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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 23:15

Il semble que deux églises à Rome situées à proximité de Sainte Maria Majeure, qui ne font pas partie des habituels circuits touristiques, méritent la visite si j’en crois quelques informations glanées ici ou là. Santa Pudenziana (Sainte Pudentienne) n’a obtenu aucune étoile globale de la part de mon Guide Vert Michelin, juste une petite étoile partielle malgré "la disparition de plusieurs figures de la belle mosaïque* qui remonte à la fin du quatrième siècle". Quant à Santa Prassede (Sainte Praxède), elle a une étoile globale et une autre partielle pour la mosaïque du chœur, elle aussi. Allons voir ça de plus près.

 

404a Rome, Santa Pudentiana

 

Nous commençons par Santa Pudenziana. Il est vrai que cette façade ne mérite pas à elle seule le voyage de Rome, même si elle n’est pas inintéressante.

 

404b Rome, Santa Pudentiana

 

Ses colonnes aux très fines torsades, ses sculptures délicates, sa fresque hélas très effacée, méritent d’être vues. Ces éléments datent du douzième siècle, à une époque où un peu partout on construisait sur les façades des églises de Rome des porches à portique.

 

404c Rome, Santa Pudentiana

 

En faisant le tour des rues, on arrive à la parallèle, qui présente cet aspect tout à fait ancien et qui permet d’être convaincu lorsque l’on lit que c’est l’une des plus anciennes églises de Rome. Elle a son origine au quatrième siècle. De là, on aperçoit le clocher qui, comme le portail de façade, est du douzième siècle. Mais lui, il ressemble comme un frère à tous les autres nombreux clochers de cette époque, ce qui ne l’empêche pas d’être léger et beau.

 

404d Rome, Santa Pudentiana

 

Revenons sur la façade principale pour pénétrer dans l’église. On y accède par une petite pièce où une religieuse est assise derrière une table, occupée à lire. Ce doit être intéressant, parce qu’elle ne répond pas à mon bonjour. Sans doute mon accent est-il mauvais, elle a peut-être cru à un juron. Aujourd’hui, il fait un peu froid et il a plu, par égard pour elle je repousse la porte derrière moi. D’un geste énervé assorti d’un grognement, elle me signifie que la porte doit rester ouverte. Soit. Mais je ne peux m’empêcher de penser que si les religieuses se donnent comme épouses (mystiques) au Christ, le pauvre, avec elle il est bien mal tombé et doit être malheureux en ménage. Mais moi, si je continue avec mes médisances, je vais aller griller en enfer où je risque fort, ô terrible châtiment, de me retrouver avec elle, alors vite je passe dans l’église pour photographier la nef.

 

404e1 Rome, Santa Pudentiana

 

404e2 Rome, Santa Pudentiana

 

404e3 Rome, Santa Pudentiana

 

La voici, cette splendide mosaïque. Je la trouve bien chiche cette seule petite étoile de mon guide. D’abord, c’est original et amusant, cette représentation des évangélistes par leurs attributs dotés d’ailes comme des anges. Sur ma photo, on en aperçoit deux. À gauche, c’est le lion de saint Marc, passablement anthropomorphe, qui fronce les sourcils et montre les dents avec un air furieux. À droite, c’est le bœuf de saint Luc, bien plus paisible, avec le regard doux d’une bonne vache qui rumine dans son pré. Autour de Jésus, les apôtres sont pleins de vie, ils ne sont pas debout et figés comme souvent, ils se tournent, parlent, font des gestes. Je ne suis pas capable de les identifier individuellement, je ne sais pas pourquoi deux d’entre eux reçoivent une couronne de laurier. Mais à coup sûr, sur la dernière photo, le plus jeune, avec ses cheveux longs et son air un peu féminin, c’est saint Jean. La femme qui, sur cette dernière photo, pose la couronne est sainte Pudentienne. Le style de cette représentation, l’une des plus anciennes mosaïques chrétiennes de Rome, n’est pas encore byzantin, il est très romain avec ce mouvement et ces couleurs vives.

 

404f Rome, Santa Pudentiana

 

Cette fresque est légendée. Ces messieurs sont, de gauche à droite, saint Paul, saint Pierre et saint Pudens. Je ne me souvenais pas que le troisième ait été canonisé, et donc ou bien sa sainteté est peut-être usurpée, ou bien ma mémoire est défaillante. Je cite saint Paul, la deuxième épître à Timothée, 4, 21 : "Hâte-toi de venir avant l'hiver. Eubule, Pudens, Linus, Claudia et tous les frères te saluent". Ce Pudens est un sénateur converti au christianisme, dont la maison était ici même (elle existe encore, dans les soubassements de cette église), et qui y reçut saint Pierre. Cela, c’est historique. Je vais dire un peu plus loin ce que fait ici ce sénateur, à part avoir reçu saint Pierre chez lui.

 

404g Rome, Santa Pudentiana

 

Natacha travaille sur les gens des pays d’Europe centrale et orientale à Rome. Et c’est fou le nombre de Polonais que l’on trouve ici. Non pas que l’on entende souvent parler polonais dans la rue, cela arrive mais il est beaucoup plus courant d’entendre parler russe. Non, c’est dans les églises que les tombes de Polonais plus ou moins illustres pullulent. Ce Vladimir Czacki a été fait cardinal par Léon XIII en 1882, il a été titulaire de l’église Santa Pudenziana et "il a excellemment géré la légation française dans des temps très difficiles". Lui mort en 1888, ces "temps très difficiles" ne peuvent être la séparation de l’Église et de l’État en France (1905) mais quand, en 1866, Napoléon III prend le parti de l’unité italienne cela crée un fossé entre lui et la papauté, suivie par l’immense majorité du clergé français. Je suppose que c’est à cette époque que se réfèrent ces mots.

 

404h Rome, Santa Pudentiana

 

Et ici, c’est un monument à une certaine Calixte, "fille de Wenceslas, de la très noble famille polonaise Rzewuska". En effet, ce Wenceslas Rzewuski fut grand hetman de Pologne au dix-huitième siècle. C’est de cette famille, dont une branche était installée dans ce qui est aujourd’hui l’Ukraine mais qui appartenait alors à la Pologne, qu’est issue Évelyne Rzewuska, épouse du comte Hanski, adulée par Balzac qui fit deux fois le voyage d’Ukraine, et finit par l’épouser en 1850, neuf ans après être devenue veuve. Mais lui-même mourut l'année même de son mariage, six mois plus tard. Le 4 janvier, j’avais montré dans mon blog la maison où avait vécu à Rome le frère d’Évelyne Hanska.

 

404i Rome, Santa Pudentiana

 

Désolé, ici encore j’ignore ce que je montre. Cet homme, quoiqu’habillé en blanc et non en violet ou en rouge, est un évêque ou un cardinal, parce que près de lui il a posé sa mitre, et que cet angelot obèse lui tient sa crosse. Si je montre cette photo, c’est pour cet angelot. Si gros, si laid, avec une tignasse si noire, avec un regard et un maintien si sérieux devant ses petites ailes cotonneuses, je le trouve irrésistible.

 

404j Rome, Santa Pudentiana

 

En revanche, dans une chapelle voisine, pas drôle du tout mais émouvante de beauté, cette Madone est hélas complètement dans l’ombre. Ce n’est que grâce au flash (autorisé) que l’on peut la découvrir, après coup, sur la photo. S’il vous plaît, mettez comme dans bien d’autres églises, un monnayeur qui permette, pour 50 centimes, d’allumer un projecteur pendant une minute. Hélas, je ne vois que peu de touristes venir ici, et il faudrait peut-être vingt ans pour rentabiliser l’appareil. Sans compter que, là où il y a des monnayeurs, tout est longtemps obscur, et quand nous arrivons et mettons notre obole, la foule se précipite, les appareils photo crépitent, et quand cela s’éteint tout le monde repart, sans bourse délier. Il n’empêche, quel dommage que l’on ne puisse pas admirer à loisir ce splendide tableau de la Vierge. Je focalise ici sur son visage fascinant.

 

404k Rome, Santa Pudentiana

 

Dans une autre chapelle, cet ange. Là, non seulement c’est aussi obscur qu’à côté, mais de plus une horrible tête, en plâtre ou en je ne sais quoi, est enfermée dans une boîte qui cache en grande partie le tableau. Or je trouve admirable la façon dont le peintre a rendu ces grandes ailes blanches, admirables aussi la carnation de l’ange, son visage, son geste. Par conséquent je cadre sur cette partie apparente du tableau.

 

404L1 Rome, Santa Pudentiana

 

C’est avant de ressortir de l’église, près de la porte qui donne sur l’aimable religieuse de ce que je n’ose pas qualifier du nom d’accueil, que se trouve ce grand tableau représentant la sainte éponyme de l’église. Nous avons vu, tout à l’heure, le sénateur Pudens. Il a deux filles, dont l’une porte le nom de Pudentienne, bien sûr, comme c’est l’usage chez les Romains, et l’autre s’appelle Praxède. Ce sont ces deux sœurs que l’on voit ici. J’aurais voulu demander laquelle, à droite ou à gauche, est Pudentienne, l’autre étant la patronne de la basilique que nous allons visiter à la suite, à quelques centaines de mètres. Mais devant l’air toujours aussi rébarbatif de la personne, je ravale ma question. Ce que je sais, c’est que Pudentienne est morte avant Praxède, très jeune et je crois –je crois seulement– qu’elle n’avait que seize ans.

 

Je dirai seulement que ces deux sœurs ne sont pas des martyres. Elles n’ont pas été prises, sommées de sacrifier aux dieux païens, torturées, mises à mort. La sainteté, elles l’ont acquise, d’une part en prenant quand même courageusement le risque de subir le martyre, d’autre part en se dédiant à ensevelir les martyrs. Leur père a reçu saint Pierre, c’était donc le premier siècle, elles ont vécu là au second siècle. Cela donne l’âge de la maison primitive. Après elles, des thermes se sont installés sur les fondations de la villa, et au quatrième siècle une première église a été ouverte dans l’enceinte des thermes.

 

404L2 Rome, Santa Pudentiana

 

Devant celle de la droite, des cadavres sont entassés, qu’elle lave. Sur le gros plan, on voit derrière elle un corps dont la tête n’a pas été complètement détachée, mais dont la colonne vertébrale a été tranchée.

 

404L3 Rome, Santa Pudentiana

 

Celle qui est sur la gauche du tableau tient dans ses mains une tête d’homme, qu’elle lave dans un puits ou dans une grande cuve de pierre. Ou encore, la coutume aurait été de recueillir dans un puits le sang des martyrs, et peut-être est-ce là son occupation. Ce que représente ce tableau est évidemment horrible, ces corps mutilés, torturés, accumulés sans sépulture après leur mort. Mais il y a d’une part la générosité de ces jeunes femmes (la générosité, c’est moral, cela ne se peint pas sur la toile, mais le spectateur peut compenser l’horreur montrée avec le sentiment éprouvé), et d’autre part il y a leur représentation même. Notamment la beauté des visages, la détermination de la première, qui paraît l’aînée (Praxède ?), et la douceur de la seconde.

 

405a Rome, monastère Sts Cyrille et Méthode

 

Il y a à peine 300 mètres entre Santa Pudenziana et Santa Prassede. En arrivant près de cette dernière église, nous longeons ce mur, qui est celui d’un monastère. L’église Santa Prassede fait directement suite sur la gauche à ce mur rouge.

 

405b Rome, monastère Sts Cyrille et Méthode

 

Si je parle de ce monastère, si je le montre, c’est à cause de ce que dit cette plaque apposée sur sa façade. "Dans ce monastère ont habité, dans les années 867-869, les saints Constantin, Cyrille et Méthode, apôtres des Slaves, créateurs de la liturgie et de l’écriture paléoslave". Hé oui, l’écriture cyrillique, l’alphabet qu’utilise Natacha, celui du russe, du biélorusse, de l’ukrainien, du bulgare, etc., avec des différences minimes d’une langue à l’autre (mais qui, à moi qui ne parle pas ces langues, me permettent au premier coup d’œil de dire si un texte est en russe ou en biélorusse). Ils ont donc vécu ici, dans ce bâtiment.

 

406a Rome, Santa Prassede

 

Et puis voilà la façade, parfaitement neutre et fondue dans la mur voisin, de Santa Prassede. Désolé, Monsieur, d’afficher votre ventre sur Internet, mais vous avez vu que je prenais ma photo, et au lieu de longer le mur hors champ, vous êtes venu sur le bord du trottoir juste en face de l’objectif. Je considère cela comme une concession de votre droit à l’image et je vous en remercie.

 

406b Rome, Santa Prassede

 

Ainsi, au premier coup d’œil, il semble qu’il n’y ait rien de très spécial à voir dans cette église et que nous en ressortirons bientôt. Erreur. Grave erreur. Sa richesse est exceptionnelle, comme nous allons le voir.

 

406c Rome, Santa Prassede

 

D’abord, il y a le sol. Ces dessins de marbre sont caractéristiques des Cosmates. Ici, ils se sont surpassés. Non seulement l’allée centrale de la nef est d’une remarquable finesse, mais autour, ce que je ne montre pas ici, le décor de chaque rectangle est différent du suivant.

 

406d1 Rome, Santa Prassede 

 

Puis il y a la mosaïque de l’abside. On reconnaît le pape Pascal Premier, que l’on voit souvent représenté, et qui offre son église. Quand sainte Pudentienne, morte à seize ans, a été enterrée sur la via Salaria, près de son père le sénateur Pudens, Praxède, toute seule, a hérité le terrain de son père, et a décidé de construire un édifice destiné à recevoir les chrétiens (en cachette, nous sommes au second siècle et cette religion est interdite. On a vu comment sa sœur et elle s’occupaient des martyrs). Appelons cela une église primitive, si l’on veut, associée à un refuge. Mais les sbires de l’empereur Antonin le Pieux (138-161, le successeur d’Hadrien), sur dénonciation ou comme fruit de leurs recherches appliquées, ont découvert et exécuté ces chrétiens, que Praxède ensevelira. Ces terres données par de riches propriétaires pour y bâtir des édifices destinés au culte étaient ce que l’on appelait des "titres". Mais c’est en 822 que Pascal I, trouvant un bâtiment en ruine et près de s’écrouler, a construit l’édifice actuel, et cette mosaïque date de ce neuvième siècle. De chaque côté du Christ, il y a trois personnages, et celui du centre est une femme. Ce sont les deux sœurs, et c’est Praxède que l’on voit ici auprès du pape et de saint Paul qui la présente à Jésus en lui passant un bras autour des épaules. Mais il est évident que cette représentation est symbolique, sept siècles séparant le constructeur de l’église de la sainte à laquelle elle est dédiée. De l’autre côté (que je ne montre pas ici), c’est sainte Pudentienne présentée par saint Pierre.

 

Encore un mot sur cette représentation. Dans la Rome antique, lorsque l’on offrait un présent à l’empereur ou que l’on en recevait un de lui, l’usage était de se couvrir les mains. C’est pourquoi, assimilant le Christ à l’empereur suprême, aussi bien Pascal I se cache les mains sous le pan de sa chasuble dorée pour offrir son église, que sainte Praxède, dans son riche habit byzantin, porte la couronne la récompensant pour ses actions, de ses mains recouvertes du voile blanc orné de gemmes, symbole de sa virginité.

 

406d2 Rome, Santa Prassede

 

Autour de l’abside, de chaque côté, douze personnages de blanc vêtus et dont la barbe est blanche également, représentent les vingt-quatre vieillards de l’Apocalypse. Eux aussi, portant des couronnes, se sont recouvert les mains du pan de leur manteau.

 

406d3 Rome, Santa Prassede

 

Et de chaque côté, encore au-dessus, deux anges accompagnent les symboles ailés de deux évangélistes. Sur ce côté droit, ce sont l’aigle de saint Jean (son évangile commence par la "lumière vraie" de Dieu, or l’aigle est censé être le seul animal capable de regarder en face la lumière du soleil) et le taureau de saint Luc (son évangile commence par le sacrifice du taureau de Zacharie). De l’autre côté, on trouve bien sûr saint Mathieu représenté par un homme (son évangile commence avec la généalogie humaine de Jésus), et Marc par un lion (dont l’évangile commence avec la prédication de Jean-Baptiste, "celui qui crie dans le désert" et le lion est l’animal typique de la vie dans le désert).

 

406e Rome, Santa Prassede

 

Tout autour de l’église, il y a de nombreux tableaux. Ici, je pense que l’interprétation ne fait pas de doute. Un homme est penché vers la joue de Jésus, c’est Judas qui, l’embrassant, le désigne aux soldats qui s’emparent de lui. Au sol, un homme armé d’un sabre brandit son arme au-dessus de la tête d’un autre homme, comme dit l’évangile "un de ceux qui étaient avec Jésus étendit la main, et tira son épée ; il frappa le serviteur du grand prêtre, et lui coupa l'oreille" (Matthieu, 26, 51).

 

406f Rome, Santa Prassede

 

On peut descendre sous l’autel dans une sorte de crypte où ont été rassemblées les reliques de nombreux martyrs. Notamment celles du sénateur Pudens et de sa fille Pudentienne enterrée près de lui, comme on l’a vu, dans la catacombe de Priscilla, via Salaria, et celles de son autre fille Praxède, également enterrée avec lui. On peut apercevoir au fond une fresque très abîmée.

 

406g Rome, Santa Prassede

 

La voici. Il est dommage qu’elle soit si écaillée, que les couleurs en soient si passées, parce que le dessin en est très beau.

 

406h Rome, Santa Prassede

 

Nous remontons. Sur le côté droit, il y a une splendide chapelle, celle de saint Zénon. La richesse des ors qui la recouvrent, les peintures, les mosaïques, tout est magnifique. Sur le plafond, on peut voir un Christ de représentation typiquement byzantine dans un médaillon porté à bout de bras par quatre anges en position très rigide. Cette photo permet, je crois, de se faire une idée de la magnificence de la décoration. Et puis, ici, au moins, avec une piécette, on peut illuminer la chapelle et l’apprécier pleinement. Sur la paroi, Pascal Premier a également fait représenter sa mère, Théodora Épiscopa, en compagnie de la Vierge, de Pudentienne et de Praxède.

 

406i Rome, Santa Prassede

 

Cette mosaïque est de style radicalement différent. Et je l’aime beaucoup moins. Au-dessus de la tête de la Vierge, dont l’auréole est nimbée d’étoiles, Dieu le Père et Jésus portent conjointement l’agneau que survole la colombe du Saint-Esprit. Elle-même, les pieds dans les fleurs, avec des anges qui apparaissent de part et d'autre de sa robe, est adorée par deux anges, par on peuple de religieuses à droite, de prêtres ou de moines à gauche.

 

406j Rome, Santa Prassede

 

Dans le chœur, sous la grande mosaïque de la voûte, on a pu apercevoir sur ma photo de la nef, derrière le baldaquin, une peinture dont voici un détail, sainte Praxède au pied de la croix, lavant un cadavre de martyr, les yeux au ciel. Derrière elle, on voit des hommes transportant les corps des suppliciés. J’aime cette évocation de la candeur, de la jeunesse, de la dévotion, de la générosité.

 

406k1 Rome, Santa Prassede, colonne flagellation Jésus

 

Nous finissons la visite de cette église devant un objet qui, s’il est authentique, est réellement impressionnant. C’est la colonne de la flagellation de Jésus. Pour le marquis de Sade, on s’en doute, ha ha ha, c’est un vulgaire morceau de marbre trouvé par terre dans le coin, ha ha ha. Mais, sous peine de passer pour sacrilège, aïe aïe aïe, il faut s’agenouiller et réciter un Notre Père devant "ce monument de la superstition chrétienne". Je lui laisse l’entière responsabilité de ce jugement. Les personnes préposées à la garde de la basilique, en tous cas, laissent les touristes, croyants ou pas, se promener, prendre leurs photos, et ne regardent personne d’un air choqué. Nous sommes au vingt-et-unième siècle, je veux bien croire que le regard ait changé.

 

406k2 Rome, Santa Prassede, colonne flagellation Jésus

 

406k3 Rome, Santa Prassede, colonne flagellation Jésus

 

Comme on peut s’en douter, dans une basilique qui recèle une telle relique, on trouve des représentations de la scène de la Flagellation, où les artistes ont reproduit cette colonne telle qu’ils pouvaient la voir de leurs yeux.

 

Et ce n’est pas tout. Cette basilique est recouverte de fresques, diverses chapelles latérales offrent des splendeurs, on peut voir aussi (mais c’est peu spectaculaire en photo) la planche sur laquelle saint Charles Borromée donnait à manger aux pauvres, une espèce de Resto du Cœur de l’époque. J’ai pris des masses de photos, mais il faut que je sois raisonnable, je limite mes publications. J’arrête donc ici. Mais je pense que Santa Prassede est une visite à conseiller à qui passe à Rome assez de temps pour ne pas être contraint de se limiter aux grands classiques.

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Published by Thierry Jamard
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commentaires

Parousie 05/11/2013 15:47

Bel article. Merci. Amicalement. Patrick. http://parousie.over-blog.fr

Caroline Fréchette 03/05/2012 23:18

Merci pour les photos de Santa Prassede, je ne connaissais pas cette église. Les mosaïques sont formidables, les corps et les visages semblent davantage appartenir à la tradition romaine que
byzantine. Je pars pour Rome dans quelques semaines, et j'irai faire un tour! merci!

ANDRE 16/03/2010 23:14


merci pour ces photos et vos commentaires pertinants. je reviens d'un petit séjour à Rome où je suis tombée totalement par hasard sur cette basilique qui m'a beaucoup impressionnée, je manquais
d'explications, merci à vous de me les apporter...bonne continuation!


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