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5 novembre 2009 4 05 /11 /novembre /2009 15:15

 

 

Aujourd’hui, nous affrontons la peu accueillante ville de San Gimignano. De mon petit voyage ici avec Emmanuelle et Raphaël et 1998, j’en ai gardé un souvenir excellent, aussi je tiens à ce que Natacha voie cette ville aux 13 tours monumentales. Au Moyen-Âge, il y a eu jusqu’à 70 maisons-tours, mais dès la fin du seizième siècle il n’en restait plus que 25. Quelle est la justification de leur construction, cela reste obscur. Il semble qu’à l’époque de la lutte, au treizième siècle, entre les Guelfes partisans de la prééminence du pouvoir du pape sur le pouvoir séculier, soutenus par la maison de Bavière, et les Gibelins pour qui le pouvoir du pape se limitait au domaine spirituel, soutenus par la maison de Hohenzollern, les deux clans aient rivalisé pour avoir les tours les plus hautes, jusqu’à ce que la municipalité construise une tour aussi haute que la plus haute existante jusqu’alors et interdise de dépasser cet édifice public.

 

Une autre théorie repose sur l’une des sources de la richesse de San Gimignano, spécialisée dans une méthode de teinture des tissus en jaune avec le safran. Les pièces de tissu avaient d’autant plus de valeur qu’elles étaient longues, sans couture. Pour faire sécher de telles longueurs, faute d’espace horizontal, on les suspendait au haut de tours immenses et elles séchaient verticalement. Quoi qu’il en soit, l’effet est spectaculaire.

 

 

 

Le premier jour, nous nous baladons en ville, et puis quand le soir est tombé nous allons au Palazzo del Popolo, où est installée la pinacothèque, et qui possède lui-même une tour à laquelle on peut monter avec le billet d’entrée au musée. Nous nous acquittons donc du prix du billet et entrons. Le bâtiment lui-même ne manque pas d’intérêt, mais en outre il comporte de belles pièces que je me retiens d’évoquer pour éviter l’inflation des superlatifs, de peur de donner au Gouvernement l’envie de les taxer et pour ne pas non plus multiplier les photos. D’autant plus qu’il est interdit de photographier à l’intérieur. Qu’il soit bien entendu que les images que je montre ici ne sont que des dessins réalisés à main levée sur une tablette graphique, puisque je ne saurais avoir enfreint les règlements. La joute de chevaliers de la fresque ci-dessus est située dans la première salle, pour une mise en bouche de qualité.

 

 

 

 

Mais l’une des choses qui a le plus retenu mon attention est une salle revêtue de fresques représentant la vie d’un couple. Parmi les scènes les plus savoureuses figure ce bain que les époux prennent en commun, et sur le côté gauche on voit la servante qui a préparé le bain, en train d’accueillir une visiteuse. Et l’autre scène représente le moment où ils vont au lit. Le lit ressemble à n’importe quel lit que l’on peut voir aujourd’hui, la femme est déjà endormie, et la servante –la même que sur l’autre image, on reconnaît sa robe bicolore, la moitié gauche rouge et la moitié droite noire– invite du geste le mari à la rejoindre. Mari et femme gardent sur la tête ce bonnet qu’ils portaient déjà dans leur tub. Je trouve ces scènes à la fois touchantes d’humanité, saisissantes de réalisme, esthétiquement jolies et amusantes dans leur modernité.

 

Dans le bâtiment du palais du Peuple prend l’escalier qui permet de monter jusqu’au sommet de la tour. Tout en haut, sur la terrasse, pour passer d’un côté à l’autre, il faut courber l’échine en-dessous de l’énorme cloche de bronze suspendue là. D’un côté comme de l’autre, la vue est splendide et très intéressante à la fois sur la ville et sur les environs. Comme je l’ai dit, nous nous sommes rendus dans ce musée-tour lorsqu’il a fait noir, et par conséquent la vue au loin est plus que limitée, mais elle n’en est peut-être que plus surprenante sur la ville à nos pieds. Ci-contre, l’animation sur l’une des grandes places de San Gimignano, et deux autres des hautes tours.

 

À un Euro l’heure sans équipements particuliers, notre camping manque de charme pour la nuit. Nous parcourons quelques kilomètres, et trouvons une zone industrielle accueillante, où nous nous installons.

 
 


Le lendemain lundi, nous retournons à San Gimignano parce que nous n’avons pas visité la Collegiata di Santa Maria Assunta ni l’église Sant’Agostino. Dans la première, les murs sont couverts de fresques et notamment, dans le bas-côté gauche, des scènes de l’Ancien Testament. L’auteur n’est pas des plus célèbres, c’est Bartolo di Fredi, mais de toutes les fresques que j’ai vues jusqu’alors ce sont celles qui m’ont le plus touché, par leur naïveté, la pureté de leur graphisme, par leur humour aussi (à moins que ce ne soit encore que de la naïveté), mais quoique l’entrée soit payante il y a des gardes en kalachnikov (ou peu s’en faut) pour empêcher de prendre des photos. La seconde église, en entrée libre, est décorée de fresques célèbres racontant la vie de saint Augustin. Ces fresques, je les connaissais en reproduction dans des livres, mais pas "en vrai". Je voudrais montrer trois détails d’une fresque célèbre, où le saint, enfant, est conduit à l’école par sa mère. J’y tiens d’abord parce que sa mère est sainte Monique, la patronne de Maman. Tout de blanc vêtue, calme, elle regarde son fils avec sollicitude. Par ailleurs, saint Augustin apparaît en enfant sage et raisonnable qui donne toutes les apparences du futur bon élève. À Natacha, il évoque irrésistiblement Jérôme, et après réflexion il est vrai qu’il a quelque chose de mon petit frère tel que je le revois à cet âge. Et puis je trouve savoureuse la représentation du mauvais garnement qui ne veut pas aller à l’école et que son père, ou son grand frère, amène sur son dos (ci-contre).

 
Suite à cette visite, nous partons plein nord, vers la petite ville de Certaldo, à une douzaine de kilomètres.

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Published by Thierry Jamard
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5 novembre 2009 4 05 /11 /novembre /2009 15:12

Et voilà, nous avons passé une bonne nuit sur cette aire du joli village de Lucignano, avec l’électricité. Une bonne nuit, mais il n’a pas cessé de pleuvoir. Ce matin, de nouveau le ciel est dégagé, mais le pré est humide et la terre est détrempée. Je me rends compte que sous le poids du véhicule et de tout ce que nous y avons entassé le sol s’est un peu affaissé sous mes roues. Je tente de démarrer, en douceur comme on le fait sur la neige, mais il n’y a rien à faire, je patine et les roues s’enfoncent de plus en plus. Nous sommes bel et bien embourbés. Le voisin suisse, dans l’autre camping-car, vient nous aider de ses conseils… de peu d’utilité. donc IMA, Inter-Mutuelles Assistance, où l’on me dit de ne pas quitter, on me passe l’Italie. "Bonjour, je suis Aurélie, du bureau de Milan. Où êtes-vous ?" Grâce à mon GPS, je peux dire qu’il s’agit de Lucignano, et j’en donne la longitude et la latitude en degrés, minutes et secondes. Elle me répond "Très bien, je vous envoie un dépanneur". Quelques minutes plus tard, je suis rappelé par une voix féminine au fort accent italien mais qui parle très bien français : "Je suis la représentante d’IMA dans votre secteur. J’ai contacté le dépanneur, qui sera auprès de vous dans 1h30". Et voilà comment nous avons été sortis de notre pré sans bourse délier et, finalement, sans perdre trop de temps, car nous avons déjeuné pendant l’attente.

 


 

 

Nous ne sommes pas si près que cela d’Arezzo, de sorte que nous y arrivons un peu tard. Lors de notre précédent voyage avec Natacha, nous avions visité la chiesa di San Francesco, avec ses merveilleuses fresques de Piero della Francesca qui ornent le chœur et racontent l’histoire de la Vraie Croix. Mais on ne pénètre dans le chœur qu’avec un billet qu’il est trop tard pour acheter. Nous nous contentons donc de les contempler de loin, ces fresques, derrière le cordon qui barre l’accès au chœur.

 

Puis nous nous baladons dans la ville, extraordinairement animée. Il est vrai que nous sommes samedi soir, il n’est pas étonnant de voir déambuler des jeunes ; mais aussi nombreux, aussi bruyants, aussi remuants... Nous sommes bien en Italie ! Deux photos seulement aujourd’hui, deux mots à leur propos. La première représente la Piazza Grande, curieusement en pente, même si dans plusieurs villes de Toscane, nous en avons vu d’autres également penchées, mais peut-être pas autant. La deuxième représente Giorgio Vasari, ce grand architecte du seizième siècle dont c’est la ville, également connu comme peintre et sculpteur, et comme critique d’art.

 

Nous restons tard en ville, et puis parce que nous voulons quand même visiter à San Gimignano malgré l’accueil peu chaleureux qui nous a été réservé, nous retournons vers notre camp de Lucignano, en faisant bien attention de rester sur l’allée empierrée qui va vers les équipements d’eau. Notre rouleau de 40 mètres de fil électrique suffit largement à nous raccorder au branchement, et nous passons là notre deuxième nuit avec tout le confort moderne.

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Published by Thierry Jamard
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5 novembre 2009 4 05 /11 /novembre /2009 13:57

Bien sûr, avec mes études sur l’Antiquité classique, j’avais entendu parler de Volterra, mais lorsque, dans la conversation, on évoque l’Italie, on pense à Venise, Rome et le Vatican, Florence, Naples, la Sicile… mais pas Volterra. Et pourtant, quelle ville passionnante ! Ne serait-ce que pour la longueur de son histoire, qui dépasse celle de Rome. C’est, en effet, une cité étrusque, or les Étrusques sont d’anciennes populations qui ont précédé sur le sol d’Italie les Indo-Européens que sont les Italo-Celtes. Ces Italo-Celtes qui ont donné les langues celtes plus à l’ouest (gaulois, breton, gallois, gaélique, galicien) et les langues italiques (latin, osque, ombrien) sur la péninsule. Et cette Étrurie originelle était centrée sur la Toscane, Volterra étant l’un des douze royaumes étrusques.

 

 

 

On se rappelle aussi le règne des Tarquin, ces rois étrusques qui dominèrent Rome jusqu’à ce que les citoyens d’origine latine fichent à la porte Tarquin le Superbe en 509 avant Jésus-Christ et instaurent une république. Du coup, la puissance étrusque a décliné, car ils ne pouvaient plus aller vers le sud sans emprunter la voie de mer, et là ils étaient guettés par les Grecs qui avaient leurs colonies, Naples (Néa-Polis, la Ville-Nouvelle), Tarente, la Sicile. Volterra a été soumise par Rome en 295, Pérouse et Arezzo l’année suivante, en 294. Après, nos braves Étrusques se sont assimilés et ont disparu en tant que tels. Rideau. Je précise quand même que leur puissance reposait surtout sur le commerce, en particulier du vin, et que c’est eux qui, au septième siècle avant Jésus-Christ, ont introduit en Gaule des ceps de vigne et leur savoir-faire, et sont donc à l’origine de la viti-viniculture française. Dans leurs tombes, on a retrouvé des merveilles, et le musée étrusque de Volterra est le plus riche du monde, avec des centaines d’urnes funéraires couvertes de sculptures, comme ce couple, ci-contre, d’un réalisme surprenant. Et bien sûr des objets usuels, comme tous ces outils ci-dessus qui datent du dixième au huitième siècle.

 

Je ne peux résister au plaisir de montrer encore deux images de sculptures sur des urnes funéraires en forme de petits sarcophages (mais ce sont bien des urnes, les corps étant toujours incinérés). Ci-dessus, c’est l’origine de la guerre de Troie, l’enlèvement d’Hélène, la femme du roi de Sparte Ménélas, par Pâris l’un des fils du roi de Troie Priam. Ici, on voit le bateau prêt à l’emmener, mais Sparte est loin de la mer… Eh bien, puisque le couple illégitime a passé sa première nuit à Gytheio, sur la côte, supposons que la scène se passe là. Mais Hélène semble dormir. A-t-il fallu la droguer ou l’assommer parce qu’elle avait changé d’avis, insatisfaite après son expérience sexuelle de la nuit (Hou, Ménélas !) ? Ou au contraire épuisée après une folle nuit a-t-il été impossible de la réveiller (Bravo, Ménélas !) ?

 

L’autre image, ici, représente Ulysse et les sirènes. On sait que leur chant était si attrayant et enchanteur que celui qui l’entendait se jetait à la mer pour les rejoindre, et elles, les vilaines, s’amusaient à le regarder se noyer. Ulysse, pour les entendre sans risque, demanda à ses matelots de l’attacher solidement au mât de son navire, alors qu’eux-mêmes devaient se protéger avec des bouchons de cire dans les oreilles. C'est ce que l'on voit ici, à gauche les sirènes jouant de la musique, Ulysse encordé, les matelots insensibles. Il semblerait que ce sujet, qui revient souvent, aurait une portée philosophique dans l’interprétation qu’en faisaient les Étrusques : par sa volonté, l’homme peut résister aux tentations irrationnelles même en acceptant d’y être soumis. Mais laissons là les Étrusques, sinon je vais afficher ici les 99 photos que j’ai faites dans le musée.

 

 

 

Nous avons aussi visité la cathédrale, le baptistère et le musée d’art sacré de la cathédrale. Dans cette église du douzième siècle, j’ai surtout été frappé par la Cappella della Deposizione, c’est-à-dire au fond d’une chapelle du transept une Descente de Croix d’un terrible réalisme. Non seulement les visages et les positions sont très expressifs, mais les détails sont fouillés. On voit l’homme qui, de ses tenailles, a arraché le clou qui fixait le pied gauche de Jésus à la croix, il a son marteau passé dans sa ceinture, dans son dos. De près, on peut voir aussi (je n’ai pas mis ma photo de gros plan ici) les ongles des pieds de Jésus taillés en carré. L’évêque faisait appel à la générosité publique pour la réalisation de cette Descente de Croix dans un document daté de 1228. On peut en déduire que l’œuvre a été réalisée entre 1228 et 1230 ou 1235. Natacha a mis une pièce dans la machine pour obtenir trois minutes d’éclairage. Un Euro pour trois minutes, cela fait cher du kilowatt-heure ! Cela dit pour plaisanter, parce que cette œuvre vaut la peine d’être regardée… bien plus de trois minutes.

 

 

 

Sur la place, en face de la cathédrale, se dresse un gros bâtiment octogonal (ou hexagonal ? Sur le moment je n’ai pas fait attention, et sur mes photos il est difficile de compter les faces), c’est le baptistère. À l’intérieur, très sobre, on voit une grande vasque de marbre, au centre de laquelle se dresse Jésus au moment de son baptême. En fait, je dis Jésus, et non Jean-Baptiste, parce que le personnage ne porte pas de tunique en poil de chameau, et semble se dévêtir. Sur les murs, de grands tableaux. Ce n’est pas un lieu exceptionnel, mais très intéressant tout de même.

 

Et puis nous sommes allés visiter, sans enthousiasme débordant a priori, le musée d’art sacré… parce que notre ticket du musée étrusque comportait aussi pour le même prix la pinacothèque et le musée d’art sacré. Je ne parlerai pas de la pinacothèque, parce que je suis fâché : photos et même dessins interdits. Rien de tel au musée d’art sacré, qui présente un bon nombre de tableaux de la fin du Moyen-Âge et de la Renaissance, de belles statues, et ce buste reliquaire de saint Octavien (Sant’ Ottaviano), réalisé en argent ciselé et partiellement doré, et qui date du quinzième siècle. La photo ci-dessous est un détail d’une Annonciation qui me plaît particulièrement. J’aime les visages de la Vierge et de l’ange Gabriel, la finesse de leurs doigts, la position des mains, la richesse des dorures. Nous n’avons d’un commun accord pas été déçus de notre visite, bien au contraire. Nous en avons pris plein les yeux.

 

 

 

Parmi les autres églises visitées, je citerai encore San Michele Arcangelo. De nombreux tableaux y sont accrochés aux murs. Ici, je trouve amusant (intéressant) qu’au moment de commencer à téter Jésus nous regarde, et sa Mère aussi. Et puis quelle finesse, quel brillant dans la représentation des tissus de leurs vêtements ! Par elle-même l’église n’est pas mal, mais je ne conseillerais pas d’aller à Volterra si ce n’était que pour elle.

 

Nous nous sommes aussi, bien sûr, beaucoup promenés en ville. L’une des places principales, sinon la place principale, est la Piazza dei Priori, toute cernée de beaux monuments, dont le Palazzo dei Priori, dont je montre ci-dessous une image.

 


 

 

Avant de quitter la ville, nous sommes partis à la recherche d’une église dont Natacha avait lu quelque part qu’elle contenait des fresques. Et nous avons trouvé la chiesa di San Francesco, par laquelle on accède à une chapelle entièrement couverte de fresques. L’entrée est gratuite, il n’y a personne, c’est une église ordinaire, et nulle part il n’est indiqué que les photos sont interdites. La photo ci-contre montre l’abondance des peintures du côté du chœur, mais elles continuent sur les côtés et le fond, sans autre interruption que la porte. C’est fabuleux. Ci-dessous, un détail du massacre des Saints Innocents. Mais par ailleurs, ces peintures révèlent en fait la vie quotidienne du quinzième siècle, quand elles ont été réalisées, car l’artiste a représenté les scènes bibliques dans les costumes, les attitudes et les activités de son temps. Là encore, nous y allions pour jeter un coup d’œil à tout hasard, quelques minutes, et nous sommes restés longtemps, en admiration. Après cela, nous avons dû nous en arracher et nous arracher de Volterra en général, et nous avons regagné notre "maison", pour nous diriger vers San Gemignano.

 




 

Arrivés à San Gemignano, nous voyons une flèche indiquant un parking pour camping-cars à 1700 mètres du dernier carrefour, c’est-à-dire à plus de deux kilomètres du centre, mais pas d’interdiction d’aller vers le parking situé sous les murs de la ville. Je vais, je prends un ticket, je franchis la barrière. Soudain, j’entends des coups redoublés dans la carrosserie, et un homme s’approche :

– No hair, no hair !

– Eh bien oui, je suis dégarni du crâne, et alors ? La ville est interdite aux chauves ?

– No hair, no parking hair.

– Ah, si, capisco, "not here".

– Si, si, no hair, Gobec !

– C’est moi qu’il appelle Gobec ? No, il nome mio è Thierry.

– No, no, Gobec, gobec.

– Ah, you want me to go back ? Vous ne croyiez pas m’appeler par mon nom ? Eh bien nous partons, merci pour l’accueil sympathique. Arrivederci.

 

Nous sommes donc repartis en direction d’Arezzo, nous promettant de revenir à San Gimignano un autre jour. Traversant une petite ville, Lucignano, nous découvrons un panneau indiquant un lieu pour camping-cars. C’est un très grand pré, avec un lieu pour vider les toilettes chimiques, une prise d’eau propre et, ô miracle, des prises de courant 16 ampères offertes gratuitement. Un seul autre camping-car, immatriculé en Suisse, se trouve sur le terrain. Nous nous installons pour une nuit avec tout le confort souhaité.

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Published by Thierry Jamard
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5 novembre 2009 4 05 /11 /novembre /2009 13:49

 


Évidemment, en trois jours, nous n’avons pas vu ou revu tout ce qu’il y a d’intéressant à Florence, mais il faut bien s’en arracher. Nous quittons donc notre parking équipé après trois nuits passées là, et nous nous dirigeons sous la pluie vers le village de Vinci. Léonard, enfant naturel d’un père notaire parfaitement identifié mais qui ne l’a jamais reconnu, et d’une mère qui n’est qu’un prénom, a adopté le nom de son village natal. En fait, cette maison est située à environ deux kilomètres de Vinci, sur le territoire d’Anchiano. Restée dans la famille jusqu’au dix-septième siècle (1629), elle est passée ensuite de main en main jusqu’à ce qu’en 1950 son propriétaire d’alors, le comte Giovanni Rasini di Castelcampo, en fasse don à la municipalité. Les travaux de restauration et d’équipement ont permis son inauguration en 1952, pour les 500 ans de la naissance de Léonard, qui avait eu lieu le 15 avril 1452.

 

On ne voit pas grand-chose, la maison, un évier, un blason… Mais peu importe, l’essentielest dans l’émotion que l’on ressent devant ce lieu où un tel génie a passé son enfance, où il est revenu pour rendre visite à ses frères lorsque dans les premières années du seizième siècle il travaillait sur des projets dans les environs. Et puis aujourd’hui, de fins nuages bas planent entre les collines comme une légère brume, évoquant le fameux sfumato qu’il a inventé dans ses tableaux.

 


Nous redescendons d’Anchiato vers Vinci, où nous faisons une halte pour faire le tour du village accroché à flanc de colline, et voir son église. Émotion, là aussi, en pensant que Léonard de Vinci y a été baptisé et qu’il a dû la fréquenter dans son enfance, même si par la suite, adulte, sa ferveur ne semble pas avoir été brûlante. Cette église romane est évoquée pour la première fois dans un document de 1132, mais son campanile date du milieu du dix-neuvième siècle, et l’édifice a été sérieusement remanié entre 1929 et 1935. Mieux vaut ne pas y penser et essayer d’imaginer qu’elle est vraiment ancienne…

 

Nous repartons en direction de Florence, ou plutôt d’un centre commercial situé en banlieue, où se trouve un McDo, dans l’espoir d’enfin nous connecter à Internet. Espoir déçu. Nous passerons la nuit sur le parking d’une gare de banlieue, déserté après le retour du travail, mais déjà passablement rempli autour de nous quand nous nous réveillons. Notre sommeil a été bercé par le passage des trains, certains franchissant la gare à grande vitesse.

 





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Published by Thierry Jamard
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5 novembre 2009 4 05 /11 /novembre /2009 13:31

 

 

Et nous voilà à Florence. Nous déménageons du camping, parce qu’il coûte un prix exorbitant, 35 Euros par nuit, hors haute saison. Soit 1050 les 30 jours pour 35m², soit plus cher qu’un appartement de même surface à Paris, charges et consommations comprises, surtout si l’on considère les sanitaires sur le palier (ou plutôt à 200 mètres) et l’électricité scandaleusement limitée à 2 ampères, soit la recharge des téléphones portables, ou le presse-agrumes. Mais ni sèche-cheveux, ni micro-ondes, ni fer à repasser, rien. Tant pis pour la vue exceptionnelle sur la cité. Nous verrons les monuments de près, comme le Duomo ci-contre et l’une de ses portes ci-dessous, ce sera moins cher. Nous nous transférons donc sur un parking où sont admis les camping-cars (avec vidange chimique, alimentation en eau) pour 0,50 l’heure, soit 12 Euros par jour. Ce n’est pas rien, mais c’est trois fois moins cher et à seulement 30 minutes à pied de la ville.

 

 

 

Il y a tant de choses splendides à Florence, nous en verrons tellement en trois jours (nous passerons trois nuits sur ce parking calme), que je renonce à décrire tout cela, que n’importe quel guide touristique décrira bien mieux que moi. Je préfère sélectionner quelques lieux ou quelques anecdotes. Par exemple, l’église Santa Croce –ci-contre–, d’où Stendhal a dû sortir pour respirer sur la place, tant cette accumulation de tombes de grands hommes italiens lui donnait le vertige. Stendhal n’était pas un cas isolé, puisque les psychiatres nomment ce genre de malaise "syndrome de Stendhal". À titre d’exemple, en l’espace de onze ans seulement, de 1976 à 1987, l’hôpital de Florence a dû accueillir en hospitalisation d’urgence 107 cas de syndrome de Stendhal, ce qui suppose quelques milliers de malaises bénins. Ici, nous sommes dans la chapelle Brancacci, de l’église Santa Maria del Carmine, couverte de fresques de Masolino, de Masaccio et de Filippino Lippi. Ci-dessous, c’est la visite de saint Paul à saint Pierre dans sa prison, par Lippi.

 

 

 

Très intéressante est, je trouve, la comparaison de ces deux images, la tentation d’Adam et Ève par Masolino, et Adam et Ève chassés du Paradis par Masaccio. La différence de style entre le maître et son élève est surprenante. La première est très belle, les corps, les positions, les couleurs, mais la seconde exprime tellement plus les sentiments, et on voit l’évolution du style vers une plus grande recherche dans la perspective, les ombres donnant plus de relief. Je ne saurais dire si je préfère l’esthétique très traditionnelle de la première ou la sensibilité et l’émotion qui émanent de la seconde. Ce que je sais, c’est le plaisir que j’ai eu à rester en contemplation un long, long temps. Allez, une photo de plus sur ces fresques. Ci-dessous, un gros plan sur les visages de spectateurs de la résurrection du fils de Théophile. La fresque a été commencée par Masaccio, mais comme il est mort avant de l’avoir achevée ellea été terminée par Filippino Lippi. Les deux Lippi viennent d’être exposés à Paris, au musée du Luxembourg, je crois. Mais nous partions, nous ne les avons pas vus.

 

 

 

Sur la Piazza della Signoria, bordée par le Vieux Palais, en italien Palazzo Vecchio (ici à droite), sont reproduites de nombreuses statues illustres dont les originaux sont au musée des Offices (Galleria degli Uffizi). Ici, je voulais raconter une anecdote bien innocente mais savoureuse, une scène à laquelle a assisté Natacha en langue polonaise, mais quand elle a vu ce que j’avais écrit pour le publier, elle m’a censuré, c’est elle qui a été témoin des faits, je n’ai absolument pas le droit de le raconter. Je continue à me demander pourquoi ce genre d’histoire est tellement "privé", mais puisque pour elle la censure existe… J’arrête donc ici pour nos trois jours à Florence…


J'ajouterai seulement ce si traditionnel Ponte Vecchio ainsi que l'une des préoccupations italiennes, telle qu'elle donne son nom à une rue.


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Published by Thierry Jamard
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5 novembre 2009 4 05 /11 /novembre /2009 13:11

 

Lucca, dont Élisa Bonaparte a été princesse de 1805 à 1813, placée là par son frère, et qui a, paraît-il, fort bien administré sa ville. Nous nous réveillons devant les vieux murs de Lucca. En les longeant sur moins d’une centaine de mètres, nous arrivons à une porte de la ville, encombrée des étals d’un marché. Pas spécialement typique, nous le traversons donc. Ici est né et a vécu Puccini. Par conséquent, il y a une via Puccini, un restaurant Puccini, un hôtel Puccini, une pharmacie Puccini, etc. Que d’imagination ! Il existe un musée Puccini installé dans sa maison natale, qui possède son piano et des éléments de son cadre de vie, mais ce musée est fermé, l’enseigne a été enlevée, pas d’explication.

 

En revanche, nous pouvons aller visiter la cathédrale San Martino. Une pensée spéciale ici pour Martine (ce qui ne signifie pas pour autant que l’on ne pense pas à elle quand on ne voit pas saint Martin). À Chartres et dans quelques autres cathédrales gothiques, il y a au sol un grand labyrinthe. Ici, un plus petit labyrinthe est gravé sur un mur extérieur.

 

 

 

La ville de Lucca est très ancienne, elle porte les traces d’une ancienne ville romaine. Ainsi, elle comportait un amphithéâtre dont il ne reste rien, mais sur l’emplacement des gradins ont été construites des maisons, ce qui en fait une immense place de forme ovale, nommée –on s'en serait douté– Piazza del Anfiteatro. Elle est d’un très bel effet. On y accède des deux extrémités du grand axe, l’un des accès débouchant sur une rue piétonne élégante, étroite et ancienne, bourrée de monde. Nous passerons là le matin, et nous y reviendrons le soir parce que nous aimons cette place. On en parle moins que de la Piazza del Campo de Sienne, mais elle n’est pas loin de la valoir. Il s’y trouve aussi un magasin spécialisé pour Puccini, CD, T-shirts, posters, reproductions de vieilles affiches d’opéras, livres, cartes. On ne peut manquer d’y jeter un coup d’œil.

 

 

 

Quelques mots aussi de la surprenante San Frediano, une église romane du douzième siècle, immense, et dont –fait exceptionnel– le chevet est tourné vers l’ouest et non orienté à l’est (vers Jérusalem), comme c’est l’usage. Ci-dessus, un détail de la décoration des fonts baptismaux. Comme on y voit un cavalier avançant dans l’eau devant un noyé, on pourrait penser qu’il s’agit du saint évêque de la ville, qui a fait construire cette église qui porte son nom, à lui qui a effectué le miracle d’endiguer les eaux du fleuve qui inondait la ville. Il n’en est rien : c’est Moïse traversant la Mer Rouge, revêtu de l’armure des chevaliers du Moyen-Âge, et piétinant un soldat égyptien de l’armée de Pharaon.

 

Plus loin, dans une chapelle latérale, on ne s’est pas contenté d’un reliquaire pour garder quelques ossements de sainte Zita, on l’a carrément momifiée et conservée ainsi, exposée dans une châsse. C’est impressionnant et pas très beau. Mais d’autres murs sont décorés de fresques très belles, et toujours pleines de détails très fouillés. Ci-dessous, on voit des ouvriers charpentiers immergés dans lefleuve jusqu’à mi-corps.

 

 

 

Nous visitons encore une autre église dédiée à saint Michel, San Michele in Foro. Sur le toit, cette amusante statue de l’archange avec ses grandes ailes. Et puis, comme toujours, l’intérieur contient des splendeurs, comme cet immense Christ peint sur sa croix pendue au plafond, ou comme cette statue de la Vierge en porcelaine. Il est impossible de décrire toutes ces merveilles, ni les autres églises visitées, tant il y en a.

 


 

 

Paolo Guinigi a été seigneur de la ville à partir de 1400. Il s’est fait construire un riche palais, une haute tour qui domine la ville, et pour sa femme bien-aimée il a fait réaliser un splendide tombeau de marbre blanc qui est situé dans la cathédrale. Il est possible de gravir les escaliers de la tour, ce que nous avons fait. De là-haut, sur la terrasse au centre de laquelle pousse un arbre, la vue est très belle sur les toits de tuiles rouges de la ville, sur tous ses monuments, et sur les collines au loin. Cela nous récompense de cette longue ascension.

 

Enfin, nous quittons la ville et allons voir, à quelque distance, un pont appelé "Pont du Diable" parce qu’y est attachée une légende à vrai dire pas très originale : j’ai entendu la même au sujet d’au moins un pont en France et d’un pont en Espagne. Son ingénieur ne parvenant pas à achever le pont, il a fait un pacte avec le diable. Satan finirait la construction, en échange de l’âme de celui qui, le premier, franchirait le pont. Marché conclu. Une fois terminé le pont, malin, l’ingénieur l’a fait franchir par un chien (ailleurs, c’était un âne).

 

 

Ensuite, nous prenons la route et roulons jusqu’à Florence. Nous nous installons pour la nuit au camping qui surplombe directement la ville et ses monuments. Vue splendide lors de notre promenade nocturne avant d’aller au dodo.

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Published by Thierry Jamard
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3 novembre 2009 2 03 /11 /novembre /2009 20:21

D’abord, je ne résiste pas au plaisir de représenter cette adorable Fiat 500 (la Cinquecento à prononcer Tchinkoué-tchento). On en voit un peu partout, de ces joujoux qui roulent encore malgré le poids des ans.

 

Ce matin, alors que nous étions prêts à partir, on frappe à la porte. Je vais ouvrir. Une dame allemande me demande en anglais si nous avons passé la nuit ici. Je lui réponds que oui. Elle aussi est en camping-car, et elle voudrait savoir si c’est permis, et s’il y a beaucoup de monde sur ce parking la nuit. Je réponds que puisque personne ne nous a rien dit c’est qu’il ne doit pas y avoir de problème, et que la nuit dernière il n’y avait pas dix voitures sur cet immense parking d’au moins un millier de places. Elle demande alors si nous serons là la nuit prochaine, parce qu’elle a peur si elle est isolée. Je lui dis que peut-être, mais que ce n’est pas sûr. En fait, nous partirons le soir vers le magasin Carrefour de Lucques, à 20 kilomètres, et reviendrons tard. Son camping-car a disparu…

 

 

Mais nous sommes à Pise, et il y a bien d’autres choses à voir. Malgré la célébrité de la tour penchée et de la cathédrale, nous commençons par un tour en ville, d’abord parce que nous avons déjà vu ces monuments lors d’un précédent voyage ensemble, et moi encore avant, avec Emmanuelle et Raphaël, mais aussi parce que le chemin le plus direct entre notre parking dortoir et ces monuments n’est pas le plus intéressant. Par exemple, nous avons l’occasion de longer l’Arno, qui a déjà baigné Florence avant d’arriver ici à Pise. Nous pouvons aussi voir combien les Italiens sont fiers de leurs nanas, eux qui donnent à une de leurs rues le nom de "Rue des belles dames", comme on le voit sur ma photo. La ville est extrêmement animée, avec encore en cette saison beaucoup de touristes. Des retraités, bien sûr, mais pas seulement. Je ne comprends pas comment on peut voir autant de familles françaises, britanniques, japonaises, et surtout allemandes, avec des enfants et des adolescents en âge scolaire, en pleine semaine. Cependant, ce n’est pas qu’une usine à touristes. Il y a aussi tout plein d’Italiens qui se promènent, discutent avec de grands gestes en plein milieu des rues, s’interpellent.

 

 

 

Nous finissons quand même par arriver à cet ensemble monumental archi-célèbre, sur la Piazza dei Miracoli. Aux vacances de Pâques 1998 avec les enfants, puis la dernière fois avec Natacha en février 2008, nous avons visité le Duomo, mais pas le Battistero. Nous décidons donc de faire l’impasse sur le premier et de prendre un ticket pour le second. Ce qui ne nous empêche pas d’admirer l’extérieur de cette cathédrale de marbre d’une extraordinaire harmonie. En observant en détails les murs de l’édifice, on trouve ici ou là quelques bribes d’inscriptions en latin, à l’envers ou de travers, ce qui signifie, je pense, que les bâtisseurs ont réutilisé les pierres d’un édifice précédent. Nous avons la chance, de plus, de voir le marbre blanc qui se dore dans la lumière du soleil déclinant. Somptueux. Non, la Tour Penchée est loin d’être le seul attrait de Pise. Et elle ne doit pas attirer l’œil pour la seule raison qu’elle penche (nous, en France, nous sommes capables de faire une tour Eiffel bien plus haute et qui ne bascule pas, elle), mais pour son architecture et l’harmonie de tout cet ensemble de la Piazza dei Miracoli.

 

Nous pénétrons donc dans le baptistère. Je préfère le dire en français, parce que quand j’ai demandé deux entrées pour le "battisterio", avec RIO, la jeune femme derrière son guichet, sans un sourire, sans me regarder, et d’un air sévère et d’une voix fâchée, m’a repris : "Il battistero" (sans mon malheureux I). Bon, allons-y, dans le baptistère.

 

Qu’en dire ? Évidemment, c’est magnifique. L’intérieur de cet énorme cylindre de marbre, avec une chaire sculptée, avec, là-haut, une galerie qui permet d’avoir une vue vertigineuse sur ces colonnes, et puis le spectacle de l’extérieur par les fenêtres hautes comme si on survolait en avion à basse altitude cette piazza, tout cela vaut le coup d’œil. Mais enfin, avec Natacha nous avons eu des pensées bien matérialistes en se disant que réclamer cinq Euros pour cette visite, c’était bien cher. Pour le prix, j’en donne ici trois photos, ci-contre un détail de la base du dôme et ci-dessous l’un des panneaux de la porte qui représente la tentation de Jésus par le démon dans le désert, et puis une vue plongeante prise depuis la galerie du baptistère.

 

 

 

Après ces visites, nous partons pour un magasin Carrefour, dont des panneaux publicitaires annoncent l’existence à une vingtaine de kilomètres. En effet, il est indispensable de regarnir le réfrigérateur et le congélateur. Mais il nous reste un regret : nous n’avons pas vu le Campo Santo, c’est-à-dire le cimetière, qui fait partie des monuments de la Piazza dei Miracoli. Eh bien, nous reviendrons demain matin. Par conséquent, nous retournons sur notre vaste parking de Pise pour passer la nuit.

 

Bonne nuit, grasse matinée, vidange des eaux usées (opération prévue dans de nombreux endroits de ce pays où le camping-car est très répandu), et nous retournons à pied, par le chemin des écoliers, vers l’ensemble monumental. Pour cinq Euros, on entre au Campo Santo. Pour un Euro de plus, on visite aussi le Museo dell’Opera del Duomo. Ça vaut le coup. En avant, nous prenons le billet groupé.

 

Le bâtiment, construit de 1277 au quinzième siècle, est conçu comme une sorte de gigantesque cloître autour d’une cour engazonnée. La terre de cette cour aurait été prise au Golgotha et rapportée, dit-on, par les Croisés au treizième siècle, et aurait la capacité de réduire les corps qui y sont enterrés à l’état de squelettes en quelques jours seulement. Mais les sépultures sont situées sous les 600 dalles sculptées qui pavent le sol, les unes extrêmement anciennes, les autres absolument contemporaines (des fleurs fraîches sur l’une d’entre elles a attiré mon attention sur la sépulture d’un chanoine enterré en 2009). Il reste d’ailleurs un certain nombre de places libres. Le long des murs, des sarcophages gréco-romains ont été réutilisés pour des nobles du Moyen-Âge ou de la Renaissance. Tout cela est vraiment splendide et impressionnant. À me lire, on le comprendra, je conseillerais plutôt cette visite que celle du baptistère, s’il y avait à choisir.

 

Et ce n’est pas tout. Les murs étaient couvertes de fresques exceptionnelles. Je dis "étaient" parce qu’un tir d’artillerie pendant la dernière guerre, en juillet 1944, a mis le feu aux poutres, et la toiture de plomb a fondu. Un officier américain, auquel est dédié un monument, a prêté du matériel et des moyens humains pour limiter les dégâts, mais la majeure partie des fresques ont été définitivement détruites. Quelques unes cependant ont pu être sauvées et restaurées, et on peut apprécier, je pense, à travers le petit détail reproduit ci-contre, la minutie du travail et le réalisme de la représentation. Cet ouvrier à la culotte déchirée qui laisse apparaître un bout de cuisse, par exemple.

 

Assez de photos. Je n’ajouterai rien au sujet de ce que nous avons vu au Museo dell’Opera del Duomo. Juste quelques mots pour dire qu’on y voit entre autres les originaux des statues remplacées par des copies sur les monuments, pour les protéger de l’usure due aux intempéries. J’ai honte de la multiplication de mes superlatifs, mais j’ai envie de les multiplier ici aussi.

 

Nous repartons de Pise et trouvons à Lucques une petite rue calme qui débouche juste en face des remparts. Nous décidons d’y passer la nuit.

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3 novembre 2009 2 03 /11 /novembre /2009 20:07

 

 


Aujourd’hui, nous quittons Gênes et faisons de la route. Nous gagnons Pise. Mais la côte est trop belle pour que nous prenions l’autoroute, même si la Via Aurelia est étroite, sinueuse, montueuse, et même si l’accès aux plus belles localités signalées par le guide nous sont inaccessibles parce que l’accès s’y fait par un tunnel à hauteur trop réduite pour notre gabarit, ou par un pont trop fragile pour notre poids.

 

Le Promontorio de Portofino est splendide, et nous avons la chance de le voir sous un beau soleil en cette mi-octobre. La côte est déchiquetée, les couleurs du ciel, de la mer, de la terre, sont magnifiques. Divers villages sont sur cette même municipalité de Portofino. En voici deux, ci-dessus et ci-contre.

 

Et puis nous continuons. Plus loin, ce sont de vieux villages de pêcheurs qui ont gardé leur aspect traditionnel, sans doute parce qu’ils sont très difficiles d’accès. Ce sont les environs de Riomaggiore, comme ici le village de Groppo. Nous nous arrêtons un peu partout, là du moins où un parking ou un bas-côté suffisamment large peut nous accueillir. Ce sont des séances photo, des séances contemplation, des séances éblouissement. Nous en prenons plein les yeux, mais qu’en dire ? Seulement ces quelques images qui ne reproduisent que très imparfaitement le contenu de notre journée dont, à part cela, il n’y a pas grand chose à dire.

 

Nous traversons enfin La Spezia (photo ci-dessous), grand port militaire, ville importante, capitale d’une province de Toscane, avant de trouver un très vaste parking d’accès gratuit à l’entrée de Pise, où nous passons la nuit.

 

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30 octobre 2009 5 30 /10 /octobre /2009 22:08

 

Dimanche 11 octobre. Cette nuit, sur notre parking d’autoroute, nous avons bien dormi, à part vers cinq ou six heures des bruits de portières et des rires juste à côté de nous, pendant quelques minutes. Lorsque nous nous sommes levés, nous avons découvert une petite flaque humide près de notre portière, et une feuille de papier hygiénique froissée. Merci pour le cadeau.

 

Sur Internet, nous avions repéré un camping qui semblait sympa, à une vingtaine de kilomètres de Gênes, mais vers le sud, à Bogliasco. Après une grasse matinée et des préparatifs plan-plan, nous y allons donc. Comme celui de Menton, il est situé à flanc de montagne, et déjà assez haut, au bout d’une route avec de multiples virages en épingles à cheveux qui font peur à Natacha. Ces deux photos sont prises de là-haut, la première le soir de notre arrivée, qui nous a gratifiés d’un beau coucher de soleil, et la seconde le lendemain matin pour montrer que, par le pare-brise, d’accord on a le nez sur l’extincteur et le branchement électrique, mais aussi, à travers le grillage, sur la mer. Et là, la pente est encore plus abrupte. Chaque terrasse ne fait qu’un camping-car de largeur, il faut gravir deux terrasses pour des sanitaires d’eau froide et de qualité rudimentaire, mais encore deux terrasses plus haut c’est au contraire très confortable : chaque cellule comporte lavabo, cuvette de WC, douche bien chaude, et suffisamment d’espace pour que les vêtements suspendus à un bout ne soient pas éclaboussés par la douche.

 

Deux points négatifs. L’un, le disjoncteur qui saute dès que l’on met en route un appareil de plus de 200W (donner 1 ampère, c’est quand même un peu juste…), ce qui veut dire pas de sèche-cheveux, pas de cafetière électrique, pas de fer à repasser, juste le réfrigérateur, et le micro-ondes sur position 180W, soit 12 minutes pour un bol de petit déjeuner. Et l’autre point négatif (mais pas tant que ça, finalement), c’est que, chacune des trois nuits que nous avons passées là, le vent a soufflé en tempête. Réellement terrible : quand je vois que le Mistral souffle à 80 kilomètres à l’heure et qu’il est réputé violent, là c’est du 100 à 120, paraît-il. À être emporté. Au flanc de la montagne, notre camping-car ne vacillait pas trop, mais quelques branches ou glands ou autres résonnaient sur la carrosserie. À part cela, nous avons passé la journée à nous y rendre, à nous installer, à nous reposer à Bogliasco même.

 

Lundi 12 octobre. Pas question de s’embêter avec la descente vers Gênes avec le camping-car. Par des escaliers directs, nous descendons vers la gare de Bogliasco et, comme nous l’avons fait entre Menton et Nice, nous prenons le train. En ville, nous nous promenons un peu au hasard. Je mets ici l’omniprésent Garibaldi, que nous avons trouvé orné d’une grande écharpe fuchsia que le vent agitait. Quand nous sommes repassés le soir, le vent lui avait rabattu son écharpe sur le visage. Si j’en crois la chanson de Brassens, c’est surtout chez les fâcheux que le vent s’amuse à ces petits jeux ; Mais alors, le vénéré Garibaldi serait-il un fâcheux ? Par ailleurs, qui a pu s’amuser à escalader la statue pour lui nouer cette écharpe ? A priori, nous avons cru à une plaisanterie d’un jeune alpiniste. Mais plus loin, une autre statue du même Garibaldi portait la même écharpe, et j’imagine mal qu’un plaisantin ait acheté un lot d’écharpes pour les sacrifier ainsi. Alors, est-ce officiel ? Je l’ignore.

 

 

 

 

Ce n’est quand même pas tout. Gênes est aussi une ville pleine de magnifiques bâtiments, la cathédrale San Lorenzo, bien sûr, mais aussi d’autres qui ne sont pas référencés sur les plans, palais anonymes ou administrations, comme sur la première des deux photos ci-dessus. La seconde photo représente la ligne de maisons qui bordent l’esplanade du Porto Antico. Quant au bateau qui apparaît sur la photo ci-contre et qui est offert à la visite (payante) dans un bassin du port, c’est celui que Roman Polanski a fait construire de toutes pièces pour son film Pirates paru il y a quelques années. Ceux qui ont organisé son mouillage dans ce port et sa visite n'avaient sûrement pas prévu les récents événements qui mettraient ce réalisateur sous les feux de projecteurs peu flatteurs. Les photos ci-dessous montrent la figure de proue (à gauche) et le gaillard d’arrière (à droite).

 

 

 

Nous nous sommes encore longuement promenés dans les rues de Gênes. Alors que nous sommes descendus vers le port en empruntant de grands axes luxueux et peuplés de splendides bâtiments, nous sommes retournés vers la gare par des ruelles dans lesquelles nous nous sommes un peu perdus. Il s’agit de rues très typiques, très anciennes, mais dont les maisons n’ont pas été modernisées ni réhabilitées. La conséquence en est qu’elles sont très probablement moins chères à la location, et donc habitées par des populations très modestes, et aussi parfois par des populations interlopes. Nous n’avons croisé presque exclusivement que des hommes qui traînaient sans but clairement défini. Il est quand même regrettable que la société, aussi bien en France qu’en Italie et, évidemment, dans beaucoup d’autres pays, contraigne d’honnêtes gens, parce qu’ils sont pauvres, à vivre dans un environnement de crasse et mêlés à des individus peu recommandables. Dans les beaux quartiers, il y a autant de crapules, mais en costard et en cravate. C’est plus classe. Et puis, leur activité ne porte pas que sur quelques grammes d’un mauvais crack. Ils sont donc, c’est clair, nettement plus fréquentables. Toujours est-il que nous avons encore vu des choses intéressantes, comme cette église curieusement perchée de San Pietro in Banchi (les "banchi" ce sont les banques installées sur cette place dans le passé. La photo ci-dessous montre le plafond de cette même église au-dessus du chœur.

 

 

 

Après cela nous sommes revenus à la gare de Gênes Brignole, en centre ville, pour regagner notre camping. Il fait bon, mais nous ne baissons pas la fenêtre, perche noi sappiamo che "è pericoloso sporgersi, danger to lean outside". Mais c’est fou, je n’avais jamais vu ça : le nom des stations n’est affiché qu’en un seul endroit, mal éclairé, au milieu de la station. Étant plutôt en queue de train, nous ne savions pas où nous étions. Nous essayions de reconnaître notre gare, mais celle-ci est toute petite et nous n’avons vu qu’un quai obscur, ne reconnaissant Bogliasco que lorsque le train, redémarrant, est passé à petite vitesse devant un tunnel que nous empruntons en sortant de la gare. Bravo ! Nous descendons à la station suivante (pas de nom visible, un quai complètement obscur, Natacha demandant si c’était bien une station, un aimable voyageur nous rassurant, oui, c’est bien la station). Une demi-heure d’attente sur le quai désert et noir, et retour au bercail. Pour la prochaine fois, nous allons voir la fiche horaire et notons le nom des stations entre Gênes et Bogliasco, afin de pouvoir compter. Mais nous monterons en tête de train, pour arriver en face des noms.

 

 

 

Mardi 13 octobre. Nous retournons à Gênes par le train. Aujourd’hui, Natacha va mal, elle n’a apparemment pas de température, mais elle tousse beaucoup et elle a très mal à la gorge. À peine faisons-nous quelques pas hors de la gare, à Gênes, qu’elle a froid et veut mettre la veste… qu’elle ne trouve pas dans son sac. Comme elle n’a pas pu la perdre dans le train, n’ayant pas ouvert son sac, elle l’a oubliée "à la maison". Bon, nous nous détournons vers une rue commerçante que nous avons vue hier, et achetons un pull chez Benetton, meilleur marché dans son pays d’origine qu’en France. Puis nous récupérons l’itinéraire prévu. Passant devant la préfecture de province, nous pénétrons dans la cour qui nous paraît belle, mais un appariteur fort aimable nous voit appareil photo en main et nous invite à monter voir les fresques dans la galerie du premier étage. Là, tout autour, sur les quatre côtés, les fresques représentent des cartes à l’ancienne des principales villes d’Italie, avec les monuments vus en perspective. La ville qui apparaît ici au premier plan de ma photo est Rome. Mais il y a aussi Venise, Gênes, Florence, Milan, Naples, etc. Merci, Monsieur l’appariteur. Ci-dessus, j’ai aussi mis une photo que je trouve amusante, parce qu’elle est bien italienne… Et nous sommes encore dans la moitié nord du pays…

 

 

 

Puis nous nous rendons dans la très célèbre Via Garibaldi, rue étroite où les riches et puissantes familles de Gênes ont construit autrefois leurs palais, regroupés en bordure de la ville. Ci-dessus, la cour du Palazzo Podestà, construit par l’architecte Castello. Je ne peux ni décrire ni montrer chacun des nombreux palais qui se succèdent dans cette rue. Ci-contre, un buste de marbre dans le hall du Palazzo Rosso. Dans ce même palazzo, la municipalité présente une exposition de portraits photographiques effectués par Ghitta Carell (1899-1972), une artiste génoise, au milieu du vingtième siècle. Rien que des célébrités, la famille royale d’Angleterre en 1950, le pape Pie XII, Mussolini, Pirelli, beaucoup de personnages de la famille de Savoie, etc.

 

Ailleurs, nous passons aussi devant un beau bâtiment qui a été station de téléphone, et où la municipalité présente les photos de la construction de la Via Aurelia entre 1928 et 1938. Cette ancienne voie romaine reliait Rome à la Ligurie, en longeant la côte. Ce sont des travaux gigantesques, creusement de tunnels sous la montagne, viaducs au-dessus des vallées, qui emploient beaucoup de main d’œuvre.

 

 

 

Courageux, nous nous lançons ensuite à l’assaut du Castelletto, hauteur qui domine la ville et à laquelle accède une rue en pentes et escaliers. De là, la vue est belle et très étendue (photo ci-dessus). Nous regardons le soleil descendre sur l'horizon avant de descendre nous-mêmes, mais cette fois par l’ascenseur. Et de nouveau nous marchons à travers la ville, empruntant au hasard, et sans un coup d’œil au plan dont nous disposons, rues et ruelles des vieux quartiers. Cela nous donne l’occasion, par exemple, de voir l’église San Donato (photo ci-contre). Mais il faut quand même rentrer alors nous prenons le plan et regagnons la gare. Le chemin le plus court nous permet de voir la "Casa di Colombo" que j’aurais plutôt prise au premier moment pour un petit cloître (photo ci-dessous). Enfin nous reprenons le train et cette fois-ci nous ne manquons pas notre station… Nous rentrons sans encombres à notre camping et passons une bonne nuit.

 

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29 octobre 2009 4 29 /10 /octobre /2009 22:05

Vendredi 9 octobre

Après une journée calme hier à Menton, où nous n’avons que peu bougé, où je n’ai pris aucune photo, et dont je n’ai strictement rien à raconter, nous nous sommes rendus le soir vers à Nice, sur ce parking de Carrefour afin d’être à pied d’œuvre le lendemain. Cela, comme lorsque nous étions allés par le train, évite les problèmes de déménagement du camping (branchements, calage des objets, etc.), la difficile descente par une route très étroite et en épingles à cheveux que notre véhicule de sept mètres ne peut négocier sans manœuvrer, le parking impossible en ville. Nous avons donc pris le bus qui dessert le centre commercial et sommes montés vers Cimiez pour voir les ruines romaines de l’antique Nikaia créée par les colons grecs. Il y a là aussi un vieux monastère, et une église bâtie sur les fondations d’un temple de Diane.

 


Nous sommes restés longtemps avant de prendre un bus qui nous a ramenés dans la ville basse, et nous avons bien marché pour rejoindre un arrêt de l’autre qui allait vers notre parking de Carrefour où nous avons passé une seconde nuit bien tranquille. Chemin faisant, nous avons pu admirer (?) l’une des sept œuvres d’art qui jalonnent la ligne du tramway, ces hommes lumineux qui changent de couleur, juchés au sommet de colonnes. J’ignore quelles sont les six autres, il faut s’inscrire auprès de l’office de tourisme et, en échange de six Euros, plus deux pour le tramway, on a une visite guidée et commentée. Ce que nous n’avons pas fait.


Samedi 10 octobre. Aujourd’hui, c’est dit, nous passons en Italie. Mais pas sans avoir vu deux musées à Nice. De nouveau nous laissons le camping-car sur le parking de Carrefour où nous avons passé la nuit, et nous prenons le bus. En ville, il y a le préfet et le ministre (lequel, je n’en sais rien. Mais puisqu’il y a des démonstrations de police et de gendarmerie je peux supposer qu’il s’agit de Brice Hortefeux, le ministre de l’Intérieur). Un stand concerne l’énergique coopération entre douaniers et policiers français et italiens pour lutter contre la contrefaçon. Sans doute est-ce pour cela que (j’anticipe sur la fin de la journée) nous avons pu voir sur le port de Gênes une ligne de Noirs vendant en toute impunité sur des cartons posés au sol de belles collections de sacs Vuitton et de montres Rollex. Authentiques, bien sûr. Plus loin (je suis revenu à Nice), une équipe de pompiers sauveteurs désenclavait d’une voiture accidentée, à l’aide de cisailles, un (faux) blessé et l’évacuaient par hélicoptère.

 

Mais là n’était pas le but de notre retour à Nice. Nous sommes donc allés dans un musée de la photo qui proposait en entrée libre une exposition d’œuvres d’André Kertesz, ce photographe hongrois qui, après avoir acquis une bonne renommée dans son pays au début du vingtième siècle, est venu s’installer à Paris et a aussi passé quelques années aux Etats-Unis. Bien évidemment, ayant été abonné à Photo pendant une vingtaine d’années, et Natacha y étant abonnée depuis deux ans, je connaissais déjà un grand nombre de ses œuvres, mais ce n’est pas la même chose dans un magazine et en exposition. Ce n’est pas la même chose non plus dix photos un jour, et cinq quelques mois plus tard. Comme il n’est évidemment pas permis de les rephotographier, je ne peux rien en montrer ici.

 

Ensuite, nous nous sommes rendus assez loin, au musée Chéret, en entrée libre lui aussi. C’est un musée des beaux-arts. Les œuvres présentées sont variées, et la plupart intéressantes. Il est installé dans un magnifique hôtel particulier aux dimensions de château, construit par une richissime artiste russe, Marie Bashkirtseff, dont on peut voir quelques tableaux, mais surtout de très nombreuses œuvres de divers peintres et sculpteurs. Ici, Le Triomphe de Flore, par Jean-Baptiste Carpeaux. J’aime beaucoup ce sculpteur, dont quelques œuvres sont situées au rez-de-chaussée, et d’autres au premier étage. Comme, à l’accueil, on m’avait prévenu qu’en haut la photo n’était pas libre, je demande au gardien ce qui est permis. "Rien", me répond-il. Je lui fais remarquer que Carpeaux fait partie des expositions permanentes et qu’en bas on peut le photographier. "Oui, mais en haut c’est interdit". Comme je crois pouvoir m’en étonner à bon droit et que je lui demande pourquoi, il me répond d’un ton bourru "Parce que ce qui est au premier étage ne doit pas être photographié". Dont acte. Avec une belle explication dans ma poche et mon mouchoir par-dessus.


Au rez-de-chaussée, donc, essentiellement, statuaire religieuse du Moyen-Âge et de la Renaissance, et peinture –religieuse également– des mêmes époques. Par exemple, ce panneau d’un retable de la vie de saint Jean-Baptiste, daté vers 1450, provenant de l’église de Lucéram. Mais aussi j’ai été frappé par la beauté et la grâce d’une Vierge d’humilité en bois datant de la fin du quatorzième siècle. À l’étage, hélas sans photos, il y a beaucoup de toiles du dix-neuvième siècle, notamment un Bonnard, de nombreux Dufy, etc. Une visite très intéressante, dont on profite d’autant mieux qu’elle est gratuite.

 

Et voilà. Notre programme en France s’achève là. Il est environ 15h quand nous reprenons notre bus vers le parking de Carrefour où nous attend notre véhicule-domicile. Ayant l’estomac dans les talons, nous cassons une petite croûte et nous voilà partis vers l’Italie. Faisant l’impasse sur Vintimille, nous prenons l’autoroute et roulons jusqu’à Gênes (Genova). C’est là que nous voyons, sans nous arrêter, les vendeurs de contrefaçons alignés sur le port, au milieu d’une foule dense. En effet, nous tombons en plein salon nautique, ce salon très réputé et couru des amateurs. Les embouteillages sont assez importants, or nous voulons sortir de la ville pour trouver où passer la nuit. Mais après bien des kilomètres sans rien trouver, alors que nous sommes déjà à une cinquantaine de kilomètres en direction de Milan (qui n’est pas dans notre programme) nous faisons une halte dans une station service, et comme il est tard et qu’un coin du parking nous paraît calme, nous décidons d’y passer la nuit.

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