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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 22:48

 

 

459a1 Rome, Sant'Onofrio

 

Aujourd’hui, nous montons de nouveau sur le mont Janicule, parce que nous désirons voir la tombe du Tasse, à Sant’Onofrio. Sur la grille, se détache, fière sur le ciel, la croix qui est l’emblème de l’Ordre Équestre du Saint Sépulcre de Jérusalem.

 

459a2 Rome, Sant'Onofrio

 

Évidemment, on la voit mieux, cette croix (d’ailleurs, il y en a même deux, une de chaque côté du portail) lorsque l’on est en haut et qu’on en détache la silhouette sur le ciel, plutôt que d’en bas sur fond de mur. Mais voici à quoi ressemble ce monastère, avec l’église juste en face.

 

459a3 Rome, Sant'Onofrio

 

Et, de plus près, la porte de l’église, surmontée d’une fresque et de l’inscription "Ecclesia sancti Honuphrii", église de saint Onuphre, en italien sant’Onofrio.

 

Stendhal : "Lorsqu’il se sentit mourir, le Tasse se fit transporter ici ; il eut raison : c’est sans doute un des plus beaux lieux du monde pour mourir. La vue si étendue et si belle que l’on y a de Rome, cette ville des tombeaux et des souvenirs, doit rendre moins pénible ce dernier pas pour se détacher des choses de la terre, si tant est qu’il soit pénible".

 

459b1 Rome, Sant'Onofrio

 

Cette nef unique, large et courte, donne une impression d’ampleur à cette petite église. Et, comme toujours à Rome, cette richesse de la décoration.

 

459b2 Rome, Sant'Onofrio

 

J’aime bien les peintures des panneaux de l’abside et de sa voûte. Ici, c’est le Couronnement de la Vierge, mais j’aurais pu choisir n’importe laquelle de mes autres photos, tous les panneaux ont la même force d’évocation. On sent que le peintre est un chrétien convaincu. Pas d’emphase, des gestes simples, le recueillement.

 

459c Rome, Sant'Onofrio

 

Et cette coupole de chapelle dédiée à la gloire de saint Jérôme, le patron des Hiéronymites de ce monastère, par le pape Pie IX en 1857. C’est splendide, mais j’y vois plus une splendeur pour le simple plaisir de l’œil, ou pour la gloire liée à l’apposition de sa signature, qu’une expression sincère de la foi. Je préfère infiniment le chœur.

 

459d1 Rome, Sant'Onofrio, Le Tasse

 

Dans le bas de l’église, cette plaque en l’honneur du Tasse.

 

459d2 Rome, Sant'Onofrio, Le Tasse

 

Dans la chapelle latérale, c’est la tombe de l'illutre poète, avec cette statue de grande taille. Ce monument en son honneur ne date que de 1857, il n’existait pas du temps de Stendhal : "Les gens riches de Rome font, dans ce moment-ci, une souscription pour élever un tombeau à ce grand homme. Cette entreprise, et surtout le mode d’exécution, sont regardés comme presque révolutionnaires. Le chef du ministère déplorable de ce pays, M. le cardinal Della Somaglia, n’a pu décemment s’abstenir de souscrire". À cette époque, il n’y avait qu’une plaque avec l’inscription en latin "Torquati Tassi ossa hic jacent. Ne nescius esses hospes. Fratres hujus ecclesiæ posuere. MDV".

 

Stendhal traduit en note : "Les restes de Torquato Tasso reposent ici. Afin que tu pusses le savoir, ô étranger, les frères de cette église ont écrit ces mots. 1505". Il ajoute son commentaire : "Cette épitaphe saisit les âmes nobles, parce qu’elle est fille de la nécessité, non de l’esprit. Les moines de ce couvent étaient dérangés par les questions des étrangers qui accouraient chez eux de toutes les parties de l’Italie, ils aimaient la Tasse eux-mêmes ; ils firent placer cette inscription".

 

459d3 Rome, Sant'Onofrio, Le Tasse

 

Au bas du monument, une frise évoque les obsèques du poète. Les personnages représentés portent l’indication de leur nom, en dessous. Mais comme le monument a été réalisé plusieurs siècles après l’événement, la ressemblance n’est pas garantie.

 

459e Rome, cloître de Sant'Onofrio

 

Puis nous passons au cloître. Calme, tranquillité, une taille très réduite, de lourdes arcades basses, beaucoup de plantes vertes, le lieu est admirablement plaisant. Selon Stendhal, on l’a vu, si le Tasse a souhaité être enterré ici, c’est pour la vue qu’on y a de Rome. Je pencherais plutôt pour le cloître. Un poète a besoin de calme et de recueillement, et c’est ce que l’on trouve ici.

 

459f1 Rome, cloître de Sant'Onofrio

 

Sur les murs, tout autour, des fresques racontent la vie de sant’Onofrio. On voit d’abord le roi de Perse souhaitant vivement une descendance qui ne lui venait pas, et pria Dieu. Enfin, Dieu lui donna satisfaction, mais le Diable suggéra au roi que l’enfant à naître était adultérin, et lui recommanda de le jeter dans le feu dés sa naissance. C’est ce que représente cette scène, où l'on voit le bébé à genoux au milieu des flammes, et les mains jointes pour prier.

 

459f2 Rome, cloître de Sant'Onofrio

 

Mais miraculeusement le bébé ne brûla pas. Baptisé, envoyé dans un monastère d’Égypte, Onuphre perdu dans le désert vécut trois ans du lait d’une chèvre, comme le montre la fresque ci-dessus dont je préfère cadrer ce détail en gros plan. Les fresques suivantes continuent avec ce récit légendaire. En fait, ce que l’on sait de vrai sur ce personnage est réduit à bien peu de chose. Il serait un fils naturel du roi de Perse, consacré à Dieu dans un monastère d’Égypte. Attiré par la vie d’ermite, il part vivre dans le désert, exclusivement de dattes et de l’eau d’une oasis, d’où le surnom d’Onuphre l’Anachorète qui lui est donné. Il y reste 70 ans. Quand ses vêtements du début, en haillons, tombent en poussière, il reste nu –parce que, dit-il, on est toujours à nu devant le Seigneur–, s’enveloppant seulement dans sa barbe et ses cheveux, jamais taillés et devenus extrêmement longs.

 

459f3 Rome, cloître de Sant'Onofrio

 

Je reviens aux fresques. Quand le moment de sa fin fut arrivé, Dieu fit qu’il fût découvert par un vieux noble égyptien du nom de Paphnutius. Onuphre lui annonça qu’il était envoyé par Dieu pour l’ensevelir, et mourut. Paphnutius se désolait, en se demandant comment enterrer l’anachorète, mais voilà que s’approchèrent deux lions venus du fond du désert, donnant l’impression de pleurer. Ils se couchèrent près du défunt et se mirent à lui lécher les pieds.

 

459f4 Rome, cloître de Sant'Onofrio

 

Ce que voyant, Paphnutius leur montra l’endroit où devait être enterré Onuphre, et de leurs griffes les lions creusèrent la tombe. Il ne s’agit pas de mon interprétation des images, mais de l’intention du peintre parce que sous chacune des fresques figure une légende, à gauche en latin et à droite en italien.

 

459g1 Rome, Sant'Onofrio, Goethe

 

Ressortons de ce sympathique cloître. Dehors, sur les murs, sont fixées plusieurs plaques. J’ai déjà parlé le 10 décembre de celle de Chateaubriand qui évoquait son souhait d’être enterré là. Aujourd’hui, j’y ajoute celle de Goethe. Je ne parle pas allemand, aussi peut-être vais-je commettre un ou deux gros contresens en en proposant une traduction. Mais tant pis, le germaniste qui me lira(it) sera(it) capable de corriger de lui-même, et le non-germaniste ne se rendra compte de rien ! "À Johann Wolfgang von Goethe, le plus grand poète allemand. Comme il le dit dans le Voyage en Italie, il a visité Sant’Onofrio le 2 février 1787 et a écrit l’émouvante pièce de théâtre Torquato Tasso".

 

459g2 Rome, Sant'Onofrio, Patricius

 

Cette plaque est très récente, puisqu’elle a été posée il y a deux ans. En latin, elle dit : "Frane Petrić, illustre philosophe et homme de lettres de la Sérénissime République de Venise, né le 25 avril 1529 dans l’Île le Cherso, aujourd'hui Cres en Croatie, qui est mort à Rome le 7 février 1597, attend ici la résurrection. L’Académie des Sciences et des Lettres de Croatie a posé cette pierre en son honneur le 7 février 2008". C’est un platonicien virulent ennemi de l’aristotélisme. Il voyagea pas mal mais passa les cinq dernières années de sa vie à Rome, titulaire de la chaire de philosophie platonicienne à laquelle l’avait invité le pape Clément VIII. Il devint membre du Conseil de Saint Jérôme au Collège Illyrien de Saint Jérôme (nous sommes ici chez les Hiéronymites), et a été enterré dans l’église de Sant’Onofrio aux côtés du Tasse, ici même.

 

460a1 Rome, Janicule, Anita Garibaldi

 

Quittant Sant’Onofrio, nous ne pouvons résister à contempler l’inoubliable panorama que l’on a sur Rome du sommet du Janicule. C’est vrai, Stendhal n’exagère pas. Puis nous continuons notre chemin le long de la promenade sur la crête, et passons au pied de la statue d’Anita Garibaldi. Garibaldi avait été en exil au Brésil. Il y avait rencontré cette jeune et belle Brésilienne du nom d’Ana Maria de Jesus Ribeiro née en 1821 et l’avait épousée. C’est une excellente cavalière qui l’initie à l’équitation. Ensemble, ils vont lutter pour la liberté au Brésil et en Uruguay. Puis en 1847 ils ont quitté l’Amérique du sud pour l’Italie. Son comportement a été d’une vraie patriote italienne aux côtés de son mari. Elle est morte de la fièvre typhoïde, à Ravenne, le 4 août 1849.

 

460a2 Rome, Janicule, Anita Garibaldi

 

Sur la base du monument, tout autour, on peut admirer (comme moi) ou détester des sculptures de bronze évoquant des épisodes de son action. Ici, on ne la voit pas (sur la photo originale, on entr’aperçoit son visage à moitié caché par le premier cavalier, mais ici la photo est trop petite), elle est sur la face suivante, à gauche, elle entraîne cette troupe de combattants qu’elle guide à travers les pampas.

 

460a3 Rome, Janicule, Anita Garibaldi

 

Ici nous sommes en Italie, à Ravenne, en 1849. Garibaldi porte Anita mourante.

 

460a4 Rome, Janicule, Anita Garibaldi

 

Pour ce gros plan sur Anita, nous faisons un retour dans le temps. Nous sommes au Brésil et Anita a été faite prisonnière. Du général qui a admiré son courage et sa détermination, elle a obtenu la faveur d’être autorisée à aller chercher son mari blessé sur le champ de bataille. On la voit ici soulevant un tissu qui recouvre un blessé ou un mort, simulant la recherche. En fait elle sait où il se cache, elle saute sur un cheval et au grand galop échappe à l’ennemi et à sa prison. Elle va rejoindre Garibaldi.

 

460b Rome, Janicule, Garibaldi

 

Un peu plus loin sur le Janicule, C’est Garibaldi en personne que l’on voit à cheval. C’est un grand militaire, c’est un héros, mais ce n’est pas un cavalier émérite que l’on peut représenter sur un cheval cabré, ou lancé au grand galop crinière au vent, comme on peut le faire pour sa femme.

 

460c1 Rome, Janicule, Porta San Pancrazio

 

Nous arrivons à la Porta San Pancrazio. C’est le pape Barberini aux abeilles, Urbain VIII qui, en 1643, construisit un mur, et ses nécessaires portes, depuis la Porta Portese près du Tibre jusqu’aux Murs Vaticans.

 

460c2 Rome, Janicule, Porta San Pancrazio

 

En 1849, le pape est encore investi du pouvoir civil sur Rome et les États Pontificaux. Des mouvements populaires réclament liberté et démocratie, le pape se réfugie à Gaète. Le 9 février, une assemblée élue au suffrage universel proclame la République. Adoptant le drapeau tricolore vert, blanc, rouge, elle remet le pouvoir à un triumvirat, dont fait partie Mazzini. Éphémère République… Une armée française débarque à Civitavecchia et, s’élançant sur la via Aurelia, arrive à Rome et attaque le Janicule. C’est Garibaldi qui est chargé de la défense de la République. Les Français sont repoussés le 30 avril. Mais ils assiègent Rome, et lancent une attaque décisive le 3 juin. Ils bombardent la Porta San Pancrazio, qui s’effondre, ensevelissant ses défenseurs. L’image ci-dessus, qui reproduit une lithographie d’époque, montre l’armée française franchissant la porte. Porte qui sera reconstruite en 1854 comme on la voit aujourd’hui, mais avec deux arches latérales qui ont été détruites récemment pour laisser le passage aux voitures.

 

460c3 Rome, Janicule, Porta San Pancrazio

 

Le grand écrivain, poète, philosophe russe Joseph Brodsky, lorsqu’il a séjourné à Rome, aimait s’asseoir à la terrasse de ce Bar Gianicolo (le nom du Janicule, en italien), face à la Porta San Pancrazio.

 

460c4 Rome, Janicule, Fontaine Paola

 

Plus loin, c’est la Fontana Paola, la Fontaine Pauline, du nom du pape Paul V (1605-1621) qui l’a fait construire. Je l’ai déjà montrée le 10 décembre, je ne recommence pas. Seulement un gros plan sur un jeu d’eau (pour m’amuser).

 

460d1 Rome, S Pietro in Montorio

 

Continuons notre chemin. Nous arrivons à l’église San Pietro in Montorio. Hé oui, je sais, en tant que Français je n’ai pas à être fier de ce que le pays qui se dit le Pays de la Liberté a fait contre la République de Rome. Ni de ce que cela a coûté en hommes et en ouvrages du passé, comme le montre cette gravure.

 

460d2 Rome, S Pietro in Montorio

 

Évidemment, c’est triste. Évidemment il n’y a pas à plaisanter sur la guerre. Mais je trouve amusante cette manière de fixer au mur un boulet de canon de calibre 140 tiré en juin 1849 par l’artillerie française sur cette église construite par Maderno.

 

460d3 Rome, S Pietro in Montorio

 

460d4 Rome, S Pietro in Montorio

 

L’église, heureusement, a pu être restaurée. Même si ce n’est pas à proprement parler un joyau de Rome, c’est néanmoins un beau bâtiment, comme on peut en juger par cette coupole d’une chapelle latérale.

 

460d5 Rome, S Pietro in Montorio

 

Il s’y trouve aussi un bel ensemble de peintures, comme cette flagellation de Jésus. Sur ma photo, trop sombre, et avec un coup de lumière en bas à droite, on peut difficilement juger, mais sous la douleur le Christ est près de perdre connaissance, et ses bourreaux continuent de s’acharner sur lui. J’aime aussi la façon dont le peintre, en habillant l’un de ces hommes d’un simple tissu autour des reins, comme l’est le supplicié lui-même, a montré l’injustice de cette flagellation entre deux hommes semblables l’un à l’autre.

 

460e Rome, Janicule, Tempietto de Bramante

 

Près de l’église, Bramante a élevé ce que l’on appelle il Tempietto. Ce petit bâtiment circulaire d’une grande élégance a été élevé en l’honneur de saint Pierre. L’église a elle-même été consacrée au premier pape.

 

460f1 Rome, Janicule, Tempietto de Bramante 

À l’intérieur, saint Pierre siège en majesté, avec ses grosses clés à la main. De si grosses et pesantes clés pour ouvrir les portes du Paradis, qui selon toute vraisemblance sont faites de légers nuages…

 

460f2 Rome, Janicule, Tempietto de Bramante

 

Ce bas-relief représente la crucifixion de Pierre la tête en bas. J’aime bien cette interprétation symbolique parce que synthétique, avec l’empereur assis sur son trône à gauche, entouré de ses soldats, les buccins ou les trompettes sur la droite, en arrière-plan de chaque côté les cavaliers manifestant la puissance impériale, tout à droite des femmes représentant le badaud peuple venu voir une exécution de chrétien, et enfin, à la gauche de la croix du condamné, le bourreau, nu, avec le marteau dont il a crucifié saint Pierre.

 

460f3 Rome, Janicule, Tempietto de Bramante

 

Avant de ressortir, je montre cette image du sol. Nous ne sommes plus à l’époque des Cosmates (Bramante a vécu de 1444 à 1514), mais on fait encore des sols somptueux inspirés de leur art.

 

460f4 Rome, Janicule, Tempietto de Bramante

 

Ressortons de ce "temple" circulaire. Du côté opposé à l’entrée, on trouve ce double escalier qui descend dans une sorte de crypte.

 

460f5 Rome, Janicule, Tempietto de Bramante

 

L’espace circulaire est exactement de mêmes dimensions que l’étage supérieur. C’est une autre petite chapelle joliment décorée elle aussi. Le plafond en coupole est baroque, le marbre du sol harmonise les couleurs, et en même temps le lieu ne comporte que cet autel dont la statue n’en a que plus de relief.

 

460g Rome, Janicule, Académie espagnole

 

Par une ruelle étroite qui descend en tournant, on arrive au niveau bas du Trastevere. Et de là, en relevant la tête, on apprécie la masse de cet institut espagnol de Rome qui est situé en bordure du mont Janicule, derrière l’église San Pietro in Montorio, et qui cache la résidence de l’ambassadeur d’Espagne.

 

461a Rome, S. Maria della Scala

 

Je ne peux, à chaque fois, montrer mon église chérie, Santa Maria in Trastevere. Celle-ci, Santa Maria della Scala, est loin de la valoir. Ce nom de Sainte Marie de l’Escalier lui vient de ce qu’elle a été construite à la place d’un oratoire dédié à la Madone et situé au pied d’un escalier. C’est le pape Clément VIII (1592-1605) qui a décidé de sa construction, et qui l’a attribuée aux Carmélites Déchaussés en 1597. L’église et le couvent deviennent rapidement le principal centre de diffusion du Carmel de Thérèse en Italie, en France, aux Pays-Bas, en Pologne, en Perse et en Inde. L’architecte en a été Francesco da Volterra (mort en 1588), à ne pas confondre avec le célèbre peintre Daniele da Volterra (1509-1566).

 

461b Rome, S. Maria della Scala

 

Dans l’église, il n’y a rien de très remarquable à mon goût. J’aime bien cette Vierge à l’Enfant, quoiqu’elle porte sa couronne sur sa tête comme une femme africaine porte sa cruche d’eau. Mais l’expression de son visage, le geste délicat de sa main, l’Enfant Jésus qui comme un vrai bébé regarde les fleurs à ses pieds et s’en amuse, tout cela en fait une statue qui n’est pas désagréable à regarder.

 

461c1 Rome, S. Maria della Scala, ste Thérèse

 

En 1617, l’église reçoit le pied droit de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus. Je n’aime pas cette façon de débiter en morceaux le corps des saints pour que chacun ait son bout de relique. On vante le jugement de Salomon qui a reconnu la vraie mère de l’enfant lorsqu’elle a préféré donner le bébé à la fausse mère plutôt que de le voir partagé entre elles deux, mais on se comporte comme la fausse mère à l’égard des saints, et vas-y que je te donne le pied droit si tu me laisses les vertèbres lombaires, non je préfère l’humérus gauche quoique ce soit plus encombrant, etc. Bref, le pied de sainte Thérèse est sous cet autel dans un reliquaire, et l’on expose une statue de la sainte dans des vêtements de tissu pour donner l’impression qu’on la voit dans son cercueil.

 

461c2 Rome, S. Maria della Scala, copie Jésus Prague

 

Au-dessus de ce même autel, dans une niche de bois doré, est placée une copie du Petit Jésus de Prague. Mais alors que l’original, à Prague, est vêtu de riches habits qui lui ont été offerts par des souverains et différentes personnes et est souvent changé de tenue, cette copie est tout d’une pièce, corps et manteau, et n’a pas le charme de celui de Prague. À vrai dire, j’ai bien en mémoire celui de Prague, qui m’a beaucoup impressionné, et sans le panneau explicatif je n’aurais pas pensé à lui associer celui-ci.

 

461d Rome, Porta Settimiana

 

À présent, nous sommes tout en bas, au niveau du Tibre, et nous passons sous la Porta Settimiana, qui perce l’enceinte d’Aurélien et date de l’extrême fin du quinzième siècle.

 

461e Rome, le Tibre

 

Dans la via della Lungara, ancienne via Aurelia, de l’autre côté de la porte, nous entrons visiter la galerie du palais Corsini. Il y a quelques belles œuvres intéressantes, mais comme la photo y est interdite et que je n’ai pas envie de décrire des œuvres que je ne peux montrer, comme d’autre part mon article d’aujourd’hui est déjà bien long (mais nous avons fait pas mal de chemin et avons vu ou revu beaucoup de choses), je vais arrêter là, au moment où, nous dirigeant vers le métro, nous franchissons le Tibre sous la belle lumière du soir romain.

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Published by Thierry Jamard
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