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14 novembre 2009 6 14 /11 /novembre /2009 22:56

Aujourd’hui, je ne vais pas parler de nos activités, qui n’ont rien de passionnant à raconter. Seulement quelques réflexions sans publication de photos.


Les Italiens sont des gens charmants. Oh certes on peut trouver des personnes extrêmement désagréables comme ce type du musée d’Orvieto, mais c’est l’exception, et une exception très rare. Presque toujours, on vous accueille avec le sourire, on cherche à vous aider, on va chercher quelqu’un qui pourra répondre en anglais ou en français, on téléphone pour vous, on vous rend service. C’est un pays où les relations interpersonnelles sont chaleureuses et agréables.


Mais prenez le plus charmant des Italiens, ou la plus charmante des Italiennes, posez-lui les fesses sur un siège de voiture et glissez-lui un volant entre les mains, vous en faites le prototype du goujat. Homme ou femme, jeune ou vieux, dans une élégante Alfa-Romeo ou dans une vieille Fiat Panda pourrie, dans un massif 4x4 Audi ou dans une petite crotte de camion type Smart, sur une moto ou dans un semi-remorque de 38 tonnes, c’est la même chose. Le conducteur italien ignore l’autre et ignore la loi.


Quelques exemples. Sur l’autoroute, des panneaux lumineux informent : "Retrait de permis en cas de conduite sur la bande d’arrêt d’urgence". Mais sans cesse vous êtes doublé par la droite par de grosses motos ou des voitures qui empruntent cette bande à 150 ou 180 kilomètres à l’heure. Tout à l’heure, j’ai vu une voiture de police qui l’empruntait à toute allure, suivie par voitures et motos sans intervention à leur encontre.


Les Italiens, c’est connu, adorent discuter. Seuls dans leur voiture, ils ne peuvent trouver d’interlocuteur que par téléphone. Ils sont donc tous (enfin, disons 75% d’entre eux) avec une main sur le volant et l’autre tenant le portable plaqué à leur oreille. Mais la main dédiée au volant se libère souvent pour effectuer tous les gestes qui ponctuent nécessairement les discussions des Italiens. Pourtant, des panneaux lumineux récurrents rappellent que l’on perd 5 points de permis si l’on téléphone sans utiliser l’oreillette.


Ce soir, je suivais à 110 kilomètres à l’heure une longue file de voitures, veillant un éventuel flash de radar pour l’un de mes prédécesseurs afin de rapidement me mettre en règle avec les panneaux de limitation à 50 kilomètres à l’heure, répétés tous les 500 mètres et assortis d’un avertissement "Contrôle électronique de la vitesse". Les panneaux de signalisation et les menaces de contrôle n’émeuvent personne.


Pas plus les bus publics que les véhicules particuliers ne respectent les panneaux de stop. On franchit ces carrefours sans marquer le moindre ralentissement et sans tenir compte de qui arrive. C’est au culot. Freine au dernier moment celui qui s’est laissé impressionner. Ce que je dis du stop est également vrai de l’insertion sur l’autoroute en venant d’une bretelle.


Les routes sont pour la plupart dans un état pitoyable, les lignes blanches sont souvent effacées, même sur les "SS" Strade Statali (routes nationales). Mais peu importe : que la ligne soit discontinue, continue, ou même double, qu’il y ait des panneaux d’interdiction ou non, on dépasse si on a envie de dépasser. Si une voiture débouche inopinément en sens inverse, on se rabat sous vos roues sans vergogne, c’est à vous de vous adapter.


Ce soir encore, une voiture me suivait depuis près d’un kilomètre sur une route étroite, et ne pouvait me doubler parce qu’en face le flot était indiscontinu. Arrivé à un rond-point, je le contourne par la droite, comme on le fait si l’on n’est pas britannique, mais la voiture qui me suivait, excédée de ne rouler qu’à la vitesse réglementaire de 90 kilomètres à l’heure, a contourné le rond-point par la gauche avec un grand coup d’accélérateur, pour se retrouver devant moi au débouché dans la voie en face.


Je n’exagère rien. C’est la jungle. Et quand on laisse s’insérer quelqu’un avec un geste et un sourire, le conducteur s’insère sans un regard et sans le moindre remerciement. Et puis tous ces gens laissent leur voiture le long du trottoir ou au garage, et instantanément redeviennent non seulement des gens civilisés mais les plus charmants du monde. Il faudrait ne jamais conduire en Italie, et ce serait le pays idyllique. Quoique... Quoique... Quand on n'est pas automobiliste on est piéton, à la merci des voitures. Il faut un vrai courage ou une bonne dose d'inconscience pour s'élancer à la traversée d'une rue.

Je ne voudrais pas que cet article laisse penser que je mésestime ce peuple. Au contraire. J’aime beaucoup les Italiens (les Italiennes). Le peuple, pas les conducteurs.

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Published by Thierry Jamard
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