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31 janvier 2011 1 31 /01 /janvier /2011 20:12

Troia est l’une des villes les plus marquantes (du moins pour nous) de cette Italie du sud. Et je ne le dis pas seulement en raison de la remarquable hospitalité offerte par la municipalité aux camping-cars, mais parce que la cathédrale est exceptionnelle et parce que nous avons aussi bénéficié du sens de l’accueil de plusieurs habitants.

 

 Dès l’époque romaine s’était développé ici un habitat, en grande partie parce que passait une voie importante, devenue la Via Trajana lorsque l’empereur Trajan, au début du deuxième siècle de note ère, fit aboutir la via Appia non plus à Tarente mais à Brindisi, utilisant pour cette Appia nouvelle (désormais Trajana) un tronçon de la route qui passait par Troia. Aux alentours de l’an Mil, on trouve essentiellement deux monastères, l’un basilien, l’autre bénédictin, reliés par la Via tra due Terre, c’est-à-dire la Route entre deux Terres, entourés chacun de leur bourg.

 

635a1 Troia, cathédrale Santa Maria Assunta

 

635a2 Troia, cattedrale di Santa Maria Assunta 

En 1019, le catépan (gouverneur byzantin) refonda Troia pour en faire une ville frontière défendant la Pouille du côté du nord. Devenue évêché en 1030, la nouvelle cité unifiée abandonne le rite grec et se fait défenseur de l’Église romaine et du pape contre toute forme de monarchie et d’empire. Aussi lorsque, dans la seconde moitié du siècle, arrive le Normand Robert Guiscard, il se heurte à une résistance de Troia telle, qu’il est contraint à un pacte : Troia reconnaît son pouvoir, mais il devra se faire le défenseur du pape en s’appuyant sur cette ville. L’ancienne église Santa Maria étant devenue cathédrale, puis la ville ayant acquis avec les Normands une grande importance politique, la population a considérablement augmenté, obligeant à reconstruire la cathédrale en 1093. Le nouveau chevet a englobé l’ancien édifice, douze colonnes récupérées de bâtiments antiques ont servi à créer une nef à plan basilical à trois travées.

 

635b1 Troia, cathédrale, la rosace 

 

La rosace de la cathédrale est une merveille de finesse. À tel point que, sans effets d’une guerre, d’un tremblement de terre, d’une usure de la pierre trop tendre ou je ne sais quelle autre action, il a fallu en consolider quelques éléments avec du fil de fer. Et, entre chacun des onze rayons, la dentelle de pierre est à chaque fois différente.

 

635b2 Troia, cattedrale di Santa Maria Assunta 

635b3 Troia, cathédrale Santa Maria Assunta

 

635b4 Troia, cathédrale Santa Maria Assunta 

635b5 Troia, cathédrale Santa Maria Assunta 

Désolé, je ne suis pas capable de résister à la tentation de montrer les sculptures médiévales qui ornent la façade de la cathédrale. Voici quatre photos parmi des dizaines que j’ai prises, et je vais encore en montrer d’autres ensuite. Sur la première photo, un loup dévore un oiseau, un couple nu est enlacé (tête en bas parce que c’est le dessus du portail), un monstre mange un serpent, un veau tète sa mère. Sur ma deuxième photo, au pied des colonnes qui encadrent la rosace, deux lions tiennent quelque chose de mal identifié entre leurs pattes qui sont un peu comme des mains. Le monstre de la troisième photo est indéfinissable. Sur la quatrième photo, une tête d’animal féroce, peut-être un ours, engloutit un être humain, dont désormais seules les jambes sont encore apparentes. Ces images ont pour but de montrer la variété et la puissance de l’imagination des créateurs. Et ce n’est pas fini.

 

635b6 Troia, cathédrale Santa Maria Assunta 

635b7 Troia, cattedrale di Santa Maria Assunta

 

Cette femme topless en minijupe à volants est désopilante. À l’autre angle, on dirait un singe plongé dans le cornet de son gelato italiano. Ce n’est pourtant certainement pas l’intention du sculpteur.

 

635c1 Troia, cathédrale Santa Maria Assunta 

635c2 Troia, cattedrale di Santa Maria Assunta

 

Les flancs de la cathédrale présentent de hautes arcatures aveugles, dont les jambes sont de fausses colonnes au sommet desquelles en guise de chapiteaux on a des sculptures dans le style de celle-ci. Je trouve à ces lions un aspect très assyrien ou mésopotamien. Il est vrai qu’à cette époque, les Musulmans ont conquis ces régions asiatiques depuis longtemps, et qu’un certain nombre des artisans qui ont travaillé sur cette cathédrale et bien d’autres aux époques normande et souabe sont des Sarrasins, c’est-à-dire des Musulmans, sans distinction de leur pays d’origine. Beaucoup étaient en Italie depuis des siècles, d’autres les ont rejoints plus tard. Quant à ce monstre à tête humaine, il est coiffé d’un bonnet phrygien. Si ce n’est pas pour se déclarer partisan de la Révolution française en anticipant prophétiquement de sept siècles, c’est une évidente référence à cette région du Moyen-Orient, qui ne peut se comprendre si l’on ne suppose pas que l’artisan sculpteur venait de là-bas, ou son père ou son grand-père qui lui avait transmis cette culture.

 

635c3 Troia, cattedrale di Santa Maria Assunta 

635c4 Troia, cattedrale di Santa Maria Assunta 

S’il faut encore insister pour prouver que des artistes (ou artisans, c’est la même chose, puisque le latin ars, de même que le grec tekhnè, signifie à la fois art et technique, notre langue ayant choisi le mot latin pour désigner le fait créateur et le mot grec pour désigner l’acte réalisateur. Et il est d’ailleurs dommage que la langue n’ait pas effectué le choix contraire, plus en rapport avec les qualités de chacun des deux peuples), pour prouver, donc, que des artistes sarrasins, musulmans de culture arabe, ont travaillé la pierre de la cathédrale de Troia, voici deux motifs si typiques que le doute n’est plus permis.

 

 

635c5 Troia, cathédrale Santa Maria Assunta 

Le tympan du portail latéral gauche, c’est-à-dire ouest car la cathédrale n’est pas tournée vers l’est comme c’est la coutume, mais vers le nord, est décoré, lui, d’un sujet chrétien, donc sans rapport avec ce qui précède. Entouré de deux anges, le Christ, levant les deux doigts de la main droite pour bénir celui qui entre et tenant le livre des évangiles dans la main gauche, repose ses pieds sur deux monstres qu’il écrase, un serpent ailé à tête de perroquet et à pattes griffues à droite, une espèce de lion court sur pattes et doté d’une figure humaine grimaçante à gauche.

 

635d1 Troia, cattedrale di Santa Maria Assunta 

635d2 Troia, cathédrale Santa Maria Assunta 

Allons maintenant regarder du côté de l’abside. La deuxième photo a été prise de nuit, hier soir en arrivant. On retrouve ici le même style que dans le reste de l’édifice, à savoir les hautes arcatures aveugles décorant l’abside semi-circulaire. En regardant bien, on voit de part et d’autre de l’appui de la fenêtre de l’abside une sculpture que je montre en plus gros plan ci-dessous.

 

635d3 Troia, cathédrale Santa Maria Assunta

 

635d4 Troia, cathédrale Santa Maria Assunta 

Lorsque l’on voit l’image de plus près, on se rend compte que le lion de gauche tient entre ses pattes un malheureux homme aux traits africains. Je ne suis pas un expert en sociologie historique, mais je ne crois pas qu’au onzième siècle, ni au douzième, il ait existé un racisme particulier à l’encontre des Noirs. Des Juifs, oui. Il est certain que l’on a justifié l’esclavage des Noirs par le fait que lorsque Noé s’est enivré et s’est endormi nu, son fils Cham se moque de sa nudité tandis que ses deux frères, Sem et Japhet, le recouvrent pudiquement sans le regarder. En conséquence, Cham est maudit, lui et sa descendance, et l’Église lui a attribué l’origine de la population d’Afrique, que les descendants des autres frères s’arrogent le droit d’asservir. Mais, avant l’époque du voyage triangulaire organisant la traite sur une grande échelle, on pratiquait la vente d’esclaves un peu partout en faisant des razzias chez n’importe quelle population ou en asservissant des prisonniers de guerre. Il est donc probable que le choix d’un Noir pris par ce lion ne signifie pas qu’il soit plus porteur de mal du fait de la couleur de sa peau, mais répond au désir du sculpteur de faire plus couleur locale, le lion étant un animal africain plutôt qu’italien.

 

635e1a Troia, cathédrale, portail de façade

 

635e1b Troia, cathédrale, portail de façade 

En 1119, l’édifice est terminé. Il lui faut des portails. Un certain Odorisio da Benevento, dont on sait peu de chose mais qui a apposé sa signature, fond alors ces magnifiques portes de bronze, comme Amalfi ou Montecassino en avaient peu auparavant importé de Constantinople, mais en faisant preuve d’une exceptionnelle liberté de style en s’affranchissant des canons byzantins, et d’une remarquable créativité en s’exprimant dans ce qui va devenir le roman européen. On voit ici les portes de façade et le détail de la poignée représentant un monstre ailé bondissant.

 

635e2a Troia, cathédrale, portail est 

635e2b Troia, cathédrale, portail est 

635e2c Troia, cathédrale, portail est 

Et c’est le même Odorisio qui va signer, en 1127, les portes du flanc droit de la cathédrale. La période est troublée, les fonds manquent, le travail doit être rapide, aussi les portes sont-elles plus petites et plus simples, mais très modernes et très belles. Le premier détail représente la cathédrale entourée des remparts qui protègent la ville depuis 1019. Sur l’autre détail, on voit saint Pierre à gauche et saint Paul à droite.

 

635e3a Troia, cathédrale, portail ouest 

635e3b Troia, cathédrale, portail ouest 

Le portail du flanc gauche, à l’ouest, est moderne (on reconnaît au passage la sculpture du tympan que j’ai montrée en gros plan tout à l’heure). Il est daté de 1971, huitième année du pontificat de Paul VI, lequel Paul VI est représenté priant sur un autre panneau. Rien à voir avec la remarquable créativité d’Odorisio, mais l’exécution est, à mon goût, assez réussie.

 

635f1 Troia, cathédrale Santa Maria Assunta 

635f2 Troia, cattedrale di Santa Maria Assunta 

635f3 Troia, cattedrale di Santa Maria Assunta 

Même en ce samedi matin, la cathédrale est fermée. Mais une confrérie, bel uniforme, noble cape noire doublée de soie rouge et rabattue sur l’épaule, est réunie depuis un moment sur la place. Je n’ai pas osé leur demander quelle était cette confrérie… Mais une personne vient ouvrir les portes, c’est une conférencière qui fait visiter la cathédrale au groupe. Après une dizaine de minutes, quelqu’un nous dit que nous pouvons entrer, ils ne sont plus au milieu. Nous ne disposons en conséquence que de peu de temps avant de nous faire mettre à la porte. Temps suffisant néanmoins pour voir les trois nefs séparées par les colonnes antiques dont j’ai parlé au début, ainsi que les très beaux autels du transept.

 

635f4 Troia, cattedrale, Santa Francesca delle Cinque Piagh 

635f5 Troia, cattedrale di Santa Maria Assunta

 

On peut aussi voir quelques peintures, comme cette santa Francesca delle Cinque Piaghe, autrement dit sainte Françoise des Cinq Plaies, une Napolitaine protectrice des femmes en couches. Ou comme ces trois scènes qui me semblent bien être des épisodes concernant la sainte Vierge. Je vois en haut son Couronnement, au milieu il semble que ce soit l’Assomption, bien que je n’en sois pas sûr, et en bas c’est la Dormition. Mais il nous faut ressortir bien vite de la cathédrale, et d’ailleurs je n’ai que trop longtemps parlé de cette église.

 

635g1 Troia, San Basilio 

Hier soir, nous nous promenions dans la rue avec nos appareils photo. Natacha était occupée par je ne sais quoi, moi je regardais une fontaine. Un monsieur m’aborde et me demande si j’ai vu la cathédrale. Je réponds que oui et je ne lui cache pas mon admiration. Il me dit que dans ce sas, j’apprécierai sûrement San Basilio, tout près. Cette église est toujours fermée, mais la personne qui habite la maison en face a la clé, et elle ne refusera certainement pas d’ouvrir la porte.

 

635g2 Troia, Saint Basile 

Je rejoins alors Natacha et l’informe de ce que je viens d’apprendre de la bouche d’un homme fort aimable qui s’est adressé à moi spontanément, sans que je lui demande rien. Nous allons vers cette église. J’avise une jeune femme qui en sort. Fort aimable elle aussi, elle me dit d’attendre, et revient avec une dame d’un certain âge, tout de noir vêtue, qui me parle de façon visiblement charmante, avec de grands sourires, mais visiblement aussi en dialecte. L’autre personne sert d’interprète.

 

635g3 Troia, San Basilio 

Et nous entrons. C’est en effet une vieille église, apparemment contemporaine de la cathédrale primitive ou même antérieure à elle, mais de dimensions beaucoup plus modestes, les deux nefs latérales se réduisant à des couloirs de circulation. Et elle n’a pas été remaniée au cours des siècles.

 

635h1 Troia, San Basilio 

Entre autres, je remarque cette peinture très colorée mais qui me plaît bien. Il s’agit de saint Basile, le patron de l’église.

 

635h2 Troia, San Basilio 

La pierre des fonts baptismaux est visiblement très ancienne, et elle est surmontée d’une belle fresque représentant le baptême de Jésus par saint Jean Baptiste.

 

635h3 Troia, San Basilio 

Et puis j’aime particulièrement cette Vierge toute jeune, vêtue d’une longue robe blanche et d’une grande cape, blanche elle aussi et brodée d’or, qu’elle a posée sur sa tête. Elle est très belle, ni conventionnelle en Immaculée Conception bleue, ni en Vierge à l’Enfant, elle n’est pas affectée, c’est une très jeune femme grave et riche de vie intérieure.

 

635i1 Troia, première université, 1583 

635i2 Troia, ospedale San Giovanni di Dio (sec. XV)

 

Encore deux images de Troia avant de partir. Sur la première, la pancarte jaune fixée au mur signale que là se trouvait le siège de la première université de Troia, le 15 octobre 1583. Ainsi donc, cette ville était assez importante encore à la fin du seizième siècle pour accueillir une université. Et sur l’autre photo on voit l’hôpital Saint Jean de Dieu datant du quinzième siècle.

 

635j1 Entre Troia et Bovino

 

635j2 Entre Troia et Bovino 

Il est temps maintenant de partir vers Bovino. Ce n’est pas bien loin, une petite trentaine de kilomètres vers le sud, mais Bovino se trouve dans la montagne, au bout d’une petite route en lacets, et de plus le paysage est si beau que nous éprouvons le besoin de nous arrêter pour le contempler (et faire des photos par la même occasion).

 

636a Bovino d'après Pline 

Bovino. Perchée là-haut, Bovino occupe une position stratégique. Et d’autant plus stratégique et importante que près de là passe par le col juste en-dessous la route qui va vers Bénévent et Rome. Trajan, détournant à partir de Bénévent la via Appia qui allait vers Tarente et l’embarquement vers la Grèce et, plus tard, vers Byzance, utilisa ce tronçon pour aller vers le nouveau débouché, Brindisi. Quand, à l’époque byzantine, les idées nouvelles arrivèrent d’Orient vers Rome, elles passaient par Bovino avec les hommes qui les portaient, et Bovino devint une étape obligée. Au premier siècle après Jésus-Christ, Pline écrit, comme le rappelle la plaque ci-dessus : “Bovino est une vieille cité située aux premiers confins de l’Apulie, autrefois colonie de population romaine comme le montrent plusieurs documents et vestiges, et appelée alors Vibinum, dont par conséquent les habitants et les populations voisines étaient appelés Vibinates”.

 

636b1 Bovino 

636b2 Bovino 

636b3 Bovino 

De l’Antiquité, de l’époque byzantine, du haut Moyen-Âge, on ne trouve quasiment rien, la cathédrale et le château sont les seuls témoins d’un passé lointain. Un fragment de tour romaine sous un mur du château, quelques pierres du rempart romain, une colonne dans le mur de l’église… Tous les vestiges de monuments anciens se trouvent sans aucun doute sous les bâtiments d’époque romane et devraient être découverts lors de fouilles effectuées sous ces monuments que, bien évidemment, on ne veut pas détruire pour rechercher d’hypothétiques traces d’un passé plus lointain. Mais la ville, dans son état actuel, ne manque pas de charme.

 

636c1 Bovino, cathédrale Santa Maria Assunta 

636c2 Bovino, cattedrale di Santa Maria Assunta 

On ne dispose pas de documents anciens au sujet de la ville et de sa cathédrale. Le plus ancien ne remonte qu’au dixième siècle, alors qu’à l’époque cela faisait au moins trois siècles que Bovino était sous l’emprise culturelle des Lombards établis à Bénévent. Et cette cathédrale elle-même existait avant le dixième siècle. C’était déjà une basilique à trois nefs consacrée à Santa Maria Assunta.

 

636c3 Bovino, cathédrale Santa Maria Assunta 

636c4 Bovino, cathédrale Santa Maria Assunta 

Tout contre elle, se trouvait une petite église. Les reliques de saint Marc étaient conservées à Troia, mais parce qu’il était le saint patron de la communauté chrétienne de Bovino, elles y ont été transférées vers le cinquième ou le sixième siècle, lorsque la ville est devenue siège d’un évêché, et cette petite église dédiée à saint Marc les a accueillies. Puis à la fin du dixième siècle la cathédrale fut réaménagée et transformée et elle a absorbé la petite église Saint Marc, dont une colonne est restée intégrée dans le mur nouveau de la cathédrale agrandie. De la même façon, la sculpture ci-dessus, que l’on aperçoit à l’extrême droite de ma photo de l’église de trois-quarts, est dans la lunette du tympan d’une porte qui appartenait à Saint Marc. Puis la façade a été reconstruite entre 1200 et 1231.

 

636d1 Bovino, cathédrale Santa Maria Assunta 

636d2 Bovino, cathédrale Santa Maria Assunta 

La cathédrale n’a pas été défigurée, comme tant d’autres, par des modifications intempestives surchargeant de stucs baroques des églises non prévues pour cela, mais en 1930 un tremblement de terre a gravement endommagé l’édifice, qui a été reconstruit dans toute la mesure du possible à l’identique et en réutilisant les éléments jetés à terre par le séisme, si bien que la cathédrale est pratiquement aujourd’hui, malgré ce dramatique accident, identique à ce qu’elle était à l’origine. Et récemment, elle a été élevée au rang de Basilique Mineure.

 

636e1 Bovino, cathédrale Santa Maria Assunta 

636e2 Bovino, cattedrale di Santa Maria Assunta 

Dans cette église aux lignes épurées et simples, ces autels latéraux font figure d’œuvres d’art luxueuses. Ainsi, ils n’en expriment que mieux le respect et le culte des fidèles.

 

636f1 Bovino, cathédrale Santa Maria Assunta 

636f2 Bovino, cattedrale di Santa Maria Assunta 

Témoins de l’ancienneté de l’édifice, on trouve par exemple ce gisant de pierre représentant un personnage qui a été enterré ici dans l’église. L’absence d’inscription ne permet pas d’identifier ce chevalier. L’autre photo montre l’une des pierres aux motifs arabes incrustées dans le mur.

 

636g1 Bovino, cathédrale Santa Maria Assunta 

636g2 Bovino, cathédrale Santa Maria Assunta 

Avant de quitter la cathédrale, je voudrais montrer ces deux statues de Vierge à l’Enfant, que tout oppose. En 1266, Marie est apparue à un humble personnage du nom de Niccolò, disant qu’elle venait de lieux lointains que l’on a symboliquement identifiés avec Valverde, en Espagne. La chapelle où se trouve la première statue est nommée Santuario di Santa Maria di Valleverde. Avec des cheveux naturels, de somptueux vêtements blancs et de riches couronnes d’argent, elle est très belle. C’est dans la seconde statue en bois sombre et partiellement polychrome qu’au treizième siècle, dans ce style byzantino-gothique finalement très naturel, très moderne, a été représentée à l’origine la Vierge de l’apparition. Finalement, belles toutes deux elles montrent comment un même sujet peut être traité de façon différente, quoique tout aussi intense.

 

636h1 Bovino, le château normand 

636h2 Bovino, il castello normanno 

Nous ressortons de la ville et franchissons sa porte pour monter vers le château construit aux onzième et douzième siècles sur les restes d’une antique tour romaine comme je l’évoquais tout à l’heure, et précédé de sa tour normande soutenue par une puissante barbacane pyramidale. Au treizième siècle, Frédéric II le fait transformer, puis Manfred, son fils, y séjourne.

 

636h3 Bovino, le château normand 

Par la suite, au fil des siècles, il perd peu à peu sa fonction défensive et est transformé en un riche palais d’habitation par les ducs Guevara qui l’acquièrent en 1575 et en resteront propriétaires pendant trois siècles. Aujourd’hui, il propose un Bed and Breakfast luxueux et abrite un musée intéressant, mais où la photo est malheureusement interdite. Tant pis pour mes lecteurs, ils seront obligés de se rendre à Bovino pour savoir ce qui s’y trouve.

 

636i Vue du château normand de Bovino

 

En montant vers une terrasse du château, on peut admirer le vaste panorama, ainsi que la vue sur la ville. Quand je disais, au début, que notre journée à Troia et Bovino était pleine de merveilles… Mais il nous faut nous arracher à tout cela parce que ce soir nous avons prévu de nous rendre à Venosa, à quelque soixante quinze kilomètres.

 

636j Bovino, panorama depuis l'esplanade du château 

Et malgré le chemin qui nous attend, nous ne pouvons résister à l’envie de nous arrêter quelques minutes sur le bord de la route pour contempler les couleurs du couchant sur la montagne. Il n’est pas vraiment tard puisque cette photo est prise à 16h39, mais en cette fin d’octobre, et près de la limite orientale du fuseau horaire, le soleil se couche tôt. Plus loin, dédaignant Melfi et son château, nous faisons un crochet par Rionero in Vulture (c’est à moins de dix kilomètres de notre route) pour aller jeter un coup d’œil à la ville natale de notre amie Donatine. Mais cette fois-ci, il fait complètement noir. Nous en repartirons sans une seule photo, hélas. Tout à l’heure, nous sommes donc finalement arrivés à Venosa. À l’entrée de la ville, un grand parking désert nous accueille pour la nuit (espérons que nous n’aurons pas la même surprise qu’à Foggia). Rendez-vous demain pour de prochaines visites.

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Published by Thierry Jamard
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