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2 décembre 2009 3 02 /12 /décembre /2009 00:23

 

Mercredi 25 novembre. Nous allons, aujourd’hui, consacrer notre journée à la Villa Borghese, ce grand parc public du nord de Rome où se trouvent aussi des musées, dont la Galerie Borghese qui présente en ce moment une exposition Caravage / Bacon.

 

Le métro nous dépose à Flaminio, et nous accédons au parc par les escaliers, sur le côté gauche de la piazza del Popolo. De l’esplanade Napoleone I on a une très belle vue sur Rome, parsemée de dômes. Moi qui croyais que Napoléon avait laissé de mauvais souvenirs aux Italiens, je ne manque pas d’être étonne de voir que cette belle esplanade du célèbre parc porte son nom. Et puis, plus loin, une pléiade de bustes parsèment les bords des allées, pratiquement que des noms italiens, dont je confesse avec honte (pas trop de honte quand même) que j’en ignore 90%, mais parmi eux figure celui de notre empereur national.

 

Intéressante, à défaut d’être belle, cette curieuse horloge hydraulique. La plaque dit : "Hydrochronomètre imaginé et construit en 1867 par le Père Dominicain Jean-Baptiste Embriaco". Elle n’ajoute pas que cette ingénieuse horloge a été présentée à l’exposition universelle de Paris.

 

 

Plus loin, un immense monument célèbre Goethe, qui a vécu un temps à Rome. Je ne montre pas sa statue, qui est comme toutes les statues de grands hommes, mais je préfère cibler sur l’un des trois groupes beaucoup plus originaux et intéressants qui ornent la base du monument. Vu les visages, je suppose qu’il s’agit du Docteur Faust et de Méphistophélès.

 

 

Longtemps, nous nous promenons à travers les allées. Près du petit temple de Diane, construit en 1789 (tiens, cette date me dit quelque chose… sans rapport avec Diane…) mais qui abritait autrefois en son centre une statue antique de la déesse chasseresse, nous nous asseyons pour reprendre des forces en mangeant les sandwiches préparés par Natacha avec le bon "prosciutto" italien. Reprenant notre marche, nous passons devant cette fontaine dite des Chevaux Marins. De curieux sabots, des nageoires en forme d’ailes, une queue de poisson, ces chevaux ne manquent pas d’allure.

 

Et puis nous arrivons à la Galerie Borghese. Photo interdite, et il est même interdit d’avoir sur soi un appareil photo, il doit être déposé à la consigne. La réservation de la visite est obligatoire, il y a une entrée toutes les deux heures, et l’on n’a pas le droit de rester plus de deux heures. Nous aurons notre entrée à 17h, la dernière de la journée. Et toutes ces exigences pour un prix non négligeable. Pour Natacha, c’est 13,50€. Pour moi, entrée gratuite vu mon âge, mais frais de réservation 7,00€. Dingue !

 

Évidemment, Bacon, c’est de la peinture moderne, les visages seraient curieux si on les croisait tels quels dans la rue, mais je trouve ces œuvres intéressantes, elles expriment quelque chose. Et le Caravage est aussi un grand peintre, cette exposition présente des tas de choses qui valent le coup d’œil, mais ce que je ne comprends pas, c’est le pourquoi du rapprochement entre ces deux peintres si différents, sans un mot d’explication pour le profane que je suis et que sont, j’en suis convaincu, un bon nombre des visiteurs. On se contente de nous dire que "l’accueil de Bacon et du Caravage côte à côte signifie tisser une toile de potentielles références esthétiques croisées". Me voilà renseigné.

 

Francis Bacon était obsédé par Velasquez et son portrait du pape Innocent X. Aussi en a-t-il fait une représentation selon sa propre vision, qui est fort intéressante. Puisque je n’ai pu la photographier, si l’on est intéressé on peut la trouver, je pense, sur Internet. Ce tableau de Velasquez est à Rome, dans une galerie privée, mais elle n’a pas été placée en regard de son interprétation par Francis Bacon. On nous invite seulement à aller la voir sur place, disant qu’une réduction sera offerte sur présentation du billet de la galerie Borghese…

 

Quant au Caravaggio, j’ai été très diversement impressionné par ses œuvres. Il y a une Vierge à l’Enfant qui marche sur le serpent, avec près d’elle une sainte Anne âgée, ridée, merveilleusement expressive. C’est la Madone des Palefreniers, ainsi appelée parce que, commandée par le pape pour la basilique Saint-Pierre elle n’y resta que deux jours et fut reléguée dans l’église Santa Maria dei Palefrenieri avant de rejoindre la collection du cardinal Borghese. En effet, on estimait que Dieu seul pouvait venir à bout du démon, et Marie a beau être la mère de Dieu, elle a beau être sainte, elle ne peut écraser le serpent.

 

Il y a une Judith en train de trancher la gorge d’Holopherne. Lui il est à la fois surpris, effrayé, les yeux exorbités, mais ce que j’ai trouvé remarquable, c’est l’expression de Judith. On sent à la fois l’effort physique pour trancher cette gorge, mais il y a surtout dans ses yeux et dans tout son visage un mélange d’effroi et de volonté. Quant à la vieille, dans son dos, c’est la haine qu’elle exprime. On voit qu’elle voudrait être à la place de Judith, qu’elle n’aurait ni peur, ni répulsion, ni hésitation. Sa main est vide, mais elle est prête à faire le geste par substitution.

 

Autre tableau admirable, une Adoration dont je ne sais plus le nom. D’habitude, après avoir pris mes photos, je photographie aussi l’écriteau donnant titre, date, etc. Mais sans photo, je n’ai que ma mémoire. Elle est ici défaillante. Mais je me rappelle fort bien que la Vierge et l’Enfant Jésus ne m’ont pas enthousiasmé, étant très conventionnels. En revanche, en traçant une diagonale de l’ange supérieur droit à l’angle inférieur gauche, ce qui est à la droite du tableau, un homme et une femme, expriment une admiration humble, on voit la plante du pied sale de l’homme agenouillé… J’arrête là, il faut voir le tableau.

 

Hors de cette exposition temporaire, il y a bien sûr la partie permanente. Je citerai seulement, en passant, quelques sculptures marquantes : une Pauline Bonaparte, par Canova, étendue mollement sur un lit de repos, le fameux David du Bernin, et puis j’ai adoré l’Enlèvement de Proserpine, également par le Bernin.

 

Mais puisqu’on nous a jetés dehors un peu avant 19h afin d’être sûr que tout serait fermé à l’heure, je préfère arrêter là.

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Published by Thierry Jamard
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