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5 novembre 2009 4 05 /11 /novembre /2009 15:15

 

 

Aujourd’hui, nous affrontons la peu accueillante ville de San Gimignano. De mon petit voyage ici avec Emmanuelle et Raphaël et 1998, j’en ai gardé un souvenir excellent, aussi je tiens à ce que Natacha voie cette ville aux 13 tours monumentales. Au Moyen-Âge, il y a eu jusqu’à 70 maisons-tours, mais dès la fin du seizième siècle il n’en restait plus que 25. Quelle est la justification de leur construction, cela reste obscur. Il semble qu’à l’époque de la lutte, au treizième siècle, entre les Guelfes partisans de la prééminence du pouvoir du pape sur le pouvoir séculier, soutenus par la maison de Bavière, et les Gibelins pour qui le pouvoir du pape se limitait au domaine spirituel, soutenus par la maison de Hohenzollern, les deux clans aient rivalisé pour avoir les tours les plus hautes, jusqu’à ce que la municipalité construise une tour aussi haute que la plus haute existante jusqu’alors et interdise de dépasser cet édifice public.

 

Une autre théorie repose sur l’une des sources de la richesse de San Gimignano, spécialisée dans une méthode de teinture des tissus en jaune avec le safran. Les pièces de tissu avaient d’autant plus de valeur qu’elles étaient longues, sans couture. Pour faire sécher de telles longueurs, faute d’espace horizontal, on les suspendait au haut de tours immenses et elles séchaient verticalement. Quoi qu’il en soit, l’effet est spectaculaire.

 

 

 

Le premier jour, nous nous baladons en ville, et puis quand le soir est tombé nous allons au Palazzo del Popolo, où est installée la pinacothèque, et qui possède lui-même une tour à laquelle on peut monter avec le billet d’entrée au musée. Nous nous acquittons donc du prix du billet et entrons. Le bâtiment lui-même ne manque pas d’intérêt, mais en outre il comporte de belles pièces que je me retiens d’évoquer pour éviter l’inflation des superlatifs, de peur de donner au Gouvernement l’envie de les taxer et pour ne pas non plus multiplier les photos. D’autant plus qu’il est interdit de photographier à l’intérieur. Qu’il soit bien entendu que les images que je montre ici ne sont que des dessins réalisés à main levée sur une tablette graphique, puisque je ne saurais avoir enfreint les règlements. La joute de chevaliers de la fresque ci-dessus est située dans la première salle, pour une mise en bouche de qualité.

 

 

 

 

Mais l’une des choses qui a le plus retenu mon attention est une salle revêtue de fresques représentant la vie d’un couple. Parmi les scènes les plus savoureuses figure ce bain que les époux prennent en commun, et sur le côté gauche on voit la servante qui a préparé le bain, en train d’accueillir une visiteuse. Et l’autre scène représente le moment où ils vont au lit. Le lit ressemble à n’importe quel lit que l’on peut voir aujourd’hui, la femme est déjà endormie, et la servante –la même que sur l’autre image, on reconnaît sa robe bicolore, la moitié gauche rouge et la moitié droite noire– invite du geste le mari à la rejoindre. Mari et femme gardent sur la tête ce bonnet qu’ils portaient déjà dans leur tub. Je trouve ces scènes à la fois touchantes d’humanité, saisissantes de réalisme, esthétiquement jolies et amusantes dans leur modernité.

 

Dans le bâtiment du palais du Peuple prend l’escalier qui permet de monter jusqu’au sommet de la tour. Tout en haut, sur la terrasse, pour passer d’un côté à l’autre, il faut courber l’échine en-dessous de l’énorme cloche de bronze suspendue là. D’un côté comme de l’autre, la vue est splendide et très intéressante à la fois sur la ville et sur les environs. Comme je l’ai dit, nous nous sommes rendus dans ce musée-tour lorsqu’il a fait noir, et par conséquent la vue au loin est plus que limitée, mais elle n’en est peut-être que plus surprenante sur la ville à nos pieds. Ci-contre, l’animation sur l’une des grandes places de San Gimignano, et deux autres des hautes tours.

 

À un Euro l’heure sans équipements particuliers, notre camping manque de charme pour la nuit. Nous parcourons quelques kilomètres, et trouvons une zone industrielle accueillante, où nous nous installons.

 
 


Le lendemain lundi, nous retournons à San Gimignano parce que nous n’avons pas visité la Collegiata di Santa Maria Assunta ni l’église Sant’Agostino. Dans la première, les murs sont couverts de fresques et notamment, dans le bas-côté gauche, des scènes de l’Ancien Testament. L’auteur n’est pas des plus célèbres, c’est Bartolo di Fredi, mais de toutes les fresques que j’ai vues jusqu’alors ce sont celles qui m’ont le plus touché, par leur naïveté, la pureté de leur graphisme, par leur humour aussi (à moins que ce ne soit encore que de la naïveté), mais quoique l’entrée soit payante il y a des gardes en kalachnikov (ou peu s’en faut) pour empêcher de prendre des photos. La seconde église, en entrée libre, est décorée de fresques célèbres racontant la vie de saint Augustin. Ces fresques, je les connaissais en reproduction dans des livres, mais pas "en vrai". Je voudrais montrer trois détails d’une fresque célèbre, où le saint, enfant, est conduit à l’école par sa mère. J’y tiens d’abord parce que sa mère est sainte Monique, la patronne de Maman. Tout de blanc vêtue, calme, elle regarde son fils avec sollicitude. Par ailleurs, saint Augustin apparaît en enfant sage et raisonnable qui donne toutes les apparences du futur bon élève. À Natacha, il évoque irrésistiblement Jérôme, et après réflexion il est vrai qu’il a quelque chose de mon petit frère tel que je le revois à cet âge. Et puis je trouve savoureuse la représentation du mauvais garnement qui ne veut pas aller à l’école et que son père, ou son grand frère, amène sur son dos (ci-contre).

 
Suite à cette visite, nous partons plein nord, vers la petite ville de Certaldo, à une douzaine de kilomètres.

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Published by Thierry Jamard
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