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28 juillet 2016 4 28 /07 /juillet /2016 23:55
Photos interdites à Magnani Rocca et à la chartreuse de Pavie. 24 et 25 mai 2013
Photos interdites à Magnani Rocca et à la chartreuse de Pavie. 24 et 25 mai 2013

Nous avons quitté Parme, nous poursuivons notre retour vers la France. En chemin, nous faisons un détour pour visiter la Fondation Magnani Rocca. Dans un beau parc, cet élégant bâtiment recèle nombre d’œuvres d’art qui méritent le coup d’œil. Attention! D’œil seulement, pas d’objectif, parce que la photo y est interdite. Comment, alors, faire profiter mes lecteurs de ce que j’ai vu? Malgré mon envie de conseiller le boycott en raison de cette interdiction absurde, je ne peux que recommander la visite pour qui veut se régaler les yeux… Mais je ne commenterai rien de plus.

Photos interdites à Magnani Rocca et à la chartreuse de Pavie. 24 et 25 mai 2013

Puisqu’il est permis de se promener dans le parc et d’y prendre des photos, j’ai quand même pu faire celle-ci de ce beau paon blanc. Il semble ne pas m’avoir vu opérer, sans quoi peut-être m’aurait-il opposé son droit à l’image? Peut-être, découvrant la publication de cet article, va-t-il m’intimer l’ordre de supprimer sa photo sous peine de poursuites judiciaires? Car avec de tels maîtres, il est à bonne école.

Photos interdites à Magnani Rocca et à la chartreuse de Pavie. 24 et 25 mai 2013

Bon, tant pis, poursuivons notre route vers Pavie. Nous arrivons trop tard pour la visite de la chartreuse, mais la municipalité a prévu un vaste parking qui accueille pour la nuit les camping-cars. Cela commence donc très bien. Nous faisons une petite promenade dans la nature environnante au clair de lune. Il fait doux, il fait sec, ce que nous voyons est attrayant. Le soir est tombé, la nuit est arrivée, nous continuons notre promenade pendant un bon moment avant de regagner le camping-car et notre lit.

Photos interdites à Magnani Rocca et à la chartreuse de Pavie. 24 et 25 mai 2013
Photos interdites à Magnani Rocca et à la chartreuse de Pavie. 24 et 25 mai 2013

Après une bonne nuit, nous nous régalons à l’avance à l’idée de la visite de cette chartreuse si réputée. Certes, de Ravenne à Turin, ce n’est pas sur la route, mais il est évident que cela en vaut la peine. Déjà, de l’extérieur, elle promet.

Photos interdites à Magnani Rocca et à la chartreuse de Pavie. 24 et 25 mai 2013

Hélas, trois fois hélas, je crois que les Chartreux ont été mordus par les responsables de Magnani Rocca, qui leur ont transmis ce virus incurable: NO PHOTO!!! Pas de photo, aucune photo. Même de l’extérieur. Tant pis, je publie quand même celle-ci, prise en fraude. En général, je ne prends pas de photos interdites, parce que je ne veux pas prendre le risque de me faire traiter comme un garnement en train de défier l’autorité, je déteste cela. Ou, si je pense pouvoir quand même prendre ma photo en cachette, je ne la publie pas. Mais ici, je suis tellement excédé par ces interdictions absurdes (est-ce Dieu qui ne veut pas que l’on dévoile ses résidences? Ou est-ce l’architecte qui, mort depuis moins de soixante-dix ans, a encore des droits sur son œuvre? Cette stupidité m’horripile) que je publie quand même cette photo où l’on voit que même la météo est mécontente.

 

Deux mots d’histoire cependant. En 1390, Caterina Visconti est enceinte. Envisageant le cas où elle mourrait lors de l’accouchement ou de ses suites, circonstance hélas courante à l’époque, elle demande à son mari, Gian Galeazzo, duc de Milan et Seigneur de Sienne, de construire un monastère pour des moines chartreux du côté de Pavie. Et, effectivement, elle meurt. On a conservé les actes notariés par lesquels, en 1393, Gian Galeazzo transmet de l’argent à l’ordre des Chartreux. La première pierre est posée en 1396. Tantôt ralentis, tantôt accélérés, les travaux ont duré longtemps. En 1473, on s’attaque à la réalisation de la façade que je montre ci-dessus. Elle n’est toujours pas terminée lorsque, en 1494, Ludovic le More fait visiter le monastère au roi de France Charles VIII. Enfin, en 1497, l’église est consacrée. Les travaux de bâtiments annexes, d’aménagement intérieur et de décoration se poursuivront jusqu’à la deuxième moitié du seizième siècle.

 

M’avouant incapable de commenter les merveilles intérieures si je ne peux les montrer, je suis contraint de mettre ici le point final, avant de reprendre la route pour Turin.

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26 juillet 2016 2 26 /07 /juillet /2016 23:55
Le duomo de Parme. 23 mai 2013
Le duomo de Parme. 23 mai 2013

Nous avons vu dans mon précédent article que les travaux du baptistère s’étaient poursuivis jusqu’à la fin du treizième siècle. C’est vers cette époque, précisément en 1284, que l’on abat le campanile de l’ancienne cathédrale et que l’on entreprend de construire celui qui, aujourd’hui, malheureusement pour nous, est tout emmailloté, mais que l’on voit sur cette reproduction d’une gravure de G. Giacopelli et qui date du milieu du dix-neuvième siècle. Un document de mai 1290, donc six ans après la démolition et le début des travaux, nous informe que l’on en est à 33,99 mètres de haut. Dès mars 1292, la cellule des cloches est prête puisqu’à cette date on les y installe. Toutefois le campanile doit d’élever encore au-dessus de ce niveau, et l’argent vient à manquer, malgré tout ce qu’a financé personnellement –et aussi avec l’argent de l’évêché– l’évêque Gherardo Bianchi, que nous avons vu sur une fresque du baptistère. Obizzo San Vitale, qui est l’évêque en charge du diocèse en 1292, sollicite auprès du pape l’autorisation de faire appel à la générosité publique, autorisation qui lui est accordée non seulement pour le diocèse de Parme, mais aussi pour ceux de Crémone et de Plaisance, et accorde une indulgence d’un an et quarante jours pour les donateurs, à condition qu’ils se repentent de leurs péchés, qu’ils se confessent, et que leur don soit fait dans les cinq ans à venir. L’évêque donne ordre de lire la décision pontificale dans toutes les églises. À titre de comparaison, j’avais publié dans mon article Palerme: Palazzo Abatellis et divers, en date du 3 août 2010, une plaque de 1926 accordant 200 jours d’indulgence pour un Gloria à saint Antoine et une autre de 1924 en accordant également 200 pour un ave devant santa Rosalia. Une petite prière vite fait, bien fait, et sans délai imparti, rapporte juste deux fois moins qu’un gros don pour le campanile d’une cathédrale. Pas étonnant, dans ces conditions, que les travaux n’aient repris qu’en 1294…

Le duomo de Parme. 23 mai 2013
Le duomo de Parme. 23 mai 2013

Mais il semble qu’ils aient été achevés dans l’année, à l’exception toutefois du dernier “chapeau” et de l’ange de cuivre martelé et doré qui, eux, n’auraient été placés qu’après 1336. Cet ange tout petit, qui ne fait que 1,42 mètre de haut, est mobile, il tourne en servant de girouette. De plus, je lis sur une affiche expliquant l’historique et placée devant les échafaudages (donc en principe à la page) qu’au sommet du campanile a été placée une copie –maintes et maintes fois au cours des siècles la foudre a frappé, hélas–, et que l’ange original a été transféré à l’intérieur du bâtiment. La description précise de l’endroit, avec photo jointe, désigne sans aucun doute possible le dessus du chapiteau de ma photo ci-dessus. Or je vois bien une petite avancée destinée à le recevoir, mais l’ange lui-même est invisible. Or en ce lieu la foudre n’a pu le frapper. Se serait-il éclipsé d’un coup d’aile pour un besoin urgent? Malheureusement nous n’avons pas le temps d’attendre pour voir s’il revient se poser sur son perchoir. En fait (soyons sérieux), il est dit ailleurs qu’il doit être nettoyé et traité en laboratoire, ce qui explique que, s’il a bien été placé sur ce pilier il y a un siècle, il en a été provisoirement enlevé pour son entretien. Cela fait que nous ne verrons ni le campanile, ni le vrai ange…

Le duomo de Parme. 23 mai 2013
Le duomo de Parme. 23 mai 2013
Le duomo de Parme. 23 mai 2013

En dehors des multiples colonnettes qui allègent l’aspect de la façade, le style architectural de la cathédrale de Parme est très simple, et le flanc du bâtiment l’est plus encore. Il faut aller jusqu’à l’abside pour trouver des décorations, des sculptures, car c’est là, derrière ce mur, que se trouve l’autel, le sanctuaire, et le tabernacle qui renferme l’Eucharistie.

 

Le duomo est plus ancien que son campanile. Sur l’emplacement d’une église du troisième ou du quatrième siècle, puis d’une église du neuvième siècle, les travaux ont commencé dans la première moitié du onzième siècle et l’église a été consacrée –inachevée– à Notre-Dame de l’Assomption en 1106, soit 178 ans avant que l’on entreprenne la construction du campanile. Les travaux se sont poursuivis, mais voilà qu’en 1117 un violent tremblement de terre endommage le bâtiment. De ce fait, les travaux ne s’achèveront qu’en 1130. Je lis dans le petit guide de Parme, ville et province, que c’est le même Benedetto Antelami qui est à l’origine des projets de la cathédrale et du baptistère. Mais supposer que le même homme a dessiné la cathédrale en 1106, puis le baptistère en 1196, avant d’en conduire les travaux et d’y réaliser des sculptures jusqu’en 1216, cela en ferait un artiste très précoce et d’une longévité exceptionnelle, son activité professionnelle s’étalant sur plus de 110 ans! En réalité, selon un livre de 1952 de Géza De Francovich, il serait né en 1150 et mort en 1230. Il n’a donc ni dessiné ni mené les travaux de la cathédrale, achevée vingt ans avant sa naissance, mais il a pu réaliser, à l’âge de 28 ans, la sculpture que nous allons voir dans la cathédrale, dessiner le baptistère en 1196 à 46 ans, et être encore sur les échafaudages et sculpter les tympans des portails en 1216 à 66 ans.

Le duomo de Parme. 23 mai 2013
Le duomo de Parme. 23 mai 2013

Comme cela est la règle dans ces grandes églises, le portail de façade est gardé par des lions stylophores (porte-colonnes). Entre leurs pattes, ils tiennent un animal, ce qui symbolise la puissance du Christ sur le monde. Ce qui est particulier ici, c’est que le lion à droite du portail est en pierre rouge, et celui de gauche en pierre blanche. En outre, comme on le voit sur ma seconde photo, la colonne qui repose sur le dos du lion y écrase un animal que je n’identifie pas. En regardant bien, non, ce n’est pas un bout de crinière, c’est bien un animal, et je ne m’explique pas ce qu’il fait là car le Christ représenté par le lion n’y est pour rien dans sa situation.

Le duomo de Parme. 23 mai 2013
Le duomo de Parme. 23 mai 2013

À l’intérieur, on est frappé par cette impression d’ampleur et par la luminosité, rare dans une église de ce siècle construite en style qui est encore roman. Derrière l’autel, ce grand ciborium de marbre blanc doré a été réalisé de 1486 à 1488 par Alberto di Moffeolo. Dans la partie inférieure se trouve le tabernacle, et la chaire épiscopale est située en-dessous.

Le duomo de Parme. 23 mai 2013

Sculpté dans la même pierre rouge que le lion du grand portail, cet autel –un sarcophage du douzième siècle– est du plus bel effet, avec ses hauts reliefs sur les côtés et ses personnages de marbre blanc en ronde bosse sur la façade. Il contient les reliques de cinq martyrs, Abdon, Sennen, Nicomède, Hercule et Pudentienne. On se rappelle l’église qui est consacrée à Rome à cette vierge et martyre (mon article Rome, Saintes Pudentienne et Praxède, daté du 12 février 2010). Je ne crois pas qu’elle ait quelque chose à voir avec la ville de Parme, mais au Moyen-Âge et encore après on se disputait les fragments d’ossements de saints, on en achetait, parfois même on en volait, pour donner plus de sainteté à son église. Ma photo montre, sur le côté, le Christ bénissant, avec les symboles des évangélistes, le lion de Marc et le taureau de Luc à ses pieds, l’aigle de Jean et l’homme de Matthieu de part et d’autre de sa tête. Sur la façade nous voyons six apôtres.

Le duomo de Parme. 23 mai 2013
Le duomo de Parme. 23 mai 2013

Poursuivons notre tour de l’église avec ces buffets d’orgues symétriques de part et d’autre de la nef, juste avant le transept. D’ordinaire, les grandes orgues sont situées au fond de l’église, sur un balcon au-dessus du portail. Il aurait fallu disposer de plus de temps à Parme et assister à un office pour apprécier les différences dans l’acoustique entre les deux positions des orgues. Par ailleurs, il y a deux orgues face à face, je ne vois pas comment s’organise leur utilisation. Dans le mobilier, on ne peut manquer également d’admirer le travail de cette chaire, de la deuxième moitié du seizième siècle.

Le duomo de Parme. 23 mai 2013

Petite mention au passage sur les vitraux, même s’ils sont modernes: celui que je montre porte l’indication qu’il a été offert par le Mont de Piété de Parme en 1954.

Le duomo de Parme. 23 mai 2013
Le duomo de Parme. 23 mai 2013
Le duomo de Parme. 23 mai 2013

Indépendamment du chœur dont nous avons vu le reliquaire, on peut s’arrêter devant les diverses chapelles. Comme on peut le constater, elles sont couvertes de fresques. Sur la voûte de cette coupole, on voit Dieu qui jette la foudre et des hommes qui s’effondrent. Je suppose qu’il s’agit de la destruction de Sodome et Gomorrhe.

Le duomo de Parme. 23 mai 2013
Le duomo de Parme. 23 mai 2013

Quant à la grande coupole, elle a été commandée à un artiste de grand renom: le Corrège, qui y a travaillé en 1526-1530. Désirant la meilleure luminosité pour son œuvre, il a fait percer huit fenêtres circulaires, une dans chaque côté de l’octogone (on les devine sur la première de mes photos ci-dessus). Tous ces anges qui poussent la Vierge vers le ciel en jouant de la musique, en s’embrassant, en chantant dans un grand désordre de corps dénudés censés exprimer la joie, n’ont pas été du goût de l’évêque, quand il a vu la coupole terminée, en 1530. Il n’y a vu qu’un “enchevêtrement de cuisses de grenouilles”! On est en pleine Renaissance, il fallait faire quelque chose de nouveau, quelque chose d’innovant, et il n’est pas évident, pour qui a l’œil formé à une esthétique particulière, partout répandue depuis le milieu du moyen-âge, de comprendre et d’apprécier ce qui s’éloigne radicalement des canons habituels.

Le duomo de Parme. 23 mai 2013
Le duomo de Parme. 23 mai 2013
Le duomo de Parme. 23 mai 2013

…Et de beaux plafonds. Le premier ci-dessus est au-dessus du chœur, le second au-dessus de la nef, et le troisième est latéral. La richesse de la décoration donne l’impression d’être immergé au milieu d’œuvres d’art.

Le duomo de Parme. 23 mai 2013

De même, les stalles du chœur, réalisées entre 1469 et 1473 en fine marqueterie, sont de toute beauté. Douze d’entre elles, prévues dès le départ, sont à coup sûr de Christophe et Laurent Canozi da Lendinara, mais au total leur nombre est monté jusqu’à quarante et l’on ne sait pas trop si elles sont toutes des mêmes artistes.

Le duomo de Parme. 23 mai 2013

À Recanati, passant devant la maison où il a vécu (voir mon article sur Recanati, daté du 16 au 18 avril 2013), nous avons fait connaissance avec Biagio Biagetti (1877-1948) dont je disais qu’il avait été peintre, critique et historien de l’art sacré, fondateur du laboratoire de restauration des œuvres d’art au Vatican. Il a également été directeur de la Pinacothèque Nationale. C’est lui qui, en 1922, a peint ici cette fresque en l’honneur des morts de la Première Guerre Mondiale. C’est la chapelle dite Bajardi.

Le duomo de Parme. 23 mai 2013
Le duomo de Parme. 23 mai 2013

Dans la chapelle de la famille Centoni, dans la partie inférieure des murs les fresques, en grisaille, sont dues au Parmesan Francesco Maria Rondani (1490-1550) et datent de 1530-1531. Elles représentent des épisodes de la vie de saint Antoine, abbé. Il s’agit d’un homme né en Haute-Égypte en 251. Ses parents, après lui avoir donné une éducation chrétienne, meurent. À 18 ans, il vend tout ce qu’ils lui ont légué, en distribue le produit aux pauvres et part dans le désert où il mène une vie de jeûne et de prière. Lors des persécutions, il revient dans le monde pour ne pas se désolidariser des chrétiens suppliciés, mais il est épargné. Quand cesse la vague de persécutions, il retourne au désert où il fédère les nombreux ermites par la parole et par l’exemple. Il mourra âgé de 105 ans en 356. Je lis, à son sujet: “Saint Antoine est particulièrement célèbre par ses combats contre les démons. Des légions infernales le frappaient et le laissaient demi-mort; les malins esprits prenaient pour l'épouvanter les formes les plus horribles; mais il se moquait de leurs efforts” en faisant le signe de Croix.

Le duomo de Parme. 23 mai 2013
Le duomo de Parme. 23 mai 2013
Le duomo de Parme. 23 mai 2013
Le duomo de Parme. 23 mai 2013

Dans une chapelle où, en plusieurs endroits, sont représentées les armoiries communales, les fresques racontent la vie et la mort de saint Sébastien et de saint Fabien. Elles sont du début du quinzième siècle et sont attribuées à Bartolino de Grossi.

 

Il est inutile, je pense, de parler de saint Sébastien (que, d’ailleurs, je ne montre pas ici), tant il est connu, tout transpercé de flèches. Fabien est moins connu. C’est un laïc qui a vécu au troisième siècle. À cette époque, l’évêque de Rome est élu par une assemblée de chrétiens. Fabien en fait partie et voilà qu’au moment de l’élection, en janvier 236, une colombe vient voleter au-dessus de sa tête. Pas de doute, c’est le Saint-Esprit qui est venu le désigner. Il est élu. On s’empresse de l’ordonner prêtre, et le voilà du jour au lendemain évêque de Rome (et par ce fait, il est pape). Or en 249, Dèce renverse l’empereur Philippe l’Arabe qui, semble-t-il, avait une inclination pour le christianisme, il se proclame empereur, et rend obligatoire le culte de l’empereur et des dieux païens traditionnels, sous peine de mort; chacun doit obtenir un certificat attestant qu’il a sacrifié aux dieux païens. Dur-dur pour les chrétiens. Certains préfèrent sauver leur vie en sacrifiant, pour d’autres s’ouvre un grand marché de faux certificats (comme pour les passeports français à Pigalle aujourd’hui), mais beaucoup refusent et subissent le martyr , comme Fabien en 250.

Le duomo de Parme. 23 mai 2013

On n’en finirait pas de montrer toutes les fresques de la nef, du transept, des innombrables chapelles. Alors j’en resterai là, mais il y a aussi des sculptures. Ici une belle pietà, très réaliste, avec des visages et des expressions émouvants.

Le duomo de Parme. 23 mai 2013
Le duomo de Parme. 23 mai 2013

Mais j’ai gardé pour la fin une sculpture exceptionnelle, un haut-relief que l’on doit à ce Benedetto Antelami dont j’ai parlé tout à l’heure, et qu’il a réalisé en 1178 à l’âge de 28 ans. Ni l’auteur, ni la date ne sont douteux, puisque l’artiste a gravé un texte en latin donnant son nom et précisant qu’il a terminé son œuvre le second mois de l’année 1178. Le thème est celui de la Déposition de Croix.

 

La sculpture est entourée d’un décor finement ciselé. Au centre, on remarque que le Christ est sur une croix faite de rondins et non de planches taillées: il n’est pas instrument de mort, mais Arbre de Vie. Tout repose sur ce symbolisme, comme on va le voir, avec deux archanges survolant la scène, à gauche Gabriel pour le christianisme triomphant, à droite Raphaël consacrant l’échec des vieilles religions. Juste derrière les pieds de ces archanges on voit le visage du soleil et derrière ceux de Raphaël la lune, avec la même signification. Du côté gauche, Joseph d’Arimathie, celui-là qui a obtenu l’autorisation d’emporter et d’ensevelir le corps de Jésus, et qui lui offrira le tombeau qu’il avait fait creuser pour lui, ce Joseph d’Arimathie saisit le corps du Christ, tandis que du côté de la mort, à droite, la main est encore fixée au bois de la croix, et c’est Nicodème qui grimpe à l’échelle, des tenailles (hélas cassées dans cette sculpture) à la main, pour arracher le clou et finir de libérer le corps. L’évangile ne dit pas précisément quel a été le rôle de Nicodème, mais seulement qu’il a participé à la mise au tombeau, et qu’il avait apporté cent livres (environ trente kilogrammes) de myrrhe et d’Aloès.

 

En outre, à gauche un petit personnage sous le bras de Jésus porte un calice et un étendard déployé, c’est le triomphe de l’Église; symétrique, à droite, un personnage que l’archange Raphaël oblige, de la main, à courber la tête, porte un étendard déchiré, c’est la défaite de la synagogue. Puis, à gauche Marie prend et caresse la main libérée de son fils, que lui tend l’archange Gabriel. Elle est suivie de saint Jean et, derrière lui, viennent les trois Marie, à savoir Marie Salomé, Marie fille de Jacques et Marie Madeleine. À droite, derrière la synagogue vaincue, on voit un centurion romain avec son bouclier, suivi de cinq personnages qui sont sans doute le peuple juif. Et devant eux, une scène que je montre en plus gros sur ma deuxième photo: Selon le droit romain, les bourreaux ont le droit de se partager les vêtements des crucifiés. Or la tunique de Jésus, qui selon la légende aurait été confectionnée par Marie dans une seule étoffe et sans couture, ne pouvait être partagée sans être coupée ou déchirée. Ce qui eût été dommage pour ce vêtement de valeur. L’évangile de saint Jean raconte qu’alors les bourreaux, qui étaient quatre soldats romains, l’ont jouée aux dés. C’est ce que montre ma photo, deux bourreaux, assis face à face sur de petits sièges et tenant la tunique qui est en jeu, et deux autres penchés attentivement derrière eux. On peut même distinguer les dés dans la main de celui qui est assis le plus à droite. En dehors du supposé peuple juif et des quatre bourreaux, le nom et le rôle de chacun des personnages est indiqué par une inscription.

 

Cette plaque est sculptée avec un tel talent, si pleine de fins détails, si remplie de signification, que j’ai voulu la montrer comme la conclusion de notre visite de la cathédrale, et de la ville de Parme.

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23 juillet 2016 6 23 /07 /juillet /2016 23:55
Le baptistère de Parme. 23 mai 2013
Le baptistère de Parme. 23 mai 2013

Dans le passé, l’on n’était pas aussi spécialisé qu’aujourd’hui. Michel-Ange, par exemple, était à la fois un peintre (cf. la Chapelle Sixtine), un sculpteur (cf. son Moïse), un architecte (cf. la basilique St-Pierre du Vatican). Ici, dans le baptistère de Parme, nous allons voir des sculptures de Benedetto Antelami, qui est aussi l’architecte de ce bâtiment octogonal. Les travaux ont commencé en 1196 sur ses dessins et sous sa conduite. Il est exceptionnel pour un architecte, à l’époque, de signer ses œuvres, mais ici Antelami a gravé dans la pierre cette phrase en latin: “en 1196 le sculpteur Benedictus a entrepris cela” (Benedictus est la traduction en latin de l’italien Benedetto, en français Benoît). Tout l’extérieur est revêtu de marbre rose de Vérone. Hélas, Parme et Vérone entrent en conflit. Plus de marbre rose de Vérone. L’édifice est loin d’être achevé quand, en 1216, on est contraint d’arrêter la construction.

 

Frère Salimbene de Adam est un moine de Parme appartenant aux Frères Mineurs (Franciscains), né en 1221 et mort vers 1287, qui a rédigé une Cronaca (Chronique) fort intéressante. On y trouve entre autres un épisode qui s’est produit alors qu’il n’avait qu’un an. Je l’ai trouvé en italien, je traduis: “La même année, le jour de la naissance du Seigneur [le 25 décembre 1222], il y eut un très grand tremblement de terre dans la ville de Reggio, alors que prêchait dans la cathédrale Santa Maria l’évêque Nicola di Reggio. Ce tremblement de terre a touché toute la Lombardie et la Toscane, mais on l’a appelé ‘de Brescia’ parce que là se situait son épicentre […]. Ma mère avait l’habitude de me rappeler que durant ce grand tremblement de terre j’étais un bébé encore au berceau, et elle a pris sous ses bras mes deux sœurs (elles étaient petiotes) et, m’abandonnant dans mon berceau, elle s’est réfugiée chez ses parents. En effet, elle craignait que ne s’écroule sur elle le baptistère, car ma maison en était voisine. C’est pourquoi je ne l’aimais pas outre mesure, parce qu’elle aurait dû se préoccuper davantage de moi qui étais un garçon, mais elle répondait qu’il était plus facile de porter mes deux sœurs parce que plus grandettes”.

 

Oublions le sexisme naïf de l’auteur. Il est trop tard pour le gourmander avec quelque espoir de le faire revenir sur son jugement. Mais on peut imaginer ce bâtiment, déjà haut mais inachevé, entouré de ses échafaudages et qui est rudement secoué. Est-il solide? Est-il fragilisé? Ne va-t-il pas s’effondrer, s’il a été endommagé? Et s’il y a des répliques? D’autant plus qu’au Moyen-Âge les rues sont étroites. La crainte a eu le temps de se dissiper avant que les travaux ne reprennent en 1249, vingt-sept ans plus tard, et après trente-trois ans d’interruption. Ils dureront jusqu’à la fin du treizième siècle.

Le baptistère de Parme. 23 mai 2013

Juste une image en passant, pour montrer le raffinement de la sculpture jusqu’au sommet de l’édifice, dans des détails à peine visibles à l’œil nu et que mon téléobjectif, ici en position 200mm, permet de mieux apprécier.

Le baptistère de Parme. 23 mai 2013
Le baptistère de Parme. 23 mai 2013
Le baptistère de Parme. 23 mai 2013

Notre architecte, Benedetto Antelami, est le sculpteur de ce portail nord. Dans la lunette, la Vierge à l’Enfant est auréolée d’une frise de douze prophètes, portant chacun un écusson représentant l’un des douze apôtres. Je voudrais aussi montrer en plus gros plan la sculpture de l’architrave. Elle se rapporte à saint Jean Baptiste. À gauche, on le voit baptisant le Christ dans le Jourdain. Au milieu (c’est-à-dire à gauche de ma dernière photo), il s’agit du banquet d’Hérode et Salomé. Sur la droite de cette même photo, est représentée la décapitation (on dit la décollation) de Jean-Baptiste suite à la promesse faite à Hérodiade qui a exécuté la danse des sept voiles. Cet épisode est si connu que je me dispense de le raconter.

Le baptistère de Parme. 23 mai 2013

Le portail sud est plus tardif, ce qui fait dire qu’il est sans doute l’œuvre de disciples de Benedetto Antelami. Dans la lunette, à gauche, on voit le soleil, et en-dessous Apollon, le dieu du soleil, sur son char, tandis qu’à droite c’est la lune, et Diane, la sœur jumelle d’Apollon, parfois assimilée à la déesse de la lune. Au centre de cette lunette, il est représenté une scène de la légende de Barlaam et Josaphat. L’épisode étant moins courant que ceux qui concernent la vie et la mort de Jean-Baptiste, il n’est peut-être pas inutile de le rappeler. C’est saint Jean Damascène qui le raconte très, très longuement, mais je vais essayer de le résumer... au dixième.

 

C’est en Inde, où le christianisme s’est répandu et où il y a beaucoup de moines. Le roi Avennir entreprend leur persécution, et devient fou de colère quand il apprend que son meilleur ami, un grand du royaume, s’est converti et s’est fait moine. Il le fait rechercher, le voit couvert de vêtements en lambeaux, il est hâve, affaibli par la faim et les privations. Avennir ne comprend pas. L’ami, après avoir fait promettre au roi de ne pas se mettre en colère contre lui, se met à exposer les fondements de la foi chrétienne. Le roi, contenant avec peine sa rage, le somme de partir sur-le-champ pour éviter que, trahissant sa promesse, il le fasse exécuter sur le bûcher. Quelque temps après, naît au roi un fils, qu’il nomme Josaphat. Les astrologues convoqués pour l’occasion prédisent que Josaphat sera riche et puissant mais l’un d’entre eux ajoute qu’il règnera sur un royaume meilleur que celui de son père car il se fera chrétien. Son père alors l’enferme et le fait grandir au milieu de jeunes beaux, en bonne santé, gais. Si l’un d’entre eux tombe malade, il est immédiatement remplacé par un autre. Devenu adulte, Josaphat un jour confie à un serviteur qui lui est cher sa tristesse d’être enfermé et quand son père l’apprend il lui donne la possibilité de sortir à cheval, et met sur sa route des personnes qui l’acclament. Mais le hasard met sur son chemin un aveugle, un lépreux, un vieillard, et Josaphat découvre qu’il existe des infirmités, des maladies, et le vieillissement qui mène à la mort. Et voilà que, sur ces entrefaites, survient Barlaam, un moine vivant dans le désert, qui a appris ce qui arrive au fils du roi. Il se fait passer pour possesseur d’une pierre merveilleuse qui guérit et donne le bonheur, et ainsi parvient à être introduit auprès de Josaphat, qu’il initie au christianisme. Ce dernier, convaincu, veut suivre Barlaam au désert, mais le moine l’en dissuade car Avennir redoublerait ses persécutions, il lui conseille d’attendre un moment favorable, il le baptise et s’en va. Mais Avennir est informé de la conversion de son fils. Propos violents, menaces, méthode douce, rien n’y fait: Josaphat reste fidèle à sa foi chrétienne. Alors père et fils s’accordent pour se convertir à la même foi, celle qui obtiendra la victoire après débat. Avennir convoque des rhéteurs païens et fait venir un certain astrologue du nom de Nachor, sosie de Barlaam, à qui il promet l’impunité. Nachor doit se faire passer pour Barlaam et, partant du christianisme, doit peu à peu laisser gagner les rhéteurs. Josaphat lui dit que, s’il l’a trompé, lui fils de roi, il lui fera arracher la langue. Nachor, voyant pour lui plus de danger du côté de Josaphat que du côté d’Avennir, soutient la foi chrétienne avec une éloquence bien supérieure à celle des meilleurs rhéteurs. Et c’est Josaphat qui réussit à convertir Nachor, après lui avoir révélé qu’il n’était pas dupe de la fausse ressemblance. Le roi, vaincu, décide de donner la moitié de son royaume à Josaphat. Lequel aurait préféré se retirer dans le désert mais accepte afin de pouvoir favoriser le christianisme. Il parvient à convertir tout son peuple, et son père par-dessus le marché. Avennir se fait baptiser et remet la totalité de son royaume entre les mains de son fils. Et Josaphat à son tour confie le royaume à un certain Barachias et part pour le désert. Il est alors âgé de vingt-cinq ans. Au bout de deux ans il parvient à retrouver Barlaam et reste avec lui jusqu’à la mort du vieux moine, vers l’an 380. Lui-même, après trente-cinq ans de vie érémitique, s’éteint et est enterré dans le désert auprès de Barlaam. Ce qu’apprenant, le roi Barachias fait rapporter les corps dans sa capitale pour leur donner une sépulture digne d’eux. Et sur cette sépulture, beaucoup de miracles ont été accomplis.

 

En observant le centre de cette lunette, on voit un homme dans un arbre, la main tendue vers ce qu’il faut identifier comme étant une ruche. Au pied de l’arbre, dans ces animaux il convient de voir deux rats qui en rongent le tronc. Il y a aussi un dragon ailé qui crache du feu. C’est l’une des nombreuses paraboles utilisées par Barlaam pour convertir Josaphat. Fuyant devant une licorne (la mort), un homme tombe dans un précipice (le monde et ses maux), mais dans sa chute se rattrape à un arbre (la vie) rongé à la base par un rat blanc (la fuite des jours) et un rat noir (la fuite des nuits). Cet homme est guetté, pour le moment où tombera l’arbre, par un dragon (l’enfer). Quant à la ruche, son miel est la permanente tentation des plaisirs, qui fait oublier le péril environnant. Voilà tout ce que l’on peut lire dans cette sculpture.

Le baptistère de Parme. 23 mai 2013

Il y a trois portails dans ce baptistère. Les édifices catholiques étant orientés, c’est-à-dire tournés vers l’orient, l’autel est situé à l’est et le portail principal à l’ouest. Puisque nous avons déjà vu les portails nord et sud, celui de ma photo est donc le portail principal, celui de l’ouest, juste en face de l’autel. Et, comme il se doit, c’est Benedetto Antelami en personne qui l’a sculpté. Il représente le Christ trônant, les mains levées pour montrer les plaies causées par les clous de la croix dans ses paumes. De part et d’autre, des anges portent les instruments de la passion.

Le baptistère de Parme. 23 mai 2013

Sur l’architrave, dont je ne montre ici que la moitié gauche pour que l’image ne soit pas trop petite, deux anges, l’un tourné vers la droite, l’autre vers la gauche, sonnent dans leur trompe la résurrection des morts. Et l’on voit les morts sortir de leurs tombeaux et marcher en procession vers eux. Contrairement à la représentation traditionnelle du Jugement Dernier, on ne voit pas les damnés se diriger vers les tourments de l’enfer.

Le baptistère de Parme. 23 mai 2013
Le baptistère de Parme. 23 mai 2013

Avant de quitter le thème des portails, il me faut quand même montrer que les montants ne sont pas nus. Ici au portail ouest, on trouve sur le montant gauche les actions de la miséricorde qui permettent de gagner la rédemption. Il y en a six, je montre les trois du bas. Un bol dans la main gauche, une cuiller dans la main droite, l’homme bon donne à manger au nécessiteux; par le lavement des pieds, ce sont tous les soins qui sont suggérés; et puis il y a la compassion pour un infirme, c’est la prise en charge de la misère du monde.

 

Sur le montant droit, l’artiste a représenté la parabole de la vigne. Je cite l’évangile de saint Jean, chapitre XV: “Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l’enlève; tout sarment qui porte du fruit, il le purifie en le taillant, pour qu’il en porte davantage. Mais vous, déjà vous voici purifiés grâce à la parole que je vous ai dite. Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même s’il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi. Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est, comme le sarment, jeté dehors, et il se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent”. Le cep, dans le bas-relief, monte jusqu’au haut du montant du portail, et tout du long on voit Jésus et des hommes qui sont les sarments.

Le baptistère de Parme. 23 mai 2013

S’il y a une image que je ne sais pas interpréter, j’ai certes la possibilité de ne pas la publier… mais tant pis si aucun de mes livres sur le baptistère ni aucun des sites Internet où j’ai fait des recherches n’est venu à mon secours pour ce couple royal dans la lunette d’un côté sans portail, protégé des méfaits des pigeons derrière son fin grillage. J’aime ces statues, alors je les montre même si je ne sais pas de qui il s’agit. En 1248, donc juste avant que reprennent les travaux, Frédéric II de Suède, petit-fils de Frédéric Barberousse, subit à Parme une rude défaite et la ville devient seigneurie. Je doute donc que ce puisse être lui que l’on a voulu représenter ici.

Le baptistère de Parme. 23 mai 2013
Le baptistère de Parme. 23 mai 2013

Plus bas, courant à mi-hauteur des portails, c’est-à-dire à plus ou moins deux mètres du sol, une frise de soixante-dix-neuf vignettes sculptées représente des humains, des animaux, des êtres imaginaires qui s’inscrivent dans des carrés, des cercles, des ovales, etc. Un seul des huit côtés (le côté sud-est) n’est pas ceinturé par cette frise. Parce que les animaux, réels ou non, prédominent, on l’appelle le zoophore (de deux mots grecs qui signifient “animal” et “porter”). À la différence du cas posé par le couple royal ci-dessus, je ne suis pas seul à avoir ici des difficultés d’interprétation. Les spécialistes y voient –mais moi aussi, car c’est très évident– de grandes similitudes avec les bestiaires des églises du moyen-âge, mais ne savent pas trop quelle interprétation donner à ce zoophore.

Le baptistère de Parme. 23 mai 2013

Dans les montants de deux des portails, de part et d’autre, au niveau du zoophore, on peut remarquer des pierres en marbre blanc de Carrare qui représentent les trois vertus théologales, la foi, l’espérance et la charité, et pour compléter on y a ajouté la chasteté. Ci-dessus, je montre l’Espérance, qui se trouve dans le portail ouest. Les figures qu’elle tient en main dans des couronnes sont les allégories de la Prudence et de la Modestie.

Le baptistère de Parme. 23 mai 2013
Le baptistère de Parme. 23 mai 2013

Pénétrons dans le baptistère. On est frappé par cette immense coupole décorée. Alors qu’à l’extérieur le bâtiment est octogonal, à l’intérieur chacun des côtés se dédouble, formant un hexadécagone, et on voit donc ici seize nervures. Tout à l’heure, je montrerai quelques-unes des fresques qui couvrent cette coupole.

Le baptistère de Parme. 23 mai 2013
Le baptistère de Parme. 23 mai 2013
Le baptistère de Parme. 23 mai 2013

J’espère que ces trois images permettent de se rendre compte de l’effet général à l’intérieur. On voit que se situe au centre de la structure la grande cuve baptismale puisque, on le sait, le baptême était administré par immersion, et non pas comme aujourd’hui en versant un peu d’eau sur le front du catéchumène. Nous avons déjà vu à Ravenne, mais dans des baptistères bien plus anciens, ce genre de cuve. Je vais y revenir tout à l’heure.

Le baptistère de Parme. 23 mai 2013
Le baptistère de Parme. 23 mai 2013

J’ai parlé de la cuve, alors un mot du mobilier. Peu de chose en fait, puisque tout l’intérêt ou presque se trouve dans les fresques et dans les sculptures. Mais je trouve merveilleusement jolie cette Vierge à l’Enfant.

Le baptistère de Parme. 23 mai 2013

Nous sommes à l’est, puisque ceci est l’autel. Il a été taillé dans un seul bloc de marbre rouge. Sur sa façade, le bas-relief représente trois personnages. Leur identification est aisée, puisqu’elle est indiquée par les mots latins gravés. Ce sont, de gauche à droite, un prêtre, Jésus, un lévite.

Le baptistère de Parme. 23 mai 2013

Le baptême par immersion ne peut être pratiqué dans la grande cuve pour de tout petits enfants, à moins que les parents déjà baptisés ne s’immergent eux-mêmes jusqu’à la taille en les portant. Il existe donc une autre cuve plus petite et sur un pied en forme de lion tenant sa proie entre ses pattes: cette image traditionnelle –notamment comme support de colonne, à l’entrée des églises– représente le Christ victorieux.

Le baptistère de Parme. 23 mai 2013
Le baptistère de Parme. 23 mai 2013

J’ai dit que je reviendrais à la grande cuve baptismale. La voilà sous deux angles différents pour en comprendre la structure. Ce n’est donc pas un simple octogone, elle contient une vasque en son centre. Déjà le bâtiment comporte huit faces, maintenant la cuve comporte huit faces et ma seconde photo d’aujourd’hui permet de voir que les angles sont surmontés de huit lanternons. Répétition du chiffre 8. En outre, au-dessus des portails ou des arcs sans portail, on compte quatre niveaux de logettes, chacune s’ouvrant sur quatre colonnettes. À l’intérieur, les seize faces sont bien sûr le produit 4x4. La vasque, dans la cuve, comporte quatre lobes. On tourne donc autour du chiffre 8 ou de son composant 4. Dans la Bible, la Genèse raconte comment Dieu a créé le monde en six jours, et s’est reposé le septième. Le Christ, par sa venue sur terre et par l’offrande de sa mort, renouvelle le monde, autrement dit il ajoute une re-création, un huitième jour. Et de même, par le baptême, le catéchumène entre dans la communauté des chrétiens, il appartenait à l’ancien monde, celui qui ne connaissait pas le Christ, il est lui aussi recréé en entrant dans le monde nouveau. D’où l’utilisation de ce symbolisme du huit un peu partout dans ce baptistère.

Le baptistère de Parme. 23 mai 2013

Mes photos générales de l’intérieur montrent que les seize nervures qui tombent de la coupole reposent sur seize colonnes. Il convient donc que je montre au moins un chapiteau de colonne. On y voit des personnages, des animaux, ou encore des monstres comme sur celui-ci.

Le baptistère de Parme. 23 mai 2013

Sur chacune des faces, en-dessous de deux étages de colonnettes, se trouve une abside avec sa lunette décorée, sous laquelle il y a un ou deux registres de fresques. Commençons par quelques lunettes. Ici, un Christ en gloire. Près de lui un aigle, un taureau ailé, un homme ailé, un lion ailé. Ce sont évidemment les symboles des quatre évangélistes, saint Jean, saint Luc, saint Matthieu, saint Marc.

Le baptistère de Parme. 23 mai 2013

Ici, derrière une petite statue de la Vierge, une fresque représente deux épisodes de sa vie, à gauche l’Annonciation, à droite la Visitation.

Le baptistère de Parme. 23 mai 2013

Les sculptures de cette lunette sont de Benedetto Antelami. David assis sur un trône et jouant du décaèdre est entouré de musiciens et de danseurs. Il convient de l’interpréter comme le Christ en gloire siégeant parmi les justes.

Le baptistère de Parme. 23 mai 2013

Pour cette lunette, je préfère montrer l’élément principal en gros plan. Il s’agit de la Fuite en Égypte. Cette longue marche (on connaît les nombreuses représentations du repos au cours de la Fuite) s’est poursuivie jour et nuit. C’est ce qu’a voulu exprimer l’artiste en peignant en guise de fond un ciel sombre couvert d’étoiles.

Le baptistère de Parme. 23 mai 2013

Et maintenant, quelques fresques. Certaines, comme celle-ci, sont en assez mauvais état, et d’ailleurs difficiles à interpréter. Il semble que, dans ces carrés, sont représentés des saints désignés chacun par le doigt de Jésus.

Le baptistère de Parme. 23 mai 2013

D’autres au contraire sont parfaitement lisibles. Assise sur un trône, la Vierge porte sur ses genoux l’Enfant Jésus. À gauche, l’archange Gabriel qui lui avait annoncé qu’elle allait enfanter, et à droite saint Jean-Baptiste lui présente le cardinal Gherardo Bianchi, évêque de Parme, qui a largement participé de ses deniers. Il ne serait pas évident d’identifier ce dernier personnage si un texte peint sous la fresque ne l’expliquait pas. Mais on se rappelle que, lors de la Visitation, Marie rend visite à sa cousine et que toutes deux sont enceintes, de Jésus et de Jean qui deviendra le Baptiste. On pourrait donc s’étonner que sur cette fresque Jésus soit un bébé sur les genoux de sa mère, tandis que Jean est un adulte barbu… Par ailleurs, je lis dans l’un de mes livres que “il s’agit de la première peinture émilienne où l’influence de Giotto est tout à fait palpable”. Je copie la phrase telle quelle, car j’avoue ne pas être vraiment capable de discerner cela, même s’il est clair que l’on peut voir des analogies avec Giotto.

Le baptistère de Parme. 23 mai 2013

Dans un baptistère, on ne s’étonnera pas que le thème du baptême de Jésus dans le Jourdain par Jean dit le Baptiste soit récurrent. Ici Jésus n’est pas immergé, il y a deux anges sur une rive et toute une foule sur l’autre rive, et Dieu le Père envoie la colombe du Saint-Esprit de tout près, qu’il souffle de sa bouche.

Le baptistère de Parme. 23 mai 2013

Parfois toute l’abside, sous la lunette, est occupée par une seule fresque, tantôt comme on l’a vu elle est divisée en plusieurs carrés. Dans celle-ci, les scènes de la Passion de Jésus sont superposées en bandes. Je pense qu’en haut à gauche il doit s’agir du Jardin des Oliviers. À droite, c’est bien sûr la flagellation. En-dessous, à gauche Jésus est revêtu d’un manteau de pourpre et il tient en main un grand bâton qui simule un sceptre: il est exposé aux moqueries et aux crachats, tandis qu’en bas à droite il est emmené au supplice, la corde au cou.

Le baptistère de Parme. 23 mai 2013

J’aime beaucoup cette Vierge protégeant des personnages agenouillés sous les pans de son grand manteau. On y reconnaît une Vierge de Miséricorde.

Le baptistère de Parme. 23 mai 2013

Autre baptême célèbre, et important pour la religion chrétienne, celui de l’empereur Constantin par le pape Sylvestre. Celui qui, par l’édit de Milan de l’an 313, avait garanti la liberté de culte dans tout l’Empire Romain, s’est fait baptiser, devenant le premier empereur chrétien. Les historiens pensent que, s’il a réellement été baptisé, cela a dû avoir lieu sur son lit de mort en 337, et donc pas par Sylvestre, mort en décembre 335. La légende raconte que, malade de la lèpre, il aurait été miraculeusement guéri, tout d’un coup, lors de son baptême alors qu’il était dans la cuve et, par la suite, aurait lui-même mené Sylvestre dans Rome. Il a même été canonisé par les Orthodoxes: dans les églises de Grèce, nous l’avons très souvent vu représenté avec une auréole en compagnie de sa mère sainte Hélène.

Le baptistère de Parme. 23 mai 2013
Le baptistère de Parme. 23 mai 2013

Encore deux images (d’une même fresque), mais en cadrant sur des détails pour en montrer la finesse et la beauté. Au-dessus d’une scène de la Présentation de Jésus au temple, on voit ce visage tellement expressif. Je ne saurais dire si c’est un Christ se regardant lui-même enfant, ou s’il s’agit plutôt de Dieu le Père reconnaissant son Fils comme un autre lui-même, mais mon doute n’enlève rien à la qualité de la peinture. Les personnages de ma deuxième photo assistent à la scène. Œuvre d’un grand artiste.

Le baptistère de Parme. 23 mai 2013

Tout à l’heure, en montrant la voûte, j’ai dit que j’y reviendrais. M’y voici. Elle comporte, après un cercle central, une bande décorée de losanges, une bande avec les évangélistes et les apôtres, et dans la bande suivante se trouve le sujet de ma photo. Cette bande est celle des prophètes, et ce personnage est le roi Salomon.

Le baptistère de Parme. 23 mai 2013
Le baptistère de Parme. 23 mai 2013

Encore plus bas, il y a une bande consacrée au cycle de Jean-Baptiste, depuis l’annonce de sa naissance jusqu’à sa décollation. Ici, puisque nous sommes dans le baptistère, je choisis de montrer Jean baptisant Jésus, puis baptisant des anonymes, représentant les disciples pénitents.

Le baptistère de Parme. 23 mai 2013
Le baptistère de Parme. 23 mai 2013

Enfin, les fresques de la dernière rangée, la plus basse de la coupole, sont inscrites dans des arcs brisés. Elles se rapportent au cycle d’Abraham et font allusion à des passages de la Genèse. Ci-dessus, première photo, ce chaos de villes qui s’effondrent, c’est la destruction par Dieu de Sodome et de Gomorrhe pour les punir d’être tombées dans le vice et l’impiété.

 

Précédemment, Sodome, Gomorrhe et trois autres villes ont été soumises, douze ans durant, au roi Kedorlaomer (ou Chedorlaomer) qui règne sur Élam et l’Iran, mais la treizième année ces cinq rois, unis, se sont révoltés. La quatorzième année, Kedorlaomer entreprend d’aller les châtier et les reconquérir. Il entre dans Sodome et Gomorrhe, il les pille, les ravage et fait de nombreux captifs, dont Loth, qui est un neveu d’Abraham. Cela, Abraham ne peut l’accepter, il part venger son neveu et ces villes. Il attaque Kedorlaomer de nuit, le vainc, reprend Loth et tout ce qui a été pillé dans Sodome et Gomorrhe. Tel est le sujet de ma seconde photo.

Le baptistère de Parme. 23 mai 2013

En se reportant aux premières de mes photos montrant l’intérieur du baptistère, sur celle qui est cadrée verticalement depuis la coupole jusqu’à la cuve baptismale, on aperçoit, dans la galerie à colonnettes la plus basse des deux, des sculptures de personnages et, sous celle qui est la plus à gauche de ma photo, juste au-dessus de la lunette, on entrevoit une autre petite sculpture dans un carré. Ces espaces entre colonnettes sont occupés par les allégories des douze mois de l’année, entre lesquels sont intercalées les quatre saisons. Et en-dessous, dans des carrés ou des rectangles, les signes du zodiaque. Ces œuvres sont très certainement d’Antelami ou, sinon, aux meilleurs de ses collaborateurs. Parce que l’année commençait à cette époque par le mois de mars et finissait en février, la série débute ci-dessus par mars jouant de la flûte, avril couronné parce que considéré comme le roi des mois, et mai à cheval brandit une faucille. En dessous c’est le bélier, le taureau et les gémeaux.

Le baptistère de Parme. 23 mai 2013

La série continue avec cette superbe statue de femme couronnée de fleurs, allégorie du printemps, elle est suivie de juin qui moissonne des épis de blé et de juillet dont les chevaux, en piétinant le blé à terre, en extraient le grain.

Le baptistère de Parme. 23 mai 2013

Maintenant vient en août un homme qui travaille sur un tonneau pour préparer la vendange, puis cet homme barbu est l’hiver (son manteau ne couvre que la moitié de son corps, l’autre moitié est nue, il ne doit pas avoir chaud!), et à droite vient septembre et un homme vendange. Le signe du zodiaque, la balance, est représenté au pied de ce même relief.

Le baptistère de Parme. 23 mai 2013

Encore trois mois, dont les deux premiers ont aussi leur zodiaque dans le même cadre. On voit en effet octobre qui ensemence, avec un scorpion sur une branche au-dessus de sa tête, novembre qui arrache du sol des légumes avec un sagittaire près de lui, et décembre qui coupe du bois.

Le baptistère de Parme. 23 mai 2013

Puisqu’il ne reste que deux mois, le troisième emplacement entre colonnes est vide. Le premier de ces mois est janvier enveloppé dans son manteau et qui se chauffe au-dessus de braises. On remarque qu’à la différence de toutes les autres figures, il n’est pas en bas ou moyen-relief sur un fond, mais qu’il est en ronde-bosse, totalement détaché du fond. C’est que –ce qui ne peut se voir sur ma photo, ni d’ailleurs pour le visiteur qui ne peut monter dans la galerie pour tourner autour de la sculpture– il a paraît-il une autre face derrière le crâne. Car le dieu romain qui a donné naissance à notre mois de janvier, c’est Janus, qui a deux visages, l’un tourné vers l’année écoulée et l’autre vers l’année qui commence. En ce treizième siècle, janvier n’est plus le premier mois, comme je le disais tout à l’heure, mais l’image de Janus est restée dans la mémoire de l’artiste. La dernière sculpture, février, représente un homme qui bêche la terre, et au-dessus de lui est représenté le signe des poissons.

Le baptistère de Parme. 23 mai 2013

Pour la première photo de cette série, j’ai voulu montrer comment les signes du zodiaque, lorsqu’ils ne sont pas intégrés dans la représentation du mois, sont situés dans un cadre au-dessous. Mais ensuite, pour que l’on voie en plus gros les représentations des mois, je les ai coupés. Pour finir cet article sur le baptistère de Parme, je voudrais montrer, en gros plan, l’un de ces signes, le verseau.

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Published by Thierry Jamard
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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 23:55

Nous voici à Parme. Nous n’y sommes que de passage. Quand je regarde l’horaire de mes photos, je vois que j’ai fait la première le 23 à 14h12 et la dernière le même jour à 20h35. Je ne suis donc pas en mesure de parler de cette ville comme de Ravenne où nous avons passé dix-huit jours. Juste, donc, un petit aperçu rapide ici, avant deux autres articles consacrés le premier au baptistère et le second à la cathédrale. Quant à la chartreuse, celle du roman de Stendhal, la fameuse Chartreuse de Parme, c’est une création du romancier. Il connaissait très bien l’Italie, il n’a rien confondu, mais il s’est inspiré, sans doute, de l’abbaye de Valserena ou de la chartreuse de Pavie. Tant sur le plan historique, d’ailleurs, que sur le plan géographique, il a un peu triché avec la réalité. Mais mon sujet n’est pas une analyse littéraire du roman, passons à autre chose.

 

Je ne veux pas ici raconter l’histoire de Parme, mais seulement une époque. Napoléon, après avoir divorcé de Joséphine de Beauharnais qui ne lui donnait pas d’héritier, a épousé en 1810 Marie-Louise d’Autriche, âgée de dix-huit ans. Cela s’annonce mal: Napoléon déclare “c’est un ventre que j’épouse”, et de son côté Marie-Louise écrit à une amie “Je sais qu'à Vienne ils me voient déjà mariée avec le grand Napoléon, j'espère que cela ne se fera pas”. Après Waterloo et le départ définitif de Napoléon pour son exil à l’île de Sainte-Hélène, Marie-Louise exprime de tout autres sentiments: “J'espère qu'il sera traité avec bonté et clémence […] parce que je lui dois ma reconnaissance pour la tranquille insouciance dans laquelle il m'a laissé vivre au lieu de me rendre malheureuse”. Les puissances européennes, Russie, Autriche, Prusse, puis France, Angleterre et Espagne, lui accordent le duché de Parme, Plaisance et Guastalla, à la condition que son fils, l’Aiglon, né en 1811 et donc encore tout petit, ne l’y accompagne pas et, afin qu’il ne puisse hériter du duché à la mort de sa mère, il est décidé que ce duché de Parme reviendra à l’héritier des Bourbon-Parme à la mort de Marie-Louise.

 

C’est pendant le premier exil de Napoléon à l’île d’Elbe que Marie-Louise, placée sous la protection (ou, en fait, plutôt sous la garde et la surveillance) du général Neipperg, tombe amoureuse de cet Autrichien et en devient la maîtresse. Elle l’épousera en secondes noces et, dans son duché, lui abandonnera la conduite des affaires de politique générale, s’attachant à améliorer de toutes ses forces le sort matériel de ses administrés, développant un programme culturel tous azimuts. C’est donc cette ville de Marie-Louise que nous allons visiter aujourd’hui.

Un petit tour dans Parme. 23 mai 2013
Un petit tour dans Parme. 23 mai 2013
Un petit tour dans Parme. 23 mai 2013

Parme est traversée par un cours d’eau si maigre, si souvent asséché que l’on n’ose pas parler de fleuve (fiume), on l’appelle plutôt torrent. Et ce torrent porte le même nom que la ville, c’est le torrente Parma. Sur ses rives, on voit de bien jolis alignements de maisons colorées.

Un petit tour dans Parme. 23 mai 2013

Palazzo della Pilotta. Selon le site (en italien) http://turismo.parma.it/ l’appellation Pilotta serait une déformation du mot pelota, désignant la pelote basque, à quoi l’on jouait dans l’une des trois cours de ce palais. C’est en 1583 que le duc Ottavio Farnèse a fait commencer la construction du bâtiment par son ami l’architecte Francesco Paciotto, mais à sa mort trois ans plus tard les travaux sont arrêtés. Son petit-fils, le duc Ranuccio 1er Farnese les a fait reprendre en 1602 sous la conduite de l’ingénieur de la cour, Simone Moschino. Nouvelle interruption en 1611, qui devait être temporaire mais qui a duré, et lorsqu’est mort Ranuccio en 1622 le projet a été enterré avec lui. C’est donc un édifice inachevé que nous voyons aujourd’hui.

Un petit tour dans Parme. 23 mai 2013

Ceci, c’était le clocher de l’église San Paolo. “C’était”, parce qu’il a été transformé en monument aux morts de toutes les guerres par un architecte de Parme, Mario Monguidi, qui a exercé dans la première moitié du vingtième siècle, à l’époque du fascisme. Il a conservé la structure de la tour, mais y a ajouté les éléments caractéristiques de sa nouvelle fonction. Juste sous l’horloge, un soldat agenouillé est l’œuvre de Renato Brozzi (1885-1963). En haut de la grande plaque de pierre blanche, est fixée une sculpture de Luigi Froni (1901-1965) qui représente cinq têtes s’encadrant dans du fil de fer barbelé. En dessous, figure un texte d’un poète, de Parme également, Jacopo Bocchialini (1878-1965). Je vais traduire ce poème:

“Ô toi qui passes, arrête-toi et souviens-toi. Ce sont les morts tombés pour la patrie, de toutes les guerres, les généreux morts, sur terre, en mer, dans le ciel, dans les années lointaines, dans les années récentes, à l’intérieur des frontières sacrées, au-delà des frontières et de la mer, au nom de l’Italie, à l’ombre du [drapeau] tricolore. Ô toi qui passes, incline-toi et aime une si grande dévotion, une si grande fidélité, et que le sang versé soit la sauvegarde de la patrie, garant de notre civilisation, début fécond de fraternité humaine”.

 

C’est un poème. Un poème est par nature intraduisible, parce que ce qui le distingue de la prose, c’est entre autres le choix d’une musicalité des mots et des rythmes, les connotations évoquées, autant de choses qui ne se retrouvent pas telles quelles dans les phrases d’une autre langue. Ou alors, c’est un poète authentique dont la langue maternelle est la langue cible, qui va parvenir à adapter le texte source. Mais alors il s’agit d’une création sur le thème de l’original, non d’une traduction. N’ayant pas la prétention d’être moi-même poète, je me suis efforcé de traduire en restant collé au texte, conscient de gommer la plus grande partie de la poésie. Pour être honnête je me devais de le préciser.

Un petit tour dans Parme. 23 mai 2013

En passant devant le Palais du Gouverneur, il est impossible de ne pas remarquer l’inévitable statue de Garibaldi, l’un des plus actifs unificateurs de l’Italie. À une époque où beaucoup de régions réclament l’autonomie, voire l’indépendance (hé oui, il n’y a pas que l’Écosse par rapport à la Grande-Bretagne ou la Catalogne par rapport à l’Espagne: dans plusieurs régions d’Italie des pourcentages plus ou moins importants de la population souhaitent se désolidariser du pays après avoir lutté il y a un siècle et demi pour s’agréger. Mais partout on continue à célébrer Garibaldi pour ce qu’il a accompli sur le plan militaire, plus d’ailleurs que l’on n’érige de monuments à Cavour qui a fait autant que lui, mais sur le plan politique et diplomatique.

Un petit tour dans Parme. 23 mai 2013

Autre statue de grand homme, celle de Parmigianino. Est-il besoin de parler de ce peintre parmesan célèbre (1503-1540)? On peut admirer ses œuvres au Louvre, au Prado à Madrid, au Kunsthistorisches Museum à Vienne, à la Galleria Doria-Pamphili à Rome, au Museo di Capodimonte à Naples, aux Uffici à Florence, pour ne citer que les lieux où je me rappelle l’avoir vu. Mais il est aussi à Londres et dans d’autres pays.

Un petit tour dans Parme. 23 mai 2013

Les belles places avec des monuments anciens ne manquent pas à Parme. Ici nous voyons le Palais du Podestà, construit entre 1221 et 1240. Tout en haut, les fenêtres sont alignées de la façon la plus naturelle, mais en-dessous on remarque que, bizarrement, elles sont disposées en pente, descendant de la gauche vers la droite. Cela s’explique par le fait que s’appuyait sur cette façade un grand escalier démoli depuis.

Un petit tour dans Parme. 23 mai 2013
Un petit tour dans Parme. 23 mai 2013
Un petit tour dans Parme. 23 mai 2013

Face à la cathédrale, se trouve le palais archiépiscopal. C’est bien logique. L’archevêque n’avait que la place à traverser pour se rendre dans son église. Ce bâtiment date du onzième siècle (1055). Au seizième siècle, le duc Octave Farnèse, puis son fils Alexandre Farnèse, en ont fait leur résidence.

Un petit tour dans Parme. 23 mai 2013

Avant d’être nommé évêque on est prêtre, et avant de devenir prêtre on se forme au grand séminaire. Le grand séminaire de Parme, c’est ce bâtiment, qui date de la fin du dix-neuvième siècle. Mais en ce même endroit, au moyen-âge, il y avait la résidence des membres du chapitre de la cathédrale. Ce n’est le séminaire diocésain que depuis le milieu du seizième siècle.

Un petit tour dans Parme. 23 mai 2013

Puisque nous sommes dans les édifices en relation avec la religion, venons-en à deux belles églises. Ici, c’est l’église et le monastère Saint-Jean l’Évangéliste. C’est au dixième siècle que les Bénédictins se sont installés ici, avec leur église, leur monastère, et une pharmacie historique, mais l’ensemble a été reconstruit entre la fin du quinzième siècle et le début du seizième, avec cette façade baroque. Malheureusement, l’église était fermée lors de notre passage, et nous n’avons pas pu y admirer les fresques du Parmigianino, pas plus que nous n’avons vu les trois cloîtres du monastère, ou la pharmacie organisée en musée et qui dans ses bâtiments du seizième siècle présente, paraît-il, outre des manuscrits et des pots, les salles et ustensiles de préparation des médicaments.

Un petit tour dans Parme. 23 mai 2013
Un petit tour dans Parme. 23 mai 2013

Autre belle et grande église, Santa Maria della Steccata, Sainte-Marie de la Palissade. Tout près d’ici, au quatorzième siècle il y avait une maison sur laquelle un saint Jean Baptiste était peint, et parce qu’on le croyait miraculeux il attirait une foule si considérable qu’il a fallu la contenir avec une palissade. En 1392, on construit une chapelle dédiée à Saint-Jean Baptiste, et à l’intérieur une Vierge allaitant l’Enfant Jésus a été surnommée par le public la Vierge de la Palissade (della Steccata). Au seizième siècle, en 1521, on a abattu cette petite chapelle pour construire la grande église que nous voyons aujourd’hui. Mais tout ne se passe pas sans problèmes. Les Zaccagni père et fils, architectes, entrent en conflit avec la commission de contrôle, qui finit par les renvoyer en 1525. Arrêt des travaux. Un nouvel architecte, Marcantonio Zucchi, est engagé et reprend la construction, mais il meurt peu après. Ce sera Gian Francesco d’Agrate qui finira l’église en 1539. Hélas, nous n’avons pu pénétrer à l’intérieur qui, selon ce que j’ai lu, contient des œuvres remarquables…

Un petit tour dans Parme. 23 mai 2013

Lors de notre visite de Parme, je n’ai pas vu de grandes foules se déplacer à vélo, mais il paraît que les Parmesans sont des fondus de bicyclette. Aussi, passant devant cette sculpture, j’ai cru bon de la prendre en photo, et je la publie ici en attendant mes articles sur le baptistère et sur la cathédrale qui sont quand même plus célèbres que les bicyclettes de Parme!

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20 juillet 2016 3 20 /07 /juillet /2016 23:59

Il faut d’abord considérer que la tranchée creusée par les soldats peut se trouver n’importe où, et pas seulement sur la ligne de front. Rien ne dit que c’est une tranchée profonde pour combattants, plutôt qu’une tranchée superficielle pour feuillées militaires ou pour enterrer les déchets d’un repas.

 

D’autre part, puisque ce nombre, 451066, est le produit d’au moins quatre chiffres, on doit commencer par le décomposer en facteurs premiers. Je ne me rappelle plus dans quelle classe j’avais appris cette opération arithmétique, mais ce qui est sûr c’est que c’était au niveau de ce qui est aujourd’hui le collège. C’est donc à la portée de tout un chacun, très rares étant ceux qui n’ont pas atteint ce niveau d’études. On trouve ainsi:

2 x 7 x 11 x 29 x 101 = 451 066

– Le premier élément, le quantième du mois, est le plus facile. C’est le dernier jour d’un mois, ce ne peut être qu’un 28 février, ou un 29 février bissextile, ou un 30, ou un 31. Ici, on retient donc 29. Et comme, pendant la Première Guerre Mondiale, il n’y a eu qu’une année bissextile (divisible par 4), il s’agit donc du 29 février 1916.

– Le deuxième élément, c’est la longueur de la pertuisane; cette longue arme (que portent les gardes suisses du Vatican) mesure plus de deux mètres. Un pied mesure environ trente centimètres. La longueur, en pieds, de la pertuisane est donc d’environ 7 pieds (0,30x7=2,10m).

– Restent deux éléments et trois chiffres, 2, 11, 101. Ou bien le troisième élément est 2x11=22 et le quatrième est 101, ou bien le troisième élément est 11 et le quatrième 101x2=202. Puisque l’un et l’autre éléments sont la MOITIÉ de l’âge du capitaine et la MOITIÉ du temps où le soldat est resté enterré, dans le premier cas la bataille a eu lieu 202 ans avant 1916, dans le second cas 404 ans avant 1916. Or en 1714 il y avait belle lurette que les pertuisanes ne s’utilisaient plus à la guerre. Il faut donc admettre que le chef de guerre n’avait que 22 ans et que la bataille avait eu lieu en 1916-404=1512.

 

Et voilà, c’était la BATAILLE DE RAVENNE, où GASTON DE FOIX a été tué alors qu’il n’avait que 22 ans. Il était né en décembre 1489, il meurt en avril 1512. Le problème était posé juste avant que je publie mon article sur la “Colonne des Français”, cela aurait un peu trop aidé sur le plan historique. Mais, de toute façon, pas sur le plan arithmétique!

___________________________________

 

LISTE DES GAGNANTS

Eh bien, à vrai dire, j'avais préparé cette rubrique, mais personne n'a répondu au problème. Personne n'a-t-il lu l'énoncé? Ou personne n'a-t-il tenté d'y réfléchir? Ou personne n'a-t-il trouvé la solution? Je l'ignore, mais ma liste de gagnants reste vierge à l'heure de la clôture (j'ai publié la question le 16 juillet à 23h55, je publie la réponse le 20 à 23h59).

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20 juillet 2016 3 20 /07 /juillet /2016 23:55
Ravenne 16 : Port de Classe et colonne des Français. 22 mai 2013

Classe, j’en ai parlé à propos de la basilique Sant’Apollinare in Classe (mon article Ravenne 08), et à propos des mosaïques provenant du complexe conventuel San Severo (mes articles Ravenne 14 et Ravenne 15). C’était le port de Ravenne dans l’Antiquité, quand l’empereur Auguste, au début du premier siècle de notre ère, en a fait la base de sa flotte militaire. Plus tard, en l’an 400, l’empereur Honorius (le père de Galla Placidia) transfère de Milan à Ravenne la capitale de l’Empire Romain d’Occident, et Classe devient donc le port de la capitale. L’importance de Classe se maintient quand, du sixième au huitième siècle, l’Empire Byzantin fait de Ravenne le siège de l’Exarchat d’Italie. Tout port, c’est logique, amène par nature des populations diverses; mais quand ce port bénéficie d’une telle importance, il attire encore plus de monde. Les fouilles, ici, ont révélé que Classe avait été une ville cosmopolite, dans les habitations on a mis au jour des monnaies, des objets du quotidien ou de culte prouvant que ceux qui y avaient vécu et travaillé venaient de Syrie, d’Égypte, d’Espagne, de Germanie, et évidemment d’ailleurs en Italie, de Grèce, de Constantinople. Une visite passionnante s’annonce.

Ravenne 16 : Port de Classe et colonne des Français. 22 mai 2013
Ravenne 16 : Port de Classe et colonne des Français. 22 mai 2013

Une visite passionnante? Non! Pas de visite. Sur la grille, toute une série d’interdictions. La pire pour nous, “Vietato l’ingresso ai non addetti ai lavori”. Entrée interdite à qui n’est pas impliqué dans les travaux. C’est que l’année dernière, le 2 juillet 2012, une bombe non explosée de la Seconde Guerre Mondiale a été trouvée sur le site. Accès interdit à toute personne jusqu’à ce que l’on fasse exploser cette bombe avec toutes les protections nécessaires le 2 septembre. Comme nous le constatons aujourd’hui, le site n’a pas été rouvert le 3 septembre, et j’ai lu quelque part qu’il restera fermé tant que dureront les fouilles, pour préserver les matériaux archéologiques mis au jour et gardés sur place en attente d’examen et de transfert. Un grand panneau nous informe que l’on procède à la restauration et à la conservation du parc archéologique du port antique de Classe. Eh bien tant pis, passons notre chemin…

Ravenne 16 : Port de Classe et colonne des Français. 22 mai 2013
Ravenne 16 : Port de Classe et colonne des Français. 22 mai 2013

Cette colonne dressée sur le bord d’une petite route près du fleuve Ronco dans la campagne près de Ravenne, c’est la Colonne des Français érigée en 1557. L’une des inscriptions appelle le passant à regarder, et évoque le sang qui a taché cette terre dans l’affrontement de l’armée française et de l’armée espagnole. Le célèbre chevalier Bayard a participé aux combats, qui ont fait plus de vingt mille morts. Il écrit “Si le roi a gagné la bataille, les pauvres gentilshommes l’ont bien perdue”. Dans ses Mémoires d’outre-tombe, Chateaubriand cite également ce même Bayard: “Nonobstant toute l'artillerie tirée par les Espagnols, les Français marchaient toujours, dit le Loyal serviteur; depuis que Dieu créa ciel et terre, ne fut un plus cruel ne plus dur assaut entre Français et Espagnols. Ils se reposaient les uns devant les autres pour reprendre leur haleine; puis, baissant la vue, ils recommençaient de plus belle en criant: France et Espagne! Il ne resta de tant de guerriers que quelques chevaliers, qui alors affranchis de la gloire endossèrent le froc”.

 

Mais de quoi donc s’agit-il? Marignan 1515, assassinat de Henri IV 1610, Austerlitz 2 décembre 1805, oui, mais on parle assez peu de la bataille de Ravenne en 1512. Depuis quelque temps, le roi de France Louis XII est parti à la conquête de l’Italie. Le pape décide de réagir pour l’arrêter. Le 11 avril 1512, c’est le dimanche de Pâques. L’armée de Louis XII, commandée par Gaston de Foix, affronte la Lega Santa, la Sainte Ligue du pape Jules II dans laquelle se battent principalement des Espagnols, mais aussi des Italiens et des Grecs du Royaume de Naples. L’artillerie du duc de Ferrare qui se bat du côté des Français, un armement alors considéré comme très moderne (même si, en 1453, une soixantaine d’années plus tôt, c’est aussi l’artillerie qui avait permis au sultan Mehmet II de prendre Constantinople et de mettre fin à l’Empire Byzantin), leur donnera finalement la victoire.

 

Outre Bayard, d’autres célébrités participaient à la bataille, comme l’Arioste, ce poète italien, qui a décrit son vécu de l’événement, ou encore La Palisse, dont on a tiré le nom commun une lapalissade. Sur son tombeau (il a été tué à Pavie en 1525, mais enterré dans le Bourbonnais, dans son château) était écrit “Hélas s'il n'était pas mort, il ferait encore envie”, qui a été interprété comme “S’il n’était pas mort, il serait encore en vie”… une vraie lapalissade!

 

L’autre jour, j’avais posé un petit problème. J’en publie la solution tout de suite, mais dans un article séparé. Vous pourrez y voir aussi si mes lecteurs ont été nombreux à trouver la solution Et je clos ici à la fois mon seizième article sur Ravenne et notre séjour dans la ville. Nous poursuivons notre route vers la France et partons pour Parme.

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16 juillet 2016 6 16 /07 /juillet /2016 23:55

Cela ne m’arrive jamais de poser des problèmes, mais une fois n’est pas coutume, j’interromps (brièvement) la publication de mes articles sur Ravenne car je voudrais poser à mes fidèles lecteurs le petit problème suivant. À moi, on me l’a posé alors que j’étais élève en classe de seconde. Oui, bien de l’eau a passé sous les ponts depuis ce temps-là. Considérant mon visage aujourd’hui, Mac Mahon s’écrierait de nouveau “Que d’eau! Que d’eau!”. Tant pis pour moi… Ce problème, le voici (solution après publication de mon prochain article):

 

Le dernier jour d’un certain mois de la guerre de 1914-1918, des soldats creusant une tranchée mirent au jour le corps d’un soldat de l’ancien temps ayant à ses côtés sa vieille pertuisane. On sait que si l’on multiplie:

1/ le quantième du mois de la découverte du corps, par

2/ la longueur, mesurée en pieds, de la pertuisane, par

3/ la moitié du temps où le soldat est resté sous terre, par

4/ la moitié de l’âge du capitaine commandant à la bataille où le soldat a été tué,

on obtient 451 066.

La question: quelle était cette bataille et qui était le capitaine y commandant.

 

N. B.: s’il vous plaît, si vous trouvez la réponse, NE LA PUBLIEZ PAS CI-DESSOUS, ne cliquez pas sur “commenter cet article”, pour laisser les autres chercher un petit peu!!! Mais vous pouvez me la communiquer directement. Comment? Sur la droite de l’écran, à la dernière ligne de la rubrique “Présentation”, vous cliquez sur “contact”.

 

En donnant la réponse (dans 4 jours), je publierai les noms des gagnants. N’oubliez donc pas, en répondant, d’indiquer sous quel nom, ou sous quel pseudo, vous souhaitez apparaître si votre réponse est gagnante.

 

Les prix distribués aux gagnants? Euh… Généreusement, j’offre l’honneur d’apparaître dans la liste des gagnants!!!

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15 juillet 2016 5 15 /07 /juillet /2016 23:55
Ravenne 15 : Mosaici tra Inferno e Paradiso. Mercredi 15 mai 2013
Ravenne 15 : Mosaici tra Inferno e Paradiso. Mercredi 15 mai 2013

Pour en finir avec les mosaïques de Ravenne, en guise de conclusion, nous voici au TAMO, abréviation de “Tutta l’Avventura del Mosaico”, titre qu’il me semble inutile de traduire. C’est une sorte de musée de la mosaïque, avec une exposition intitulée “Mosaici tra Inferno e Paradiso”, c’est-à-dire “Mosaïques entre Enfer et Paradis” en référence à la Divine Comédie de Dante, avec ses trois livres l’Enfer, le Purgatoire et le Paradis, parce que les vingt-et-une œuvres exposées sont inspirées de Dante. Ce musée est installé dans l’église (quatorzième siècle) et le monastère de San Nicolò. Désaffectés, cela va sans dire.

Ravenne 15 : Mosaici tra Inferno e Paradiso. Mercredi 15 mai 2013
Ravenne 15 : Mosaici tra Inferno e Paradiso. Mercredi 15 mai 2013
Ravenne 15 : Mosaici tra Inferno e Paradiso. Mercredi 15 mai 2013

Le musée commence dans la nef de l’église. Avant de montrer ce qui y est exposé, on peut déjà admirer ce qui reste de fresques bien abîmées sur les murs, mais de toute beauté.

Ravenne 15 : Mosaici tra Inferno e Paradiso. Mercredi 15 mai 2013

Ce qui remonte le plus loin dans le temps, c’est cette mosaïque de sol du quatrième siècle avant Jésus-Christ qui provient de l’île sicilienne de Mozia (voir mon article Mozia, daté 21 août 2010). Elle est faite de galets de rivière liés par du mortier de calcaire mêlé de fines particules. Cette méthode de mosaïque de galets est rare.

Ravenne 15 : Mosaici tra Inferno e Paradiso. Mercredi 15 mai 2013

Sur ma photo montrant la nef de l’église, on a pu voir au sol de grandes plaques. Ce sont de somptueux tapis de mosaïques. Celui-ci vient d’une domus de Faenza, dans la province de Ravenne, et date de l’époque d’Auguste.

Ravenne 15 : Mosaici tra Inferno e Paradiso. Mercredi 15 mai 2013
Ravenne 15 : Mosaici tra Inferno e Paradiso. Mercredi 15 mai 2013

Cet autre tapis de mosaïque est peut-être objectivement plus beau, mais je préfère le précédent. Celui-ci est plus tardif, sixième siècle après Jésus-Christ, et provient du complexe du monastère de San Severo, à Classe (J’ai eu l’occasion d’évoquer ce monastère et ses mosaïques de sol dans mon précédent article, Ravenne 14, au sujet de la crypte Rasponi).

Ravenne 15 : Mosaici tra Inferno e Paradiso. Mercredi 15 mai 2013

Cette mosaïque de sol donne une impression de vannerie en relief, encore une qui est remarquable. Elle est faite de tesselles qui sont toutes rectangulaires et de même dimension. Elle vient de Libye et date du deuxième siècle de notre ère.

Ravenne 15 : Mosaici tra Inferno e Paradiso. Mercredi 15 mai 2013
Ravenne 15 : Mosaici tra Inferno e Paradiso. Mercredi 15 mai 2013
Ravenne 15 : Mosaici tra Inferno e Paradiso. Mercredi 15 mai 2013

Cette mosaïque de sol représente des motifs peu communs, et très variés, qui semblent avoir été jetés en désordre. Elle vient d’une domus de Ravenne que l’on désigne par elle, à savoir la Domus des tapis à cercles et à méandres. On la date du cinquième siècle de notre ère, mais elle a été restaurée à de nombreuses reprises dans l’antiquité.

Ravenne 15 : Mosaici tra Inferno e Paradiso. Mercredi 15 mai 2013
Ravenne 15 : Mosaici tra Inferno e Paradiso. Mercredi 15 mai 2013

Mais les mosaïques ne sont pas toutes géométriques, beaucoup d’entre elles sont figuratives. Les deux ci-dessus sont du cinquième siècle de notre ère et ont été prélevées dans une domus de Faenza. Rien à voir, ni pour l’époque, ni pour la localisation, avec la domus de Faenza évoquée plus haut. D’abord, dans deux cadres distincts, des soldats en armes, avec bouclier, casque et lance; et ensuite, cet homme nu sur un trône, c’est Achille à qui on présente ses armes. Cet homme debout, en bas à gauche, est peut-être le roi de Troie Priam, est-il dit sur la notice. Il est vrai que Priam n’est plus jeune, comme l’homme de la mosaïque, mais je ne vois pas bien ce qu’il viendrait faire dans cette scène.

Ravenne 15 : Mosaici tra Inferno e Paradiso. Mercredi 15 mai 2013

Grand saut dans le temps, nous arrivons au douzième siècle avec cette mosaïque en provenance d’Otrante, dans les Pouilles (voir mon article daté 4 et 5 octobre 2010). Tant par le style du dessin que par la qualité de la technique, on voit qu’on a changé d’époque. Ici les tesselles sont de forme et de taille aléatoires, et cela entraîne qu’elles soient mal jointes avec un ciment grossier.

Ravenne 15 : Mosaici tra Inferno e Paradiso. Mercredi 15 mai 2013

Passons maintenant à un autre secteur du musée. On va étudier la technique de la mosaïque. Difficile à faire passer dans ce blog, il faut voir de ses yeux, apprécier la matière, comprendre les animations. Ce que je peux montrer ici, c’est par exemple cette photo d’une stèle qui est au musée d’Ostie –le port de Rome dans l’antiquité– et qui représente des artistes taillant des tesselles pour faire une mosaïque.

Ravenne 15 : Mosaici tra Inferno e Paradiso. Mercredi 15 mai 2013
Ravenne 15 : Mosaici tra Inferno e Paradiso. Mercredi 15 mai 2013
Ravenne 15 : Mosaici tra Inferno e Paradiso. Mercredi 15 mai 2013

En même temps que l’on nous montre la photo de cette stèle, on nous présente les outils de l’artiste en mosaïque, en nous expliquant comment on s’en sert. Il y a aussi ce bac plein de tesselles multicolores, mais en un autre endroit on nous montre comment on les colore, comment elles sont ensuite classées par couleur, et aussi par gradation de couleur, pour que l’on puisse trouver instantanément, au cours du travail de composition, les tesselles dont on a besoin, sans avoir à fouiller dans le tas. Un parcours instructif très intéressant.

Ravenne 15 : Mosaici tra Inferno e Paradiso. Mercredi 15 mai 2013

Et en fin de parcours, nous voici arrivés à l’exposition d’œuvres contemporaines inspirées de la Divine Comédie de Dante, ces Mosaici tra Inferno e Paradiso, dont je parlais au début. C’est le 27 mai 1965 que le cloître de la basilique San Vitale expose 21 mosaïques en relation avec la Divine Comédie. Cette année-là est marquée par le septième centenaire de la naissance de Dante. Ces mosaïques sont à présent au TAMO, pour notre plus grand plaisir. En voici quatre. Cette mosaïque, ci-dessus, représente Dante et Virgile face à Paolo [Malatesta] et Francesca [da Rimini], dans l’Enfer, chant 5. Il convient d’indiquer deux noms, celui du peintre qui a exécuté le carton, Domenico Purificato (1915-1984), et celui de l’artiste en mosaïque qui a réalisé l’œuvre finale, Santo Spartà (né en 1936). C’est un artiste orientaliste, qui s’est initié en restaurant des mosaïques anciennes dans les basiliques de Ravenne.

Ravenne 15 : Mosaici tra Inferno e Paradiso. Mercredi 15 mai 2013

Cette mosaïque, les Harpies, est inspirée du chant 13 de l’Enfer de Dante. Le carton, une détrempe sur papier, est de Giulio Ruffini (1921-2011), sculpteur et peintre. Libera Musiani (1903-1987) a exécuté la mosaïque, mais en la réinterprétant. En effet, s’il reste fidèle au graphisme, en revanche il a beaucoup adouci les contrastes et les tons, ce qui affaiblit la charge expressive de l’original surréaliste.

Ravenne 15 : Mosaici tra Inferno e Paradiso. Mercredi 15 mai 2013

Les Violents, c’est également au chant 13 de l’Enfer qu’on les trouve. L’auteur du carton, Leila Lazzaro (née en 1925) est romaine. Elle a représenté le suicide de Pier delle Vigne, et l’on retrouve les Harpies de l’image précédente. L’exécution est de Sergio Cicognani (né en 1927), un artiste célèbre qui a travaillé avec Kokoschka et avec Mathieu. Lui aussi a beaucoup adouci les tons durs du carton en les faisant évoluer en ombres pastel.

Ravenne 15 : Mosaici tra Inferno e Paradiso. Mercredi 15 mai 2013

Cette mosaïque est intitulée Caton. Et en effet, Dante a placé Caton d’Utique à l’entrée du purgatoire (Purgatoire, chant 1). Ce Romain qui, pour ne pas être livré à son adversaire César, s’est jeté sur son épée, je l’aurais plutôt imaginé en Enfer avec les suicidés, mais là n’est pas le sujet. Il est ici interprété sur un carton de Orfeo Tamburi (1910-1994), qui s’est formé à Rome puis a exercé à Paris, évoluant vers des formes qui témoignent de l’influence de Cézanne sur son style. Cette fois, la transcription en mosaïque est très fidèle au carton original. Elle est de Santo Spartà, que nous avons vu au sujet de Paolo et Francesca.

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13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 23:55
Ravenne 14 : palazzo et crypte Rasponi. Jeudi 16 mai 2013

Nous sommes dans le quartier de Dante. Sur la vaste place où s’élève l’église San Francesco, sur la droite, se trouve le conseil provincial, installé dans le Palais Rasponi. J’en ai montré la façade dans mon article Ravenne 01. Ma photo met en perspective la tour néogothique du palais, qui date de 1840, et le campanile de l’église.

Ravenne 14 : palazzo et crypte Rasponi. Jeudi 16 mai 2013
Ravenne 14 : palazzo et crypte Rasponi. Jeudi 16 mai 2013
Ravenne 14 : palazzo et crypte Rasponi. Jeudi 16 mai 2013
Ravenne 14 : palazzo et crypte Rasponi. Jeudi 16 mai 2013

C’est entre la fin du dix-huitième siècle et le début du dix-neuvième qu’a été construite cette crypte composée de trois pièces, dont l’une a servi de chapelle, avec un petit autel. L’ensemble était destiné à recevoir les sépultures de la famille Rasponi, mais en fait personne n’y a jamais été enterré.

Ravenne 14 : palazzo et crypte Rasponi. Jeudi 16 mai 2013

Comme nous allons le voir, l’intérêt de ce bâtiment ne se limite pas à son architecture. Ma photo ci-dessus permet, en regardant le sol et le mur du fond, de deviner que des éléments anciens et contemporains méritent d’être remarqués.

Ravenne 14 : palazzo et crypte Rasponi. Jeudi 16 mai 2013
Ravenne 14 : palazzo et crypte Rasponi. Jeudi 16 mai 2013
Ravenne 14 : palazzo et crypte Rasponi. Jeudi 16 mai 2013

En effet, le sol est en mosaïque. Une mosaïque ancienne. Il est absolument certain qu’elle n’est pas ici d’origine, et que la crypte n’a pas été construite dessus. On suppose, et c’est une quasi-certitude, qu’il s’agit du sol de la basilique San Severo (Saint-Sévère) de Classe, qui date de la fin du sixième siècle. Lors du déclin de ce port antique de Ravenne, la basilique a survécu grâce au monastère qui lui a été adjoint au dixième siècle, mais elle a été détruite après le quinzième siècle. Ce qui en a été récupéré ici ne provient pas d’un unique grand morceau, mais est constitué de plusieurs petits fragments habilement raccordés.

Ravenne 14 : palazzo et crypte Rasponi. Jeudi 16 mai 2013

Les Rasponi avaient aussi trouvé je ne sais où quelques plaques de marbre de Proconnèse que les spécialistes ont datées de l’époque de Théodoric, comme ce bas-relief représentant un quadrupède.

Ravenne 14 : palazzo et crypte Rasponi. Jeudi 16 mai 2013

La crypte peut également être utilisée –pourquoi pas?– pour des expositions temporaires. Nous avons pu y voir des œuvres contemporaines comme celle-ci, intitulée Labirinticamente 2006 (“Labyrinthiquement 2006”).

Ravenne 14 : palazzo et crypte Rasponi. Jeudi 16 mai 2013
Ravenne 14 : palazzo et crypte Rasponi. Jeudi 16 mai 2013

Ici, sur cette pierre qui, sur un visuel, est définie comme l’autel de la chapelle, explication à laquelle je ne crois pas parce qu’elle est évidée en cuvette et dispose d’un orifice d’écoulement, est posée une coupe sans fond, une sorte d’entonnoir.

Ravenne 14 : palazzo et crypte Rasponi. Jeudi 16 mai 2013
Ravenne 14 : palazzo et crypte Rasponi. Jeudi 16 mai 2013

Vaso 1996. Puisque Ravenne est la capitale mondiale de la mosaïque, il est normal que la plupart des œuvres présentées, ou la totalité, soient des mosaïques. Ici, dans ce “Vase 1996”, on voit incrustée une colombe, rappel des colombes que l’on voit un peu partout, depuis le mausolée de Galla Placidia.

Ravenne 14 : palazzo et crypte Rasponi. Jeudi 16 mai 2013
Ravenne 14 : palazzo et crypte Rasponi. Jeudi 16 mai 2013
Ravenne 14 : palazzo et crypte Rasponi. Jeudi 16 mai 2013

Le Palazzo Rasponi comportait à l’origine de grands jardins suspendus. Aujourd’hui, si les jardins que nous voyons sont accueillants, ils n’ont pas, paraît-il, la splendeur de ceux du passé. Une partie d’entre eux, cependant, cultivés au-dessus du niveau du sol, méritent toujours le titre de jardins suspendus.

Ravenne 14 : palazzo et crypte Rasponi. Jeudi 16 mai 2013
Ravenne 14 : palazzo et crypte Rasponi. Jeudi 16 mai 2013

Il y a aussi un très intéressant chemin sur les toits avec une passerelle et une grande terrasse, qui permet d’apprécier l’architecture des bâtiments.

Ravenne 14 : palazzo et crypte Rasponi. Jeudi 16 mai 2013
Ravenne 14 : palazzo et crypte Rasponi. Jeudi 16 mai 2013
Ravenne 14 : palazzo et crypte Rasponi. Jeudi 16 mai 2013

Oui, apprécier l’architecture du palazzo; mais aussi d’avoir une très belle vue d’en haut. C’est ainsi que j’ai pu prendre cette photo de l’église San Francesco (cf. mon article Ravenne 11) et de la piazza du même nom. Sur cette place, la maison au bout du flanc à droite, après les arbres, porte la plaque de ma troisième photo. Cette plaque dit qu’ici se trouvait la maison où a habité en 1819 Lord Byron, qualifié “ami des patriotes de Ravenne”. Les mots “ici se trouvait” signifient que cette maison n’existe plus, et que celle que l’on peut voir aujourd’hui a été bâtie sur l’emplacement de celle qu’a occupée Byron. Je la montre vue d’en bas dans mon article Ravenne 01.

Ravenne 14 : palazzo et crypte Rasponi. Jeudi 16 mai 2013

Depuis le début, je parle du palais, j’en montre une crypte, des jardins, le toit, mais où est-il donc, ce palais? Je n’en montrerai que cette vue. Dans un premier temps, c’est au dix-huitième siècle que la famille des Rasponi l’a construit. En 1895, les Rasponi le vendent à un certain Geremia Zoli, qui en fait l’hôtel Byron, le plus luxueux établissement de Ravenne. En 1918, les héritiers de Zoli le vendent à la Fédération des Coopératives de la Province de Ravenne.

Ravenne 14 : palazzo et crypte Rasponi. Jeudi 16 mai 2013

Mais les événements politiques s’en mêlent. En 1922, les Fascistes de Mussolini n’aiment pas ce qui est à gauche, et détruisent, incendient ce qui est communiste ou socialiste, avant d’investir des villes. C’est ce qui arrive à Ravenne, et la Fédération des Coopératives est bien évidemment une cible à détruire en priorité, car elle est devenue le symbole du pouvoir socialiste à Ravenne. La plaque ci-dessus l’évoque:

 

“Ces murs de l’ancien palais Rasponi, réchappés de l’assaut fasciste du 28 juillet 1922, rappellent le siège de la Fédération des Coopératives de la Province de Ravenne, incendié et détruit par qui a tenté en vain d’anéantir les valeurs et les œuvres de milliers de coopérants”.

 

Quelques pans de murs réchappés de la fureur fasciste… Le palais n’était plus que des ruines. Une société napolitaine les acquiert pour construire à la place un grand ensemble comportant une auberge, un café, une salle de théâtre et de concert, des boutiques, des appartements. Ce projet émeut la population. Corrado Ricci (1858-1934, célèbre archéologue et historien de l’art, sénateur en 1923, superintendant des monuments de Ravenne) est appelé à s’en mêler. Un architecte, Giulio Ulisse Arata, accepte de prendre en compte les remarques et avis de Corrado Ricci. Les travaux commencent en 1924 mais, plutôt que d’admettre les modifications du projet, la société vend la propriété à l’administration provinciale alors que les travaux sont loin d’être achevés. Le Palazzo della Provincia sera inauguré en 1928.

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11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 23:55

Dans mes articles précédents, nous avons vu les églises les plus remarquables de Ravenne, qui remontent aux premiers siècles du christianisme et sont ornées de mosaïques exceptionnelles. Aujourd’hui, nous allons parcourir la ville pour y voir dix autres églises, plus ou moins anciennes, en passant rapidement, parfois même sans y pénétrer.

Ravenne 13 : Diverses églises de la ville. Du 5 au 22 mai 2013

Par exemple la cathédrale. Nous n’y entrons pas. Le Duomo della Resurrezione di Nostro Signore Gesù Cristo est mitoyen du baptistère. C’est une église du dix-huitième siècle, mais son campanile cylindrique, lui, remonte aux dixième et onzième siècles.

Ravenne 13 : Diverses églises de la ville. Du 5 au 22 mai 2013

J’ai dit que nous allions voir des églises. Celle-ci, avec son monastère, a été fermée au culte en 1882, et elle est devenue aujourd’hui un dépôt de la police municipale, qui paraît-il ne se soucie guère de la maintenir en état. Domenico Barbiani (1714-1777), peintre et architecte, l’avait restructurée, et lui avait donné cette façade du dix-huitième siècle, mais l’église était beaucoup plus ancienne, comme nous allons le voir.

 

Dante avait deux fils, Iacopo et Pietro, et une fille, Antonia Alighieri, née à Florence tout à la fin du treizième siècle ou au tout début du quatorzième. La sentence d’exil frappait seulement les hommes, de sorte que les deux fils ont dû partir avec Dante, mais Antonia est restée à Florence avec sa mère Gemma Donati. Beaucoup pensent que Gemma a rejoint son mari quelques années plus tard, peut-être en 1315, et donc Antonia, encore très jeune, aurait bien sûr suivi sa mère. Après la mort de son père, elle est entrée au couvent Santo Stefano degli Ulivi sous le nom de sœur Béatrice. On a une preuve de son existence en 1332, un document daté des 3 et 6 novembre de cette année-là dans lequel ses deux frères Iacopo et Pietro sollicitent l’accord de leur mère et de leur sœur Antonia pour la vente d’un bien. Par ailleurs, un document émanant des archives notariales de Ravenne dit que le 21 septembre 1371 maître Donato degli Albanzani a consigné, de la part d’un ami qui désirait rester anonyme, trois ducats au monastère de Santo Stefano, le monastère étant en qualité d’héritier “de sœur Béatrice, fille de Dande Aldegeri”. Il ne fait guère de doute que le texte veut dire fille de Dante Alighieri. Antonia était donc morte à ce moment-là et le couvent était son héritier. D’aucuns, à la suite de C. Ricci (L'ultimo rifugio di Dante), pensent que l’ami inconnu n’est autre que Boccace. Wikipédia en français, comme mes sources savantes trouvées en bibliothèque, la fait naître à une date inconnue dans une fourchette à cheval sur les deux siècles (j’aime le ridicule de ma formule, une fourchette à cheval: il faut se représenter l’image…), et la dit morte après 1371. Mais Wikipédia en italien ne laisse pas de doute, elle est née en 1298 et morte en 1350. J’ignore sur quoi se fondent ces certitudes.

Ravenne 13 : Diverses églises de la ville. Du 5 au 22 mai 2013

Nous sommes sur le flanc gauche du parvis de Sant’Apollinare Nuovo. Nous voyons ici Santa Barbara, une église construite au début du onzième siècle (même si la première mention que nous en ayons ne remonte qu’à 1109). En 1513, elle devient église paroissiale, Lorsque, au début du dix-neuvième siècle, une ordonnance de Napoléon contraint à réduire le nombre des paroisses, le secteur paroissial de Santa Barbara est rattaché à Santa Maria in Porto (elle-même fermée, j’en parle plus bas), et le bâtiment est mis en vente. Transformé en maison d’habitation, puis en local d’artisan, il appartient maintenant à un nouveau propriétaire qui essaie de le remettre en état, ainsi que l’ensemble du complexe.

Ravenne 13 : Diverses églises de la ville. Du 5 au 22 mai 2013

L’église des Saints Jean et Paul (chiesa dei Santi Giovanni e Paolo) est bâtie sur l’emplacement d’une église remontant au cinquième et au sixième siècles, mais dont l’abside était tournée là où est aujourd’hui la façade. L’église actuelle a été restructurée en 1671, puis l’architecte Domenico Barbiani que j’ai déjà évoqué à propos de Santo Stefano degli Ulivi la reconstruit en 1758 sur la seule nef centrale de l’église primitive. Au premier coup d’œil on se rend compte que son campanile, de plan carré jusqu’à mi-hauteur et circulaire au-dessus, est beaucoup plus ancien: l’un des plus vieux de Ravenne, il a été construit au neuvième siècle.

Ravenne 13 : Diverses églises de la ville. Du 5 au 22 mai 2013

Le sol d’origine de la basilique Sant’Agata Maggiore, du fait de la surélévation du terrain au cours des siècles, se trouve aujourd’hui à 2,50 mètres au-dessous du niveau du pavement actuel. Sa construction remonte au cinquième siècle, et plus précisément aux évêques Jean Premier (477-494) et Pierre II (494-519). À l’intérieur, l'abside était autrefois recouverte de superbes mosaïques du sixième siècle, mais le temps et ses aléas (notamment un tremblement de terre en 1688) en ont eu raison, il n’y a plus une seule tesselle à en montrer… Quant à la Seconde Guerre Mondiale, les bombardements des Alliés ont très durement touché l’église, restaurée depuis.

Ravenne 13 : Diverses églises de la ville. Du 5 au 22 mai 2013
Ravenne 13 : Diverses églises de la ville. Du 5 au 22 mai 2013

Celle-ci, si je n’en montre pas l’intérieur, ce n’est pas par choix, mais parce qu’elle est fermée au public. C’est l’église Santa Croce, construite par Galla Placidia sur un plan en croix latine dans la première moitié du cinquième siècle. Elle faisait partie du même grand complexe que le mausolée, jusqu’à ce que, au début du dix-septième siècle, elle en soit coupée. Comme l’église Sant’Agata Maggiore, elle a dû être surélevée parce qu’elle se trouvait sous le niveau du sol, et elle a été profondément restructurée, la façade actuelle étant du dix-septième siècle. Le transept a été supprimé, l’abside du cinquième siècle est aujourd’hui à la hauteur de la jonction de l’ancien transept et de la nef. On voit que le campanile n’est pas contemporain, et de loin, de l’église: il est du dix-huitième siècle

Ravenne 13 : Diverses églises de la ville. Du 5 au 22 mai 2013
Ravenne 13 : Diverses églises de la ville. Du 5 au 22 mai 2013
Ravenne 13 : Diverses églises de la ville. Du 5 au 22 mai 2013

Autour du bâtiment, des fouilles ont mis au jour des constructions antérieures à l’édification de l’église primitive, puisqu’il s’agissait d’une domus romaine. Certaines mosaïques de sol, qui sont très belles, sont mangées par les herbes et la mousse. C’est bien dommage.

Ravenne 13 : Diverses églises de la ville. Du 5 au 22 mai 2013
Ravenne 13 : Diverses églises de la ville. Du 5 au 22 mai 2013

Santa Maria in Porto, Sainte-Marie-du-Port. En 1960, le pape Jean XXIII a élevé cette église au rang de basilique mineure. Elle a été édifiée de 1553 à 1606 avec une façade baroque sur des plans établis quelques décennies plus tôt, en 1511, par l’architecte Bernardino Tavella, mais dans la seconde moitié du dix-huitième siècle (1784) l’architecte Camillo Morigia a modifié cette façade dans le style néoclassique.

 

En 1797, non seulement les troupes françaises ont endommagé et pillé l’église, mais il a été décidé de la fermer au culte et elle a été transformée en caserne. Ce n’est qu’à la fin du dix-neuvième siècle qu’elle est rouverte comme église. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, les bombes des Alliés ont ravagé Ravenne, j’ai eu hélas plusieurs fois l’occasion de le dire, et l’une d’entre elles a touché Santa Maria in Porto le 24 juillet 1944 mais par chance seul l’impact de l’engin a causé des dégâts, car elle n’a pas explosé, et la restauration a pu être effectuée rapidement. Je ne sais pas si la presse a parlé de cette bombe, je ne lisais pas les journaux à cette époque-là, j’étais âgé de trois jours!

 

Au-dessus du portail central, cette belle statue de la Vierge date de 1689. Elle représente la Madonna Greca, bas-relief qui se trouve à l’intérieur de l’église et dont je vais parler tout à l’heure. C’est la protectrice de Ravenne.

Ravenne 13 : Diverses églises de la ville. Du 5 au 22 mai 2013

De façon très classique, c’est une église à trois nefs, avec une coupole au-dessus de la croisée du transept.

Ravenne 13 : Diverses églises de la ville. Du 5 au 22 mai 2013
Ravenne 13 : Diverses églises de la ville. Du 5 au 22 mai 2013
Ravenne 13 : Diverses églises de la ville. Du 5 au 22 mai 2013

Dans plusieurs églises d’Italie, nous avons eu l’occasion de voir ce travail de marqueterie de marbre, sorte d’opus sectile, sur le devant des autels ou sur les balustrades de chapelles latérales. Un travail très fin et délicat pour représenter ces scènes de martyre violentes.

Ravenne 13 : Diverses églises de la ville. Du 5 au 22 mai 2013

Ce vase est appelé “hydrie de Cana”. Non pas que l’on se soit imaginé qu’il ait pu être l’un des vases où Jésus a changé l’eau en vin aux noces de Cana, mais tout simplement parce que, clairement, il vient d’Orient, très vraisemblablement rapporté par les Croisés au Moyen-Âge, et que le porphyre dont il est fait, cette pierre rouge, rappelle le vin des noces de Cana, tout comme le sang du Christ évoqué lors de la Cène du Jeudi Saint (“Prenez et buvez-en tous, car ceci est la coupe de mon sang, le sang de l’Alliance nouvelle et éternelle, qui sera versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés”).

Ravenne 13 : Diverses églises de la ville. Du 5 au 22 mai 2013

Et puis on peut voir ce bas-relief que rappelle à l’extérieur la statue de la façade. Il est réalisé en marbre de Paros et il est très généralement considéré d’origine byzantine, antérieur au concile d’Éphèse qui s’est tenu en 431, quoique j’aie lu sur un site Internet qu’il était peut-être de facture vénitienne, ce qui contredit son matériau, sa date et sa provenance. Quoi qu’il en soit, la tradition veut qu’au douzième siècle, au dimanche in albis (le dimanche une semaine après Pâques), des moines du monastère de Santa Maria in Porto Fuori (Porto Fuori était sur la côte à cette époque, avant que la mer ne se retire plus loin), marchant sur la plage, y découvrent cette statue de la Vierge. Une statue de style byzantin entre sable et vagues, il n’en fallait pas plus pour y voir une statue venue miraculeusement de Constantinople. Et comme on oppose l’Église latine de Rome à l’Église grecque de Constantinople, on appelle cette Vierge la Madonna Greca, la Madone Grecque. Et si elle est venue ici de sa propre volonté, c’est pour protéger spécialement Ravenne. Elle est donc la patronne de la ville, mais aussi du diocèse et du vicariat de la mer.

Ravenne 13 : Diverses églises de la ville. Du 5 au 22 mai 2013
Ravenne 13 : Diverses églises de la ville. Du 5 au 22 mai 2013
Ravenne 13 : Diverses églises de la ville. Du 5 au 22 mai 2013

Nous voici à San Giovanni Battista. Pour bien distinguer cette église Saint-Jean-Baptiste de l’église dédiée à l’autre saint Jean, Saint-Jean-l’Évangéliste (que j’ai présentée dans un article précédent, Ravenne 10), il est d’usage de l’appeler, dans le dialecte local, Sân Zvan dla Zôla, c’est-à-dire Saint-Jean-de-l’Oignon (drôle de nom!) parce que chaque année au mois de juin, et encore aujourd’hui, a lieu dans les parages une Fête de l’Oignon. L’église bâtie ici à l’origine remonte au sixième siècle, et le campanile que nous voyons date du neuvième, mais l’église a été abattue pour être reconstruite en 1683 par l’architecte Pietro Grossi.

Ravenne 13 : Diverses églises de la ville. Du 5 au 22 mai 2013

Arrêtons-nous un instant devant cette Vierge au doux visage, avec l’Enfant Jésus représenté comme un vrai bébé, qui gigote dans les bras de sa maman et veut lui attraper le visage.

Ravenne 13 : Diverses églises de la ville. Du 5 au 22 mai 2013

Tout autour de l’église, ses murs portent des peintures d’artistes locaux qui ont œuvré entre le quinzième et le dix-huitième siècles. À titre d’exemple, cette Vierge peinte par Francesco Longhi, d’une famille de peintres (il est le fils de Luca Longhi et le frère de Barbara Longhi) actifs à Ravenne au seizième siècle.

Ravenne 13 : Diverses églises de la ville. Du 5 au 22 mai 2013

Fixé au mur, ce monument funéraire n’est peut-être pas une œuvre d’art qui mérite d’être publiée ici, ce squelette ailé n’est pas du meilleur goût, mais je trouve l’ensemble intéressant.

Ravenne 13 : Diverses églises de la ville. Du 5 au 22 mai 2013

Nous sommes en plein mois de mai. Une crèche, c’est un peu en retard, ou un peu en avance pour le 25 décembre… Mais à l’extérieur de l’église un panneau incite à entrer admirer une crèche napolitaine permanente. Elle a été installée le 5 décembre 2009. Il est piquant de constater qu’en France, des conseils départementaux et des municipalités doivent démonter leurs crèches, considérées comme des offenses à la laïcité, et qu’en Italie, au sein même d’églises, des crèches peuvent être permanentes, perdant ainsi hors de la période de la Nativité leur signification religieuse au profit d’une valeur purement artistique.

Ravenne 13 : Diverses églises de la ville. Du 5 au 22 mai 2013
Ravenne 13 : Diverses églises de la ville. Du 5 au 22 mai 2013
Ravenne 13 : Diverses églises de la ville. Du 5 au 22 mai 2013
Ravenne 13 : Diverses églises de la ville. Du 5 au 22 mai 2013
Ravenne 13 : Diverses églises de la ville. Du 5 au 22 mai 2013

Cinq photos, c’est sans doute trop, mais j’avais envie de montrer en gros plan quelques détails de cette crèche. Ces pénitents blancs, qui normalement apparaissent pendant la Semaine Sainte, n’ont en principe rien à faire dans une crèche, mais je pense que l’intention est de montrer toute la chrétienté. L’auteur de cette crèche, un certain Francesco di Francesco, dit l’avoir réalisée dans le style des crèches napolitaines du dix-huitième siècle. Et depuis sa création en 2009, elle n’a cessé de s’enrichir de personnages nouveaux, de modifier son ordonnancement et son paysage.

Ravenne 13 : Diverses églises de la ville. Du 5 au 22 mai 2013
Ravenne 13 : Diverses églises de la ville. Du 5 au 22 mai 2013

Santa Maria Maggiore était une très vieille église construite par Ecclesius (522-532), le constructeur de San Vitale (mon article Ravenne 07). Mais elle s’est effondrée au dix-septième siècle et de cette église primitive, il ne reste rien, elle a été reprise à la base par Pietro Grossi en 1671 en style baroque. Même l’abside, qui a été conservée, a été tellement remaniée qu’il n’est plus possible de voir son origine paléochrétienne. Le campanile de plan circulaire, typique de l’architecture de Ravenne, a été construit comme les autres campaniles de ce style, au neuvième ou au dixième siècle, et n’a pas fait l’objet d’une reconstruction.

Ravenne 13 : Diverses églises de la ville. Du 5 au 22 mai 2013

Reconstruction complète ne signifie pas que l’on s’interdit la réutilisation d’éléments récupérés dans les ruines de l’édifice précédent. Ici, bon nombre de colonnes de la nef, avec leurs chapiteaux corinthiens, proviennent de l’église antérieure.

Ravenne 13 : Diverses églises de la ville. Du 5 au 22 mai 2013

Ce sarcophage est d’époque romaine, mais il a été récupéré par les Rasponi, une famille illustre à Ravenne. Nous avons vu, dans mon article Ravenne 01, le palazzo Rasponi Murat et le jardin botanique Rasponi Murat. Mon prochain article, Ravenne 14, sera consacré à la crypte Rasponi et au Palazzo Rasponi. Mais celui à qui est dédié le portrait au-dessus, et qui a également été enseveli dans cette église, c’est Camillo Morigia. La longue épigraphe funéraire gravée en latin sur la plaque sous son buste dit, entre autres “Ceci est le portrait terrestre de Camillo Morigia, dont la mort met fin au nom d’une très noble famille […]. Il s’est distingué brillamment dans les sciences d’Archimède […]. Maître indépassable en architecture, il a réussi à l’embellir de douceur attique […]. Il n’a pas atteint la vieillesse: au beau milieu de la gloire, il est mort après de longues souffrances […]”. Elle s’achève en disant que Barbara Rasponi et Francesca Prandi ont fait graver cet éloge en souvenir de leur excellent et très cher frère. Ce Camillo Morigia (1743-1795) n’est pas un inconnu pour nous puisque, tout à l’heure, nous l’avons vu intervenir sur la façade de Santa Maria in Porto, et que c’est lui qui a construit la chapelle funéraire de Dante (mon article Ravenne 12).

Ravenne 13 : Diverses églises de la ville. Du 5 au 22 mai 2013

Cette Vierge à l’Enfant est située au-dessus d’un autel latéral. On l’appelle la Madonna dei Tumori, traduction italienne du nom très ancien qu’elle avait en latin, Sancta Maria a Tumoribus, et elle est l’objet d’une grande dévotion. Lors de la reconstruction de l’église en 1671, cette fresque vieille de plusieurs siècles a été récupérée et replacée ici. Elle était invoquée –et elle est encore invoquée– dans le cas de tumeurs, ou des bubons qui apparaissent avec des maladies incurables comme la peste, ou encore pour les œdèmes du visage ou d’autres parties du corps. Le second samedi de chaque mois, une messe est célébrée sur cet autel à l’intention des malades affectés d’une tumeur, de leurs proches qui souffrent de les voir malades, des médecins et du personnel de santé qui les soignent, des chercheurs qui s’efforcent de trouver des remèdes à la maladie.

Ravenne 13 : Diverses églises de la ville. Du 5 au 22 mai 2013

Je terminerai avec l’église Sant’Eufemia, Sainte-Euphémie. Aujourd’hui, elle sert d’entrée à un grand site archéologique, la Domus dei Tappeti di Pietra (la Maison des Tapis de Pierre), que nous avons bien sûr visitée mais où la photo est interdite. Je ne consacrerai donc pas d’article à cette Domus byzantine des cinquième et sixième siècles, ne pouvant commenter ce que je ne peux montrer.

 

On dit que la première église qui s’est élevée ici était la plus ancienne de Ravenne et même de toute la région d’Émilie, et qu’elle avait été construite là où les premiers chrétiens de l’endroit se réunissaient pour écouter les prédications de Saint Apollinaire. Dans la sacristie, un petit puits porte l’inscription “Ici a pris naissance la foi des Ravennates”, mais cette inscription est du dix-huitième siècle. En 1686 ont été retrouvées des reliques de sainte Euphémie et de sainte Agathe qui, selon la légende, auraient été apportées par saint Apollinaire. En 1993 ont été menées des fouilles qui ont montré divers niveaux de stratification, tout en-dessous la fameuse Domus romaine du sixième siècle au sol de mosaïques, et une nécropole du septième au neuvième siècle.

 

C’est l’architecte Gian Francesco Buonamici, l’auteur du Duomo de Ravenne, qui a construit l’église actuelle de 1742 à 1747 sur l’emplacement de l’église antique.

Ravenne 13 : Diverses églises de la ville. Du 5 au 22 mai 2013
Ravenne 13 : Diverses églises de la ville. Du 5 au 22 mai 2013

À l’origine, l’église était à plan basilical, avec trois nefs. Lors de sa reconstruction au dix-huitième siècle, Buonamici l’a conçue sur une seule nef centrale.

Ravenne 13 : Diverses églises de la ville. Du 5 au 22 mai 2013
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Pour finir, cette statue de la Vierge à l’Enfant et cette fresque de la Circoncision. Même dans de petites églises comme celle-ci, assez récentes dans leur état actuel, on peut trouver des œuvres intéressantes…

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