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26 novembre 2009 4 26 /11 /novembre /2009 22:40

 

 

 



 

 

Le programme d’aujourd’hui nous amène sur le Capitole. Que je le précise tout de suite, nous n’y avons pas vu d’oies, nous n’y avons pas entendu le moindre cacardement, l’arrivée du Gaulois que je suis (même si je n’en ai pas l’air) n’étant pas signalée aux Romains. J’ai eu plus de chance que Brennus, quoique pour mon ego l’anonymat ne soit pas la panacée. Bref, passons.

 

Ci-dessus, je donne quatre vues de la Place du Capitole (Piazza del Campidoglio). Sur la première on voit de face le Palazzo dei Conservatori, alors que dans mon dos une façade identique cache le Palazzo Nuovo, ces deux bâtiments reliés en souterrain présentant –dans ce qui s’appelle de façon originale et inattendue "Musées du Capitole"– des collections intéressantes ; sur la seconde, on voit la même chose… depuis la terrasse du Vittoriano, un énorme bâtiment dédié à Victor Emmanuel II, le premier roi d’Italie, dans lequel prennent place musées et services municipaux ; et la troisième est prise le soir, avant de rentrer au camping-car, mais cette fois-ci on a à droite le Palazzo dei Conservatori, à gauche le Palazzo Nuovo et en face, derrière une statue de Marc-Aurèle (copie, dont l’original est au musée, à quelques pas de là), le Palazzo Senatorio. Quant à l’esquisse que représente la quatrième, elle a été réalisé par Goethe le 17 août 1787. Heureusement que je suis en retard dans mon blog et que je peux ajouter en dernière minute une photo prise le 27 novembre dans la maison où il a vécu… Je parlerai de ce musée dans l’article du 27.

 

La photo de gauche, elle, ne présente strictement aucun intérêt graphique, j’en conviens, mais sur le plan historique elle est marquante : en effet, c’est la fameuse roche Tarpéienne d’où les traîtres à la patrie de l’ancienne Rome étaient précipités dans le vide et, comme le Capitole est une colline passablement escarpée, la peine capitale était exécutée à coup sûr. Aujourd’hui, de façon moins brutale, elle permet une belle vue sur Rome. À côté sur la piazza, et en bas, même en ce mois de novembre, les touristes grouillent, mais ici nous n’avons croisé qu’un homme d’affaires italien sa mallette à la main, et une brave dame avec un sac à provisions chargé.

 

 

 

Le dos du Vittoriano est constitué par un gigantesque monument intitulé Autel de la Patrie, où est honoré le soldat inconnu. C’est si grandiose, si mussolinien, que je préfère ne pas le représenter. En revanche, j’aime bien, au pied du Capitole du côté de la roche Tarpéienne, le théâtre de Marcellus. De façon curieuse, la base romaine a été conservée sur deux niveaux, et une construction du seizième siècle est venue ajouter deux étages pour en faire un palais. Cet immense théâtre de quinze mille places a été commencé par César et achevé par Auguste à la fin du premier siècle avant Jésus-Christ. Stendhal, paraît-il, l’aimait beaucoup. Moi aussi. Que honneur pour moi. Il a écrit plusieurs livres sur ses voyages en Italie, il faudrait quand même que je les lise.

 

 

Ne suivant aucun ordre logique, mais plutôt la séquence chronologique de notre promenade, j’en viens à une petite exposition photographique dont l’affiche nous a attiré l’œil : "Nudo per Stalin", ou le rôle du corps au temps du stalinisme. C’était à la fois l’apologie du sport, le corps glorifié, mais collectivement (on voit d’immenses foules de jeunes, en rangées et colonnes impeccables, effectuant les mêmes mouvements avec en ensemble parfait), et l’interdiction du nu en tant que tel, expression esthétique individuelle, qui faisait risquer très gros au photographe, mais dont bien des photos figuraient dans cette exposition. Ici, le titre dit "Parade sportive à Kiev, 1935". Jolies barboteuses.

 

 

 

Après cette exposition, nos pas nous ont ramenés vers la Via dei Fori Imperiali, et là nous nous sommes arrêtés un moment près de la colonne Trajane. L’empereur Trajan (le deuxième après les 12 César, au début du deuxième siècle de notre ère) avait voulu une colonne racontant par le menu et par ordre chronologique, en une gigantesque spirale de 200 mètres de long enroulée sur un fût de 38 mètres de haut, ses exploits guerriers. Et il souhaitait être enterré en-dessous. Son vœu a été exaucé, mais sans qu’il la voie terminée, parce qu’il est mort lors d’une campagne loin de Rome. À propos de son successeur Hadrien, j’ai eu l’occasion de dire que son architecte, Apollodore de Damas, celui qui a construit cette colonne, avait eu l’impudence de se moquer des goûts architecturaux du nouvel empereur, ce qui lui avait coûté la vie. On voit ici la colonne, ainsi qu’un gros plan sur un détail d’une scène.

 

 

Nous sommes remontés sur la colline du Capitole et avons jeté un coup d’œil sur l’église Santa Maria in Aracœli, très simple d’extérieur mais immense et magnifique à l’intérieur. Je me contente de cette photo de la nef, j’ai précédemment montré suffisamment de fresques et autres peintures (ici, il y a entre autres merveilles un tableau de Pintoricchio).

 

 
Les musées du Capitole fermant à 20 heures, nous avons choisi d’effectuer d’abord toutes ces promenades au jour et au soleil, pour nous y rendre quand il faisait sombre et plus froid. Ces musées sont d’abord des palais richement décorés. Je commence donc par cette peinture qui représente l’enlèvement des Sabines et qui décore un mur du palais. Ces Romains étaient de charmantes gens : ces soldats n’étant que des hommes, ils sont allés se servir en femmes chez leurs voisins les Sabins.

 

 

Comment n’aurais-je pas été ému en voyant l’original de la Louve du Capitole, que la Rome antique, suivie en cela par l’Italie de la Renaissance et par l’Italie moderne, a reproduite un peu partout, et que nos livres montrent en photo à profusion ? Eh bien c’est elle, elle est là, sous mes yeux.

 

 

 

Nous avons vu, bien sûr, l’original monumental de la statue de Marc-Aurèle dont la copie trône au centre de la Piazza del Campidoglio, mais aussi une multitude d’autres œuvres de l’Antiquité parmi lesquelles j’ai aimé particulièrement cette Aphrodite dite "de style pudique" en raison de son geste, et cette Amazone, marbre grec antique copiant un original en bronze de 440-430 avant Jésus-Christ.

 

Et voilà. Quand on nous a mis à la porte, nous sommes retournés faire un petit tour de photos de nuit, et avons regagné la gare, d’où le train nous a ramenés à Tivoli et au parking où nous attendait le camping-car.

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Published by Thierry Jamard
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