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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 20:29
704a1 Vassès (ou Bassae)
 
C’est un peu dommage : préparatifs après treize jours au camping d’Olympie, adieux à un jeune chien qui nous a adoptés, café chez les propriétaires Thucydide et Lia, puis halte dans Pyrgos sans pour autant y visiter quoi que ce soit, recherche infructueuse sur la côte d’un lieu agréable où nous installer, et c’est de nuit, sans rien voir, que nous grimpons dans la montagne vers le site du temple d’Apollon Epikourios à… comment dire ? Cela s’écrit Bassai en grec ancien, en latin Bassæ, or la terminaison en grec moderne a changé et le B ancien se prononce V, d’où le nom de Vassès. Les éditeurs de guides ou de livres, les panneaux routiers bilingues, hésitent généralement entre deux formes, Bassæ ou Vassès. L’une et l’autre se partagent leur faveur à peu près à égalité.
 
Le temps, les intempéries, les tremblements de terre aussi, ont causé bien des dommages aux monuments de l’Antiquité, mais les pires dommages qu’ils ont subis ont été le fait des hommes. Dans bien des endroits, ces monuments devenus inutiles ont servi de carrières de pierres toutes taillées pour construire des maisons. Les guerres ne les ont pas épargnés, comme le Parthénon d’Athènes qui, servant aux Turcs de dépôt d’armes et de poudrière, a de ce fait été la cible des canons vénitiens et a explosé. Pire peut-être parce que partout, le passage du paganisme au christianisme s’est accompagné d’une récupération des temples antiques pour les transformer en églises chrétiennes. Cela, certes, assurait l’entretien du bâtiment et en empêchait le pillage des pierres, mais cela entraînait aussi des transformations telles que la systématique destruction de la cella et des autres constructions intérieures pour que de tout point on puisse voir la célébration. Ici à Vassès, nous sommes dans un lieu isolé et sauvage, à 1130 mètres d’altitude, au bord de profonds ravins, à plusieurs kilomètres de la moindre agglomération (Phigaleia est à 8 kilomètres) par une route de montagne difficile qui, il y a encore peu, n’était qu’un mauvais chemin. Il était plus pénible d’aller piller les pierres de ce temple et de les rapporter au village que d’en extraire de nouvelles de la montagne, et aucun ecclésiastique n’a éprouvé l’envie de créer au prix de lourds travaux de destruction et de modifications une église là où il n’y aurait eu aucun fidèle pour se rendre aux offices.
 
704a2 Vassès, temple d'Apollon Epikourios
 
704a3 Bassae, temple d'Apollon Epikourios
 
704a4 Bassae, temple d'Apollon Epikourios
 
Ce n’est qu’en 1765 que, pour la première fois depuis sa désaffection après la disparition du paganisme, le temple de Vassès est remarqué et fait l’objet d’un écrit : Bocher, un architecte français, passe par là tout à fait par hasard, remarque ce temple et très vite parvient à l’identifier. Revenu sur les lieux en 1787 en compagnie de Fauvel, consul de France, il note que, à l’exception de deux colonnes d’angle, toutes les colonnes sont encore in situ avec les architraves. Il y avait toutefois à l’intérieur un monceau de ruines de quatre mètres de haut, très probablement une démolition volontaire ordonnée par l’empereur romain Auguste (27 avant Jésus-Christ, 14 après) pour faire venir à Rome des bas-reliefs grecs destinés à embellir les nombreux bâtiments qu’il fait construire, et plus tard les poutres de bois qui soutenaient le toit ont cédé et le toit s’est effondré. On a donc retrouvé le temple dans un état somme toute correct à la fin du dix-huitième siècle, mais on ne l’entretient pas pour autant, si bien qu’au vingtième siècle, épargné par les hommes, il risque d’être victime de la nature et de disparaître. Quelques travaux sont entrepris de 1902 à 1908. En 1965, enfin, alors que trois colonnes, très inclinées, sont sur le point de s’écrouler, entraînant tout l’ensemble, parce que les eaux de pluie ont miné le sol et que le soubassement du temple s’est affaissé de façon significative, on se préoccupe enfin de lui. Des travaux d’urgence sont entrepris, mais ils sont inesthétiques et provisoires, ce n’est qu’une opération de sauvetage. À l’automne 1987, les travaux sont très peu avancés et la pluie, le gel surtout, peuvent dégrader le bâtiment, construit en un calcaire local relativement fragile, plus vite qu’on ne le restaure, aussi décide-t-on de le protéger sous une immense tente, le temps de procéder aux travaux. La tente, au toit en cinq pointes, fait 54 mètres de long sur 18,50 mètres de haut. Les années passent et les travaux n’avancent que bien lentement. Et je lis aujourd’hui que l’effet de la tente, qui n’a de négatif que l’esthétique, est très positif pour le monument et que “ce n’est probablement pas une solution définitive”. Ce “probablement” me fait peur. Pour la période 2000-2006, deux demandes de subvention européenne ont obtenu une réponse favorable. Le devis était de 2.463.041,17 Euros d’une part, de 371.693,09 Euros d’autre part, l’Union Européenne mettait 80% si la Grèce (État, Région, Association, Mécène, peu importe) mettait les 20% restants. Mais pour éviter tout détournement, et de façon fort logique, il faut tout financer puis, au vu des travaux effectués, l’Europe procède au remboursement des 80%. Et comme la Grèce est dans une situation de crise financière très aiguë, ce financement initial est difficile…
 
704b1 Bassae, temple d'Apollon Epikourios
 
704b2 Vassès, temple d'Apollon Epikourios
 
Au deuxième siècle de notre ère, Pausanias nous informe qu’Ictinos, l’architecte du Parthénon d’Athènes, a construit ce temple d’Apollon vers 420 avant Jésus-Christ, mais le culte d’Apollon ici est plus ancien, comme l’attestent les découvertes archéologiques. Quand les Doriens sont arrivés en Grèce en important le culte des dieux de l’Olympe, Apollon n’était pas encore le dieu de la lumière, le Phébus qui conduit le char du soleil, le musicien, c’était un dieu guerrier. Aussi lorsqu’en 629 avant Jésus-Christ les habitants de Phigaleia, la ville la plus proche, prise par les Spartiates en 659, parvinrent à s’arracher des griffes de Sparte après avoir invoqué le dieu, ils lui construisirent un premier sanctuaire en action de grâces. D’où la découverte de nombreuses armes votives sur le site. Puis, à l’époque classique, à l’époque de la Guerre du Péloponnèse, Apollon a évolué, il a déposé les armes, et comme l’épidémie de peste qui frappe la Grèce épargne cette Phigaleia isolée dans la montagne, pas de doute, c’est parce que le dieu l’a protégée. On va lui construire le temple actuel, consacré à Apollon Epikourios, Apollon Qui Prête Assistance. Les fondations du temple archaïque ont été retrouvées, le nouveau temple leur correspond à peu près, et les archéologues ont pu voir que la partie nord de l’ancien temple a été démolie quand le nouveau a été achevé. Une merveille telle que l’UNESCO l’a classée au Patrimoine Mondial de l’Humanité. Pausanias, le seul auteur antique qui mentionne ce temple (sans lui, nous ne saurions même pas à quel dieu il était consacré), ajoute que "plus haut que le sanctuaire d’Apollon Qui Prête Assistance, il est un lieu appelé Cotilum, et là il y a une Aphrodite de Cotilum, elle a un temple et une statue, mais le toit du temple a disparu". Aujourd’hui, j’ai un peu cherché, je n’ai pas trouvé trace de ce temple.
 
704b3 Vassès, temple d'Apollon Epikourios
 
704c1 Vassès, temple d'Apollon Epikourios
 
704c2 Vassès, temple d'Apollon Epikourios
 
704c3 Bassae, temple d'Apollon Epikourios
 
On ne peut malheureusement pas entrer à l’intérieur du temple pour voir de près la cella, sa colonnade intérieure, sa frise sculptée, néanmoins on peut en voir l’architecture et il est exceptionnel, comme je le disais au début de cet article, qu’un temple ait conservé autre chose que sa colonnade extérieure.
 
J’ajoute quelque chose qui est sans rapport avec ce temple mais qui m’a touché. Aujourd’hui premier mai, je n’ai pas trouvé dans le calendrier orthodoxe une fête particulière, et cette année, comme cela arrive de temps à autre, Pâques orthodoxe était le même jour que Pâques catholique, dimanche dernier. Peut-être ce qui s’est passé est-il en rapport avec la Fête du Travail. Voici : Aujourd’hui, l’entrée est gratuite, il y a pas mal de monde, des familles grecques endimanchées, grands-parents, parents, petits-enfants. Une petite dame d’un certain âge, d’aspect bien grec dans ses vêtements noirs et son fichu noir, s’écarte un instant de ses enfants et de ses petits-enfants grands adolescents, s’approche de nous, sort de son sac deux pâtisseries maison et nous en offre une à chacun. Sans doute ses petits-enfants, qui sont d’allure très moderne, ont-ils étudié l’anglais ou le français, mais ils sont loin et nous ne comprenons pas ce que nous dit cette dame. En quel honneur elle nous offre ces gâteaux. À quel titre, ne nous connaissant pas elle nous choisit nous, parmi les nombreux visiteurs. Nous remercions, elle retourne vers sa famille et nous, nous continuons notre visite. Puis Natacha et moi, chacun de notre côté, nous nous promenons sur le site, hors tente, et un bon moment plus tard, je vois toute cette famille se diriger vers la sortie, je fais de loin un signe amical à la grand-mère, qui me répond d’un grand sourire, mais sa petite-fille doit être au courant, parce qu’elle aussi me fait un signe d’au revoir en souriant gentiment. Un bien long paragraphe pour quelque chose qui, pour le lecteur, paraîtra peut-être sans intérêt, mais comme dans notre société moderne chacun a tendance à ignorer superbement l’autre, ce fait m’a marqué, m’a touché et compte pour moi.
 
704d1 Pont byzantin de Karytaina
 
704d2 Pont byzantin de Karytaina
 
704d3 Pont byzantin de Karytaina
 
Nous étions à Nauplie, Tirynthe, Némée, Lerne, soit le nord-est du Péloponnèse, quand la perspective de revoir nos amis Pierre et Donatine nous a fait traverser d’est en ouest, Tripoli, Mantinée, Olympie. Nous retournons à présent vers l’est pour reprendre "dans l’ordre" notre tour du Péloponnèse mais, tels les Rois Mages, nous ne rentrons pas par le même chemin (pourtant, le seul Hérode du coin est Hérode Atticus et il n’est pas dangereux). Il y a la route du nord que nous avons prise à l’aller, et la route du sud, plus commode pour regagner Tripoli, puisque nous sommes allés à Vassès, qui est au sud d’Olympie. Arrivés à l’entrée du village de Karytaina, nous laissons le camping-car sur un terre-plein pour aller voir un pont byzantin. On descend par un petit chemin vers la rivière Alphée, pour traverser ce pont doublé par le pont routier moderne et insipide.
 
704e1 Pont byzantin de Karytaina
 
704e2 Pont byzantin de Karytaina
 
704e3 Pont byzantin de Karytaina
 
Ce pont portait la route qui menait vers le piton où se dressait le château franc construit au treizième siècle par… Ici, je dois dire que je ne dispose d’aucune information sur les lieux, autre qu’un panneau placé au bord de la route, et rédigé en grec uniquement. J’ai donc dû essayer de comprendre ce qui y est dit, ce qui malgré mon très, très faible niveau en grec moderne n’a pas été trop difficile, mais le nom propre… Γοδεφρείδο ντε Μπρυγιέρ… Tenant compte du fait que NT en grec est l’équivalent de D en français, les deux premiers mots sont clairs, Godefreido de = Godefroy de [quelque chose]. MP équivalant à notre B et le G étant plus ou moins le G final de l’allemand Honig, König, le nom de famille Brygier peut être Brière, ou, parce que le son du français U n’existe pas en grec, le Y (I) peut en tenir lieu, et on aurait alors Bruyère. Or je ne connais ni Godefroy de Brière, ni Godefroy de Bruyère. Mais les ruines de ce château fortifié, de ce Kastro, sont réduites à presque rien nous dit-on, aussi n’y allons-nous pas. Sur le pont lui-même, rien, si ce n’est à la fin d’une phrase qui dit (je me fais plaisir en l’écrivant en grec d’abord) "Σημαντικός είναι ο αριθμός των Βυζαντινών και μεταβυζαντινών εκκλησιών όπως ο Άγιος Νικόλαος…", soit "Significatif est le nombre d’églises byzantines et post byzantines comme Saint Nicolas…", et suit une liste d’églises, puis est signalé le pont "το βυζαντινό γεφύρι του Αλφειού με την εντοιχισμένη εκκλησία της Παναγίας (Γέννηση της Θεοτόκου)", c’est-à-dire "le pont byzantin de l’Alphée avec l’église de la Vierge (Naissance de la Mère de Dieu) prise dans les murs". C’est bien pauvre. Mais au moins ai-je le nom de cette petite chapelle.
 
Si j’ai écrit ces quelques mots en grec, c’est aussi pour montrer que, passée la barrière de l’alphabet qui n’est absolument pas un obstacle pour qui a étudié ne serait-ce qu’un an le grec ancien, ces phrases sont faciles à comprendre. On sait ce que sont la sémantique et l’arithmétique, alors semantikos veut dire significatif et arithmos veut dire nombre. Je n’ai donc rien fait de génial en donnant cette traduction, et je maintiens que mon niveau en grec moderne est nul, parce que si l’on me donne à traduire un article de journal concernant la situation économique de la Grèce, je n’y comprends strictement rien.
 
704f Megalopoli, Thersilion (assemblée des Dix Mille)
 
Ma nullité d’ailleurs, après quatre mois et demi en Grèce, me fait un peu honte, alors partons vite. Une quinzaine de kilomètres plus loin, nous voici à Megalopoli, la "Grande Ville", patrie de l’historien Polybe (204-122 avant Jésus-Christ). Le 16 avril, au sujet de Mantinée où est mort le grand général thébain Épaminondas, j’ai un peu évoqué les démêlés de Thèbes et de Sparte, et la grande victoire de Leuctres remportée par cet excellent stratège. Désormais, la suprématie de Thèbes en Grèce était assurée, mais il s’agissait de se prémunir contre une revanche du vaincu. Épaminondas reconstruit Messène que Sparte avait rasée, il la fortifie, mais vers le nord il juge prudent de fonder une ville destinée à servir de rempart en direction de Thèbes. Cette ville, édifiée de 371 à 368, c’est Megalopoli. Elle deviendra le siège de la Ligue Arcadienne ; l’Arcadie est cette grande région au centre du Péloponnèse, située au sud de l’Achaïe (Patra) et à l’est de l’Élide (Pyrgos, Olympie, Vassès). L’assemblée de cette Ligue, réunissant les représentants de toute la région, s’appelle les Dix Mille. Il lui faut une immense salle pour se réunir, c’est elle que nous voyons sur la photo ci-dessus. Soixante-six mètres de long, cinquante trois de large, elle était soutenue par soixante-sept colonnes que l’architecte avait savamment placées pour que tous les assistants puissent voir l’orateur qui se tenait au milieu du côté gauche de la photo. On appelle cette salle le Thersilion, du nom de celui qui l’a construite. Mantinée avait appartenu à cette Ligue Arcadienne, ses représentants avaient siégé ici même, et c’est lorsqu’elle a trahi en passant du côté de Sparte qu’a eu lieu cette bataille de Mantinée dont je parlais l’autre jour.
 
704g1 Megalopoli, le théâtre
 
704g2 Megalopoli, près du théâtre
 
Non loin, on arrive au théâtre. Il est enfermé derrière des grilles et rien, ni baraque de vente de tickets, ni plaque sur la grille, n’indique que l’on peut le visiter. Il me semblait –mais ma mémoire me trompe peut-être– qu’en 1978 nous avions pu y pénétrer. Il est vrai qu’en dehors de ses dimensions qui en font, avec Dodone, l’un des plus grands théâtres du monde grec, avec un diamètre de 145 mètres, avec une cavea qui comporte cinquante-neuf rangées de sièges, avec une capacité de vingt mille spectateurs, il n’a rien d’exceptionnel à voir, il est en très mauvais état, et il ne reste rien de sa scène, de son entrée, etc. Ce n’est pas Épidaure…
 
704h Megalopoli
 
Le sol de Megalopoli est riche de lignite, que l’on exploite à ciel ouvert. Puis ce combustible est brûlé depuis 1969 dans une centrale électrique thermique que l’on a pu apercevoir sur ma photo du Thersilion et que je montre ici plus clairement. On peut apprécier la terrible pollution atmosphérique, mais ce que l’on ne voit pas sur la photo, ce sont les rejets dans l’Alphée, la rivière que franchit le pont byzantin de Karytaina. Heureusement, la situation va s’améliorer. Ce n’est pas un projet plus ou moins flou qui pourra ou non se réaliser, mais c’est d’ores et déjà une réalité. Une turbine à gaz à cycle combiné a déjà quitté l’usine de General Electric de Belfort, en France. Une autre va suivre, ainsi qu’une turbine à vapeur et trois groupes électrogènes. Ce matériel remplacera à court terme –délai d’installation et de mise en route, soit quatrième trimestre 2012– les quatre unités thermiques au lignite. On sait que les rejets de combustion du gaz naturel ont un impact infiniment moindre sur l’environnement (ce n’est pas pour rien si dans plusieurs pays le GPL est détaxé afin d’inciter les automobilistes à rouler propre au gaz). En revanche, j’ai cherché des informations concernant les incidences sur l’emploi et je n’ai rien trouvé. Megalopoli est le seule ville du secteur à avoir vu sa population augmenter ces dernières années, nombreux sont les habitants qui travaillent pour la centrale et je crains (mais sans aucun élément pour confirmer ou infirmer mes craintes) qu’une centrale plus moderne, liée à l’arrêt d’exploitation du gisement de lignite, ne provoque une vague de chômage dans un pays où les autres villes, les autres régions ne recrutent pas et sont en récession. Et pourtant, avec ce progrès écologique, je voudrais tant pouvoir conclure cet article sur une note optimiste…

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Published by Thierry Jamard
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commentaires

Arnaud David 07/07/2011 00:29


Toujours aussi intéressant.
Depuis que vous êtes partis, je n'ai plus d'adresse e-mail pour vous joindre. Peux-tu, stp, m'en envoyer une valide ?
Merci.
Bises,

Arnaud


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