Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 19:06

369a Rome, thermes de Caracalla

 

Parmi les grands classiques de Rome, il y a certes en priorité le forum, le Colisée, le Capitole et la basilique Saint-Pierre du Vatican, mais pour qui peut passer un peu plus de temps dans la Ville Éternelle, les thermes de Caracalla sont en bonne place.

 

369b Caracalla, palazzo Massimo, Roma

 

Mais peut-être conviendrait-il d’abord que je présente l’empereur Caracalla. Marcus Aurelius Antoninus, qui régna de 211 à 217 après Jésus-Christ sous le nom de Caracalla et dont la bouche sévère, le sourcil froncé, le regard terrible ne laissent aucun doute sur sa cruauté, fit assassiner son frère pour pouvoir succéder à son père Septime Sévère. Dans l’histoire ses six ans de règne ne laisseront pas une trace glorieuse. Il a certes fait construire ces thermes somptueux, mais il a aussi créé des conditions économiques si déplorables que Rome connaîtra une inflation catastrophique qui durera un siècle.

 

369c Rome, thermes de Caracalla

 

Revenons-en aux thermes. Ce sont les plus grands que Rome ait connus jusqu’alors (onze hectares), et ils ne seront surpassés en dimension que par les thermes de Dioclétien (plus de treize hectares) un siècle plus tard. 1600 places assises sur des sièges de marbre, plus de 2000 baigneurs à la fois, 6000 par jour, ces chiffres donnent une idée des dimensions de l’établissement. Stendhal n’a pas apprécié "ces restes incultes, remarquables seulement par la grandeur des pans de mur qui restent debout", et il déplore les choix architecturaux : "Ces thermes n’ont point de colonnes, ce qui, à mon gré, les prive de toute expression ; ils sont pour moi comme des ruines de l’Orient".

 

 369d Rome, thermes de Caracalla

 

Le poète Shelley, en revanche, y trouve l’inspiration: "Aucun lieu ne fut jamais plus sublime ni plus beau. Le mur perpendiculaire est une suite de précipices recouverts d’arbres en fleurs". Puis, parlant de son Prométhée libéré : Ce poème a été pour l’essentiel écrit sur les ruines montagneuses des thermes de Caracalla parmi les clairières et les taillis en fleurs d’arbres odorants et fleuris qui s’étendent en labyrinthes enroulés sans fin sur leurs immenses esplanades et leurs vertigineuses arches suspendues dans les airs". Des taillis en fleurs d’arbres fleuris, désolé pour la répétition, j’aurais voulu donner une traduction élégante mais je n’ai pas trouvé deux mots différents en français pour "flowery thickets" et "blossoming trees" qui figurent dans le texte original.

 

Le problème de vocabulaire est résolu aujourd’hui parce que de fleurs il n’est plus question. Bernard Berenson, spécialiste américain de la peinture de la Renaissance, ne s’est pas contenté de courir les musées lors de ses séjours à Rome, il a été aux thermes de Caracalla. En 1953, il note dans son Journal : "Retourné, après bien des années, aux thermes de Caracalla, à présent dépouillés de tout pittoresque, de tout effort de la nature pour absorber en son sein ce que l’homme a fait en concurrence avec elle. Maintenant, la ruine se dresse, nue et morne, mais combien hardie, combien sublime et impressionnante à vous couper le souffle".

 

369e Rome, thermes de Caracalla

 

Pour amener l’eau froide, pour celle des bains chauds ou des étuves, le réseau de canalisations était extrêmement complexe et étendu. On voit ici l’un de ces tuyaux noyés dans les murs. Comme l’adduction d’Acqua Vergine dont je parlais le 7 janvier, peut-être ces thermes fonctionneraient-ils encore aujourd’hui si Vitigès et ses Goths n’avaient pas détruit en 538 les aqueducs qui les alimentaient. N’étant plus en fonctionnement, ils ont ensuite fait office de Leroy-Merlin où l’on venait chercher des matériaux de construction. Et pas seulement Leroy-Merlin, mais aussi antiquaire de luxe, où l’on s’est servi sans vergogne parmi les statues et autres œuvres d’art. Par exemple, sur la place face à l’ambassade de France (palazzo Farnese), les deux belles vasques en viennent et le marbre utilisé pour les fontaines a la même origine.

 

369f Rome, thermes de Caracalla

 

Sur cette photo prise de l’une des palestres (salles de sport) on peut apprécier la hauteur de la porte par rapport aux touristes qui n’ont rien de lilliputiens. Plus encore, on peut imaginer la voûte qui surmontait cette salle, jusqu’à la hauteur vertigineuse de trente mètres. À titre de comparaison, Notre-Dame de Paris a une hauteur sous voûte de trente-trois mètres.

 

369g Rome, thermes de Caracalla

 

Il ne reste presque plus rien des mosaïques qui revêtaient les sols. Il y a encore une bonne surface bien conservée, mais ce sont des dessins géométriques. Les dauphins bondissants, les dieux sur leurs chars marins, les athlètes en plein effort, tout cela a disparu, on n’en voit plus que des fragments.

 

369h Rome, thermes de Caracalla

 

Les thermes de Caracalla comportent en fait deux établissements jumeaux et symétriques pour accueillir commodément deux fois plus de personnes. Nous sommes ici dans l’autre palestre, à l’autre extrémité. Comme on voit à la fois un reste de colonne et un fragment de mosaïque amusant, j’ajoute cette photo pour en finir avec la présentation des ruines.

 

369i Rome, thermes de Caracalla

 

Dans chacune des salles que l’on peut visiter, des panneaux explicatifs clairs et complets permettent de mieux comprendre ce que l’on voit. Ils sont également illustrés, et la reconstitution ci-dessus jointe à une vue actuelle donne, je crois, une bonne idée de ce qu’ont pu être ces thermes dans l’Antiquité.

 

369j Rome, thermes de Caracalla

 

De même, cette piscine à ciel ouvert permet de donner vie à ces ruines mortes. On voit renaître ces colonnes chères à Stendhal, on voit (sur la droite) comment des jets d’eau procurent des massages, on voit les couleurs que de vagues traces de peinture laissent recomposer. Et pour le "fun", pour le réalisme, le dessinateur a représenté des baigneurs en train de nager. Seule inexactitude, jamais les lieux n’étaient si peu peuplés. Les gens faisaient la queue dehors avant l’ouverture, et il fallait les mettre à la porte le soir à la fermeture. Il n’y avait aucune heure creuse.

 

370a Rome, monument à Mazzini

 

Aussi intéressante que puisse être cette visite, aussi agréable qu’il puisse être de se balader par ce temps doux et ensoleillé dans les allées tout autour, nous finissons par ressortir de l’enceinte des thermes. Une fois de plus, nous longeons le Circo Massimo. Ah non, pas question de remettre des photos. Pas à chaque fois. Nous montons sur la hauteur, à mi-pente du mont Aventin, au niveau du monument élevé à Mazzini. Je n’en montre ici qu’un cheval que j’ai trouvé magnifique. Mazzini (Gênes 1805 – Pise 1872) fait partie des héros et des théoriciens de l’unité italienne. Pour lui, "la patrie d’un Italien n’est ni Rome, ni Florence ou Milan, mais l’Italie tout entière". Il y veut un régime démocratique et professe l’égalité de tous les peuples. Le Piémont le condamne au bannissement perpétuel, il se réfugie en France où Louis-Philippe le pourchasse ; à la suite d’une tentative avortée d’invasion du duché de Savoie le Piémont le condamne à mort par contumace, il se réfugie en Suisse puis se fixe à Londres. Il peut revenir en Italie à la faveur des révolutions de 1848 mais doit de nouveau se réfugier à l’étranger. Ce n’est que sous une fausse identité qu’il rentrera en Italie peu avant d’y mourir. À présent que l’Italie est unifiée et que le régime est celui d’une république démocratique, il est vénéré comme un grand homme.

 

370b Rome, Santa Sabina

 

Mais le monument à Mazzini n’était pas notre but. Nous poursuivons notre montée sur l’Aventin pour retourner à cette église Santa Sabina que nous avions déjà visitée alors que l’obscurité était déjà tombée et ne permettait pas de tout apprécier comme quand la lumière du jour l’éclaire. Stendhal, parlant des descendants d’Énée qui ont précédé les jumeaux Romulus et Rémus et la fondation de Rome et qui ont régné sur Albe, nous dit que "Tiberinus eut pour successeurs Agrippa, Romulus, Aventinus, lequel fut tué par un coup de tonnerre, et donna le nom d’Aventin au mont sur lequel on l’enterra". Lors de cette visite du 17 décembre, j’avais déjà montré la bouche de cette fontaine. Sa vasque est une baignoire récupérée dans des thermes. Ceux de Caracalla ou d’autres, je l’ignore, mais elle est antique.

 

371a Rome, Santa Sabina

 

371b Rome, Santa Sabina

 

La première de ces photos est prise d’un charmant jardin d’orangers d’où le panorama sur Rome est magnifique. Cette fois-ci, on peut comprendre pourquoi Stendhal aime tant cette église. "Bâtie, en 425, dans la maison qu’habitait Sabine avant son martyre, auprès du temple de Diane. On retrouve dans l’intérieur vingt-quatre colonnes de marbre de Paros cannelées, qui appartenaient à ce temple de Diane ; ainsi la pauvre martyre a triomphé de l’orgueilleux temple païen. Nous venons souvent dans cette église, attirés par la situation charmante et par la fraîcheur dont on jouit en ce lieu élevé". Un mot de sainte Sabine. Nous sommes au temps de l’empereur Hadrien. Cette jeune femme de famille noble, veuve d’un aristocrate illustre du nom de Valentin, avait été convertie par Sérapie, qui fut décapitée. Elle donnait aux pauvres, soignait les malades, réconfortait les prisonniers, aidait ceux qui étaient dans la peine. Mais elle fut dénoncée comme chrétienne et, refusant d’adorer les dieux païens, elle a menacé des flammes de l’enfer le préfet qui l’interrogeait, disant qu’elle voudrait tant le voir adorer le Dieu véritable. Ce blasphème à l’encontre de la religion officielle lui a valu la peine du glaive et la confiscation de tous ses biens. On l’enterra près de Sérapie et, deux siècles plus tard, en 425, un prêtre d’Illyrie du nom de Pierre décida de construire une église qui lui serait dédiée sur le lieu même où elle avait été exécutée, sur le mont Aventin.

 

371c Rome, Santa Sabina

 

À la lumière naturelle qui inonde cette église lumineuse, nous pouvons apprécier les tableaux qui l’ornent. En l’absence de tout livre au sujet de cette église, de tout polycopié édité par les responsables, d’explications détaillées dans nos guides, je ne suis pas capable de dire ce que représente cette scène. Toutefois, comme saint Dominique a longtemps vécu dans le monastère attenant, on peut supposer que l’un des personnages le représente. Peut-être est-ce lui qui revêt un impétrant de la soutane blanche des dominicains. On voit un homme à terre, les bras en croix, dans la position des prêtres lors de leur ordination. J’aime ces scènes qui sont prises sur le vif et permettent de voir comment était la vie à l’époque du tableau même si, comme ici, il ne s’agit pas d’événements quotidiens.

 

371d Rome, Santa Sabina

 

Cette porte de l’église date de sa fondation, soit le cinquième siècle. Dans le bois de cyprès où elle a été taillée, ont été sculptées diverses scènes de la Bible ou du Nouveau Testament. À l’évidence, l’interprétation qui en était donnée est très intéressante à étudier.

 

371e Rome, Santa Sabina

 

Mais le plus intéressant est cette scène de la Crucifixion. Ma photo est mauvaise, mais cette porte est très noire, et elle est située sous un porche obscur. D’abord, mon appareil n’y voyait goutte, et refusait de déclencher parce qu’il ne pouvait réaliser la mise au point. Mécanisme débrayé, je n’y voyais pas davantage pour régler manuellement. Ensuite, avec le flash tous les détails sont grillés, et sans flash j’ai dû déclencher à une vitesse si lente que j’avais grand peur d’un flou de bougé. J’arrête là avec mes problèmes techniques, pour en venir à l’essentiel. Cette représentation de la Crucifixion de Jésus entre les deux larrons est la toute première de l’histoire de la chrétienté, du moins pour un lieu public. Impressionnant.

 

371f Rome, Santa Sabina

 

Contre le mur de ce porche, sont déposés des bas-reliefs, provenant sans doute de sarcophages. Là aussi, j’aime ce genre de scènes domestiques, ces deux femmes en train de parler, et le petit animal, un chat semble-t-il plutôt qu’un chiot, dressé contre les jambes de sa maîtresse. Ces scènes de la vie quotidienne étaient de nature à maintenir les morts en vie dans l’Antiquité, et c’est pourquoi je suppose qu’il s’agit d’un monument funéraire, sarcophage ou décoration de tombe.

 

372a Rome, Sant'Alessio

 

Tout près, dans la même rue, il y a une autre église intéressante. Directement sur la rue, c’est un autre bâtiment qui ouvre sur une cour, et l’église est au fond de la cour, comme cela apparaît sur cette photo prise sur le flanc.

 

372b Rome, Sant'Alessio

 

Sant’Alessio, ou saint Alexis, est un aristocrate romain fils de sénateur qui vit dans ce quartier riche et élégant de l’Aventin à la fin du quatrième siècle ou au début du cinquième. Il épouse une jeune fille noble mais, la nuit même de ses noces, il se sent appelé à une vie consacrée à Dieu, il part pour Edesse (Urfa, en Syrie actuelle), y distribue aux pauvres le peu de biens emportés et vit de charité comme un mendiant, passant les journées à prier la Vierge. Quand les gens apprirent sa vie sainte, ils le révérèrent, ce qui le fit s’embarquer vers Tarse afin de préserver son humilité. Mais une tempête pousse son bateau vers l’Italie, il décide alors de revenir chez lui incognito. Lorsqu’il arrive à Rome, dix-sept ans après avoir quitté la maison paternelle, pour continuer sa vie de pénitence il demande à entrer au service de sa famille, qui ne le reconnaît pas. Le sénateur son père accepte, à la condition qu’il prie pour le retour de son fils disparu, et il l’héberge sous l’escalier, où il vit, partageant la vie des autres serviteurs de la maison, subissant leurs avanies, et gardant son secret malgré les larmes de son père et de sa fiancée délaissée. C’est là qu’il vécut jusqu’à sa mort au bout de dix-sept autres années, et ce n’est qu’après sa mort que sa famille comprendra qui était ce pauvre qui la servait si humblement, grâce à un écrit racontant tout, qu’il tenait serré dans sa main. Le monastère de la Sainte Laure, en Grèce, a conservé jusqu’à nos jours son crâne, objet d’une grande vénération.

 

On sait que le tout premier texte conservé rédigé en langue vulgaire en France (c’est-à-dire en français et non en latin), ce sont les serments de Strasbourg, à la mort de Charlemagne. Mais le plus ancien, ou l’un des plus anciens textes littéraires en vers français est la Vie de saint Alexis de Thibaud, au onzième siècle. Et c’est devenu un thème fréquent de la littérature et des représentations théâtrales dans les siècles suivants.

 

372c Rome, Sant'Alessio

 

La basilique consacrée à Sant’Alessio a été fondée à la fin du cinquième siècle, et non en 305 comme le dit Stendhal. Mais elle a été très remaniée depuis et jusqu’au dix-neuvième siècle. Elle doit ses 50 mètres de long et ses 19 mètres sous voûte aux grands travaux de l’année de jubilé 1750.

 

372d Rome, escalier de Sant'Alessio

 

Elle conserve, au fond du bas-côté gauche, enfermé dans une sorte de châsse, un coffre de cristal et de bois doré, un fragment de l’escalier de saint Alexis. En vérité, on voit clairement la châsse, mais de l’escalier, au-dessus de la sculpture représentant saint Alexis dans son habit de pèlerin, allongé, en train de mourir, on ne voit guère que des triangles blancs qui doivent être le profil des marches. Ce n’est pas très parlant, mais j’en mets quand même ma photo ici parce que je n’en ai pas vu plus, sur place, que sur cette image.

 

372e Rome, Sant'Alessio

 

En revanche, entre la nef gauche et la grande nef, on peut voir de très près un puits dans lequel des gens ont jeté des pièces de monnaie. Ce serait le puits de la maison de sa famille, l’église ayant été construite sur le lieu même où il a vécu. Dans Rome –et ailleurs–, on nous présente beaucoup de choses qui relèvent du merveilleux, du miraculeux, comme authentiques, et l’histoire de cet Alexis, qui pourrait fort bien être vraie parce qu’elle n’a rien de surhumain ou de mystérieux, et qui est racontée pratiquement depuis l’époque où elle est censée avoir eu lieu, est présentée partout comme légendaire. Et si moi j’ai envie d’y croire ?

 

372f Rome, Sant'Alessio

 

Pour finir, avant de quitter cette église, voici une icône de la Vierge qui est objet de vénération. Son cadre, qui inclut une couronne en relief, est entièrement entouré de rayons d’or. Elle est très byzantine, avec son nez grec et son teint très mat, avec ce drapé de son voile autour de son visage, avec ces couleurs moins vives que dans le style plus occidental. On dit qu’elle aurait été apportée à Rome à la fin du dixième siècle par le métropolite Serge de Damas, mais les spécialistes pensent que c’est impossible parce que selon eux elle ne serait pas antérieure au douzième, voire au treizième siècle. La position, le geste, sont plus symboliques que réalistes. En effet, le geste de la main gauche repliée sur la poitrine et de la main droite ouverte et levée symbolise l’intercession auprès du Christ en faveur des hommes. Il existe ainsi un type traditionnel de "Vierge de l’Intercession" où figurent aussi généralement le Christ et les apôtres. Mais celle-ci, seule, un peu de côté, le buste penché en avant, le visage légèrement asymétrique, le regard triste et intense, ressemble beaucoup, paraît-il, à une icône que je ne connais que par des reproductions mais que nous allons peut-être découvrir dans quelques mois à Constantinople (oh, pardon, je veux dire à Istanbul) et qui décore un coffret contenant la ceinture de la Vierge. Il s’agit de l’Hagiosoritissa. De toutes façons, cet Alexis au nom grec qui a vécu en Syrie, cette icône clairement byzantine, et la situation sur l’Aventin qui était un quartier habité par de nombreux orientaux, tout cela marque les rapports étroits qui existaient entre Rome et l’Orient.

Partager cet article

Repost 0
Published by Thierry Jamard
commenter cet article

commentaires

nicole06 05/02/2010 10:58


C'est un régal que de revoir Rome .Nos 4 jours dans cette ville ne sont rien.Trop de chose à voir.
Merci de votre message


Présentation

  • : Le blog de Thierry Jamard
  • : Un long, long voyage d'observation et de description culturelle à travers l'Europe. Paysages, histoire, architecture, peinture, sculpture, mythologie et religions, société, tout ce qui me tombe sous les yeux.
  • Contact

Recherche