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14 août 2010 6 14 /08 /août /2010 19:59

Aujourd’hui 5 juillet, nous avons visité la cathédrale de Palerme. Quatre souverains ayant régné sur la Sicile y sont enterrés, ce sont :

 

 a) Roger II, roi de Sicile, fils de Roger I de Sicile et neveu de Robert Guiscard

 b) Henri VI, fils de Frédéric Barberousse, empereur germanique et roi de Sicile

 c) Constance, fille de Roger II, femme de l’empereur germanique Henri VI qui remplacera la dynastie normande par la dynastie Souabe

 d) Frédéric II, fils des deux précédents, empereur germanique qui régnera sur la Sicile

  

 

Pensant que ces tombes étaient l’occasion de raconter, non événement par événement, mais dans sa continuité, une grande page d’histoire de Sicile, près de deux siècles, de 1059 à 1250, une page pleine d’aventures et de rebondissements, je consacre à cela un article entier. Il pourra servir de référence par la suite, pour aller chercher telle ou telle information utile afin de mieux comprendre un monument, un musée, etc.

 

 

1030– Premier Normand en Italie, Rainulf Drengot, originaire d’Avesnes-en-Bray à l’est de Rouen, au service du duc de Naples obtient la seigneurie d’Aversa

 

 1035– Trois fils de Tancrède de Hauteville (son fief, aujourd’hui Hauteville-la-Guichard, est dans la Manche, à l’entrée du Cotentin, un peu au nord de la route de Saint-Lô à Coutances) arrivent en Italie. La quasi totalité de ses douze fils suivront le même chemin. Ils maîtrisent la charge de cavalerie, inconnue en Italie du sud

 

1037– La seigneurie d’Aversa devient comté

 

 1042– Guillaume de Hauteville "Bras de Fer" s’empare des Pouilles et est proclamé comte de Pouilles à Matera

 

 1051– Robert de Hauteville "le Guiscard" (= "le Sage" ou "l’Avisé") conquiert la Calabre

 

 1052– Les frères de Hauteville font prisonnier le pape Léon IX et obtiennent l’investiture de leurs possessions

 

 1059– Robert Guiscard obtient du pape Nicolas II l’investiture sur Pouilles et Calabre et le comté de Sicile occupé par les Sarrasins

 

 1061– L’émir de Syracuse demande à Roger I (frère de Robert, qui travaille pour lui) son aide en Sicile. La tentative de conquête de Messine échoue

 En compagnie de Robert, Roger I franchit de nouveau le détroit. Ils conquièrent Messine et défont à Enna l’émir Ibn al-Hawwas, puis Roger conquiert Troina

 

 1063– Roger I défait à Cerami les Sarrasins des deux fils du sultan Ibn ath-Thumnah, Ayub et Ali

 

 1064– Les Sarrasins repoussent une attaque de Robert Guiscard et Roger I contre Palerme

 

 1071– À Misilmeri, Roger I écrase les Sarrasins d’Ayub. Après avoir conquis Bari (Pouilles), Robert Guiscard et Roger I retournent en Sicile avec une puissante flotte, prennent Catane et assiègent Palerme par terre et par mer. Roger I prend le château de Yahya (aujourd’hui église Saint Jean des Lépreux). Les Normands défont la flotte Sarrasine puis brûlent les navires arabes dans le port de Palerme

 

 1072– Le 10 janvier, Robert Guiscard, sa femme Sighelgaita (qui est une combattante), son frère Roger I, entrent triomphalement dans l’église Santa Maria pour l’action de grâce rituelle. Roger I est investi Grand Comte de Sicile. Les Normands s’entourent d’administrateurs Sarrasins, autorisés à conserver leurs coutumes et leur religion

 

 1077– Capitulation de Trapani

 

 1078– Reddition de Taormina

 

 1082– Robert Guiscard, opposé à l’empereur grec byzantin Alexis I Comnène, prend Durazzo (grand port d’Albanie, face à Bari)

 

 1084– Le pape Grégoire VII, assiégé dans le château Saint-Ange par l’empereur germanique Henri IV auquel il est opposé dans la querelle des Investitures, fait appel à Robert Guiscard qui défait l’empereur. Sac de Rome par les troupes normandes. Le pape est emmené en exil dans la capitale de Robert, Salerne

 

 1085– Robert Guiscard reconquiert Corfou, et meurt peu après. Son fils Roger Borsa lui succède. Bataille navale de Roger I contre l’émir Bernavert de Syracuse, tué au combat. La ville se rend en apprenant cette nouvelle

 

 1087– Capitulation de l’émir Ibn Hamud, d’Enna

 

 1088– Butera passe aux Normands

 

 1091– Reddition de Noto. La totalité de la Sicile est conquise

 

 1095– Naissance du fils de Roger I, qui deviendra Roger II

 

 1098– Roger I reçoit la lettre qui lui confère la Légation perpétuelle (le "legatus a latere" est l’équivalent du pape dans le territoire qui lui est assigné)

 

 1101– En Sicile, mort de Roger I. Son fils Roger II n’a que 6 ans, la reine Adélaïde assume la régence

 

 1111– Dans l’Italie du sud, mort de Roger Borsa. Son fils Guillaume I, qui n’a alors que seize ou dix-sept ans, lui succède

 

 1113– Roger II assume personnellement le pouvoir sur la Sicile

 

 1127– Mort de Guillaume I, duc de Pouilles, d’Apulie, et de Calabre, dernier descendant de Robert Guiscard (il meurt sans enfant). Roger II revendique la succession. Le pape Honorius II, craignant un royaume puissant au sud de Rome et préférant nombre de petits états, excommunie Roger II et organise une ligue entre les insurgés de Pouilles, Calabre, Sicile

 

 1128– Roger II, vainqueur de la ligue, contraint le pape au traité de Bénévent qui l’investit duc des Pouilles, de Calabre et de Sicile

 

 1029– La diète de Melfi ratifie l’accession de Roger II au titre de roi. L’empereur germanique Lothaire arrive en Italie, Pouilles et Campanie se rebellent contre Roger II. Après le départ de Lothaire, Roger vient à bout de la rébellion

 

 1130– Mort du pape Honorius II. Incapables de se mettre d’accord, les cardinaux élisent deux papes, un très petit nombre de cardinaux choisissent Innocent II appuyé par l’empereur Lothaire qui s’inquiète de la montée en puissance de Roger II, et la majorité des cardinaux élisent Anaclet II reconnu comme légitime par Roger II, lequel Anaclet, par une bulle du 26 septembre, confère la couronne de Sicile à Roger II et à ses successeurs, et le couronne le jour de Noël (mosaïque de la Martorana à Palerme où le Christ remplace le pape Anaclet II)

 

 1131– Roger II mate une révolte sur le continent. Retour de Naples, il est pris dans une violente tempête, fait le vœu de construire une église là où il pourrait accoster, aborde à Cefalù, entreprend la construction de la cathédrale

 

 1136– Lothaire tente une seconde expédition en Italie. Il parvient à conquérir Pouilles et Campanie tandis que Pise, son alliée, prend et détruit Amalfi. Mais la chaleur et le mécontentement des troupes le contraignent à repartir et à abandonner Innocent II à son sort. Mort de Lothaire. Lutte pour sa succession entre son fils Conrad III et Henri le Lion

 

 1138– Mort d’Anaclet II

 

 1139– Roger II a attendu prudemment à Palerme l’évolution des événements. Le moment est venu de franchir le détroit et, à Garigliano, il défait Innocent II et le fait prisonnier. Au traité de Mignano, le pape confère à Roger II le royaume de Sicile, le duché des Pouilles, la principauté de Capoue et renouvelle la Légation apostolique. Naples se soumet, et Roger punit avec grande rigueur les rebelles

 

 1140– Transformant le palais arabe Al-Khalesa de Palerme en palais royal normand (le Palazzo dei Normanni), Roger II achève la construction de la chapelle palatine. Désormais tranquille, il promulgue son code : liberté de coutumes et de culte mais le roi reçoit son pouvoir de Dieu dont il est le seul interprète. Lois, justice, administration sont de son seul pouvoir, exécutés en son nom. Le clergé conserve ses prérogatives mais peut être révoqué par le roi. Le ducat est la seule monnaie du royaume

 

 1142– Roger II fonde le monastère San Giovanni dei Eremiti

 

 1146– L’amiral Georges d’Antioche se tourne vers l’Afrique du Nord. Il conquiert Tripoli et soumet à Roger II la côte jusqu’au Cap Bon (extrême pointe est de la Tunisie, juste en face de Marsala, en Sicile)

 

 1147– Georges d’Antioche fait des incursions en Grèce, pousse jusqu’à Thèbes et en rapporte la manufacture impériale byzantine de broderie pour implanter à Palerme une florissante manufacture de soie

 

 1151– Roger II fait couronner roi de Sicile son fils Guillaume I

 

 1154– Mort de Roger II, peu avant la naissance de sa fille, Constance de Hauteville. Il est enterré dans la cathédrale de Palerme. Guillaume I "le Mauvais" lui succède. Nommant l’Émir des Émirs gouverneur du royaume, Guillaume I mécontente le peuple. Frédéric Barberousse est couronné empereur par le nouveau pape Hadrien IV

 

 1155– Manuel Comnène, empereur de Byzance, charge son général Michel Paléologue de reconquérir les Pouilles. Celui-ci s’empare de Bari

 

 1156– Vainqueur à Brindisi de l’armée byzantine, Guillaume I réprime durement la révolte des nobles et des cités qui s’était étendue jusqu’à la Sicile

 

 1160– Les Almohades lui reprennent ses possessions d’Afrique, prétexte pour les nobles d’ourdir une conjuration et d’assassiner l’Émir des Émirs. Guillaume I le remplace par un triumvirat

 

 1161– La conjuration fait Guillaume prisonnier, saccage son palais, tue son fils Roger. Le clergé, avec la population restée fidèle, le libère. Féroce répression. Il meurt en 1166. Son fils Guillaume II n’a que 8 ans, sa mère Marguerite assume la régence face à de terribles intrigues de cour

 

1165– Naissance de Henri de Hohenstaufen, fils de Frédéric Barberousse

 

1171– Marguerite se voit imposer par le pape un archevêque de Palerme opposé à elle, Gualtiero Offamilio. Guillaume II "le Bon" assume personnellement, il construit une nouvelle cathédrale à Monreale, érigé en diocèse

 

1177– Guillaume II et le pape soutiennent la ligue lombarde qui défait l’empereur Frédéric Barberousse, lequel accepte le traité de Venise stipulant 15 ans de paix. Mariage de Guillaume II avec Jeanne, fille de Henri II d’Angleterre et d’Aliénor d’Aquitaine, sœur de Richard Cœur de Lion et de Jean sans Terre, alors âgée de 12 ans (née en 1165). Offamilio, comprenant que le diocèse et la cathédrale de Monreale sont destinés à mettre des limites à son pouvoir, construit à Palerme une nouvelle cathédrale pour concurrencer celle de Monreale

 

1186– À Milan, Constance, fille de Roger II, épouse Henri de Hohenstaufen, le fils de Frédéric Barberousse, et tous deux reçoivent la couronne de fer

 

1187– La perte de Thessalonique signe la fin du rêve normand de conquérir Byzance mais la flotte normande se déchaîne sur les côtes africaines en soutien à la troisième croisade

 

1189– Guillaume II meurt à 36 ans, sans descendance.

 

1190– Mort de Frédéric Barberousse. Son fils Henri VI lui succède. Tancrède de Lecce, petit-fils de Roger II (fils bâtard du fils aîné de Roger II avec Emma, fille du comte de Lecce), est couronné roi de Sicile par Gualtiero Offamilio. Il se trouve en butte aux prétentions à ce trône de Constance, femme d’Henri VI parce que fille légitime de Roger II, et de Jeanne, sœur du nouveau roi d’Angleterre, Richard Cœur de Lion parce que veuve du roi Guillaume II

 

1191– Tancrède reconquiert les territoires continentaux occupés par Henri VI qui, à cause d’une épidémie et de la chaleur, doit quitter l’Italie. Tancrède en profite pour se saisir de Constance à Salerne, et il la retient prisonnière, à Palerme d’abord, à Naples ensuite

 

1192– Le pape Célestin V investit Tancrède, mais celui-ci doit restituer l’impératrice Constance à son mari et abandonner ses privilèges ecclésiastiques

 

1194– Mort de Tancrède. Henri VI envahit le royaume et, à Noël, dans la cathédrale de Palerme, se fait couronner roi de Sicile. C’est la fin de la dynastie normande en Sicile, l’avènement des Souabes. Le lendemain, à Iesi (près d’Ancône), sous une tente, Constance met au monde Frédéric de Hohenstaufen, futur Frédéric II

 

1197– Le 28 septembre, mort de Henri VI de Hohenstaufen, de la malaria, à Messine

 

1198– Mort de Constance de Hauteville le 27 novembre. Frédéric II, à moins de 4 ans, est couronné roi de Sicile. Par la volonté de sa mère, il est élevé en Sicile jusqu’à ses 17 ans

 

1209– Le futur Frédéric II, âgé de 14 ans, épouse Constance d’Aragon, de 11 ans son aînée, fille du roi Alphonse II d’Aragon

 

1215– Le 27 juillet, à Bouvines, avec Philippe-Auguste de France, Frédéric II défait son rival Othon IV de Brunswick qui menait une coalition anglo-germano-flamande et est couronné empereur d’Allemagne. Pour obtenir l’appui du pape, il a promis de maintenir séparés l’Empire Germanique et le royaume de Sicile, de respecter les territoires de l’Église, de monter la quatrième croisade

 

1216– Frédéric II ne respecte que le premier de ces engagements, en donnant le sud de l’Italie à Henri, fils qu’il a eu en 1211 de Constance d’Aragon, sous la régence d’un conseil agréé par le pape

 

1217– Occupé à réorganiser le royaume, Frédéric II ne prend pas part à la croisade. Il désigne son fils Henri roi d’Allemagne sous la régence de l’archevêque de Cologne, et garde pour lui le royaume de Sicile

 

1220– Réitérant son intention de partir pour la Terre Sainte, Frédéric II obtient d’être couronné empereur par le pape

 

1222– Mort de sa femme Constance d’Aragon

 

1224– Frédéric II fonde l’université de Naples, première université d’État et laïque

 

1225– Pour réprimer l’insubordination des musulmans de Sicile, Frédéric II les déporte à Lucera en Pouilles, mais les laisse pratiquer leurs usages et leur religion. Il épouse en secondes noces Yolande de Brienne, héritière par son père Jean de Brienne du titre de reine de Jérusalem

 

1227– Le nouveau pape Grégoire IX le contraint à la croisade. Il s’embarque à Brindisi mais la peste s’abat sur ses navires, il rentre à Otrante, le pape l’excommunie.

 

1228– Henri, fils de Frédéric II, assume personnellement le pouvoir en Allemagne. Mort de Yolande de Brienne, reine de Jérusalem, seconde épouse de Frédéric II

 

1229– Frédéric II se rend en Terre Sainte. Plutôt que de guerroyer contre le sultan d’Égypte, il s’entend avec lui et obtient de façon pacifique la restitution de Jérusalem, Bethléem, Nazareth et un accès à la mer

 

1230– Il se couronne lui-même roi de Jérusalem et, de retour en Italie, défait son beau-père Jean de Brienne qui commande les armées du pape. Par le traité de Saint-Germain, le pape lève l’excommunication. Il accueille Frédéric II à Rome et ratifie les accords passés avec le sultan

 

1231– Les villes siciliennes de Centuripe et de Montalbo se révoltent. Frédéric II déporte leur habitants dans la ville nouvelle d’Augusta. Suite à cela, nombre de communes lombardes refusent de participer à la diète qu’il a convoquée à Ravenne, ouvrant ainsi les hostilités

 

1232– Frédéric II donne à la grande féodalité allemande la souveraineté territoriale au détriment des cités, il impose une centralisation du pouvoir (réformes dites "constitutions melfitaines", ce qui provoque un mécontentement. Autre mécontentement, celui qui est suscité par l’impitoyable persécution des hérétiques. Tous ces mécontentements se transforment en rébellion ouverte, menée par son propre fils Henri. Frédéric oblige son fils à se soumettre

 

1234– Henri ne tient pas sa parole, il s’allie aux communes italiennes et au roi de France contre son père

 

1235– Frédéric II épouse en troisièmes noces Isabelle d’Angleterre, fille de Jean Sans Terre et sœur de Henri III Plantagenêt roi d’Angleterre et, ayant obtenu l’appui de ce dernier, il dompte la révolte en Allemagne. Il s’attache à réorganiser son administration, sa justice, son armée

 

1236– Les communes rebelles s’étant organisées contre Frédéric II en une alliance, leur insubordination prend encore de l’ampleur. Il part d’Allemagne à la tête d’une puissante armée, prend Bergame, Vicenza, Mantoue, Padoue

 

1237– Frédéric II fait élire Conrad (Corrado en italien), alors âgé de 9 ans, à la place de Henri, sous la tutelle de l’évêque de Magonza. Il impose un nouvel ordre en Italie du Nord qu’il partage en cinq vicariats gouvernés par des fonctionnaires d’État sous la direction d’un lieutenant impérial, les cités étant gouvernées par un podestat élu, mais agréé par le souverain

 

1239– Le pape Grégoire IX, indigné que Frédéric II ait refusé sa médiation entre les communes et lui, et inquiet pour l’Église des conséquences des constitutions melfitaines, renforce encore la ligue en s’alliant à Gênes et à Venise. Enzo, fils naturel de Frédéric II avec Adélaïde d'Urslingen, est couronné roi de Sardaigne, une possession de l’Église, ce qui sert de prétexte à Grégoire IX pour excommunier (c’est la seconde fois) Frédéric II, qui réagit en confisquant les biens ecclésiastiques, et en imposant aux prêtres, ses sujets, d’officier le service divin

 

1240– Frédéric II tente une attaque armée contre le pape, mais les Romains le contraignent à se retirer

 

1241– Cités et familles sont partagées entre Guelfes partisans du pape et Gibelins partisans de l’empereur. Pour le déposer, le pape convoque à Rome un concile, que Frédéric II tente d’empêcher de se réunir

 

1242– Enzo, fils de Frédéric II et roi de Sardaigne, attaque la flotte génoise et fait prisonniers les prélats qu’elle transportait vers le concile de Rome, qui de ce fait se trouve empêché

 

1243– Frédéric II marche de nouveau sur Rome, au moment de la mort de Grégoire IX et de l’élection d’Innocent IV, lequel trouve protection auprès du roi de France (saint Louis) et convoque un concile à Lyon

 

1245– Le concile se tient à Lyon, Frédéric II est excommunié (pour la troisième fois) et déposé pour parjure, sacrilège, suspicion d’hérésie, viol de la paix entre l’Église et l’Empire et de ses devoirs féodaux comme roi se Sicile. Frédéric II conteste la sentence et accuse le pape d’abus de pouvoir, ce qui fait rebondir et s’intensifier la querelle entre Guelfes et Gibelins. Innocent IV réaffirme le primat du pouvoir spirituel sur le pouvoir temporel

 

1247– Guillaume de Hollande est élu roi d’Allemagne. Conrad, fils de Frédéric II, trahi par son tuteur Henri le Raspon qui s’était fait élire roi, continue la lutte pour ses propres intérêts et pour ceux de son père en s’alliant la petite noblesse et les communes allemandes. Frédéric II, parti pour Lyon afin d’y rencontrer le pape, interrompt son voyage à cause de l’insurrection de la gibeline Parme. Les Parmesans assiégés effectuent une sortie qui surprend les troupes impériales et ils détruisent leur camp fortifié. La situation pour Frédéric II est grave, y compris dans le sud où l’impossibilité des célébrations religieuses et les fortes pressions fiscales pour le soutien de la guerre suscitent rébellions et complots

 

1249– Pier delle Vigne, l’un des plus fidèles conseillers de Frédéric II, suspect et accusé de trahison, se suicide en prison. Enzo, le fils préféré, est défait à Fossalta et fait prisonnier, il mourra en prison (en 1272 après 23 ans de captivité à Bologne). Pour reprendre la lutte, Frédéric II se retire en Sicile où lui arrivent de bonnes nouvelles, son fils Frédéric d’Antioche vainqueur des Guelfes exilés de Florence, la reconquête des cités rebelles d’Italie du nord, les Génois défaits près de Savone, Faenza conquise par son fils Manfred, Guillaume de Hollande défait par son fils Conrad

 

1250– Frédéric II meurt le 13 décembre 1250 quelques jours avant son cinquante-sixième anniversaire, à Castel Fiorentino dans les Pouilles, d’une attaque de fièvre intestinale

 

 

Arrêtons là cette petite chronique. Mais il est important de dire qui est Frédéric II. C'est un homme intelligent et cultivé, il parle latin, grec, sicilien, arabe, allemand et probablement hébreu. Il s’intéresse aux mathématiques, soutient les beaux-arts... Un homme complet.

 

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Published by Thierry Jamard
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commentaires

Alienor 26/03/2015 07:36

Bravo pour toutes vos recherches j aime beaucoup ce que vous faites c est très complet.
Etant axée sur le moyen âge et les croisades je viens toujours faire un tour sur votre blog pour chercher plus d ' informations et voir les belles photos qui l accompagne.

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