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10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 20:36

373a Rome, cirque de Maxence

 

Lorsque, lors d’un voyage à Rome, on veut percevoir ce qu’était la vie dans l’Antiquité romaine, les ruines que l’on voit aux thermes de Dioclétien ou de Caracalla, les murailles, les restes d’aqueducs, et puis plus loin la Villa Adriana ou Ostia Antica, tout cela permet de se faire une idée des dimensions, des formes, des dispositions. Les musées montrent la décoration, les statues, les tombes et sarcophages. Mais ce que les yeux voyaient à cette époque, ce n’étaient pas des ruines, et ce qui est conservé en l’état ne se voit pas partout. Pour les intérieurs, ce n’est guère que dans le splendide Palazzo Massimo alle Terme, avec la villa de Livia et la villa Farnesina. Pour les extérieurs, la promenade sur la Via Appia Antica s’impose. C’est notre promenade de ce jour.

 

Nous commençons (ce sont encore des ruines...) par le cirque de l’empereur Maxence (Circo di Massenzio) qui a régné de 306 à 312 et s’était fait construire ici à proximité une résidence. C’est, comme le Circo Massimo, une piste de courses de chars à deux ou quatre chevaux (biges ou quadriges). Les deux tours qui se trouvent à l’extrémité sont bien conservées, entre elles se trouvait la construction d’où était donné le départ.

 

373b Rome, cirque de Maxence

 

La piste était beaucoup plus courte que celle du Circo Massimo. Sur la photo on voit bien la borne (appelée meta), à l’extrémité de la piste, autour de laquelle les chars devaient tourner et qui était la cause de nombreux accidents si l’un des concurrents, pour gagner du temps, voulait tourner au plus court et heurtait la pierre de sa roue, qui pouvait alors se briser ou se détacher.

 

373c Rome, cirque de Maxence

 

Sur la photo précédente, on pouvait voir derrière la borne, et sur toute la longueur, la séparation longitudinale de la piste, appelée spina. La photo ci-dessus montre cette spina de l’intérieur. On voit qu’elle est large, puisqu’elle correspond au diamètre du demi-cercle autour de la meta. Il est évident que les chars ne pouvaient pas tourner à 180° sur place.

 

373d Rome, cirque de Maxence

 

À l’autre extrémité de la piste, cet arc de triomphe clôt le cirque. Une plaque (dont je ne présente pas la photo parce qu’il s’agit d’une reconstitution contemporaine du texte qui était gravé là) précise que cet arc était dédié à Romulus. Ce Romulus est le fils de Maxence, mort très jeune. L’empereur lui a fait construire en outre un mausolée (du côté des tours), mais des maisons se sont construites dedans et autour si bien qu’on n’en voit que des pans de murs. Là encore, je ne mets pas la photo que j’en ai faite, parce qu’elle n’est représentative de rien.

 

373e Rome, cirque de Maxence

 

373f Rome, cirque de Maxence

 

Ici, le grand mur qui suit le flanc de la piste. Évidemment, tout cela est en ruines, aussi les responsables du site ont-ils eu l’intelligence de mettre, sur les panneaux explicatifs, une représentation de ce qu’avait dû être le cirque à l’époque. Il faut reconnaître que ça avait de l’allure !

 

374a Rome, mausolée de Cecilia Metella

 

Un peu plus loin, se trouve la tombe mausolée de Cecilia Metella. Cette personne était l’épouse d’un certain Crassus, fils de l’un des triumvirs, Crassus père, qui partagea le pouvoir avec César et Pompée en 60 avant Jésus-Christ. Son mari, après sa mort, avait voulu lui construire un mausolée à la mesure de sa puissance et de sa richesse. Stendhal commente que "les citoyens riches du siècle d’Auguste avaient horreur de l’oubli profond où ils allaient tomber dès le lendemain de leur mort. De là la pyramide de Cestius, qui n'était qu'un financier ; le tombeau de Cecilia Metella, femme du riche Crassus, etc., etc. Ces gens-là ont réussi, puisque moi, Allobroge, venu du fond du nord, j’écris leurs noms, et que vous les lisez tant de siècles après eux". [Nota : les Allobroges sont les Gaulois de la région de l'Isère, or Stendhal est né à Grenoble]. Et il est vrai que 21 siècles plus tard, nous avons couru voir ladite pyramide les 17 et 18 décembre, et que nous avons pris un billet aujourd’hui pour rendre visite à Cecilia Metella.

 

374b Rome, mausolée de Cecilia Metella

 

Ce monument, construit sur le même principe que, un siècle et demi plus tard, celui d’Hadrien (château Saint-Ange), à savoir une base carrée surmontée d’une énorme construction circulaire, a été transformé en forteresse au quatorzième siècle, avec ces créneaux sur le faîte.

 

374c Rome, mausolée de Cecilia Metella

 

On voit, sur une frise tout autour du bâtiment, ces crânes de bovins que l’on appelle, par leur nom grec –parce qu’il s’agit d’un élément décoratif grec– des bucranes. On les retrouve aussi épars ici ou là, comme sur cette plaque de marbre fixée sur le mur de brique. De là le nom donné à ce lieudit, Capo di Bove, c’est-à-dire Tête de Bœuf en italien.

 

374d Rome, mausolée de Cecilia Metella

 

Les dimensions des salles intérieures sont impressionnantes. Mais si l’on cherche à voir le sarcophage ou une pierre tombale de la femme enterrée là, il n’y a rien. Stendhal –toujours lui– décrivant dans un autre chapitre de ses Promenades dans Rome le palais Farnèse, siège aujourd’hui de l’ambassade de France, parle de la cour intérieure carrée, bordée d’un portique. "C’est sous ce portique, écrit-il, que l’on a déposé la grande urne sépulcrale de marbre de Paros qui appartint à Cecilia Metella. Reléguée dans un coin de la cour, cette urne ne produit aucun effet ; c’est une faute de goût du siècle de Paul III de l’avoir enlevée au monument dont elle formait la partie principale". Paul III, 1534-1550.

 

374e Rome, mausolée de Cecilia Metella

 

La via Appia avait été construite en tuf pépérin, pierre insuffisamment dure qui s’est usée sous les roues des voitures. L’historien Tite-Live raconte qu’en 189 avant Jésus-Christ des travaux ont remplacé le tuf par de la lave volcanique. Or le sol, sous la tombe de Cecilia Metella, recèle une coulée de lave. Du fond des galeries, par des puits comme celui-ci, les blocs de lave étaient remontés à la surface.

 

374f Rome, mausolée de Cecilia Metella

 

Dans le mausolée, ont été apportés pour faire une sorte de musée toutes sortes d’objets trouvés dans ou sur les tombes de la via Appia. La loi romaine interdisait d’ensevelir les morts dans ses murs. Les tombes étaient donc à l’extérieur, mais pour plus de commodité d’accès les tombes étaient placées le long des routes On a vu cela aux Alyscamps d’Arles lors de notre passage le 21 septembre. Saint Laurent a été enterré sur la via Tiburtina (nous visiterons bientôt la basilique San Lorenzo fuori le Mura, Saint Laurent hors les Murs), saint Paul sur la via Ostiense (nous irons aussi à la basilique San Paolo fuori le Mura), et tout le long de la via Appia, on peut voir de nombreux tombeaux dont les stèles (comme celle-ci), parce qu’elles risquaient d’être volées, ont été rassemblées dans ce mausolée.

 

374g Rome, mausolée de Cecilia Metella

 

D’autres stèles sont rédigées en grec, comme celle de cet enfant de Pontianos. Il y a aussi des fragments de frises ou de colonnes, des statues, etc.

 

374h Rome, mausolée de Cecilia Metella

 

Encore une pierre. Celle-ci n’est pas indifférente, c’est celle d’un licteur, c’est-à-dire d’un homme attaché comme garde du corps à un haut dignitaire. L’empereur, par exemple, aura droit à 12 licteurs jusqu’à Domitien, le douzième et dernier César, et à 24 licteurs ensuite, à partir de Nerva. Ce sont un peu les gardes républicains français d'aujourd'hui, dont les insignes étaient non pas un uniforme, mais le port de faisceaux. Autour des murs de Rome, comme autour de toutes les villes, est un espace consacré, le pomerium, qu’il est interdit de franchir en armes. Au-delà de cet espace, les licteurs fixaient à leurs faisceaux une hache, symbole du droit de vie et de mort. C’est le pistolet de nos gardes républicains qu’eux ont le droit et le devoir de porter dans les murs de Paris, mais mieux vaut pour eux, pour leur avancement et pour leur liberté, qu’ils ne s’en servent pas trop.

 

Nous sommes à Rome, et ces faisceaux ont été choisis par Mussolini comme symbole de son régime, lui donnant son nom de fascisme. Je trouve extrêmement dommage que des choix historiques stigmatisent définitivement des symboles romains antiques. Je veux dire que quiconque voudrait se référer aux faisceaux des licteurs serait immédiatement catalogué comme fasciste politiquement. Autrefois, dans une autre vie, lorsque j’étais professeur et que j’enseignais le latin, j’aurais trouvé amusant de saluer mes élèves, à l’entrée en classe, comme l’auraient fait des Romains dans l’Antiquité, en tendant le bras droit. Je ne l’ai jamais fait, pour que l’on ne me croie pas nazi, adhérant à une idéologie que j’abhorre. Mais pourquoi Mussolini, pourquoi Hitler, se sont-ils approprié ce qui ne leur appartient pas, ce qui appartient à notre culture de peuples latinisés ? Peut-être conviendrait-il de leur reprendre ce qu’ils nous ont volé, à nous tous Européens, Français, Allemands, Italiens et autres, car je me garde bien d’assimiler le nazisme au peuple allemand, le fascisme au peuple italien, le franquisme au peuple espagnol, le pétainisme au peuple français de même d’ailleurs que –ce que j’ai bien connu– le pinochetisme au peuple chilien.

 

375a Rome, Via Appia Antica

 

Ces monuments, le cirque de Maxence, le tombeau de Cecilia Metella, étaient déjà sur la via Appia Antica. Mais le sol en était moderne. La promenade d’aujourd’hui comporte pas mal de marche à pied. Cette route retrouve son aspect antique au-delà de ce mausolée, pavée de gros blocs de lave, et l’on voit la campagne romaine telle qu’elle était, à cela près qu’elle était, dans l’Antiquité et jusqu’au siècle dernier, infestée de malaria, attirant des foules de moustiques dans ses terres marécageuses. Mais l’aspect reste agréable. Le norvégien Hendrik Ibsen (l’auteur de Maison de Poupée et des Revenants) écrit : "Quelle nature splendide, ici. À la fois dans la forme et la couleur, il y a une harmonie indescriptible. Je vais souvent m’étendre une demi-journée parmi les tombes".

 

Le nom de la via Appia lui vient d’Appius Claudius qui l’a créée en 312 avant Jésus-Christ, partant du centre de Rome et allant jusqu’à Capoue, ville au nord de Naples, un peu à l’intérieur des terres. Un siècle plus tard, elle était prolongée jusqu’à l’est du pays, arrivant à Brindisi (dans les Pouilles, talon de la botte italienne, face à l’Albanie et à l’île grecque de Corfou. C’est de là que nous nous embarquerons pour la Grèce si, un jour, nous parvenons à nous arracher à l’emprise de Rome).

 

375b Rome, Via Appia Antica

 

L’écartement des roues des chars était standard. On en retrouve la tradition aujourd’hui dans l’écartement des roues des trains d’Europe occidentale (Espagne exceptée) à 1,432 mètre. Ce n’est pas très visible sur ma photo, mais en regardant bien on distingue l’usure de la pierre là où toutes les roues passaient. Et comme, on l’a vu, cette pierre était très dure depuis l’an 189 où l’on avait refait le pavement, cela signifie beaucoup de passages sur cette route très fréquentée. Ces photos montrent un paysage qui permet de se croire dans l’Antiquité. Quand on n’est pas dérangé par une voiture (la circulation automobile est interdite, mais les riverains bénéficient d’une dérogation), le paysage n’a guère dû changer depuis l’époque de César ou celle d’Hadrien. Heureusement, nous ne sommes pas en 73 avant Jésus-Christ, où Spartacus est vaincu et où, le long de la via Appia, sont crucifiés sur ordre de Crassus, le beau-père de Cecilia Metella, six mille des esclaves qui l'avaient suivi dans sa révolte. Parodiant Théodore de Banville qui écrit "C’est le verger du roi Louis", je dirais tristement que "c’était le verger des Romains".

 

375c Rome, Via Appia Antica

 

La promenade jusqu’au bout de la partie restée plus ou moins intacte représente environ quatre ou cinq kilomètres. Sur ce pavage rudimentaire, la marche n’est pas aisée, mais il faut s’imaginer que les Romains se déplaçaient en char sur ces routes, des véhicules sans pneus et sans suspensions. Pour ceux qui utilisaient le moyen de transport individuel du cheval, le problème était pour leur monture, mais pour ceux qui se faisaient tracter, quelle épreuve pour leurs lombaires… Quand on voit l’absence totale de planéité de la chaussée et que l’on considère les centaines, voire les milliers de kilomètres que les gens pouvaient parcourir en plusieurs jours de voyage, on se dit que la civilisation moderne a dû rendre bien fragiles nos colonnes vertébrales.

 

375d Rome, Tombe d'un Curiace

 

Soit à travers l’histoire romaine (plus ou moins légendaire) soit à travers la tragédie de Corneille, on connaît l’histoire des Horaces et des Curiaces. Les villes de Rome et d’Albe (dont Albano Laziale a conservé le nom, mais qui s’étendait jusqu’à Castel Gandolfo, où le pape a sa résidence d'été) sont rivales depuis la fondation de Rome. Plutôt que de se faire une guerre destructrice pour les deux, elles décident de faire s’affronter les trois frères Horaces du côté de Rome et les trois frères Curiaces du côté d’Albe. Le combat s’engage, et deux Horaces sont tués alors que leurs trois adversaires sont blessés à des degrés divers. Le survivant Horace fait demi-tour et part en courant. Clopinant plus ou moins vite en fonction de leurs blessures, les trois Curiaces se lancent à sa poursuite, croyant qu’il s’enfuit, terrorisé. Mais c’est une ruse et, faisant face à ses trois adversaires en ordre dispersé, il les tue l’un après l’autre, donnant à Rome la victoire. Eh bien ce mausolée est censé être la tombe de l’un des Curiaces.

 

375e Rome, villa des Quintili

 

375f Rome, villa des Quintili

 

Arrivé presque au bout de cette voie Appia conservée, il faut revenir pour prendre son bus. Cela fait pas mal de marche à pied et, avec les visites et les arrêts photo, cela prend assez longtemps. Arrivant à la villa des Quintili, nous constatons que seule l’entrée sur la via Appia Nuova est ouverte, alors que nos guides disaient que le week-end les deux entrées sont ouvertes. C’est un long trajet. D’après les descriptions, il semble que ce soit assez intéressant, sans plus. Nous préférons renoncer et repartir tout de suite vers les catacombes. Nous pouvons cependant faire quelques photos à travers les grilles (ci-dessus).

 

375g Rome, catacombe de st Sébastien

 

Nous commençons par la catacombe de saint Sébastien. Je ne montrerai aucune photo de ces catacombes, la photo étant interdite. Ici, c’est semble-t-il pour raison de respect religieux puisqu’il s’agit de cimetières souterrains. Nous sommes un petit groupe emmené par un guide qui nous débite un laïus en anglais, un texte appris, récité sans un regard pour ses ouailles, sans aucune inter activité, et puisque pour une raison que j’ignore les visites de catacombes sont limitées à 25 minutes, il nous entraîne de salle en salle sans que nous comprenions bien ce que sont ces divers corridors ni qui y a été enseveli.

 

Ce n’est que lorsque nous nous retrouvons dans l’église qu’il nous autorise à faire des photos et qu’il nous quitte en nous disant de rester autant que nous voulons. Il prend congé avec de grands "bye bye" théâtraux ou plutôt hollywoodiens, les deux bras en l’air. Ici, il y a cette belle statue de saint Sébastien. Ce soldat, on le sait parce que c’est l’un des thèmes récurrents de la peinture et de la sculpture au cours des siècles, a subi le martyre au temps de Dioclétien, condamné à mourir à petit feu sous des flèches qui devaient ne l’atteindre que dans des parties du corps où leurs blessures ne seraient pas mortelles immédiatement afin de lui laisser le temps de bien souffrir avant de rendre son dernier soupir. Il a été enseveli dans cette catacombe qui lui doit son nom.

 

375h Rome, catacombe de st Sébastien

 

Cette représentation se retrouve sculptée en ronde-bosse dans le bois du plafond de l’église. J’aime bien cette représentation naïve du supplice, les soldats affairés, et Sébastien qui regarde l’ange qui descend vers lui pour l’accueillir au Paradis en lui remettant la couronne dorée du martyre qu’il tient dans sa main droite.

 

Il nous reste le temps, avant la fermeture, de nous rendre à la catacombe de saint Calixte. Une famille de l’aristocratie romaine, les Cæcilii, convertie au christianisme, offrit d’ensevelir les chrétiens dans le terrain qu’elle avait acquis à cet endroit pour ses morts. À une époque où cette religion était interdite et persécutée, il n’était pas question, contrairement à ce qui a été dit, de procéder à des célébrations secrètes dans ces catacombes, cela se serait su très vite. Mais on creusait de plus en plus profond, ici jusqu’à douze mètres sous terre, pour faire de plus en plus de place. L’Église a été propriétaire de ces lieux dès le troisième siècle, mais à des noms privés puisqu’elle n’était pas reconnue. Puis cela a été officiel à partir de Constantin, au quatrième siècle. À la fin du deuxième siècle, règne l’empereur Commode, qui a pour maîtresse une chrétienne, une certaine Marcia. Aussi ferme-t-il plus facilement les yeux sur le crime d’être chrétien. Calixte, qui vient du Trastevere, est à cette époque un esclave chargé de la gestion des biens de son maître chrétien, et il se convertit lui aussi. Dénoncé par des juifs comme pratiquant cette religion, il est condamné aux travaux forcés dans des mines de Sardaigne, puis gracié. Mais le pape Victor n’aime pas ce genre d’aventurier, et préfère l’éloigner. Le successeur de Victor, le pape Zéphyrin, voit au contraire en lui quelqu’un de convaincu et de capable. Il le fait diacre et le charge de la gestion de ce cimetière. Et c’est lui qui est désigné pour devenir pape à la suite de Zéphyrin en 217. Quoiqu’il n’ait pas été enterré dans ce cimetière, c’est son nom qui est resté. Récemment, en 1962, on a retrouvé sa tombe sur la via Aurelia, près du mont Janicule.

 

Durant cette visite de 25 minutes également, notre guide était quelqu’un de sympathique, un prêtre de la congrégation chargée de la garde de cette catacombe. N’ayant que nous pour clients, et parlant français (il nous a expliqué qu’il était belge, mais qu’il avait appris le français à l’école parce qu’il était flamand), il a adapté ses commentaires à nos connaissances, nous a menés voir des fresques, et nous a quittés de façon chaleureuse.

 

Avant de conclure (toujours sans photos), quelques anecdotes. D’abord Goethe, en 1788 : "Ma visite aux catacombes n’a pas été une grande réussite. J’avais à peine fait un pas dans cet endroit sans air quand je commençai à me sentir mal, et je retournai immédiatement à la lumière du jour et à l’air frais, et j’attendis, dans ce quartier de la ville inconnu et retiré, le retour des autres visiteurs qui étaient plus courageux et moins sensibles que je ne l’étais".

 

Ensuite, c’est l’angoisse pour Charles Dickens, qui est guidé "par un frère franciscain décharné, à l’œil brillant et sauvage", et qui est soudain pris de panique. "Ciel, si, dans un soudain accès de folie, il allait jeter les torches au loin, ou s’il était en proie à une crise, qu’adviendrait-il de nous ?"

 

J’en finirai avec les catacombes sur une aventure de l’anglaise Lady Anna Miller qui, en 1770, s’est perdue dans les souterrains. "Figurez-vous l’horreur qui m’a saisie quand, tentant de bouger, je me sentis retenue de force par mes vêtements dans mon dos, et tous les efforts que je fis restaient sans effet. Mon cœur, je crois, cessa de battre un moment, et je ne pus rien faire d’autre que de ne pas tomber au sol évanouie". En fait, elle s’était accrochée dans une pointe de fer, retrouva son guide, rentra en Angleterre et raconta ses aventures dans un livre pittoresque.

 

Il y a une petite église à l’entrée de la via Appia, qui a une histoire. Mais il est tard, nous sommes fatigués, nous reviendrons. Et nous prenons le bus pour rentrer.

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Published by Thierry Jamard
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