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28 septembre 2009 1 28 /09 /septembre /2009 22:40

Excellente, cette nuit de camping sauvage sur un parking sans personne. Ce qui me faisait un peu hésiter, c’était la crainte que le passage sans limite de hauteur n’ait été dégagé pour que puisse s’installer là un marché pour ce dimanche matin. Je n’ose imaginer ce que j’aurais ressenti si, me levant ce matin, je m’étais trouvé entouré de camionnettes, d’étals de marchands de fruits et légumes, de présentoirs de fringues… Partout, comme le chantait Gilbert Bécaud au sujet des marchés de Provence, il y aurait eu
                Ces filles du soleil

                Qui rient et qui m’appellent

                Le matin au marché :

         Voici l’estragon et la belle échalote

         Le joli poisson de la Marie-Charlotte

         Voulez-vous, pas vrai, un bouquet de lavande

                Ou bien quelques œillets

 
En fait, non, pas un chat sur le parking, calme absolu. Et comme j’avais choisi de mettre le camping-car près du fond, très loin de la rue, nous n’entendions même pas les voitures passer. Après un petit déjeuner copieux et une bonne douche chaude, nous voilà repartis sur la corniche. À peine partis, nous voyons un centre commercial pourvu d’un providentiel McDo. C’est de là que j’ai pu rédiger et poster mon article du 26, seulement commencé au brouillon, sans électricité et sans connexion, sur notre table "à la maison".


Après cette pause longue dans l’établissement de l’Ami américain, nous avons un peu roulé et puis cherché un endroit sympa pour déjeuner. Nous avons trouvé une place sur la promenade de Saint-Aygulf, une station balnéaire dépendant de la municipalité de Fréjus. Il faisait beau, chaud, la nature avait produit des tomates et autres produits frais, nous avions une délicieuse huile d’olive artisanale, et logiquement Natacha a préparé une salade de tomates et poivrons, et a été horrifiée que je préfère m’ouvrir une boîte de cassoulet de chez Carrefour. Suite à ce déjeuner, Natacha n’a pu résister à l’appel de la plage et du bain dans la Grande Bleue. Pour moi, je n’avais pas tellement envie de plonger ma carcasse dans une eau un peu trop calme après avoir décrassé tant de gens, et encore moins de me cuire la peau au soleil, sans rien faire, ou en me brûlant les yeux sur un bouquin trop blanc sous le soleil. Je suis donc resté à m’occuper dans le camping-car.

 ?

 
Craignant que son pauvre mari ne s’ennuyât, Natacha n’a guère traîné sur la plage, et elle est vite revenue se changer. Arrivés dans le centre de Fréjus, nous avons visité la cathédrale, bâtie en partie au 10ème siècle, en partie au 12ème siècle, sur une basilique primitive, elle-même ayant réutilisé les fondations d’un temple romain de Jupiter. Hélas, le cloître aux colonnes de marbre blanc et surtout le baptistère de la fin du 4ème siècle ou du début du 5ème, l’un des plus anciens de France, ne sont ouverts qu’aux visites guidées, et nous avons manqué la dernière. Si nous avions su, nous nous serions moins attardés dans la cathédrale, où nous aurions pu aller après. Nous n’avons donc vu ce baptistère qu’à travers la vitre. De la ville romaine créée du temps de César ("Fréjus" vient de "Forum Julii", le forum de Jules) à partir de 59 avant Jésus-Christ, puis développée dès 39 par Octave –le futur empereur Auguste– comme chantier naval et lieu d’entraînement (c’est de là que viendront en 31, lors de la bataille d’Actium, les galères légères qui ont vaincu les lourds vaisseaux de Cléopâtre et d’Antoine, permettant à Octave de devenir empereur), très étendue, nous avons vu l’aqueduc et une partie des remparts. Il aurait fallu aller loin pour voir le théâtre, et à l’autre bout de la ville pour les arènes, et nous avons dû y renoncer pour ne pas nous retrouver sans camping, notre réserve d’eau étant presque complètement épuisée.

Nous sommes donc partis pour Saint-Vallier –où le guide nous indiquait un bon camping–, traversant Grasse sans nous arrêter (ce sera pour demain), et suivant la Route Napoléon.

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27 septembre 2009 7 27 /09 /septembre /2009 11:52

Partant ce matin du pied de la Sainte-Victoire, nous ne pouvons nous passer de l’admirer encore une fois et d’en prendre encore quelques photos sous une autre lumière, puis nous nous dirigeons vers La Farlède, un village à 12 ou 15 kilomètres au nord de Toulon, non par l’autoroute comme cela semblerait le plus commode, mais à travers la montagne, sur une route étroite mais splendide (que, d’ailleurs, la carte Michelin borde d’une ligne verte pour souligner son pittoresque), par les villages de Saint-Antonin-sur-Bayon, Puyloubier, Pourrières, Saint-Maximin, La Roquebrussanne, Solliès. Plein les yeux.

 


Et La Farlède. Pourquoi ce village ? Certes il n’est pas laid, loin de là, mais ce ne sont pas nos guides qui le recommandent. À la fin de mon article du 21 septembre, je disais que mes amis du GRETA m’avaient offert beaucoup de cadeaux, parmi lesquels (le plus gros, aïe, aïe, aïe) était une "Escapade culturelle" Wonder Box, et que j’avais choisi une nuit avec petit déjeuner à Toulon –ce dont j’ai parlé le 21 septembre– et la visite d’une fabrique d’huile d’olive artisanale. Eh bien il s’agit du Moulin du Partégal, à La Farlède.


 

C’était passionnant. Cette huilerie possède la plus vieille oliveraie de Provence, créée quand Nyons s’est avérée incapable de fournir la demande grandissante d’olives. Certains oliviers y ont de 400 à 600 ans. Quand on les regarde et que l’on pense à tous ces gens de toutes ces générations qu’ils ont vus (qu’ils auraient vus s’ils étaient dotés d’yeux), cela donne le tournis. Par ailleurs, leurs troncs noueux, marqués par le temps et la vie comme de vieilles personnes, sont émouvants. Jusqu’en 1957, l’énorme meule verticale en granit qui tourne sur sa jumelle horizontale était mue par un moulin à eau. Un aqueduc amenait l’eau sur une gigantesque roue à aubes de 10,50 mètres de diamètre, réalisée non en bois comme d’habitude, mais en fer forgé (ma troisième photo). Le débit souvent insuffisant a justifié l’usage désormais, à sa place, d’un moteur électrique.

 

Quant à la fabrication artisanale, elle nous a été expliquée dans les moindres détails. Nous avons vu les résidus de peaux desséchés et réduits en poudre, qui seront épandus au pied des oliviers pour fertiliser la terre, nous avons vu, de même réduits en poudre, les noyaux, qui seront utilisés comme combustible et suffiront à alimenter, eux seuls, la chaudière qui chauffe 37 radiateurs sur 700m². Nous avons appris comment, lorsque la fabrication n’est pas artisanale, elle est le résultat d’un mélange revendu ensuite, absolument identique à lui-même, à diverses marques qui, pour se distinguer, teintent légèrement leurs flacons pour donner l’impression d’huiles différentes. C’est ainsi que, si l’on regarde de près l’étiquette de l’huile Puget, on voit que l’emballeur est référencé "Emb 117P". Très bien. Mais l’huile Lesieur, l’huile Maille et l’huile Carrefour proviennent du même emballeur 117P (première photo ci-dessous). Autrement dit, sous des marques différentes et des prix également très différents, elles sont strictement identiques. Quant à la Carapelli, dont la publicité se réclame de la saveur Toscane, ses olives proviennent du Maghreb.


 

Nous sommes ensuite passés à la dégustation. Dans une petite cuiller de plastique. Pas sur du pain. Attention : si, au marché, on vous fait goûter une huile sur du pain, la saveur d’un pain savamment sélectionné vous trompera sur le vrai goût de l’huile. Nous avons donc testé des huiles provenant de flacons neutres, identiques, et l'on nous a demandé de donner notre avis. Énormes différences d'astringence, d'acidité, de fruité, de puissance du goût, de fluidité sous la langue. Révélation : elles sont faites ici même, avec les mêmes olives, l’une avec cette presse artisanale, désormais interdite par l’Union Européenne, sauf à titre de démonstration ou en vente limitée et encadrée, l’autre avec une presse industrielle qui tourne à 135000 tours par minute au lieu de la meule de granit à 7 tours par minute, dans une salle entièrement carrelée que nous ne serons pas autorisés à visiter parce qu’on y pénètre avec les pieds encapuchonnés dans du plastique, avec un masque, etc. C’est ça le progrès et la sécurité. Mais quelle perte dans la qualité gustative !

 

Nous en sommes ressortis enrichis de ce savoir, intellectuellement intéressant et aussi très utile au consommateur, mais en outre avec en cadeau une bouteille de cette précieuse huile artisanale et un petit bocal de confiture de cerise. Voilà comment j’ai été super gâté par les amis du GTS77 ( cette huilerie du moulin du Partégal à la Farlède et la dégustation de foie gras à Paris rue Pierre Demours) et par les amis de l’Inspection et des établissements ainsi que des proches du lycée (dîner gastronomique au Petit Marguery à Paris et Route des Vins au domaine de Montine). Un grand, grand merci à tous. Et puis toutes ces "activités" étant pour deux personnes, j’ai eu le plaisir d’y être accompagné par Natacha, et elle-même a eu le plaisir d’en profiter et me demande de le dire dans mon blog, le sien (d’ailleurs pas commencé) ne devant être rédigé qu’en russe, ce qui ne le rendra pas forcément accessible à tous les donateurs.

 

Dans un autre domaine, je voudrais aussi remercier Monsieur et Madame PIERLOT à qui j’avais demandé le service de me réexpédier le courrier de la première semaine à l’hôtel de Toulon où nous avons passé la nuit de la Wonder Box de l’huilerie, le lundi 21. L’enveloppe de réexpédition n’était pas encore arrivée au courrier du mardi 22 quand nous sommes partis. Nous avons donc profité de ce que nous étions près de Toulon ce samedi pour passer à l’hôtel récupérer l’envoi qui a mis six jours pour arriver, alors que la grève n’a commencé que le troisième jour à Paris et le quatrième en province… Mais nous avons quand même tout reçu, puisque notre programme nous a fait revenir à Toulon.

 

Maintenant, direction Fréjus par la route de la côte, Hyères, Bormes-les-Mimosas, Le Lavandou, Cavalaire, Saint-Tropez. Nous voudrions nous arrêter pour la nuit et profiter mieux du paysage au matin, mais impossible : les campings sont déjà fermés en cette fin de saison, ou bien inaccessibles parce qu’il est plus de dix-neuf heures, on ne peut même pas se garer un instant pour regarder la carte, tout étant interdit aux camping-cars en hauteur. Enfin, à Cavalaire, nous voyons un immense parking payant du 15 juin au 15 septembre (nous sommes le 26), théoriquement limité à 1,90m (l’arceau de limitation est poussé sur le côté, libérant le passage), et affichant sur un panneau lumineux "complet" en diodes rouges (alors qu’on n’y voit qu’une dizaine de voitures pour cinq ou six cents places au moins). Nous y entrons et décidons d’y passer la nuit. Après tout, nous sommes autonomes, seul nous manque le 220V pour le micro-ondes et la wi-fi pour les ordinateurs. Eh bien nous dînerons froid, chaufferons nos petits déjeuners dans une casserole sur le gaz (notre GPL), et irons demain matin dans un McDo pour vérifier nos e-mails et poster mon blog. Nous avons "chez nous" la douche chaude, les toilettes, le réfrigérateur, un lit confortable… pourquoi ne pas nous en contenter ?

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26 septembre 2009 6 26 /09 /septembre /2009 10:43

Comme prévu, nous nous sommes levés ce matin à une heure raisonnable pour avoir le temps de retourner à Aix visiter la cathédrale Saint-Sauveur avant de filer sur Marseille. Puisque nous ne prenons pas une troisième nuit au camping, nous ramassons tout notre matériel et embarquons dans notre véhicule. Évidemment, je me garde bien de tenter de pénétrer dans la ville et ses ruelles étroites et tortueuses avec mon espèce de camion., et je suis le boulevard circulaire qui encercle la ville et, par chance, je trouve une place légale et d’accès aisé.


 

Ci-dessus, on voit le baptistère, tout de suite à droite (au sud) en entrant. L’image suivante a une histoire : c’est un Enfant Jésus en cire, habillé de somptueux vêtements soyeux, qui porte les instruments de la Passion, tel que l’a vu dans une vision, en 1658, une mystique aixoise du nom de Jeanne Perraud. Puis cette amusante image d’un monstre et d’une sainte : c’est sainte Marguerite que le diable, sous la forme d’un terrible (?) dragon, a engloutie d’une seule bouchée. Mais, fort heureusement, la sainte avait eu le temps de faire son signe de croix, alors le dos du dragon s’est entrouvert pour laisser sainte Marguerite en sortir saine et sauve. Et si elle n’avait pas eu le temps de se signer, question de secondes, sa foi n’aurait-elle pas suffi à la sauver ? À moins –quel mécréant je fais, je n’envisage pas l’autre hypothèse– que, justement, en raison de sa foi, une puce ne soit venue piquer le dos du dragon qui, perdant à se gratter les secondes fatidiques, a laissé sainte Marguerite faire le signe de croix salvateur. Pourquoi un ange ne pourrait-il pas prendre la forme d’une puce ? La quatrième photo représente le grand vitrail au-dessus du portail principal, à l’ouest.

 

Nous avons tourné, cherché partout le célèbre triptyque du Buisson Ardent de Nicolas Froment. Seul, sur un pilier, un panneau présentait de petites photos, l’œuvre en entier, quelques détails, le tout accompagné d’un laïus historique et explicatif. Alors je suis allé demander à la personne de l’entrée où se cachait ce triptyque. Il est en restauration, on ne peut le voir. Et nous qui sommes revenus spécialement à Aix pour le voir… Cela me rappelle le trajet fait spécialement de notre location près d’Albi vers Toulouse pour voir au musée des Augustins Notre-Dame de Grasse, cette belle Vierge navrée. Nous arrivons, nous entrons et, juste en face de l’entrée, un grand piédestal nu, à l’exception d’un petit écriteau posé dessus : la Vierge est en restauration.

 

Bon. Nous retournons au camping-car et partons vers Marseille. Arrivés à la Canebière, nous la descendons vers le Vieux Port, puis nous tournons pendant plus d’une heure sans trouver une seule place en surface, les parkings souterrains nous étant bien évidemment interdits, question hauteur. J’ai voulu tenter ma chance vers la gare St-Charles, je suis les panneaux indiquant le parking et je me retrouve, dans une voie en sens unique, face à un panneau annonçant une hauteur limitée à 2,40 mètre ou je ne sais plus combien, mais pas assez pour nous. Impossible de faire demi-tour sur cette voie étroite et, de plus, que ferais-je en sens interdit ? Personne derrière, je fais donc marche arrière sur près de 100 mètres en pilant sur place plusieurs fois, les gens se jetant à traverser sous mes roues. Après encore une demi-heure de recherches désespérées, nous décidons de quitter Marseille sans avoir mis sur la terre phocéenne un seul de nos vingt orteils.


 

Nous nous consolons en recherchant de petites routes pittoresques dans l’arrière pays, et cela nous amène au Tholonet, où nous cassons une petite croûte sur un parking au milieu de la forêt. Cherchant dans notre guide un camping qui nous rapproche de Toulon, nous trouvons tout au contraire à seulement trois ou quatre kilomètres une adresse au pied de la Montagne Sainte-Victoire, ce paysage fétiche de Cézanne. Voilà, c’est là que nous allons passer la nuit, d’autant que l’on peut y disposer d’une connexion wi-fi gratuite. Avant de dîner, nous faisons une expédition photo vers cette montagne qui, c’est bien vrai, change de couleur et d’apparence tous les quarts d’heure. Nous nous régalons. Au gré de nos déambulations dans la nature, nous tombons sur un ravin de terre rouge sang qui nous donne, à l’un et à l’autre, l’envie de nous livrer à des expériences photographiques. Et j’enchaîne sur des photos du ciel. À la suite de quoi nous rentrons au bercail.


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25 septembre 2009 5 25 /09 /septembre /2009 18:45

Trois jours sans blog. Ce n’est pas parce que je n’ai pas pu me connecter, ni parce que j’ai été paresseux. Le mardi 22, nous l’avons passé connectés beaucoup d’heures, et ces deux dernières nuits nous avons le wi-fi gratuit et illimité dans notre camping. Mais que puis-je dire de mardi ? Nous avions rendez-vous à 9h dans un centre d’accessoires pour camping, pour installer une bouteille de GPL, ce "Gaz de Pétrole Liquéfié" étant un mélange de propane et de butane, utilisable à la place du propane habituel, aussi bien pour cuisiner que pour le chauffage, le chauffe-eau, le réfrigérateur. Or il paraît (selon des témoignages de voyageurs sur Internet) que l’approvisionnement en propane suppose, dans beaucoup de pays européens, l’achat et non la consigne d’une bonbonne, à un prix proche de 300 Euros, investissement perdu à la sortie du pays si l’on ne trouve pas un étranger prêt à la racheter. Et encore, dans certains pays où le tourisme individuel est peu développé, et les camping-cars quasiment inconnus, on ne trouve pas de propane. Tandis que partout il est possible de trouver, en cherchant un peu, des stations-service distribuant du GPL. Et je sais que, lorsqu’on traverse la Pologne, par exemple, partout on voit des panonceaux annonçant que parmi les carburants figure le "LPG", à l’anglaise.

 
Et donc, après avoir déposé le camping-car à 9h, nous avons eu la grande joie d’apprendre qu’il ne nous serait pas rendu avant 15 ou 17 heures, on m’appellerait sur mon portable. Or nous étions dans une zone industrielle, à 2km d’une zone commerciale, elle-même loin de tout. Nous avons donc parcouru ces deux kilomètres chargés de nos ordinateurs, avons trouvé un McDo et nous y sommes installés devant une boisson. Comme il était encore relativement tôt dans la matinée, la prise de courant était encore disponible, et nous avions pris la précaution d’emporter une multiprise, de sorte que nous ne risquions pas de panne de batterie. Cela m’a permis de traiter mes photos et de rattraper mon retard de deux jours sur mon blog. Natacha, quant à elle, ayant fait plusieurs milliers de photos depuis notre départ, avait à les trier, les sélectionner, les classer. Nous avons enchaîné avec un gastronomique déjeuner d’un Big Mac, frites, Ice Tea. Et puis parce que nous n’avions pas encore été appelés, nous avons pris un thé et un muffin. Voilà comment s’est passée notre journée palpitante. Ensuite, nous avons fait quelques courses d’alimentation, et avons roulé vers l’ouest avant de trouver un camping à Bandol. Pas de photos ce jour. Qu'aurions-nous photographié ?

Mercredi 23, nous sommes allés directement à Cassis, où est fléché un parking gratuit avec navette, gratuite elle aussi, vers le centre ville. Mais de navette à l’horizon, point. Nous avons donc marché plus de trois kilomètres pour rejoindre le port. Nous avions décidé d’une journée de repos, sinon de farniente. De fait, nous ne nous sommes pas étalés sur la plage à nous brûler le cuir, mais avons déambulé sur le port, nous sommes longtemps arrêtés à regarder une leçon de voile pour tout petits (pas d'école le mercredi), avons contemplé la mer et le mouvement des bateaux, avons déambulé dans les rues. Et crac, les nu-pieds de Natacha ont craqué. Plutôt que de marcher pieds nus jusqu’à la première boutique, elle a préféré clopiner sur un pied chaussé et un pied déchaussé. C’est plus élégant. Et l’on a trouvé des chaussures de plage hyper soldées en cette fin de saison. Retour plus confortable vers le camping-car tout là-haut sur la colline.

 

Après quoi nous sommes allés nous installer sur un camping**** très confortable à deux kilomètres du centre d’Aix-en-Provence (avec bus à proximité, et juste en face d’un boulanger, d’un marché de fruits et légumes magnifiques et moins chers qu’à Carrefour). Enfin des sanitaires où, dans une cabine individuelle, on a toilettes, douche, lavabo. Cela évite de ressortir de la douche pour aller se brosser les dents et se raser devant un lavabo en public. Le rinçage du visage après rasage quand on a déjà son T-shirt, c’est sympa, je ne vous dis pas. Et j’adore cracher mon dentifrice en public, on s’en doute. J’adore aussi, d’ailleurs, quand quelqu’un crache son dentifrice auprès de moi, cela va de soi. Charmant aussi quand le voisin se bouche une narine et souffle de l’autre pour se moucher dans le lavabo. Après installation, nous sommes allés nous promener dans le centre, que nous avons trouvé si agréable, si joli avec ses innombrables places et placettes agrémentées chacune d’une fontaine, si vivant et animé, que nous avons décidé de passer une deuxième nuit ici. Nous en avons profité pour utiliser le lave-linge du camping, le soleil permettant de tout sécher de façon plus naturelle que dans un sèche-linge. Je ne vais pas suivre la chronologie pour parler de notre séjour à Aix, dire ce que nous avons vu mercredi soir ou jeudi dans la journée, mais je vais plutôt dire ce qui m’a frappé.


 

Évidemment, en évoquant Aix on pense à Cézanne. Mais c’est même un peu trop. Émile Zola et Paul Cézanne étaient amis d’enfance, dès le collège à Aix ; ils sont restés en contact, par courrier ou en se rencontrant, jusqu’à leur brouille lorsque Zola a envoyé son roman L’œuvre à Cézanne, qui comme Claude Lantier perçait d’un coup de poing ses toiles insatisfaisantes et a cru se voir représenté en peintre raté. Eh bien partout on voit "rue Cézanne", "place Cézanne", "avenue Cézanne", "Café Cézanne", "Hôtel Cézanne", sans compter les documents touristiques de l’office de tourisme qui ignore tout de Zola, qui passe presque sous silence le fameux triptyque de la cathédrale, etc. N’empêche que Cézanne est magnifique. Nous avons visité son atelier, nous sommes allés au "Terrain des peintres", là où il plaçait son chevalet pour peindre la soixantaine de versions qu’il a laissées de la Montagne Sainte-Victoire. La photo du milieu montre l'une des reproductions placées sur le site, la dernière mavision à ce moment-là. Et puis, le jeudi soir, se prolonge jusqu’à 23h une excellente exposition temporaire, Cézanne et Picasso. Picasso admirait au plus haut point le Maître, il a acquis quelques unes de ses toiles, et l’exposition montre, par juxtaposition d’œuvres provenant de divers musées au monde, l’extraordinaire influence de l’un sur l’autre.

 

J’ai aussi envie de montrer ce centre d’esthétique, place des Prêcheurs, qui porte le nom de Rose du Perier (c'est écrit en-dessous en plus petit, hélas illisible sur cette photo en réduction) et qui, de toute évidence, fait référence à Malherbe. J’ai raconté à Natacha, qui ne la connaissait pas, l’anecdote de ce vers de la Consolation à du Périer, où Malherbe avait écrit "Rosette" avec des T mal formés, comme des L, avec la barre flottant haut au-dessus, ce que l’imprimeur a interprété comme ELLE, attribuant ainsi à Malherbe l’un des plus beaux vers de la langue française :

        Et, rose, elle a vécu ce que vivent les roses,

                L'espace d'un matin.

au lieu de Et Rosette a vécu ce que vivent les roses, beaucoup plus commun.

 

À part cela la ville est très belle et très attachante. Quelle animation ! Quelle vie ! Toutes ces fontaines, rafraîchissantes, qui justifient ô combien, ce nom d’Aix, aquas en latin, "les Eaux". Et toutes ces ruelles tortueuses. Évidemment, il n’est pas question de s’aventurer en ville avec le camping-car.


 

Je termine par quelques photos en ville, la troisième étant celle du roi René (pas celui du château d’Angers, mais celui de Provence, roi de Jérusalem et de Sicile, comme dit en latin le texte gravé sous sa statue). Rien sur la cathédrale Saint-Sauveur et son célèbre triptyque du Buisson Ardent de Nicolas Froment ? Eh bien non, pas aujourd’hui, parce que la visite de l’atelier de Cézanne était sur rendez-vous, pour nous c’était à 16h30, et nous comptions nous y rendre avant le rendez-vous de 20h pour l’exposition Cézanne et Picasso, mais lorsque nous sommes redescendus du "Terrain des peintres" nous nous sommes heurtés –à 18h11– à un portail fermé depuis quelques minutes. Hé bien puisque nous avons décidé de passer une seconde nuit sur place, ce sera pour demain matin avant de descendre sur Marseille.

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22 septembre 2009 2 22 /09 /septembre /2009 15:26

Il y a tant à voir dans cette ville d’Arles que nous allons y passer la journée. Nous devons être ce soir à Toulon, comme je vais l’expliquer plus loin, mais tant pis pour Aix et pour Marseille : peut-être y reviendrons-nous plus tard, peut-être ferons-nous l’impasse. Nous y penserons plus tard.

 
Sans plan, nous sommes tombés d’abord sur l’hôtel de ville, nous avons vu ensuite la primatiale St-Trophime, puis le cloître St-Trophime, le théâtre antique, l’amphithéâtre, l’hôtel-dieu où a été interné Van Gogh, les cryptoportiques, le forum et enfin les Alyscamps. Avec un passeport "liberté" valable un mois et acheté au cloître dont le coût est seulement d’un monument et demi, nous avons droit à quatre monuments et un musée. Désolé, je n’ai pas envie de suivre cet ordre. Je vais commencer par le théâtre antique.

Lorsque j’étudiais à la Sorbonne la civilisation grecque antique, j’avais appris que les archéologues américains reconstruisaient en béton les parties de monuments qui manquaient et les repeignaient dans les couleurs restituées de l’époque. Témoin, la Crète. J’ai envie de dire qu’à Notre-Dame-du-Port, à Clermont-Ferrand, nous nous sommes inspirés d’eux. Les archéologues allemands, au contraire, respectent tellement les ruines qu’ils époussettent soigneusement la terre autour des fragments de colonnes mis au jour, en évitant de les bouger d’un millimètre de l’endroit où chaque tronçon s’est effondré. C’est ce que l’on peut voir à Olympie. Et puis les Français ont la réputation d’être entre les deux, remettant sur pied une colonne renversée, quitte à en reconstituer quelques parties si elles ne sont ni trop nombreuses, ni trop volumineuses. C’est l’École Française d’Athènes qui a été chargée des fouilles archéologiques de Delphes. Si notre maison roulante et nos vies nous mènent jusque là, j’aurai l’occasion d’en reparler d’ici un mois ou deux. Mais ici au théâtre d’Arles, nous avons été très germaniques. Des pierres ici ou là, difficile de se représenter ce qu’a pu être le monument.

 


Nous avons aussi vu l’amphithéâtre. Là, le bâtiment est infiniment mieux conservé. Pourtant, il y a deux siècles, une véritable ville (un village) avait été édifiée dans son enceinte, comme le montrent des gravures anciennes. Il y a certes quelques pierres rongées par le temps, étayées par des fers rouillés, mais on a une bonne idée de l’amphithéâtre antique. Hélas, l’usage contemporain en arènes de taureaux a fait s’y édifier des gradins en tubulures métalliques qui recouvrent la totalité des gradins, et même beaucoup plus haut. Et en bas, des barrières de bois peintes en rouge pour le refuge des toréadors. Les couloirs et galeries circulaires comportent des alternances de voûtes romaines et de pierres plates à la grecque, ce qui trahit un architecte grec, à la différence des arènes de Nîmes, typiquement romaines. C’est au moins la quatrième ou la cinquième fois que je visite ce site, mais il a toujours sur moi le même impact.

 


De l’Antiquité aussi, les cryptoportiques, sous la place de l’hôtel de ville. Ce quadrilatère de portiques enterrés profondément sous le sol, très humides (alors qu’à l’extérieur le sol est sec et que le soleil chauffe), est impressionnant, d’autant plus que, de façon intelligente, l’éclairage artificiel se fait discret. Heureusement, j’avais emporté le pied de poche pour poser mon appareil photo et faire une pause longue de 5 secondes à f:3,5 en 200 ISO. Voilà pour l’aspect technique.

 


La primatiale Saint-Trophime est pleine de beautés à admirer. L’élévation de sa voûte, d’abord. Une chaire fort originale. De nombreuses sculptures, comme cette mise au tombeau impressionnante. Des vitraux. Un trésor, derrière une grille de fer forgé. Un sarcophage du milieu du 4ème siècle représentant une multitude de scènes bibliques ou évangéliques, donc celle-ci, où le Christ guérit l’hémorroïse. Et je termine ma série de photos par un bas-relief de la façade.

 


Derrière cette église, le cloître Saint-Trophime. Je suis bien conscient que sans cesse au cours de ce blog j’emploie les adjectifs "magnifique", "merveilleux", "splendide", "exceptionnel", "impressionnant", et ce n’est pas exagéré parce que je suis ébloui par toutes ces merveilles dont je connais déjà l’immense majorité mais dont je ne me lasse pas. Et pourtant, aucun de ces adjectifs ne suffit pour parler du cloître St-Trophime. Nous y avons passé un long, un très long moment, j’y ai usé ma batterie d’appareil photo tant j’ai mitraillé les sculptures des murs, des colonnes, des chapiteaux. Heureusement, la dame de l’entrée a bien voulu me dépanner en connectant derrière sa caisse pendant une demi-heure mon chargeur de batterie qui ne quitte pas mon fourre-tout. Et j’ai continué à mitrailler… Ici, je joins la tête d’un saint que je n’ai pas réussi à identifier, mais qui est en pied, de taille humaine, accolé à un pilier d’angle, et un détail de chapiteau représentant la Nativité. La Vierge est en-dessous, allongée, visiblement elle vient juste d’accoucher, mais elle est actuellement emmaillotée de papiers blancs pour sa restauration ; j’ai donc ciblé sur le joli petit Jésus emmailloté, à la bouille rondouillarde, devant le bœuf et l’âne. Un peu plus loin (mais je n’ai pas voulu surcharger mon blog de photos), deux chapiteaux se succèdent d’assez près, portant en parallèle des ânes, mais c’est d’abord la fuite en Égypte, et ensuite l’entrée de Jésus à Jérusalem. J’ai été frappé de ces deux représentations en parallèle, montrant sans doute volontairement l’opposition des circonstances.

 


À quelque distance, les Alyscamps, ce cimetière qui bordait la voie romaine et qui a été utilisé de l’Antiquité au moyen-âge. L’allée est actuellement bordée de sarcophages, et au bout une très vieille église. Très intéressant, mais il nous aurait fallu plus de temps pour déchiffrer les inscriptions sur les sarcophages, nous imprégner de l’ambiance.

 


Je ne parlerai pas de l’ancien hôtel-dieu qui, avec ses marchands de souvenirs et de cartes postales, n’évoque plus pour moi Van Gogh. Natacha, au contraire, y a retrouvé la trace du peintre, elle a multiplié les photos et a longuement filmé. Je n’ai pas été capable de ressentir la même chose.

 

Et nous voilà partis pour Toulon. J’ai parlé, à Grignan, du cadeau de Smartbox offert par des collègues. D’autres collègues, les personnels du GRETA, m’ont également gâté. J’ai reçu une Smartbox "Dégustation", dont nous avons profité à Paris en allant nous régaler de foie gras, dans une boutique représentant une maison des Landes et située dans le 17ème arrondissement, rue Pierre Demours, à moins de cinquante mètres de là où je suis né il y a… un peu plus de vingt ans, rue Théodore de Banville. Trois foies différents, et une demi-bouteille de Jurançon. Succulent. Et à cette Smartbox s’ajoutait une Wonderbox "Escapade culturelle", nuit en hôtel, petit déjeuner, et une visite. Nous avons choisi Toulon, où l’hôtel est en plein centre ville, très agréable, la fenêtre donnant sur une jolie place avec une fontaine jaillissante au milieu. Avant de nous coucher, nous sommes allés dîner sur le port, en face de yachts somptueux.


La visite est à 13 kilomètres, c’est une fabrique d’huile d’olive avec dégustation de plusieurs crus. Ce n’est pas encore fait, je décrirai mes impressions dans un prochain article. Car le présent article, je le rédige mardi 22, dans un McDo de zone industrielle où nous passons plusieurs heures en attendant que le camping-car soit équipé d’un réservoir de GPL en parallèle avec la bouteille de propane, l’approvisionnement en propane posant beaucoup de problèmes dans plusieurs pays étrangers. De plus, c’est très coûteux parce que, paraît-il, les bouteilles ne se consignent pas mais s’achètent, pour plusieurs centaines d’Euros. Dans le pays on les échange, mais en quittant le pays l’investissement est perdu, car non échangeable dans un autre pays… Cela vaut bien quelques heures devant un Coca-Cola ce matin, et puis un déjeuner gastronomique d’un Big Mac (pour être "big" moi-même, cf. le film Big Size Me), d’une frite moyenne et d’un Ice Tea. Ce n’est pas terrible, mais après le copieux et très bon petit déjeuner buffet de ce matin grâce à la générosité des collègues du GRETA, je résisterai.

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22 septembre 2009 2 22 /09 /septembre /2009 12:20

Nous avons passé la nuit dans un camping proche d’Avignon. Hier et aujourd’hui, ce sont les journées du patrimoine, avec entrées gratuites dans tous les musées nationaux et dans la plupart des musées municipaux. Ainsi, pour visiter hier la ville romaine de Vaison ou pour le musée Pétrarque de Fontaine-de-Vaucluse, nous sommes entrés sans bourse délier. Mais aujourd’hui ici à Avignon (pardon : en Avignon, comme on dit aussi en Arles), devant le palais des papes, la queue fait près de cent mètres. Alors puisque nous connaissons déjà, nous estimons qu’il y a plus intéressant à faire que de patienter une heure ou deux sous le cagnard (oh, Thierry, vous n’êtes guère littéraire. On doit dire : "sous un cuisant soleil", par exemple) pour ensuite être porté par un flot de touristes, sous les "avancez, avancez !" des gardiens soucieux de faire s’écouler la marée humaine. On veut montrer quelque chose, on tend l’index et malencontreusement on touche l’aisselle chevelue et dégoulinante d’une touriste qui s’est déplacée au même moment… Non, merci.

Mais il y a la cathédrale Notre-Dame-des Doms qui est contiguë au palais, ou qui en fait partie, et qui est ouverte sur le parvis. Un bout de belle fresque à l’entrée, plusieurs statues intéressantes, dont une Sainte Anne âgée, au front ridé, regardant Marie avec une attention maternelle. Et dans une salle attenante qui n’a pas l’air du tout d’être une ancienne chapelle, mais peut-être plutôt la sacristie, le tombeau de Jean XXII, pape français du 14ème siècle originaire de Cahors qui résida en Avignon, des ornements pontificaux et (surtout) épiscopaux, des objets sacrés en orfèvrerie, et des reliques parmi lesquelles ce bout de chair de Saint Bénézet, que montre ma photo ! Ce saint Bénézet qui a donné son nom au pont d’Avignon sur lequel on y danse, on y danse. Ou plutôt, on s’y presse, on s’y presse, en ce jour de gratuité. Après tout, il est plus intéressant à voir d’en bas, puisque là-haut, dessus, on ne voit pas le pont d’Avignon ; aussi retournons-nous à notre maison ambulante.

 


Cela me rappelle cette plaisanterie du temps de la construction de la Tour Montparnasse, à Paris :

– Sais-tu d’on l’on a la plus belle vue sur Paris ?

– Je ne sais pas.. du Sacré-Cœur ? Des tours de Notre-Dame ? Du sommet de l’Arc de Triomphe ?

– Non. De la tour Montparnasse. Parce que de la tour Montparnasse… on ne voit pas la tour Montparnasse !

 
Après Avignon, nous allons jeter un coup d’œil aux deux forteresses de Tarascon et Beaucaire, qui se font face sur les deux rives du Rhône. Malgré notre souhait de prendre en photo ces deux châteaux ensemble sur une même image, nous n’avons pu les prendre que séparément (ici : Beaucaire) à cause des grands arbres au feuillage touffu qui, du sol, cachent l’autre quand on voit l’un…

 

Ce n’est pas fini. Il est encore temps, avant le coucher du soleil, d’aller faire un tour aux Baux-de-Provence, ce magnifique village abandonné (pas par les commerces !). L’ascension est dure avec notre engin de 3,5 tonnes (enfin, je dois supposer que nous ne dépassons pas cette masse maxi autorisée avec mon permis B), de 7 mètres de long et de 3 mètres de haut. On y arrive à 50 ou 60 kilomètres à l’heure et, parce qu’il n’est plus tôt et que les voitures partent, nous nous garons facilement, ce qui est exceptionnel.

 

 
Pour être à pied d’œuvre demain pour nos prochaines activités touristiques, nous nous rendons dans un camping tout près d’Arles, où nous passons la nuit.

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22 septembre 2009 2 22 /09 /septembre /2009 01:07

Nous commençons la journée par une visite des ruines romaines de Vaison. Le ciel est assez chargé, comme on le voit sur la photo du pont romain, mais l’air est doux, il n’y a pas de vent, et c’est plutôt agréable. De la grande maison romaine il ne reste que le soubassement, quelques statues, une mosaïque assez banale sur le sol d’une pièce (une autre mosaïque très belle, dite "du paon" parce qu’en son centre elle représente cet oiseau, a été transférée au musée). Au musée, puisque j’en parle, des statues dont celles de l’empereur Hadrien et de sa femme l’impératrice Sabine, des monuments publics et privés et, le plus intéressant, des objets de la vie quotidienne, dont de très nombreux accessoires de parure et de toilette, ainsi que des lampes à huile, ou des fragments de décoration de lampes à huile. On y voit des divinités, des scènes de la vie quotidiennes toutes légendées, sauf celle de ma photo. Se passerait-elle de commentaire ?

 

Revenons à l’extérieur. Avec l’aide des panneaux d’information, on reconnaît les bains chauds, les bains tièdes et aussi, sur la photo de gauche à droite, les latrines, la cuisine, des tuyaux de plomb pour l’acheminement de l’eau courante. De plomb… je n’ai pas souvenir que, dans un texte latin, un quelconque auteur parle de saturnisme, même, bien sûr, sans pouvoir s’en expliquer l’origine par le plomb. Il y a aussi un théâtre, mais à côté de celui d’Orange il fait si pâle figure que mieux vaut ne pas présenter ici les quelques photos que j’en ai faites.

 


Après, nous avons fait route vers Fontaine-de-Vaucluse. La rivière Sorgue prend ici naissance d’une résurgence parmi les plus puissantes du monde. Et le site, encaissé au creux de monts élevés, est particulièrement romantique et beau. Pétrarque avait rencontré Laure de Noves à Avignon en 1327 et en était tombé amoureux mais elle, "À l’austère vertu pieusement fidèle" comme dit Arvers, se limitera à être sa muse et son inspiratrice. Dix ans plus tard, Pétrarque revient ici et y passera 16 ans, retournant souvent près de cette "fontaine".


L’an passé à la Toussaint, nous étions allés à Padoue en Italie, et notre hôtel était à quelque distance, à Monselice. Nous rendant de Monselice à Padoue, nous avions été surpris de voir un panneau indicateur annonçant, à seulement 5km, Arquà Petrarca, village où se situe la maison du poète. Comme on pourrait s’en douter, les deux villes sont jumelées. Après notre voyage de novembre 2008, celui d’aujourd’hui s’imposait. Ci-dessous : La plaque sur la maison et la tombe de Pétrarque à Arcà Petrarca, et l’entrée de Fontaine-de-Vaucluse mentionnant le jumelage.

 

Nous avons aussi fait un petit tour dans l’intéressante église Saint-Véran avant de partir vers un camping.

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20 septembre 2009 7 20 /09 /septembre /2009 21:26

Aïe, aïe, aïe, je suis en retard dans mon blog, une semaine à peine après le départ : c’est inquiétant pour la suite. Je vais essayer d’être moins disert. Non pour mes lecteurs, qui ne lisent que ce qu’ils veulent et abandonnent quand ils veulent, mais pour moi-même (après tout, on n’est jamais si bien servi que par soi-même), mais pour garder trace de notre grand voyage.

 


La soirée avec Delphine a été extrêmement sympa, très agréable dans sa jolie maison en duplex. Hélas, nous n’avons pas vu Chloé et Julien, qui étaient chez leur père jusqu’à la fin de la semaine. Finalement, Delphine nous a proposé de nous lever quand nous voudrions (elle devait se lever à 6h30 pour aller travailler), et de l’attendre pour déjeuner ensemble. Ce que nous avons fait. "Sacrifier" une partie de notre programme de visites pour passer encore un moment avec elle n’a rien d’un sacrifice !

 


Nous voilà donc partis en début d’après-midi pour Orange. D’abord, un passage à hauteur limitée ; je tourne, me retrouve sur une petite route, 3km avant de revenir. Grand détour pour trouver enfin à ma hauteur, le troisième passage sous les voies. Ensuite, tours et détours par la ville : impossible de trouver un stationnement. Quelques parkings avec une barre à 1,90 ou 2m pour nous empêcher d’entrer, d’autres où notre longueur bouchait l’allée pour les autres. Enfin, en allant vers la gare, nous trouvons place. D’abord, l’arc de triomphe est tout emmailloté pour travaux. Enfin, enfin, nous arrivons au théâtre. Le mieux conservé d’Europe, nous dit-on. Et c’est vrai qu’il est splendide. Cela nous paie de nos peines.

 


Après cette visite, nous partons pour Grignan. La duchesse de Grignan, c’est la fille de Madame de Sévigné, destinataire de 90% des lettres de la célèbre épistolière. Les collègues (les deux proviseurs-adjoints, les secrétaires, des amis chefs d’établissements, inspecteurs, personnels de l’inspection académique), lors d’une réception privée pour mon départ en retraite, m’avaient offert deux Smartbox, l’une, qui s’intitulait "Repas et saveurs", nous a menés, Natacha et moi, au Petit Marguery, boulevard du Port-Royal à Paris, pour un succulent dîner avant notre départ, mais après les affres et les fatigues du déménagement. Pour l’autre, "La Route des vins", nous avons choisi quelque chose qui se trouvait sur notre itinéraire et nous reposerait du camping-car dans un bon hôtel, dans un endroit sympathique et intéressant, avec des dégustations et un cadeau.

 

La Bastide de Grignan***, en vallée du Rhône, nous a paru tout indiquée. Là aussi, c’était somptueux. Chambre agréable avec balcon, trois bouteilles de Côteaux du Tricastin, rouge, blanc, rosé, un petit déjeuner buffet avec de succulentes confitures variées et toutes "maison", et le lendemain matin visite d’une cave et dégustation de six crus différents. On avait le droit de vider la fin de son verre dans un récipient. Crime ! J’ai tout dégusté avant de reprendre le volant. Ni contrôle d’alcoolémie, ni accident, alors… je ne regrette rien.

 


Puis nous sommes allés au château, visiter les lieux où a vécu Madame de Grignan et où, par trois fois, a séjourné Madame de Sévigné, avant d’y mourir lors du dernier séjour de deux ans.


Et la suite... lors de notre prochaine visite dans un cybercafé ou un McDo pour la Wi-Fi.

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20 septembre 2009 7 20 /09 /septembre /2009 20:51

Nous avons passé la nuit dans un camping près de Brioude, au bord de l’Allier. La basilique Saint-Julien est logiquement notre première visite de la journée, pour poursuivre notre collection d’églises de style roman auvergnat. Je ne sais si elles sont réellement si merveilleuses ou si c’est moi qui suis un maniaque de ce style (dans ce cas, nous sommes deux maniaques, parce que je n’arrive pas à en décrocher Natacha, malgré l’heure qui tourne et la route que nous devons faire aujourd’hui). À l’extérieur, j’aime peut-être un peu moins la partie supérieure du clocher, mais les proportions, les absidioles, la mosaïque de pierre en haut de l’abside, quelle merveille !

 

À l’intérieur, je ne suis pas moins enthousiaste. Je commence par la crypte, parce que généralement cet espace confiné, bas, encombré de pesantes colonnes, donne l’impression de vouloir écraser l’homme devant Dieu, pour moi cela évoque bien la mentalité médiévale telle que je me la représente en ce 12ème siècle. Et là, je découvre une icône représentant saint Julien, le martyr patron de la basilique, peinte à l’époque du saint. Si évocatrice, elle aussi. Remontant de la crypte, je tombe en arrêt devant une très exceptionnelle représentation de la Vierge : elle est parturiente. D’après une note explicative, elle aurait fait partie d’un ensemble de personnages de la Nativité : saint Joseph, l’âne et le bœuf, des bergers. On n’est pas habitué à voir une crèche sans Jésus, mais avec Marie dans les douleurs de l’accouchement. D’ailleurs, elle ne donne pas l’impression de souffrir, elle est très calme, elle se contente de porter sa main à son ventre.

 


Les sculptures, comme la plupart du temps au Moyen Âge, sont à mourir de rire. J’en ai choisi ici deux. Je ne sais ce que veut dire, ce que repousse cet ange au gros nez dont la moue confirme le mouvement des mains. L’autre statue dont je mets ici la photo évoquerait assez Dieu le Père, assis en majesté, avec sa grande barbe, mais je me demande si ce n’est pas un simple pèlerin, vu qu’il arbore une coquille saint-Jacques sur son élégant chapeau. À moins que, j’y reviens, ce ne soit réellement Dieu, qui montre son approbation du pèlerinage. Quant aux restes de fresques qui, à première vue, pourraient paraître naïves, en fait elles sont pleines d’humour, et dénotent d’extraordinaires qualités d’observation de la part de l’artiste.

 

L’autre dimanche, à L’Isle-Adam, Jean-Roger m’a dit, m’a répété, m’a poursuivi en insistant : puisque nous allons à Brioude, nous ne devons à aucun prix manquer la visite à Lavaudieu. Et comme je fais toujours confiance à mon beau-frère, va pour Lavaudieu. Et j’ai bien eu raison de lui faire confiance : ayant laissé le camping-car au parking, au pied de ce village perché, nous sommes immédiatement séduits par le cadre. Arrivés en haut, à l’heure du déjeuner bien entendu, puisque nous avons passé beaucoup de temps à Brioude, nous constatons qu’il faut attendre 14h pour la visite guidée du monastère. Mais la petite église, sur le côté, est ouverte. Elle regorge de choses à voir, toutes plus intéressantes les unes que les autres. Et, à la disposition des visiteurs, des planches explicatives dans plusieurs langues. La fresque, sur ma photo, est une très exceptionnelle représentation de la Mort, habillée de rouge, lançant ses innombrables flèches au hasard sur les humains.

 

Et partout, des statues. Comme cette pietà peut-être plus recueillie qu’affligée, et son Fils en très curieuse position sur ses genoux : pour que sa tête ne tombe pas, elle repose sur un coussin, mais son bras ne pend pas librement comme celui d’un mort, à moins que la rigidité cadavérique ne l’ait déjà maintenu ainsi ; quant aux jambes pliées, les pieds bien à plat au sol, elles évoquent plutôt pour moi la position d’un gymnaste qui veut faire le pont. Je pense toutefois que telle n’était pas l’intention de l’artiste. Plus loin, dans le bas-côté, saint Sébastien percé de flèches à l’air d’un pré-adolescent, mais plus bas saint André sur sa croix en X (la "croix de saint André") est au contraire très réaliste et touchant.

 

Mais voilà l’heure de la visite guidée. Tant et tant de choses m’ont passionné, notre guidé était si compétente et cultivée, capable de répondre aux mille questions qui n’étaient pas préparées dans un laïus tout fait, si claire dans ses explications, parlant de façon vivante, que je ne peux tout répéter. Mon choix se porte d’abord sur la Révolution, qui a chassé les dernières moniales et a donné au bâtiment un usage profane. Elle a symboliquement coupé la pointe du clocher et l’objet en fer que l’on y voit aujourd’hui n’est pas une girouette ; on a ici l’unique exemple au monde d’une église coiffée du… bonnet phrygien ! Hé oui, c’est bien cet insigne républicain qui couronne l’édifice. Ma photo suivante représente une sirène à deux queues, disons que chacune de ses jambes se termine en queue de poisson, et qu’elle les tient largement ouvertes. C’est pour le moins surprenant.

Mais cela m’a rappelé une représentation identique, et d’autant plus suggestive que la pierre en était moins usée, à Bergame en Italie ; j’en joins ici la photo que j’avais prise en 2008 (pourquoi apparaît-elle en si grand dans l'article ? Je l'ignore). D’après la guide, il s’agit non de représenter, mais de symboliser ainsi la luxure, et cela est confirmé par un symbole de la chasteté en contrepoint de l’autre côté du chapiteau. Plus loin, sur un autre chapiteau (je n’en mets pas ici la photo), une autre femme symbolise également la luxure en découvrant sa poitrine, mais deux salamandres, symboles de la purification, l’encadrent et tètent les seins que la femme leur tend. J’ajoute à cela une photo de la grande fresque du réfectoire. La fresque n’est pas une simple peinture réalisée sur un mur, mais elle est effectuée sur un enduit frais dans lequel elle pénètre, de sorte que c’est l’enduit qui est teinté dans la masse lorsque, un jour plus tard environ, il a séché. Ainsi peut-on décaper les couches de peinture appliquées à la Révolution pour cacher ces représentations religieuses sans endommager les fresques elles-mêmes. Mais cette technique suppose des raccords lorsque la fresque est effectuée en plusieurs jours, l’enduit ayant séché. Or ici, les études ont prouvé que la fresque avait été réalisée sans raccords, c’est-à-dire en un seul jour. Bien sûr, il faut alors supposer plusieurs artistes travaillant en même temps.

 

Ici, une statue extrêmement réaliste de saint Robert, fondateur du monastère. Dans ce même réfectoire, il y a aussi un grand Christ, dont les bras ont malheureusement disparu, et vêtu, nous dit la guide, d’un périzonium particulièrement long. Comme il ne porte rien d’autre, le mot est facile à comprendre, mais quelqu’un en a demandé l’explication. Je n’ai pas voulu intervenir, pour ne pas paraître terriblement cuistre, mais pour moi le mot est transparent. Le préfixe "péri", en grec, veut dire autour (cf. périmètre) et "zona", la ceinture, je pense que je n’aurais jamais rencontré –ou retenu– ce mot s’il ne se trouvait dans un vers d’une épître d’Horace (spontanément, comme ça, je dirais la 3ème, mais à défaut d’avoir mon Guillaume Budé sous la main, je préfère ne rien affirmer) :

Felix, inquit, felix qui zonam perdidit

Heureux, dit-il, heureux celui qui a perdu sa ceinture

Soit : celui qui a perdu sa bourse, parce que la bourse était fixée dans la ceinture. Le présent Christ au long périzonium est authentique du XIIème siècle, mais n’est pas originaire de Lavaudieu. Un autre, assez semblable, a disparu à la Révolution. Un jour, quelqu’un a remarqué dans un arbre une tête en bois censée effrayer les oiseaux, qui semblait avoir de la valeur. Par chance, ce quelqu’un était un archéologue, il en a fait don au Louvre. Plus tard, c’est un touriste américain qui voit dans un champ un épouvantail vêtu de hardes informes, mais d’où émergeaient deux jambes de bois : il a acheté l’épouvantail au paysan et l’a rapporté chez lui aux États-Unis. Le Christ original de Lavaudieu est donc en deux pays différents, mais les deux parties ont été pour un temps réunies au Louvre au début du présent millénaire à l’occasion du, je crois, septième centenaire.

 

Bon, je crois avoir assez parlé de Lavaudieu. Je m’y attarde en laïus autant que nous nous y sommes attardés en temps. Du coup, nous étions trop pressés et nous avons zappé une autre église romane au Puy (sans compter le si pittoresque St-Michel-d’Aiguilhe) et ce n’est qu’à travers le pare-brise que nous avons pu admirer les somptueux paysages de Lozère, des Cévennes, de l’Ardèche avant d’arriver à Orange, ou plus précisément à Travaillan. En effet, Delphine, ma chère nièce et l’une de mes deux filleules (mais je suis conscient d’être un exécrable parrain), nous attendait pour dîner, ou plutôt dès 18h afin que nous ayons le temps de bavarder. Et malgré les kilomètres avalés sans désemparer nous ne sommes arrivés chez elle qu’à 19h15.

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18 septembre 2009 5 18 /09 /septembre /2009 00:22

Certes nous avons passé la nuit à Royat, mais nous n’avons rien vu en arrivant à la nuit, et nous n’avons rencontré personne à part la jeune femme qui m’a donné le code d’ouverture de la barrière et indiqué un emplacement avec électricité. Je considère donc qu’hier, en Bourbonnais, nous étions dans une région administrativement rattachée depuis quelques décennies à l’Auvergne mais fort différente, et que nous ne sommes réellement en Auvergne, limite nord de l’Occitanie, que depuis ce matin au réveil.

 

Clermont-Ferrand, je connais et j’aime depuis environ quarante-cinq ans, et j’ai montré la ville à Natacha il y a quelques années. Mais comment résister à la rue des Gras, à la cathédrale, à la rue Blaise Pascal, à Notre-Dame-du-Port, et même à la place de Jaude, même si elle n’est plus la place de Jaude depuis qu’elle n’est plus bordée de ses fameux catalpas. Mais dans le coin, au bout, l’église est bien celle du début de Ma nuit chez Maud, d’Éric Rohmer. Avant de monter vers Aubière (également méconnaissable).

 

Nous avons donc recherché vers Montferrand un stationnement pour notre engin de sept mètres de long, impossible à garer en ville, puis avons pris le tramway pour revenir vers le centre. Place de Jaude, Vercingétorix est toujours aussi impressionnant. Pour Natacha, il évoque un peu le "soc’réalisme" abhorré, ce réalisme social imposé à tous les artistes, poètes, peintres, sculpteurs, musiciens, etc., par le régime communiste de l’Union Soviétique. Appareil photo en main, elle pourchasse ce style, notamment dans les monuments aux morts de la Première Guerre Mondiale, mais elle a découvert qu’il préexistait à l’URSS puisqu’elle en a trouvé l’influence dans un monument Second Empire à Vichy : les communistes russes l’ont donc choisi mais pas inventé. Pour revenir au Vercingétorix de la place de Jaude, il évoque "nos ancêtres les Gaulois", et la pile donnée aux Romains. J’aime mieux Gergovie qu’Alésia. Je ne suis pas vraiment gaulois, Natacha non plus, mais ça fait toujours plaisir d’être du côté d’Astérix, ça venge de tous les revers de notre diplomatie et de notre politique actuelles.

 

La cathédrale a beau avoir été remaniée par Viollet-le-Duc, ce sauveur de nos monuments qui en a profité pour, bien souvent, les défigurer, elle est vraiment splendide. Quel mouvement dans l’élévation des piliers ! Et puis cette pierre noire, ce basalte, donne une atmosphère stricte, sobre, et la voûte n’en paraît que plus haute. Magnifique.



Ensuite, nous sommes allés, bien évidemment, vers Notre-Dame-du-Port. Après la cathédrale gothique, la basilique romane. Je me rappelais qu’il fallait prendre la rue Blaise Pascal, mais après je n’étais plus sûr de trouver mon chemin. J’ai donc posé la question à une jeune femme, qui m’a répondu que je n’avais qu’à aller avec elle, parce qu’elle habitait juste derrière. Chemin faisant, elle m’a dit que cette basilique avait été classée au patrimoine européen et avait à ce titre bénéficié de crédits pour sa rénovation. De fait, elle est méconnaissable. L’intérieur est tout peinturluré en jaune. Je suppose que telle était son apparence au 12ème siècle, sinon rien ne pourrait justifier cette peinture. Mais moi qui aimais tant cette sobriété, j’ai été très déçu. Plus de catalpas place de Jaude, Notrte-Dame-du-Port souffrant de la jaunisse, Clermont n’est plus du tout Clermont. Bon, soyons honnête : la crypte est toujours aussi recueillie, les vitraux toujours aussi lumineux et expressifs, et l'extérieur n'a pas changé. Je mets aussi ici une image de cette curieuse Vierge allaitant.



 

Alors, hop, tramway direction Montferrand pour récupérer le camping-car et filer sur Issoire. Là, petite halte pour visiter une autre église de style roman auvergnat : Saint-Austremoine. Là, pas de déception, au contraire. Dans ma mémoire, elle était un cran au-dessous de Saint-Nectaire et Clermont-Ferrand. Nous ne sommes pas retournés à Saint-Nectaire, mais elle m’a (elle nous a) éblouis. Sur le chevet, autour des absidioles, les douze signes du zodiac. Ici, le cancer (avec une drôle de bouille) et le capricorne (dont le cavalier se retient à la corne), nos deux signes à Natacha et à moi.



 Le camping où nous sommes allés passer la nuit était près de Brioude, mais il était trop tard pour visiter la ville : remettant cela à demain, nous sommes directement allés nous installer pour la nuit. Là, nos ordinateurs dûment connectés au 220 volts, nous avons sans problème de batterie transféré nos photos, les avons référencées, et moi j’ai préparé ce que j’allais publier sur mon blog dès que nous pourrions nous connecter à Internet. Voilà comment nous avons passé une soirée studieuse.

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