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2 décembre 2009 3 02 /12 /décembre /2009 00:55

Sachant que nous pouvons très probablement nous garer sans problèmes près de la gare Termini, là où nous avions laissé le camping-car dimanche dernier pour aller aux Thermes de Dioclétien, nous retournons au même endroit et retrouvons exactement la même place le long du trottoir. Notre but est l’église Santa Maria Maggiore. 

 

 

Mais en face de l’église, nous nous trouvons devant à une manifestation. Évidemment, nous sommes assez badauds pour nous approcher et voir de quoi il s’agit. C’est une manifestation pour les droits des femmes. Certains panneaux ou calicots portent, avec des termes vengeurs, des noms que nous ne connaissons pas, peut-être concernent-ils des hommes politiques réactionnaires, ou bien des coupables de viols ou autres violences envers des femmes qui n’ont pas été châtiés ou pas assez sévèrement. Ici, on voit un panneau disant "Libre de circuler de jour et de nuit", et un autre "Quand une femme dit non, c’est non".

 

 

Et puis, toujours dans le cadre des droits des femmes, d’autres militent pour le droit à l’homosexualité. Sur ce calicot, il est dit "Coordination lesbiennes romaines" et pour les deux O ce sont deux symboles féminins qui ont été entrecroisés. Il y a aussi dans le cortège quelques hommes. L’un d’entre eux, en marge du cortège, colle sur les murs des petits papiers appelant à s’unir aux femmes. Un autre distribue un prospectus aux hommes qui, sur le trottoir, regardent. Il m’en donne un. Il y est dit que nous sommes tous concernés par les violences faites aux femmes, même si nous-mêmes ne les pratiquons pas, il faut les démasquer quand nous en avons connaissance, il faut prendre le parti des femmes.

 

 

 

Lorsque nous allons vers la basilique Santa Maria Maggiore, il est possible de profiter de ce que la circulation est coupée dans la rue pour se planter en plein milieu et prendre ses photos de l’église, mais sur la place la circulation reste intense. Elle est encadrée par deux palais, celui de droite date de 1605, et pour respecter l’unité celui de gauche, pourtant construit bien après, de 1721 à 1743, a repris le même dessin de façade.

 

L’église d’origine est un très vieil édifice du cinquième siècle qui remplace une église primitive dont la légende raconte que le pape Libère et Giovanni Patricio eurent simultanément le même songe. La Vierge leur apparut et leur demanda de construire en son honneur un sanctuaire là où le lendemain la neige tomberait. Or c’était l’été. Mais le lendemain, 5 août 356, la neige tomba sur l’Esquilin. Patricio dessina le plan de l’église, le pape finança la construction. Mais au cours des siècles l’édifice a été sans cesse agrandi et remanié. La façade date de 1743-1750, alors que le campanile date de 1377. Il n’empêche que la structure de base a près de 1600 ans.
 

 

 

Tout le long de la nef centrale, et sur le plafond de l’abside, les mosaïques sont d’origine. Avec leurs allures byzantines, elles datent du cinquième siècle. Incroyable et magnifique. Ma photo ci-dessus montre le motif central de l’abside, qui a été transformé au treizième siècle quand l’abside a été reconstruite. À l’origine, il n’y avait que des feuillages, des oiseaux, des rinceaux. Les personnages ont été ajoutés par Jacopo Torriti. Il s’agit visiblement du Couronnement de la Vierge. La photo ci-contre prise de la nef permet de voir le chœur et les mosaïques. On aperçoit, sur l’abside, le motif circulaire que je présente en plus gros plan ci-dessus.

 

En-dessous, un gros plan sur les anges qui se trouvent sous le cercle du Couronnement. Il est très difficile de les distinguer sur la photo ci-contre, que j’ai dû réduire en "poids" dans le cadre de ce blog, et même sur la photo originale. Tout cela ne s’éclaire qu’en mettant une pièce dans une machine qui se trouve tout dans le bas de l’église et l’illumination ne dure que deux minutes. Alors si l’on veut tout observer et admirer, non seulement cela coûte une (petite) fortune, mais de plus on ne cesse de courir de l’abside à l’entrée et de l’entrée à l’abside. Sauf si un autre amateur a mis une pièce.

 

 

 

 

Sur cette même photo prise de la nef, on aperçoit une sorte de crypte qui ne serait qu’à demi enterrée. Le terme de "crypte", qui signifie "caché" en grec, est donc totalement impropre. Pardon de l’avoir employé. C’est le Baldaquin avec ses colonnes de porphyre décorées de bronze qui, lui, date du dix-neuvième siècle et protège la prière dans cette chapelle semi-enterrée. D’en haut, par la balustrade, on voit de dos le pape Pie IX en prière devant une urne en argent qui contiendrait des fragments du berceau du Christ. Seul problème, je croyais que Jésus était né dans une étable, et que la mangeoire de l’âne et du bœuf lui avait servi de berceau. Ah, d’accord, ça doit être des fragments de la mangeoire… J’ajoute un gros plan sur le visage du pape en prière.

 

Natacha et moi étions en bas en contemplation quand un homme, d’un geste autoritaire, a fait signe aux quelques personnes qui se trouvaient là de remonter. Puis sans un mot d’explication il a fixé un cordon de velours sur des supports pour empêcher d’approcher du chœur. Pourquoi ? Ce n’était pas l’heure de fermeture de l’église. C’est désagréable et irritant, ce genre de chose.

 

 

Pour retourner au camping-car, nous avons traversé le hall de la gare Termini. Sachant que les trains italiens ne respectent pas les horaires, je me suis planté devant celui qui devait partir le premier, un train pour Naples prévu à 18h15. Sur ma photo on voit l’horaire prévu, et on voit aussi sur le même panneau indicateur, en plus petit, une montre qui indique qu’il est déjà 18h20. Sur le quai, une autre horloge indique la même heure. À la portière, le contrôleur discute calmement. Sur le quai, un voyageur va tranquillement chercher une voiture plus en tête. En réalité, le train est parti à 18h23. Plus loin, nous n’avons pas attendu le départ d’un train prévu pour 18h20 et qui, à 25, était toujours à quai. Comment arriveraient-ils à l’heure s’ils ne partent pas à temps ? Avec le lièvre et la tortue, La Fontaine est français.

 

Assez médit, je risque d’aller griller en enfer. Retour en banlieue pour la nuit.

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Published by Thierry Jamard
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