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6 septembre 2010 1 06 /09 /septembre /2010 01:27

571a1 Palerme, palazzo Sclafani

 

 

571a2 Palerme, palazzo Sclafani

 

Allant assister aux célébrations (aujourd’hui profanes) de Santa Rosalia, la patronne de Palerme, nous passons devant le palazzo Sclafani, un vieux palais du début du quatorzième siècle (1330) à la belle façade arabo-normande. Sur les deux premiers niveaux, l’architecture est très austère, murs nus, fenêtres rectangulaires, rien qu’un portail ogival surmonté de l’aigle. Et puis au-dessus, une belle décoration, des fenêtres géminées avec une colonnette en pierre blanche sur la façade de pierre rouge et puis toutes sortes de jeux de couleurs et de formes. Au-dessus de chacune des fenêtres, l’œil-de-bœuf présente un dessin différent. Vendredi dernier, le 9 juillet, nous avons admiré, au musée du palazzo Abatellis, l’immense fresque du Triomphe de la Mort. C’est de ce palazzo Sclafani qu’elle provient.

 

571b Palerme, girouette de la cathédrale

 

Nous passons devant la cathédrale. Chaque fois, on découvre un détail nouveau. Cette fois-ci, c’est cette amusante girouette au sommet de sa tour d’angle.

 

571c1 Palerme, Santa Rosalia privée

 

571c2 Palerme, Santa Rosalia privée

 

Cette petite rue étroite n’a rien de privé même si, paraît-il, ses riverains sont tous plus ou moins apparentés. Mais ceux qui habitent là tiennent à vénérer tout particulièrement santa Rosalia, alors ils disposent ces tapis sur le sol plusieurs jours à l’avance, ces arbustes en pots, ces éclairages suspendus comme en placent chez nous les municipalités pour les fêtes de fin d’année, et tant pis s’ils condamnent la circulation des voitures et motocycles. Au bout, avant un autel dressé au milieu de la rue, les femmes se sont installées sur des chaises le long des murs pour discuter entre elles, pour surveiller les enfants, pour passer le temps hors de la fournaise de leurs maisons ou bien lorsqu’elles disposent de la climatisation, comme j’ai pu le constater en regardant les appareils fixés aux murs extérieurs, poussées par une tradition ancestrale de vie dans la rue.

 

571c3 Palerme, Santa Rosalia privée

 

Certaines portes de maisons sont ouvertes, on peut voir que la dévotion envahit aussi les intérieurs. Après un moment de réticence, la propriétaire de cet appartement a autorisé Natacha à faire ses photos. Du coup, j’en profite aussi pour en faire une.

 

571c4 Palerme, Santa Rosalia privée

 

571c5 Palerme, Santa Rosalia privée

 

Ce grand autel en l’honneur de la sainte est dressé au milieu de la rue. Car ce n’est pas une impasse, non, non, c’est bien une rue, aussi les riverains, en installant l’objet de leur dévotion, édifié au-dessus de mains, de jambes, d’un bébé offerts en ex-voto, ont-ils laissé sur la droite un étroit passage permettant aux personnes qui vivent dans la seconde partie de la rue de rejoindre leur logement, ou même au simple passant de ne pas avoir à faire un long détour pour poursuivre sa route. Ici, dans cette rue, nous sommes vraiment au cœur de la Sicile traditionnelle.

 

571d1 Palerme, préparation Santa Rosalia

 

571d2 Palerme, préparation Santa Rosalia

 

571e Palerme, préparation Santa Rosalia

 

Devant le palais des Normands, le défilé se prépare. Il n’y a pas de musiciens (c’est pourquoi je n’en montre pas !), mais la musique sort à plein volume de haut-parleurs installés sur les charrettes. Ici au jour, en attendant le défilé à la nuit, on peut voir ces charrettes traditionnelles peintes de la campagne sicilienne. Ces charrettes sont authentiques, il en existe encore une quinzaine dans la région de Palerme, et pour ce genre de cérémonie il n’est pas question d’en construire de nouvelles, de fausses anciennes. En revanche, le décor peut parfois être renouvelé. Certaines portent la reproduction d’une photo d’ancêtre peinte à l’arrière. Quant au char, nous le connaissons déjà, nous, puisque, il y a trois jours, nous avons assisté à son élaboration, nous… Mais la statue de santa Rosalia n’y était pas encore.

 

571f1 Palerme, Santa Rosalia, cheval

 

571f2 Palerme, Santa Rosalia, cheval

 

Il est plus tard, vers 21 heures. La nuit est tombée. Le défilé est commencé. Les chevaux sont magnifiquement harnachés, et même de façon si foisonnante parfois qu’on se demande comment ils peuvent porter tout cela sur leur tête.

 

571g1 Palerme, Santa Rosalia, le défilé

 

571g2 Palerme, Santa Rosalia, le défilé

 

Et chaque charrette, conduite par un homme qui pour la circonstance a revêtu le costume de la campagne sicilienne de l’ancien temps, porte sur un trône une reine de beauté, une jeune sicilienne dans les habits d’apparat du dix-neuvième siècle, une digne représentante de sainte Rosalie. Les charrettes sont plus ou moins grandes, mais toutes ont une forme qui se ressemble, sauf cette dernière, qui est un char plat. Authentique elle aussi, cependant.

 

571h1 Palerme, Santa Rosalia

 

571h2 Palerme, Santa Rosalia

 

Elles sont belles, elles sont charmantes, elles sont élégantes, elles représentent la Sicile qui est plus qu’une province d’Italie, c’est leur pays et leur terre, il est impossible de ne pas les montrer en gros plan. Rien que pour le plaisir esthétique de les regarder, je les ai presque toutes photographiées. L’espace me manque, je n’en montre que deux. Les autres, je les garde jalousement pour moi. Sur l’épaule, sur la ceinture, dans la coiffure, toutes portent au moins une rose rouge, attribut de sainte Rosalie.

 

571i Palerme, Santa Rosalia, le défilé

 

Puis, pour fermer le cortège, passe le char qui porte l’effigie de la sainte, très applaudi sur tout son parcours. C’est une fête populaire qui attire tout Palerme.

 

571j1 Palerme, Santa Rosalia, feu d'artifice

 

571j2 Palerme, Santa Rosalia, feu d'artifice

 

La fête s’achève par un feu d’artifice. Il est tard, nous nous sommes attablés à la terrasse d’un bistrot sympathique pour manger un plat de pâtes. On peut manger des pâtes tous les jours, dans ce pays, elles sont chaque fois préparées de façon différente et succulente. La question n’est pas "au beurre, ou sauce bolognaise ?", la question couvre plusieurs pages du menu. Et si bon marché… La fête se terminant par un grand feu d’artifice, j’en profite pour enrichir mon vocabulaire. La serveuse me dit que c’est fuoco d’artificio. Bon, ce ne sera pas difficile à retenir. Demain, ce sera la célébration religieuse. Nous comptons bien aller voir la procession.

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Published by Thierry Jamard
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