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10 mai 2010 1 10 /05 /mai /2010 14:36

Hier nous nous sommes rendus à Montecavallo, aux écuries du Quirinal où a lieu l’exposition temporaire Caravaggio. La queue sur le trottoir a représenté une attente somme toute raisonnable d’un peu moins d’une heure avant d’accéder aux caisses. Quelles merveilles nous avons vues ! Mais de façon égoïste, sans pouvoir en faire profiter d’autres par photo interposée, comme on pouvait s’y attendre. Passons donc à la suite.

 

478a Rome, San Vitale

 

Aujourd’hui, au programme nous avons le Palais des Expositions, sur la via Nazionale. Mais juste à côté, profond sous l’avenue –ce qui témoigne de la nette surélévation du niveau du sol au cours des siècles– il y a l’église San Vitale.

 

478b Rome, San Vitale

 

Je ne dispose d’aucune documentation à son sujet mais rien qu’à voir son niveau d’enfoncement et le style de son portique, on se rend compte que c’est un très veux bâtiment, que ses dimensions modestes ou je ne sais quelle autre raison ont protégée de lourdes modifications.

 

478c Rome, San Vitale

 

Malgré des travaux qui cachent les fresques du mur de droite, on se rend bien compte de l’aspect général de l’église avec sa nef unique, ses fresques recouvrant murs et abside, son plafond à caissons.

 

478d Rome, San Vitale

 

La fresque de la voûte de l’abside représente un épisode de la Passion, Jésus tombe sur le chemin du calvaire. Un homme a posé sa main sur Jésus, et visiblement c’est pour lui intimer l’ordre de se relever, parce que de l’autre main il brandit une corde dont il va le frapper. Un autre homme prend la croix à deux mains, et on peut penser que ce n’est pas pour que Jésus se relève plus vite mais sans doute au contraire est-ce Simon de Cyrène qui va être requis pour l’aider jusqu’au Golgotha et va ainsi soulager sa peine. Je profite de cette occasion, puisque notre voyage nous a menés vers Avignon, pour évoquer la tradition qui veut que Simon, bien que requis par les Romains et non pas volontaire, ait été converti à l’enseignement de Jésus et que l’un de ses fils, Rufus, se soit fait missionnaire et se soit rendu en Avignon où il aurait été à l’origine d’une première communauté de chrétiens et serait le saint Ruf que l’on honore là-bas.

 

478e Rome, San Vitale

 

478f Rome, San Vitale

 

Sur le mur de gauche, on peut voir des fresques représentant le martyre de saint Vital. Sur l’une, il est supplicié dans une machine de torture qui l’étire jusqu’à disjoindre toutes ses articulations, et sur l’autre, il est enterré vif par lapidation. Il semble même que ce soit une femme, la personne qui brandit au-dessus de sa tête une grosse pierre pour la jeter sur le saint. Sur ces deux fresques, la scène est survolée par un ange qui porte la palme du martyre attribuée au supplicié.

 

478g Rome, San Vitale

 

478h Rome, San Vitale

 

Il y a aussi, sous le porche et à l’intérieur, des sculptures modernes, mais qui ne sont pas intégrées à la décoration de l’église, un peu comme s’il s’agissait d’une exposition temporaire (on en aperçoit une, sur ma photo de la nef, à droite devant les bâches de travaux). Là encore, aucune explication n’est donnée. Les deux détails ci-dessus appartiennent à un même groupe, qui représente la chevauchée de la Mort en compagnie de trois autres cavaliers, une femme et deux hommes. Sous les sabots de son cheval, un petit être ailé qui semble être un démon tente de s’enfuir en volant au ras du sol. C’est carrément macabre, mais j’aime bien la ligne de l’œuvre.

 

478i Rome, San Vitale

 

Ailleurs, c’est cette femme dont le style n’a rien à voir avec la sculpture de la Mort. La facture en est beaucoup plus classique, comme un pastiche d’une sculpture du quinzième siècle, à la nudité près. Peut-être s’agit-il d’Ève… dont elle porte le costume. Mais elle porte aussi une longue chevelure, comme Marie-Madeleine, qui est très souvent représentée et honorée à Rome. Je pencherais plutôt pour la première interprétation, mais si la seconde est la bonne, sa nudité est alors censée représenter la pécheresse, les tableaux de Marie-Madeleine repentante étant suffisamment nombreux.

 

Nous nous sommes donc rendus ensuite au Palais des Expositions pour voir les œuvres du peintre italien De Chirico. L’autre jour, Natacha était tiède face aux tableaux de Hopper, alors que moi j’aimais beaucoup. Ici, au contraire, c’est moi qui suis resté complètement froid face à une peinture que je ne comprends pas et dont le graphisme ne provoque en moi aucune émotion, alors que Natacha n’était pas loin de la pâmoison. Mais à l’étage, il y avait une exposition du photographe italien Mimmo Jodice que je connaissais, bien sûr, par le magazine Photo, mais dont je n’avais jamais (je crois) vu d’œuvres en grand format, et puis voir de nombreuses photographies regroupées permet de mieux pénétrer les techniques et le point de vue de l’artiste. Un très grand artiste. Mais bien sûr, pour De Chirico comme pour Jodice, je serai aussi égoïste que pour Le Caravage hier parce que, comme hier, la photo était interdite. Et ici je le comprends mieux, à cause des droits d’auteur, l’un étant mort il y a trop peu de temps pour qu’il soit tombé dans le domaine public, l’autre étant encore vivant, et pour de nombreuses années encore j’espère.

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Published by Thierry Jamard
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