Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
5 novembre 2009 4 05 /11 /novembre /2009 13:49

 


Évidemment, en trois jours, nous n’avons pas vu ou revu tout ce qu’il y a d’intéressant à Florence, mais il faut bien s’en arracher. Nous quittons donc notre parking équipé après trois nuits passées là, et nous nous dirigeons sous la pluie vers le village de Vinci. Léonard, enfant naturel d’un père notaire parfaitement identifié mais qui ne l’a jamais reconnu, et d’une mère qui n’est qu’un prénom, a adopté le nom de son village natal. En fait, cette maison est située à environ deux kilomètres de Vinci, sur le territoire d’Anchiano. Restée dans la famille jusqu’au dix-septième siècle (1629), elle est passée ensuite de main en main jusqu’à ce qu’en 1950 son propriétaire d’alors, le comte Giovanni Rasini di Castelcampo, en fasse don à la municipalité. Les travaux de restauration et d’équipement ont permis son inauguration en 1952, pour les 500 ans de la naissance de Léonard, qui avait eu lieu le 15 avril 1452.

 

On ne voit pas grand-chose, la maison, un évier, un blason… Mais peu importe, l’essentielest dans l’émotion que l’on ressent devant ce lieu où un tel génie a passé son enfance, où il est revenu pour rendre visite à ses frères lorsque dans les premières années du seizième siècle il travaillait sur des projets dans les environs. Et puis aujourd’hui, de fins nuages bas planent entre les collines comme une légère brume, évoquant le fameux sfumato qu’il a inventé dans ses tableaux.

 


Nous redescendons d’Anchiato vers Vinci, où nous faisons une halte pour faire le tour du village accroché à flanc de colline, et voir son église. Émotion, là aussi, en pensant que Léonard de Vinci y a été baptisé et qu’il a dû la fréquenter dans son enfance, même si par la suite, adulte, sa ferveur ne semble pas avoir été brûlante. Cette église romane est évoquée pour la première fois dans un document de 1132, mais son campanile date du milieu du dix-neuvième siècle, et l’édifice a été sérieusement remanié entre 1929 et 1935. Mieux vaut ne pas y penser et essayer d’imaginer qu’elle est vraiment ancienne…

 

Nous repartons en direction de Florence, ou plutôt d’un centre commercial situé en banlieue, où se trouve un McDo, dans l’espoir d’enfin nous connecter à Internet. Espoir déçu. Nous passerons la nuit sur le parking d’une gare de banlieue, déserté après le retour du travail, mais déjà passablement rempli autour de nous quand nous nous réveillons. Notre sommeil a été bercé par le passage des trains, certains franchissant la gare à grande vitesse.

 





Repost 0
Published by Thierry Jamard
commenter cet article
5 novembre 2009 4 05 /11 /novembre /2009 13:31

 

 

Et nous voilà à Florence. Nous déménageons du camping, parce qu’il coûte un prix exorbitant, 35 Euros par nuit, hors haute saison. Soit 1050 les 30 jours pour 35m², soit plus cher qu’un appartement de même surface à Paris, charges et consommations comprises, surtout si l’on considère les sanitaires sur le palier (ou plutôt à 200 mètres) et l’électricité scandaleusement limitée à 2 ampères, soit la recharge des téléphones portables, ou le presse-agrumes. Mais ni sèche-cheveux, ni micro-ondes, ni fer à repasser, rien. Tant pis pour la vue exceptionnelle sur la cité. Nous verrons les monuments de près, comme le Duomo ci-contre et l’une de ses portes ci-dessous, ce sera moins cher. Nous nous transférons donc sur un parking où sont admis les camping-cars (avec vidange chimique, alimentation en eau) pour 0,50 l’heure, soit 12 Euros par jour. Ce n’est pas rien, mais c’est trois fois moins cher et à seulement 30 minutes à pied de la ville.

 

 

 

Il y a tant de choses splendides à Florence, nous en verrons tellement en trois jours (nous passerons trois nuits sur ce parking calme), que je renonce à décrire tout cela, que n’importe quel guide touristique décrira bien mieux que moi. Je préfère sélectionner quelques lieux ou quelques anecdotes. Par exemple, l’église Santa Croce –ci-contre–, d’où Stendhal a dû sortir pour respirer sur la place, tant cette accumulation de tombes de grands hommes italiens lui donnait le vertige. Stendhal n’était pas un cas isolé, puisque les psychiatres nomment ce genre de malaise "syndrome de Stendhal". À titre d’exemple, en l’espace de onze ans seulement, de 1976 à 1987, l’hôpital de Florence a dû accueillir en hospitalisation d’urgence 107 cas de syndrome de Stendhal, ce qui suppose quelques milliers de malaises bénins. Ici, nous sommes dans la chapelle Brancacci, de l’église Santa Maria del Carmine, couverte de fresques de Masolino, de Masaccio et de Filippino Lippi. Ci-dessous, c’est la visite de saint Paul à saint Pierre dans sa prison, par Lippi.

 

 

 

Très intéressante est, je trouve, la comparaison de ces deux images, la tentation d’Adam et Ève par Masolino, et Adam et Ève chassés du Paradis par Masaccio. La différence de style entre le maître et son élève est surprenante. La première est très belle, les corps, les positions, les couleurs, mais la seconde exprime tellement plus les sentiments, et on voit l’évolution du style vers une plus grande recherche dans la perspective, les ombres donnant plus de relief. Je ne saurais dire si je préfère l’esthétique très traditionnelle de la première ou la sensibilité et l’émotion qui émanent de la seconde. Ce que je sais, c’est le plaisir que j’ai eu à rester en contemplation un long, long temps. Allez, une photo de plus sur ces fresques. Ci-dessous, un gros plan sur les visages de spectateurs de la résurrection du fils de Théophile. La fresque a été commencée par Masaccio, mais comme il est mort avant de l’avoir achevée ellea été terminée par Filippino Lippi. Les deux Lippi viennent d’être exposés à Paris, au musée du Luxembourg, je crois. Mais nous partions, nous ne les avons pas vus.

 

 

 

Sur la Piazza della Signoria, bordée par le Vieux Palais, en italien Palazzo Vecchio (ici à droite), sont reproduites de nombreuses statues illustres dont les originaux sont au musée des Offices (Galleria degli Uffizi). Ici, je voulais raconter une anecdote bien innocente mais savoureuse, une scène à laquelle a assisté Natacha en langue polonaise, mais quand elle a vu ce que j’avais écrit pour le publier, elle m’a censuré, c’est elle qui a été témoin des faits, je n’ai absolument pas le droit de le raconter. Je continue à me demander pourquoi ce genre d’histoire est tellement "privé", mais puisque pour elle la censure existe… J’arrête donc ici pour nos trois jours à Florence…


J'ajouterai seulement ce si traditionnel Ponte Vecchio ainsi que l'une des préoccupations italiennes, telle qu'elle donne son nom à une rue.


Repost 0
Published by Thierry Jamard
commenter cet article
5 novembre 2009 4 05 /11 /novembre /2009 13:11

 

Lucca, dont Élisa Bonaparte a été princesse de 1805 à 1813, placée là par son frère, et qui a, paraît-il, fort bien administré sa ville. Nous nous réveillons devant les vieux murs de Lucca. En les longeant sur moins d’une centaine de mètres, nous arrivons à une porte de la ville, encombrée des étals d’un marché. Pas spécialement typique, nous le traversons donc. Ici est né et a vécu Puccini. Par conséquent, il y a une via Puccini, un restaurant Puccini, un hôtel Puccini, une pharmacie Puccini, etc. Que d’imagination ! Il existe un musée Puccini installé dans sa maison natale, qui possède son piano et des éléments de son cadre de vie, mais ce musée est fermé, l’enseigne a été enlevée, pas d’explication.

 

En revanche, nous pouvons aller visiter la cathédrale San Martino. Une pensée spéciale ici pour Martine (ce qui ne signifie pas pour autant que l’on ne pense pas à elle quand on ne voit pas saint Martin). À Chartres et dans quelques autres cathédrales gothiques, il y a au sol un grand labyrinthe. Ici, un plus petit labyrinthe est gravé sur un mur extérieur.

 

 

 

La ville de Lucca est très ancienne, elle porte les traces d’une ancienne ville romaine. Ainsi, elle comportait un amphithéâtre dont il ne reste rien, mais sur l’emplacement des gradins ont été construites des maisons, ce qui en fait une immense place de forme ovale, nommée –on s'en serait douté– Piazza del Anfiteatro. Elle est d’un très bel effet. On y accède des deux extrémités du grand axe, l’un des accès débouchant sur une rue piétonne élégante, étroite et ancienne, bourrée de monde. Nous passerons là le matin, et nous y reviendrons le soir parce que nous aimons cette place. On en parle moins que de la Piazza del Campo de Sienne, mais elle n’est pas loin de la valoir. Il s’y trouve aussi un magasin spécialisé pour Puccini, CD, T-shirts, posters, reproductions de vieilles affiches d’opéras, livres, cartes. On ne peut manquer d’y jeter un coup d’œil.

 

 

 

Quelques mots aussi de la surprenante San Frediano, une église romane du douzième siècle, immense, et dont –fait exceptionnel– le chevet est tourné vers l’ouest et non orienté à l’est (vers Jérusalem), comme c’est l’usage. Ci-dessus, un détail de la décoration des fonts baptismaux. Comme on y voit un cavalier avançant dans l’eau devant un noyé, on pourrait penser qu’il s’agit du saint évêque de la ville, qui a fait construire cette église qui porte son nom, à lui qui a effectué le miracle d’endiguer les eaux du fleuve qui inondait la ville. Il n’en est rien : c’est Moïse traversant la Mer Rouge, revêtu de l’armure des chevaliers du Moyen-Âge, et piétinant un soldat égyptien de l’armée de Pharaon.

 

Plus loin, dans une chapelle latérale, on ne s’est pas contenté d’un reliquaire pour garder quelques ossements de sainte Zita, on l’a carrément momifiée et conservée ainsi, exposée dans une châsse. C’est impressionnant et pas très beau. Mais d’autres murs sont décorés de fresques très belles, et toujours pleines de détails très fouillés. Ci-dessous, on voit des ouvriers charpentiers immergés dans lefleuve jusqu’à mi-corps.

 

 

 

Nous visitons encore une autre église dédiée à saint Michel, San Michele in Foro. Sur le toit, cette amusante statue de l’archange avec ses grandes ailes. Et puis, comme toujours, l’intérieur contient des splendeurs, comme cet immense Christ peint sur sa croix pendue au plafond, ou comme cette statue de la Vierge en porcelaine. Il est impossible de décrire toutes ces merveilles, ni les autres églises visitées, tant il y en a.

 


 

 

Paolo Guinigi a été seigneur de la ville à partir de 1400. Il s’est fait construire un riche palais, une haute tour qui domine la ville, et pour sa femme bien-aimée il a fait réaliser un splendide tombeau de marbre blanc qui est situé dans la cathédrale. Il est possible de gravir les escaliers de la tour, ce que nous avons fait. De là-haut, sur la terrasse au centre de laquelle pousse un arbre, la vue est très belle sur les toits de tuiles rouges de la ville, sur tous ses monuments, et sur les collines au loin. Cela nous récompense de cette longue ascension.

 

Enfin, nous quittons la ville et allons voir, à quelque distance, un pont appelé "Pont du Diable" parce qu’y est attachée une légende à vrai dire pas très originale : j’ai entendu la même au sujet d’au moins un pont en France et d’un pont en Espagne. Son ingénieur ne parvenant pas à achever le pont, il a fait un pacte avec le diable. Satan finirait la construction, en échange de l’âme de celui qui, le premier, franchirait le pont. Marché conclu. Une fois terminé le pont, malin, l’ingénieur l’a fait franchir par un chien (ailleurs, c’était un âne).

 

 

Ensuite, nous prenons la route et roulons jusqu’à Florence. Nous nous installons pour la nuit au camping qui surplombe directement la ville et ses monuments. Vue splendide lors de notre promenade nocturne avant d’aller au dodo.

Repost 0
Published by Thierry Jamard
commenter cet article
3 novembre 2009 2 03 /11 /novembre /2009 20:21

D’abord, je ne résiste pas au plaisir de représenter cette adorable Fiat 500 (la Cinquecento à prononcer Tchinkoué-tchento). On en voit un peu partout, de ces joujoux qui roulent encore malgré le poids des ans.

 

Ce matin, alors que nous étions prêts à partir, on frappe à la porte. Je vais ouvrir. Une dame allemande me demande en anglais si nous avons passé la nuit ici. Je lui réponds que oui. Elle aussi est en camping-car, et elle voudrait savoir si c’est permis, et s’il y a beaucoup de monde sur ce parking la nuit. Je réponds que puisque personne ne nous a rien dit c’est qu’il ne doit pas y avoir de problème, et que la nuit dernière il n’y avait pas dix voitures sur cet immense parking d’au moins un millier de places. Elle demande alors si nous serons là la nuit prochaine, parce qu’elle a peur si elle est isolée. Je lui dis que peut-être, mais que ce n’est pas sûr. En fait, nous partirons le soir vers le magasin Carrefour de Lucques, à 20 kilomètres, et reviendrons tard. Son camping-car a disparu…

 

 

Mais nous sommes à Pise, et il y a bien d’autres choses à voir. Malgré la célébrité de la tour penchée et de la cathédrale, nous commençons par un tour en ville, d’abord parce que nous avons déjà vu ces monuments lors d’un précédent voyage ensemble, et moi encore avant, avec Emmanuelle et Raphaël, mais aussi parce que le chemin le plus direct entre notre parking dortoir et ces monuments n’est pas le plus intéressant. Par exemple, nous avons l’occasion de longer l’Arno, qui a déjà baigné Florence avant d’arriver ici à Pise. Nous pouvons aussi voir combien les Italiens sont fiers de leurs nanas, eux qui donnent à une de leurs rues le nom de "Rue des belles dames", comme on le voit sur ma photo. La ville est extrêmement animée, avec encore en cette saison beaucoup de touristes. Des retraités, bien sûr, mais pas seulement. Je ne comprends pas comment on peut voir autant de familles françaises, britanniques, japonaises, et surtout allemandes, avec des enfants et des adolescents en âge scolaire, en pleine semaine. Cependant, ce n’est pas qu’une usine à touristes. Il y a aussi tout plein d’Italiens qui se promènent, discutent avec de grands gestes en plein milieu des rues, s’interpellent.

 

 

 

Nous finissons quand même par arriver à cet ensemble monumental archi-célèbre, sur la Piazza dei Miracoli. Aux vacances de Pâques 1998 avec les enfants, puis la dernière fois avec Natacha en février 2008, nous avons visité le Duomo, mais pas le Battistero. Nous décidons donc de faire l’impasse sur le premier et de prendre un ticket pour le second. Ce qui ne nous empêche pas d’admirer l’extérieur de cette cathédrale de marbre d’une extraordinaire harmonie. En observant en détails les murs de l’édifice, on trouve ici ou là quelques bribes d’inscriptions en latin, à l’envers ou de travers, ce qui signifie, je pense, que les bâtisseurs ont réutilisé les pierres d’un édifice précédent. Nous avons la chance, de plus, de voir le marbre blanc qui se dore dans la lumière du soleil déclinant. Somptueux. Non, la Tour Penchée est loin d’être le seul attrait de Pise. Et elle ne doit pas attirer l’œil pour la seule raison qu’elle penche (nous, en France, nous sommes capables de faire une tour Eiffel bien plus haute et qui ne bascule pas, elle), mais pour son architecture et l’harmonie de tout cet ensemble de la Piazza dei Miracoli.

 

Nous pénétrons donc dans le baptistère. Je préfère le dire en français, parce que quand j’ai demandé deux entrées pour le "battisterio", avec RIO, la jeune femme derrière son guichet, sans un sourire, sans me regarder, et d’un air sévère et d’une voix fâchée, m’a repris : "Il battistero" (sans mon malheureux I). Bon, allons-y, dans le baptistère.

 

Qu’en dire ? Évidemment, c’est magnifique. L’intérieur de cet énorme cylindre de marbre, avec une chaire sculptée, avec, là-haut, une galerie qui permet d’avoir une vue vertigineuse sur ces colonnes, et puis le spectacle de l’extérieur par les fenêtres hautes comme si on survolait en avion à basse altitude cette piazza, tout cela vaut le coup d’œil. Mais enfin, avec Natacha nous avons eu des pensées bien matérialistes en se disant que réclamer cinq Euros pour cette visite, c’était bien cher. Pour le prix, j’en donne ici trois photos, ci-contre un détail de la base du dôme et ci-dessous l’un des panneaux de la porte qui représente la tentation de Jésus par le démon dans le désert, et puis une vue plongeante prise depuis la galerie du baptistère.

 

 

 

Après ces visites, nous partons pour un magasin Carrefour, dont des panneaux publicitaires annoncent l’existence à une vingtaine de kilomètres. En effet, il est indispensable de regarnir le réfrigérateur et le congélateur. Mais il nous reste un regret : nous n’avons pas vu le Campo Santo, c’est-à-dire le cimetière, qui fait partie des monuments de la Piazza dei Miracoli. Eh bien, nous reviendrons demain matin. Par conséquent, nous retournons sur notre vaste parking de Pise pour passer la nuit.

 

Bonne nuit, grasse matinée, vidange des eaux usées (opération prévue dans de nombreux endroits de ce pays où le camping-car est très répandu), et nous retournons à pied, par le chemin des écoliers, vers l’ensemble monumental. Pour cinq Euros, on entre au Campo Santo. Pour un Euro de plus, on visite aussi le Museo dell’Opera del Duomo. Ça vaut le coup. En avant, nous prenons le billet groupé.

 

Le bâtiment, construit de 1277 au quinzième siècle, est conçu comme une sorte de gigantesque cloître autour d’une cour engazonnée. La terre de cette cour aurait été prise au Golgotha et rapportée, dit-on, par les Croisés au treizième siècle, et aurait la capacité de réduire les corps qui y sont enterrés à l’état de squelettes en quelques jours seulement. Mais les sépultures sont situées sous les 600 dalles sculptées qui pavent le sol, les unes extrêmement anciennes, les autres absolument contemporaines (des fleurs fraîches sur l’une d’entre elles a attiré mon attention sur la sépulture d’un chanoine enterré en 2009). Il reste d’ailleurs un certain nombre de places libres. Le long des murs, des sarcophages gréco-romains ont été réutilisés pour des nobles du Moyen-Âge ou de la Renaissance. Tout cela est vraiment splendide et impressionnant. À me lire, on le comprendra, je conseillerais plutôt cette visite que celle du baptistère, s’il y avait à choisir.

 

Et ce n’est pas tout. Les murs étaient couvertes de fresques exceptionnelles. Je dis "étaient" parce qu’un tir d’artillerie pendant la dernière guerre, en juillet 1944, a mis le feu aux poutres, et la toiture de plomb a fondu. Un officier américain, auquel est dédié un monument, a prêté du matériel et des moyens humains pour limiter les dégâts, mais la majeure partie des fresques ont été définitivement détruites. Quelques unes cependant ont pu être sauvées et restaurées, et on peut apprécier, je pense, à travers le petit détail reproduit ci-contre, la minutie du travail et le réalisme de la représentation. Cet ouvrier à la culotte déchirée qui laisse apparaître un bout de cuisse, par exemple.

 

Assez de photos. Je n’ajouterai rien au sujet de ce que nous avons vu au Museo dell’Opera del Duomo. Juste quelques mots pour dire qu’on y voit entre autres les originaux des statues remplacées par des copies sur les monuments, pour les protéger de l’usure due aux intempéries. J’ai honte de la multiplication de mes superlatifs, mais j’ai envie de les multiplier ici aussi.

 

Nous repartons de Pise et trouvons à Lucques une petite rue calme qui débouche juste en face des remparts. Nous décidons d’y passer la nuit.

Repost 0
Published by Thierry Jamard
commenter cet article
3 novembre 2009 2 03 /11 /novembre /2009 20:07

 

 


Aujourd’hui, nous quittons Gênes et faisons de la route. Nous gagnons Pise. Mais la côte est trop belle pour que nous prenions l’autoroute, même si la Via Aurelia est étroite, sinueuse, montueuse, et même si l’accès aux plus belles localités signalées par le guide nous sont inaccessibles parce que l’accès s’y fait par un tunnel à hauteur trop réduite pour notre gabarit, ou par un pont trop fragile pour notre poids.

 

Le Promontorio de Portofino est splendide, et nous avons la chance de le voir sous un beau soleil en cette mi-octobre. La côte est déchiquetée, les couleurs du ciel, de la mer, de la terre, sont magnifiques. Divers villages sont sur cette même municipalité de Portofino. En voici deux, ci-dessus et ci-contre.

 

Et puis nous continuons. Plus loin, ce sont de vieux villages de pêcheurs qui ont gardé leur aspect traditionnel, sans doute parce qu’ils sont très difficiles d’accès. Ce sont les environs de Riomaggiore, comme ici le village de Groppo. Nous nous arrêtons un peu partout, là du moins où un parking ou un bas-côté suffisamment large peut nous accueillir. Ce sont des séances photo, des séances contemplation, des séances éblouissement. Nous en prenons plein les yeux, mais qu’en dire ? Seulement ces quelques images qui ne reproduisent que très imparfaitement le contenu de notre journée dont, à part cela, il n’y a pas grand chose à dire.

 

Nous traversons enfin La Spezia (photo ci-dessous), grand port militaire, ville importante, capitale d’une province de Toscane, avant de trouver un très vaste parking d’accès gratuit à l’entrée de Pise, où nous passons la nuit.

 

Repost 0
Published by Thierry Jamard
commenter cet article
30 octobre 2009 5 30 /10 /octobre /2009 22:08

 

Dimanche 11 octobre. Cette nuit, sur notre parking d’autoroute, nous avons bien dormi, à part vers cinq ou six heures des bruits de portières et des rires juste à côté de nous, pendant quelques minutes. Lorsque nous nous sommes levés, nous avons découvert une petite flaque humide près de notre portière, et une feuille de papier hygiénique froissée. Merci pour le cadeau.

 

Sur Internet, nous avions repéré un camping qui semblait sympa, à une vingtaine de kilomètres de Gênes, mais vers le sud, à Bogliasco. Après une grasse matinée et des préparatifs plan-plan, nous y allons donc. Comme celui de Menton, il est situé à flanc de montagne, et déjà assez haut, au bout d’une route avec de multiples virages en épingles à cheveux qui font peur à Natacha. Ces deux photos sont prises de là-haut, la première le soir de notre arrivée, qui nous a gratifiés d’un beau coucher de soleil, et la seconde le lendemain matin pour montrer que, par le pare-brise, d’accord on a le nez sur l’extincteur et le branchement électrique, mais aussi, à travers le grillage, sur la mer. Et là, la pente est encore plus abrupte. Chaque terrasse ne fait qu’un camping-car de largeur, il faut gravir deux terrasses pour des sanitaires d’eau froide et de qualité rudimentaire, mais encore deux terrasses plus haut c’est au contraire très confortable : chaque cellule comporte lavabo, cuvette de WC, douche bien chaude, et suffisamment d’espace pour que les vêtements suspendus à un bout ne soient pas éclaboussés par la douche.

 

Deux points négatifs. L’un, le disjoncteur qui saute dès que l’on met en route un appareil de plus de 200W (donner 1 ampère, c’est quand même un peu juste…), ce qui veut dire pas de sèche-cheveux, pas de cafetière électrique, pas de fer à repasser, juste le réfrigérateur, et le micro-ondes sur position 180W, soit 12 minutes pour un bol de petit déjeuner. Et l’autre point négatif (mais pas tant que ça, finalement), c’est que, chacune des trois nuits que nous avons passées là, le vent a soufflé en tempête. Réellement terrible : quand je vois que le Mistral souffle à 80 kilomètres à l’heure et qu’il est réputé violent, là c’est du 100 à 120, paraît-il. À être emporté. Au flanc de la montagne, notre camping-car ne vacillait pas trop, mais quelques branches ou glands ou autres résonnaient sur la carrosserie. À part cela, nous avons passé la journée à nous y rendre, à nous installer, à nous reposer à Bogliasco même.

 

Lundi 12 octobre. Pas question de s’embêter avec la descente vers Gênes avec le camping-car. Par des escaliers directs, nous descendons vers la gare de Bogliasco et, comme nous l’avons fait entre Menton et Nice, nous prenons le train. En ville, nous nous promenons un peu au hasard. Je mets ici l’omniprésent Garibaldi, que nous avons trouvé orné d’une grande écharpe fuchsia que le vent agitait. Quand nous sommes repassés le soir, le vent lui avait rabattu son écharpe sur le visage. Si j’en crois la chanson de Brassens, c’est surtout chez les fâcheux que le vent s’amuse à ces petits jeux ; Mais alors, le vénéré Garibaldi serait-il un fâcheux ? Par ailleurs, qui a pu s’amuser à escalader la statue pour lui nouer cette écharpe ? A priori, nous avons cru à une plaisanterie d’un jeune alpiniste. Mais plus loin, une autre statue du même Garibaldi portait la même écharpe, et j’imagine mal qu’un plaisantin ait acheté un lot d’écharpes pour les sacrifier ainsi. Alors, est-ce officiel ? Je l’ignore.

 

 

 

 

Ce n’est quand même pas tout. Gênes est aussi une ville pleine de magnifiques bâtiments, la cathédrale San Lorenzo, bien sûr, mais aussi d’autres qui ne sont pas référencés sur les plans, palais anonymes ou administrations, comme sur la première des deux photos ci-dessus. La seconde photo représente la ligne de maisons qui bordent l’esplanade du Porto Antico. Quant au bateau qui apparaît sur la photo ci-contre et qui est offert à la visite (payante) dans un bassin du port, c’est celui que Roman Polanski a fait construire de toutes pièces pour son film Pirates paru il y a quelques années. Ceux qui ont organisé son mouillage dans ce port et sa visite n'avaient sûrement pas prévu les récents événements qui mettraient ce réalisateur sous les feux de projecteurs peu flatteurs. Les photos ci-dessous montrent la figure de proue (à gauche) et le gaillard d’arrière (à droite).

 

 

 

Nous nous sommes encore longuement promenés dans les rues de Gênes. Alors que nous sommes descendus vers le port en empruntant de grands axes luxueux et peuplés de splendides bâtiments, nous sommes retournés vers la gare par des ruelles dans lesquelles nous nous sommes un peu perdus. Il s’agit de rues très typiques, très anciennes, mais dont les maisons n’ont pas été modernisées ni réhabilitées. La conséquence en est qu’elles sont très probablement moins chères à la location, et donc habitées par des populations très modestes, et aussi parfois par des populations interlopes. Nous n’avons croisé presque exclusivement que des hommes qui traînaient sans but clairement défini. Il est quand même regrettable que la société, aussi bien en France qu’en Italie et, évidemment, dans beaucoup d’autres pays, contraigne d’honnêtes gens, parce qu’ils sont pauvres, à vivre dans un environnement de crasse et mêlés à des individus peu recommandables. Dans les beaux quartiers, il y a autant de crapules, mais en costard et en cravate. C’est plus classe. Et puis, leur activité ne porte pas que sur quelques grammes d’un mauvais crack. Ils sont donc, c’est clair, nettement plus fréquentables. Toujours est-il que nous avons encore vu des choses intéressantes, comme cette église curieusement perchée de San Pietro in Banchi (les "banchi" ce sont les banques installées sur cette place dans le passé. La photo ci-dessous montre le plafond de cette même église au-dessus du chœur.

 

 

 

Après cela nous sommes revenus à la gare de Gênes Brignole, en centre ville, pour regagner notre camping. Il fait bon, mais nous ne baissons pas la fenêtre, perche noi sappiamo che "è pericoloso sporgersi, danger to lean outside". Mais c’est fou, je n’avais jamais vu ça : le nom des stations n’est affiché qu’en un seul endroit, mal éclairé, au milieu de la station. Étant plutôt en queue de train, nous ne savions pas où nous étions. Nous essayions de reconnaître notre gare, mais celle-ci est toute petite et nous n’avons vu qu’un quai obscur, ne reconnaissant Bogliasco que lorsque le train, redémarrant, est passé à petite vitesse devant un tunnel que nous empruntons en sortant de la gare. Bravo ! Nous descendons à la station suivante (pas de nom visible, un quai complètement obscur, Natacha demandant si c’était bien une station, un aimable voyageur nous rassurant, oui, c’est bien la station). Une demi-heure d’attente sur le quai désert et noir, et retour au bercail. Pour la prochaine fois, nous allons voir la fiche horaire et notons le nom des stations entre Gênes et Bogliasco, afin de pouvoir compter. Mais nous monterons en tête de train, pour arriver en face des noms.

 

 

 

Mardi 13 octobre. Nous retournons à Gênes par le train. Aujourd’hui, Natacha va mal, elle n’a apparemment pas de température, mais elle tousse beaucoup et elle a très mal à la gorge. À peine faisons-nous quelques pas hors de la gare, à Gênes, qu’elle a froid et veut mettre la veste… qu’elle ne trouve pas dans son sac. Comme elle n’a pas pu la perdre dans le train, n’ayant pas ouvert son sac, elle l’a oubliée "à la maison". Bon, nous nous détournons vers une rue commerçante que nous avons vue hier, et achetons un pull chez Benetton, meilleur marché dans son pays d’origine qu’en France. Puis nous récupérons l’itinéraire prévu. Passant devant la préfecture de province, nous pénétrons dans la cour qui nous paraît belle, mais un appariteur fort aimable nous voit appareil photo en main et nous invite à monter voir les fresques dans la galerie du premier étage. Là, tout autour, sur les quatre côtés, les fresques représentent des cartes à l’ancienne des principales villes d’Italie, avec les monuments vus en perspective. La ville qui apparaît ici au premier plan de ma photo est Rome. Mais il y a aussi Venise, Gênes, Florence, Milan, Naples, etc. Merci, Monsieur l’appariteur. Ci-dessus, j’ai aussi mis une photo que je trouve amusante, parce qu’elle est bien italienne… Et nous sommes encore dans la moitié nord du pays…

 

 

 

Puis nous nous rendons dans la très célèbre Via Garibaldi, rue étroite où les riches et puissantes familles de Gênes ont construit autrefois leurs palais, regroupés en bordure de la ville. Ci-dessus, la cour du Palazzo Podestà, construit par l’architecte Castello. Je ne peux ni décrire ni montrer chacun des nombreux palais qui se succèdent dans cette rue. Ci-contre, un buste de marbre dans le hall du Palazzo Rosso. Dans ce même palazzo, la municipalité présente une exposition de portraits photographiques effectués par Ghitta Carell (1899-1972), une artiste génoise, au milieu du vingtième siècle. Rien que des célébrités, la famille royale d’Angleterre en 1950, le pape Pie XII, Mussolini, Pirelli, beaucoup de personnages de la famille de Savoie, etc.

 

Ailleurs, nous passons aussi devant un beau bâtiment qui a été station de téléphone, et où la municipalité présente les photos de la construction de la Via Aurelia entre 1928 et 1938. Cette ancienne voie romaine reliait Rome à la Ligurie, en longeant la côte. Ce sont des travaux gigantesques, creusement de tunnels sous la montagne, viaducs au-dessus des vallées, qui emploient beaucoup de main d’œuvre.

 

 

 

Courageux, nous nous lançons ensuite à l’assaut du Castelletto, hauteur qui domine la ville et à laquelle accède une rue en pentes et escaliers. De là, la vue est belle et très étendue (photo ci-dessus). Nous regardons le soleil descendre sur l'horizon avant de descendre nous-mêmes, mais cette fois par l’ascenseur. Et de nouveau nous marchons à travers la ville, empruntant au hasard, et sans un coup d’œil au plan dont nous disposons, rues et ruelles des vieux quartiers. Cela nous donne l’occasion, par exemple, de voir l’église San Donato (photo ci-contre). Mais il faut quand même rentrer alors nous prenons le plan et regagnons la gare. Le chemin le plus court nous permet de voir la "Casa di Colombo" que j’aurais plutôt prise au premier moment pour un petit cloître (photo ci-dessous). Enfin nous reprenons le train et cette fois-ci nous ne manquons pas notre station… Nous rentrons sans encombres à notre camping et passons une bonne nuit.

 

Repost 0
Published by Thierry Jamard
commenter cet article
29 octobre 2009 4 29 /10 /octobre /2009 22:05

Vendredi 9 octobre

Après une journée calme hier à Menton, où nous n’avons que peu bougé, où je n’ai pris aucune photo, et dont je n’ai strictement rien à raconter, nous nous sommes rendus le soir vers à Nice, sur ce parking de Carrefour afin d’être à pied d’œuvre le lendemain. Cela, comme lorsque nous étions allés par le train, évite les problèmes de déménagement du camping (branchements, calage des objets, etc.), la difficile descente par une route très étroite et en épingles à cheveux que notre véhicule de sept mètres ne peut négocier sans manœuvrer, le parking impossible en ville. Nous avons donc pris le bus qui dessert le centre commercial et sommes montés vers Cimiez pour voir les ruines romaines de l’antique Nikaia créée par les colons grecs. Il y a là aussi un vieux monastère, et une église bâtie sur les fondations d’un temple de Diane.

 


Nous sommes restés longtemps avant de prendre un bus qui nous a ramenés dans la ville basse, et nous avons bien marché pour rejoindre un arrêt de l’autre qui allait vers notre parking de Carrefour où nous avons passé une seconde nuit bien tranquille. Chemin faisant, nous avons pu admirer (?) l’une des sept œuvres d’art qui jalonnent la ligne du tramway, ces hommes lumineux qui changent de couleur, juchés au sommet de colonnes. J’ignore quelles sont les six autres, il faut s’inscrire auprès de l’office de tourisme et, en échange de six Euros, plus deux pour le tramway, on a une visite guidée et commentée. Ce que nous n’avons pas fait.


Samedi 10 octobre. Aujourd’hui, c’est dit, nous passons en Italie. Mais pas sans avoir vu deux musées à Nice. De nouveau nous laissons le camping-car sur le parking de Carrefour où nous avons passé la nuit, et nous prenons le bus. En ville, il y a le préfet et le ministre (lequel, je n’en sais rien. Mais puisqu’il y a des démonstrations de police et de gendarmerie je peux supposer qu’il s’agit de Brice Hortefeux, le ministre de l’Intérieur). Un stand concerne l’énergique coopération entre douaniers et policiers français et italiens pour lutter contre la contrefaçon. Sans doute est-ce pour cela que (j’anticipe sur la fin de la journée) nous avons pu voir sur le port de Gênes une ligne de Noirs vendant en toute impunité sur des cartons posés au sol de belles collections de sacs Vuitton et de montres Rollex. Authentiques, bien sûr. Plus loin (je suis revenu à Nice), une équipe de pompiers sauveteurs désenclavait d’une voiture accidentée, à l’aide de cisailles, un (faux) blessé et l’évacuaient par hélicoptère.

 

Mais là n’était pas le but de notre retour à Nice. Nous sommes donc allés dans un musée de la photo qui proposait en entrée libre une exposition d’œuvres d’André Kertesz, ce photographe hongrois qui, après avoir acquis une bonne renommée dans son pays au début du vingtième siècle, est venu s’installer à Paris et a aussi passé quelques années aux Etats-Unis. Bien évidemment, ayant été abonné à Photo pendant une vingtaine d’années, et Natacha y étant abonnée depuis deux ans, je connaissais déjà un grand nombre de ses œuvres, mais ce n’est pas la même chose dans un magazine et en exposition. Ce n’est pas la même chose non plus dix photos un jour, et cinq quelques mois plus tard. Comme il n’est évidemment pas permis de les rephotographier, je ne peux rien en montrer ici.

 

Ensuite, nous nous sommes rendus assez loin, au musée Chéret, en entrée libre lui aussi. C’est un musée des beaux-arts. Les œuvres présentées sont variées, et la plupart intéressantes. Il est installé dans un magnifique hôtel particulier aux dimensions de château, construit par une richissime artiste russe, Marie Bashkirtseff, dont on peut voir quelques tableaux, mais surtout de très nombreuses œuvres de divers peintres et sculpteurs. Ici, Le Triomphe de Flore, par Jean-Baptiste Carpeaux. J’aime beaucoup ce sculpteur, dont quelques œuvres sont situées au rez-de-chaussée, et d’autres au premier étage. Comme, à l’accueil, on m’avait prévenu qu’en haut la photo n’était pas libre, je demande au gardien ce qui est permis. "Rien", me répond-il. Je lui fais remarquer que Carpeaux fait partie des expositions permanentes et qu’en bas on peut le photographier. "Oui, mais en haut c’est interdit". Comme je crois pouvoir m’en étonner à bon droit et que je lui demande pourquoi, il me répond d’un ton bourru "Parce que ce qui est au premier étage ne doit pas être photographié". Dont acte. Avec une belle explication dans ma poche et mon mouchoir par-dessus.


Au rez-de-chaussée, donc, essentiellement, statuaire religieuse du Moyen-Âge et de la Renaissance, et peinture –religieuse également– des mêmes époques. Par exemple, ce panneau d’un retable de la vie de saint Jean-Baptiste, daté vers 1450, provenant de l’église de Lucéram. Mais aussi j’ai été frappé par la beauté et la grâce d’une Vierge d’humilité en bois datant de la fin du quatorzième siècle. À l’étage, hélas sans photos, il y a beaucoup de toiles du dix-neuvième siècle, notamment un Bonnard, de nombreux Dufy, etc. Une visite très intéressante, dont on profite d’autant mieux qu’elle est gratuite.

 

Et voilà. Notre programme en France s’achève là. Il est environ 15h quand nous reprenons notre bus vers le parking de Carrefour où nous attend notre véhicule-domicile. Ayant l’estomac dans les talons, nous cassons une petite croûte et nous voilà partis vers l’Italie. Faisant l’impasse sur Vintimille, nous prenons l’autoroute et roulons jusqu’à Gênes (Genova). C’est là que nous voyons, sans nous arrêter, les vendeurs de contrefaçons alignés sur le port, au milieu d’une foule dense. En effet, nous tombons en plein salon nautique, ce salon très réputé et couru des amateurs. Les embouteillages sont assez importants, or nous voulons sortir de la ville pour trouver où passer la nuit. Mais après bien des kilomètres sans rien trouver, alors que nous sommes déjà à une cinquantaine de kilomètres en direction de Milan (qui n’est pas dans notre programme) nous faisons une halte dans une station service, et comme il est tard et qu’un coin du parking nous paraît calme, nous décidons d’y passer la nuit.

Repost 0
Published by Thierry Jamard
commenter cet article
29 octobre 2009 4 29 /10 /octobre /2009 21:36

Nous avons beaucoup roulé, nous avons beaucoup couru, nous avons vu bien des choses, alors avant de retourner à Nice et puis de passer (enfin) en Italie, nous sommes restés deux jours à Menton, laissant le camping-car garder notre place.

 

Mardi 6 octobre. Aujourd’hui mardi, pas question de musée. Nous allons nous balader en ville. La personne du camping m’a dit ce matin qu’il existait des escaliers qui descendaient directement vers le centre, c’est beaucoup moins dangereux qu’avec ces voitures folles, et aussi beaucoup plus court. Sur la porte d’une belle propriété seulement accessible par ces escaliers, une ragazza seria propose, en langue italienne, de garder des enfants. Plus loin, un citronnier bascule sur le passage, ployant sous le poids de ses fruits (les célèbres citrons de Menton). Encore plus bas, c’est un eucalyptus qui embaume, bien avant qu’il apparaisse au regard, au détour du chemin.

 



Nous parcourons une sympathique rue piétonne et jetons un coup d’œil à une boutique spécialisée dans le citron : arbustes en pots, savons, confitures et marmelades, sirops, et divers cocktails dans de grandes bonbonnes vendus au détail à trois Euros les dix centilitres. Nous arrivons au pied d’un escalier qui monte vers le parvis de deux églises, la chapelle des Pénitents Blancs en face, la basilique Saint-Michel-Archange sur la gauche.

 

Toutes deux datent du dix-septième siècle et sont de style baroque mais la première étant fermée, nous ne visiterons que la basilique. C’est le pape Jean-Paul II qui a élevé cette église au rang de basilique mineure en 1999. En 1887, un violent tremblement de terre l’a gravement endommagée, notamment en abattant la toiture. La réfection du plafond à l’identique aurait coûté trop cher, elle a consisté en peinture en trompe-l’œil. L’église est en forme de croix latine, sans déambulatoire, la nef centrale est très large et les ouvertures des travées sur les nefs latérales sont si vastes que l’impression est très aérée.

 

Il y a dans cette église des statues diverses, des toiles intéressantes, mais je voudrais ici montrer une curieuse Vierge. Elle a été offerte par des aristocrates dont la famille avait donné un pape, aussi ont-ils souhaité couronner la statue de la tiare pontificale. Autre rareté, mais pour laquelle je n’ai pas d’explication, l’Enfant Jésus est porté sous le manteau de la Vierge, seuls émergent sa tête et son buste. Et puis dans la sacristie se trouve un grand tableau représentant un enfant de chœur portant un encensoir. Il a nom Auguste Viale, il a douze ans. Le 2 juin 1893, pendant la procession du Saint Sacrement, il a été tué par un fanatique anticlérical. C’est 12 ans avant la séparation de l’Église et de l’État, en 1905. Le criminel a été arrêté, emprisonné puis jugé et, estimé irresponsable de ses actes, relâché. Le monsieur de l’accueil, une petite salle près de la sacristie, est un homme charmant qui nous a expliqué bien des choses, sur le tremblement de terre de 1887, sur la tiare de la Vierge, sur une grosse thèse faite par une jeune fille de Menton sur l’histoire de la basilique, sur l’un des curés qui avait remisé des œuvres d’art jugées démodées et des objets de culte estimés incommodes, et sur l’avant-dernier curé, son successeur, qui est resté vingt-cinq ans sur la paroisse et a tout récupéré et remis en valeur. Ce monsieur ne lira sûrement pas mon blog, c’est dommage parce que j’aurais voulu le remercier.


Nous remontons vers le camping par les escaliers que nous avons empruntés à l’aller. Ce n’est quand même pas la Tour Eiffel, mais il y a malgré tout 331 marches. Il pourrait d’ailleurs y en avoir bien plus, parce qu’au début et à la fin du trajet il y a une petite distance en pente sans escalier, et par ailleurs la moitié des 331 marches sont longues de deux pas et en pente. L’eucalyptus embaume plus que jamais. Ici, on voit Natacha faisant une petite pause en cours d’ascension (on est à peu près à mi-hauteur). L’œil voit tout, le cerveau élimine les éléments qui gênent et on trouve le paysage splendide vu de là-haut, mais sur la photo les poteaux électriques, les fils, les rambardes en ferraille, tout réapparaît. Dommage.

 

Mercredi 7 octobre. Puisque le cerveau élimine ce qui n’est pas beau, nous restons dans le même camping, pour passer une journée de plus à Menton. La photo ci-dessous est prise depuis le camping, c’est vraiment agréable de prendre nos repas dans une oliveraie en regardant un large panorama.

 


Descendant par les escaliers trouvés hier, nous nous rendons au musée Cocteau, installé dans le fortin. Dans le musée, il est interdit de faire des photos (refrain connu), mais on ne peut nous empêcher de photographier l’extérieur, qu’il a lui-même décoré de calades. Il s’agit de mosaïques faites de galets polis par la mer et ramassés par lui-même. Ces calades existaient déjà au deuxième millénaire avant notre ère, en Crète, et c’est très fréquent en pavage dans les villes et villages de la Côte d’Azur. Aussi bien le fortin qu’un exemple de pavage en calades vont être illustrés un peu plus bas. Le musée n’est pas extrêmement riche, mais il a été créé par Jean Cocteau lui-même avec des œuvres données par lui. Le temps d’ouvrir, il était déjà mort, et ne l’a donc jamais vu. Mais un très riche Américain a donné sa propre collection de près de 2000 documents, dessins, huiles, manuscrits, etc., à condition qu’il en soit fait un musée. L’ouverture est prévue en 2010, mais actuellement derrière la palissade des travaux il n’y a qu’un terrain vague, ni construction, ni excavation. Ils vont devoir bosser fort s’ils veulent tenir les délais. Actuellement, on peut voir essentiellement une série intitulée "Les Amoureux", qui présente, presque tous identiques à eux-mêmes, deux visages, bouche ouverte, langue en avant, qui joignent leurs langues, avec des airs idiots. Dans une lettre, Cocteau dit que rien n’est plus idiot que les amoureux. Il n’en fait pas un problème d’homo ou d’hétérsexualité, mais stigmatise l’amour en général. Une autre série, "La Jeune fille et le pêcheur", est dans le même esprit, mais avec des personnages en pied. À vrai dire, je n’ai pas été ébloui par ce musée.

 

 

Eh bien le voici (ci-dessus), mon exemple de calade autre que sur la façade du fortin. Ici, nous sommes sur le parvis des deux églises dont j’ai parlé dans ce même article à propos d’hier, la basilique Saint-Michel-Archange et la chapelle des Pénitents Blancs. En sortant du musée, nous y sommes retournés parce que nous aimons cet endroit, puis, en ville, nous sommes allés à ce magasin spécialisé en citrons de Menton, goûter à un apéritif rhum-citron, dont nous avons acheté une petite fiole, et nous avons ré-escaladé nos escaliers. Suant, transpirant, soufflant, nous sommes allés prendre une bonne douche et nous changer avant de nous réconforter en sirotant notre apéritif au citron et de dîner. Puis, courageux, nous avons saisi nos ordinateurs et sommes redescendus en ville direction le Mac Do. Là j’ai pu rattraper mon retard de blog avant qu’on nous fasse gentiment mais clairement comprendre qu’il faudrait dégager les lieux pour qu’ils puissent fermer.

 


Eh bien soit. Nous remballons nos ordinateurs et nous allons nous promener un peu en ville. J’ai précédemment annoncé une photo du fortin de Menton, la voici. Ce bâtiment date de 1636, mais il a été restauré et aménagé par Cocteau lui-même. Je ne raffole pas de la restauration du rez-de-chaussée de la façade, qui fait trop moderne par rapport à l’étage, je préfère le flanc qui garde son cachet ancien. Promenade le long de la mer, du port de plaisance, et puis retour où ça ? Aux deux églises dont je parle sans cesse, pardi. Nous ne prenons pas le chemin le plus direct, parce que nous nous baladons un peu dans les ruelles sympathiques de la vieille ville. Des policiers en voiture, qui patrouillent et nous ont déjà vus un quart d’heure plus tôt chargés d’ordinateurs, de sacs photo et mitraillant le paysage dans la nuit à minuit passé, s’arrêtent un instant à nous regarder, un peu étonnés, puis reprennent leur ronde.

 




Mais quelle n’aurait pas été leur surprise s’ils s’étaient rendus ensuite sur le parvis des églises, car ce qu’ils auraient vu les aurait cloués de stupéfaction : Natacha, assise sur la calade du sol, consultant son ordinateur. Mais, bon, je préfère être honnête en avouant que le lieu ne comporte pas de hot spot, que par conséquent la connexion wi-fi est impossible et qu’il s’agit d’une mise en scène. Mais puisque cette mise en scène nous amuse tous les deux, pourquoi pas ? D’autant plus qu’il va maintenant nous falloir prendre notre courage à deux mains et nous lancer à l’assaut de nos escaliers. Soit 638 marches descendues, 638 marches montées. Je n’ai pas ici mon guide de Paris pour me dire combien il y a de marches pour le premier étage de la Tour Eiffel ou pour la tour de Notre-Dame de Paris, mais je crois bien que nous avons fait aussi bien.

 

Repost 0
Published by Thierry Jamard
commenter cet article
29 octobre 2009 4 29 /10 /octobre /2009 21:27

Mon blog, je le tiens tous les jours ou presque. Mais les derniers jours en France, la connexion était très mauvaise chez McDo, et depuis que nous sommes en Italie, et que vraisemblablement pour éviter que la mafia utilise Internet pour des communications dangereuses, il faut une adresse fixe en Italie pour obtenir le mot de passe indispensable, envoyé par SMS sur un numéro de portable italien! Presque insoluble. C'est enfin fait, et nous voilà à Pérouse. Je vais essayer de mettre en ligne petit à petit les textes et les images que j'ai préparés. À suivre, donc.

Repost 0
Published by Thierry Jamard
commenter cet article
7 octobre 2009 3 07 /10 /octobre /2009 22:17

Vu l’impossibilité absolue de stationner avec notre engin dans la ville de Nice, nous descendons à pied du camping à la gare, ce qui n’a rien de terrible puisque cela se fait en 25 minutes, et nous prenons le train de Menton à Nice. On s’y retrouve aussi pour le prix. Six ou sept heures de parking, l’essence pour 80 kilomètres aller et retour, l’autoroute dans les deux sens, je suis bien sûr que cela se monte à plus des 18 Euros de billet de train aller et retour pour deux personnes. Sans compter la tranquillité, la liberté de regarder le paysage plutôt que de surveiller les autres véhicules, etc.

 

Je ne vais pas, une fois de plus, montrer les ruelles étroites qui sont le lot de tant de villes et villages de la Côte d’Azur et de la Provence. Je préfère ce monument dédié à Garibaldi, né dans cette ville en 1807 et l’un des acteurs déterminants de la Révolution italienne, en 1860. Le comté de Nice avait été occupé par les troupes françaises révolutionnaires, puis annexé en 1793, et ne retournera au roi de Sardaigne qu’à la chute de l’Empire, en 1814. Garibaldi est donc né Français. La même année que celle de l’unité italienne, 1860, au terme d’un plébiscite dont le résultat est indiscutable (25 743 voix pour et seulement 260 contre), Nice et la Savoie reviennent à la France. Pendant la guerre de 1870, Garibaldi et ses deux fils se battront dans les rangs français. Je ne raffole pas de ce genre de monuments, mais je trouve amusante cette idée de représenter l’Italie renaissante comme un bébé. En fait je ne sais pas si tel est le symbolisme de cette statue, mais en tous cas telle est mon interprétation, et elle me plaît.

 

Nous nous rendons au musée national dit du Message biblique Marc Chagall. Évidemment, les peintures et les vitraux de Chagall sont bien connus, mais je ne connaissais pas ses dessins. Natacha et moi étions déjà venus ici, mais je ne sais pas si les nombreux dessins exposés n’y étaient pas encore ou si, à l’époque, ils ne m’ont pas marqué, mais ils sont très amusants. Entre autres, seize esquisses de recherche destinées à illustrer les sept péchés capitaux. Parce que dans ce musée les photos sont autorisées, je peux en choisir deux ici, mais un peu au hasard parce que tous sont excellents. Ils ne sont pas légendés, mais ce sont visiblement la paresse et la luxure. Plus loin, sur des thèmes divers, il y a encore d’autres dessins du même tonneau.

 

Et puis il y a les tableaux. Celui que je présente ici s’intitule Nu au-dessus de Vitebsk. Vitebsk est la ville natale de Chagall (1887), où il a vécu et où après avoir passé quelques années à Paris il est retourné pour devenir en 1917 directeur de l’école des Beaux-Arts et commissaire des Beaux-Arts de la région. Mais désillusionné dans ce qu’il attendait de la révolution bolchévique, il part s’installer définitivement à Paris en 1922. Néanmoins, cette ville à laquelle il est toujours resté très attaché apparaîtra dans un grand nombre de ses œuvres, peintures, dessins, vitraux, mosaïques. Elle est située dans l’est de l’actuelle Biélorussie, mais avant 1917 elle faisait partie de l’Empire russe, puis après la Révolution d’Octobre elle est passée dans l’Union Soviétique, dans la République Socialiste Soviétique de Russie, et ce n’est qu’en 1939, lorsque le Pacte Germano-Soviétique a fait tomber l’est de la Pologne (avec Grodno, ville de Natacha) dans l’URSS, qu’une République Socialiste Soviétique de Biélorussie a été créée, réunissant en une seule entité l’est de la Pologne et l’ouest de la Russie.

 

Ce tableau était profane, mais évidemment la plupart des tableaux traitent de sujets bibliques qui justifient le nom du musée. Tous sont si intéressants, si originaux aussi, influencés par l’art de l’icône orthodoxe, par les traditions juives, par les recherches pour le renouvellement des règles artistiques, que je ne sais que choisir de montrer. Ici, le sacrifice d’Isaac. Le corps d’Isaac s’abandonne, pour manifester la soumission de l’homme à Dieu. Derrière l’arbre, on aperçoit le bélier qui prendra la place du sacrifié. La religion juive interdisant la représentation de Dieu, Celui-ci est symbolisé par l’ange blanc, derrière l’ange bleu qui va arrêter le bras d’Abraham. En haut à droite, ces personnages préfigurent les malheurs annoncés du peuple juif, et parmi eux le Christ portant sa croix, qui n’est bien sûr pas le Fils de Dieu des chrétiens, mais qui symbolise le Juif sacrifié. Le tableau est séparé en deux parties par une diagonale, la moitié inférieure droite, rouge, jaune, brune, est celle du sacrifice et de la souffrance, et la moitié supérieure gauche, bleue, blanche, est celle de l’espoir et de la volonté divine.

 

Sans doute, dans l’espace de ce blog, n’est-il pas raisonnable de placer encore une autre image de Chagall, mais je ne résiste pas à la tentation. Il a consacré une série de cinq tableaux illustrant le Cantique des Cantiques, qu’il dédie à Vava, sa dernière femme. Je me suis suffisamment étendu sur le tableau précédent, je ne reviendrai pas sur ce goût pour les couleurs fortes, comme ce rouge, qui marque le feu de l’amour. J’ai déjà dit qu’il aimait à représenter sa chère ville de Vitebsk, que l’on peut reconnaître ici. J’évoque seulement à gauche l’ange qui joue de la trompette, Chagall aime beaucoup représenter les anges. Tout en bas, juste au milieu, un homme–sans doute un rabbin– tient en main un chandelier. En plein milieu, beaucoup plus grand que tous les autres personnages du tableau, se détachant en bleu et blanc sur tout ce rouge, le couple enlacé sur un cheval ailé. Bon, c’est vrai, j’exagère avec tout cela. J’arrête. Je ne parlerai même pas des vitraux de Chagall présentés ici.

 

Nous sommes restés très longtemps. Natacha de son côté, moi du mien, de temps à autre nous nous croisions parce que l’un et l’autre, après avoir fait le tour de l’exposition permanente et de l’exposition temporaire concernant l’amitié entre Marc Chagall et Blaise Cendrars, nous revenions sans cesse aux œuvres que nous préférions. Nous nous sommes quand même décidés à nous arracher au musée, et avons fait un petit tour en ville, descendant jusqu’à la Promenade des Anglais avant de retourner vers la gare. Le ballet incessant des avions m’a rappelé que Philippe, mon cher cousin qui habitait Nice, avait raconté qu’un ballet interminable de gigantesques camions avait aplani complètement une colline et transporté ces matériaux dans la mer pour créer de toutes pièces un aérodrome. Ce soir, le ciel s’est assombri, et nous avons même eu, en arrivant à Menton, quelques gouttes de pluie. J’ai eu envie de prendre cette photo à Nice avant de partir, les avions au sol, les nuages qui obscurcissent le ciel, l’avion qui s’apprête à atterrir, la mouette plus bas, la Méditerranée…

 

Et voilà. Nous avons repris notre train et sommes rentrés au camping de Menton. Un miracle que nous soyons arrivés vivants, car les conducteurs immatriculés 06 se lancent à bride abattue dans la montée, se jettent dans les virages en épingles à cheveux en déviant complètement sur la gauche sans savoir ce qui peut venir en face ou qui se déplace à pied sur la chaussée dépourvue de trottoir et de bas-côté. Et, ce qui n’arrange rien, la saison de la chasse est ouverte, peut-être ont-ils envie de placer nos têtes sur une plaque de bois au-dessus de leur cheminée en guise de trophée pour leur chasse 2009.

 

Repost 0
Published by Thierry Jamard
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de Thierry Jamard
  • : Un long, long voyage d'observation et de description culturelle à travers l'Europe. Paysages, histoire, architecture, peinture, sculpture, mythologie et religions, société, tout ce qui me tombe sous les yeux.
  • Contact

Recherche