dans les deux sens. Mais cela n’est pas très rare, son intérêt vient de son sujet, quoique le texte soit lacunaire. Il s’agit du rappel d’une loi antialcoolique. Outre les parties manquantes, j’ai du mal à déchiffrer et à comprendre, mais voici ce que je distingue : "Il est interdit de trop boire… Zeus… s’il boit avec d’autres… il est permis de boire… C’est interdit aussi au prêtre… Si, cependant, il offre un sacrifice au dieu… une vieille habitude…". Entre ce qui n’est plus là et ce que je ne sais pas traduire, il ne reste plus grand-chose, mais j’ai quand même souhaité publier cela parce que, dans ce qui manque, il est peut-être recommandé aux conducteurs de chars de se méfier des radars des policiers / archers scythes.
 
727g5 Rethymno, musée archéol., Aphrodite (2de moitié 1e
 
Datée du premier siècle de notre ère, cette Aphrodite de marbre est bien romanisée en Vénus Genitrix. Je la trouve un peu maniérée, un peu décadente, mais le travail sur les plis de sa robe et sur la structure du tissu est très achevé, et je trouve très beau le visage malgré cette coiffure sophistiquée. C’est sur cette statue que je clos notre visite de ce musée archéologique.
 
727h1 Rethymno, le Kastro
 
Avant de quitter Rethymno, il me faut encore montrer sa fortezza, sa citadelle. Jusqu’à la date du sac de Constantinople par les Croisés en 1204, Rethymno n’était qu’une petite bourgade. Mais lorsqu’à la suite des conquêtes franques les Vénitiens reçoivent en partage la Crète pour prix de leur coopération, ils entreprennent de développer la ville, mettant à profit la situation stratégique de sa colline qui surplombe la mer. Ils créent le port, et construisent la citadelle que nous visitons aujourd’hui. Très vite, la ville se développe et attire intellectuels et artistes. C’est à la Renaissance qu’elle connaîtra son apogée, et de son développement d’alors elle doit d’être aujourd’hui la troisième ville de l’île.
 
727h2 Rethymno, le Kastro
 
L’espace englobé dans les remparts est très vaste. En s’approchant des murailles, on a une vue magnifique sur la mer et sur la ville, ce qui veut dire aussi que sur le plan défensif on pouvait voir le danger venir de loin et on avait le temps de se préparer.
 
727h3 Rethymno, la citadelle
 
727h4 Rethymno, le Kastro
 
727h5 Rethymno, la mosquée dans le Kastro
 
Parmi les monuments conservés à l’intérieur, la mosquée qui, lorsque les Turcs ont réussi à déloger les Vénitiens de Crète, au dix-septième siècle, a investi l’ancienne église chrétienne du seizième siècle. Elle est en parfait état de conservation, et sert de salle d’exposition.
 
727h6 Rethymno, exposition à la mosquée dans le Kastro
 
Actuellement, elle accueille une exposition de sculptures contemporaines intitulée Naviguant dans l’obscurité. Je ne suis pas toujours réceptif à ce genre d’art, mais ici je trouve très beau cet objet, cette espèce d’œuf de verre géant. En fait, il y a deux œuvres d’art distinctes. Le Grand Œuf, de 4 mètres de haut, de 1,75 mètre à la base et 2,71 mètres de diamètre au point le plus large, est constitué de miroirs en acrylique taillés au laser et il a été créé en 2011. À l’intérieur, les Déesses Poilues (2,10 mètres de haut et entre 0,80 et 1,40 mètre de large), réalisées en papier mâché et en poil d’animal, sont de 2007-2008. L’ensemble est conçu pour que le verre de l’œuf multiplie à l’infini les images des déesses, exprimant l’énergie psychique, qui anime l’être humain. En fait, je n’aurais pas été capable de commenter ainsi cette œuvre, si la notice rédigée par l’artiste, Kalliopi Lemos, ne m’avait pas soufflé les mots…
 
727h7 Rethymno, la mosquée dans le Kastro
 
727h8 Rethymno, la mosquée dans le Kastro
 
727h9 Rethymno, la mosquée dans le Kastro
 
Et pour terminer cet articles, j’ajoute ces quelques photos prises dans des restes de bâtiments de la fortezza vénitienne. Entre les murs de fortification, les restes de bâtiments en divers états de conservation mais toujours impressionnants, la végétation, la vue sur les environs, je n’en finirais pas de multiplier la présentation de photos. Conclusion, pour savoir en finir, j’arrête là.

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Published by Thierry Jamard
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commentaires

genty bernard 23/10/2011 00:34


toujours aussi passionnant! a bientot les amis que les vents vous possent en decembre vers nos terres! a moins que nous vous retrouvions a mystras l an prochain


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  • : Un long, long voyage d'observation et de description culturelle à travers l'Europe. Paysages, histoire, architecture, peinture, sculpture, mythologie et religions, société, tout ce qui me tombe sous les yeux.
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